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La Bible de Charte» le Chauve lacéré» en 1706 et reetaurée en r8^8, Manutcrite récemment entré» à la BtbliotMqu» nationai». n PARIS CHAMPION, L.IBRAIRB i5, quai MalaquaU, i5 1880 B 3 if 3 , JJ^. f < / n; y ^ y ' y ■' / PRÉFACE Les quinze morceaux réunis dans le présent volume, et dont deux seulement avaient été pré- cédemment publiés dans la Bibliothèque de V École des chartes, ont tous trait à des documents qui méritaient d'être signalés au public. On y trou- vera la notice d'environ 450 volumes ou recueils, dont les uns ont été récemment incorporés dans les collections de la Bibliothèque nationale, et dont les autres sont conservés dans différentes bibliothèques publiques ou privées de la France et de l'étranger. Tous ont passé sous mes yeux dans ces trois dernières années. Je n'ai pas la prétention de donner, dans un seul volume, la description minutieuse et rai- sonnée d'un aussi grand nombre de manuscrits. Le plus souvent, j'ai dû me borner à de brèves indications, qui cependant, je l'espère, suffiront pour fixer Tattention des personnes qui ont inté- rêt à connaître Texistence d'un texte ; mais, à l'occasion de monuments remarquables, j'ai VI PRÉFACE traité, avec quelques développements^ plusieurs questions de paléographie, de diplomatique, d'his- toire littéraire et de bibliographie. Les exemples que j'ai cités montrent combien il reste à faire pour mettre en lumière, et par con- séquent pour soustraire à toutes mauvaises chances, les richesses de nos dépôts publics. Ils font voir en môme temps l'étendue des pertes que nous avons subies et l'utilité d'une exploration attentive des bibliothèques étrangères pour y reconnaître les manuscrits d'origine française que notre indifférence et notre incurie ont con- damnés à l'exil. Ce qui peut, jusqu'à un certain point, nous consoler de ces pertes, c'est l'accroissement de nos propres collections. Le tableau de ce que, dans les trois dernières années, la Bibliothèque nationale a pu ajouter aux fonds de ses manus- crits latins et français n'a rien que de rassurant. Un tel résultat est dû à la libéralité des pouvoirs publics, qui n'ont jamais mieux compris les be- soins d'un établissement dont les destinées sont intimement liées à Tavenir de l'enseignement su- périeur en France. Il est également dû au nombre et à l'importance des dons particuliers. La plu- part de ces dons seront mentionnés dans les pages qui vont suivre; mais je remplis un devoir en groupant ici les noms des bienfaiteurs qui, par dos dons de manuscrits, se sont, depuis 1877, acquis le plus de droits à notre reconnaissance. PRÉFACE TH En tête de la liste se place M. le duc de La Tré* moïUe, qui ne nous a pas donné moins de dix manuscrits [1] ; tous sont importants à divers titres : trois offrent un intérêt de premier ordre pour l'histoire de la peinture en France au xi* et au xm* siècle ; un quatrième nous a rendu de précieuses chroniques du xii" siècle qu'on avait inutilement cherchées jusqu^à ce jour et que la Société de l'histoire de France va prochainement publier ; un autre est un cartulaire monastique du milieu du xiir siècle. C'est encore à l'inter- vention de M. le duc de La Trémoïlle que la Bibliothèque est redevable d'une communica- tion qui a permis de compléter une assez cu- rieuse découverte sur les origines de l'impri- merie à Angouléme. Pour rappeler ce que d'autres bienfaiteurs ont daigné nous offrir, j'indiquerai à la suite de leurs noms les pages du volume où se trouve la men- tion des objets donnés, et je comprendrai dans la présente nomenclature plusieurs articles que je n'ai pas eu l'occasion de citer dans un travail spécialement consacré aux récents accroisse- ments du fonds latin et du fonds français. La liste qui suit est purement alphabétique. M. Louis Barbier : pièces de la Correspondance de Beu- chot, qui doivent rester provisoirement sous scellé. M. Edmond Blanc : p. 494. (1) Voyez plus loin, p. 239-335, 306, 377, il7, 435, 448, 440, 452, 477, 486 et 503. VIII PRÉFACE M. Blancakd, archiviste des Bouches- du-Rhdne : p. 435 et 437. M. BORDIER : p. 451 . Madame Boselli, née Jomard : deux papyrus grecs. Feu le docteur de Bouis : p. 417, 425, 476, 493 et 496. Madame veuve Bocllé, née Delalauc : 371, 395, 396, 472 et 477. Le R. P. Cahier : p. 377. M. Etienne Charavay : p. 442. M. GHASSAiNa, juge au Puy : p. 376 et 427. M. AuRÉLiEN DE CouRSON : p. 474, 475 et 478. Les héritiers de M. Didot : p. 165. M. Denis Ducom : un manuscrit en langue batak. M. Georges Duplessis : p. 416 et 421. M. Fédérique^ de Vire : p. 435. M. FiERViLLE, du Havre : p. 428. M. Benjamin Fillon : p. 460 et 461. M. Grellois, inspecteur du service de santé: trois manus- crits arabes. M. le vicomte de Grouchy : p. 420 et 430. Feu le docteur Halleguen : p. 375. Madame veuve Huillard-Bréholles : p. 410. M. le comte d'Imécourt : p. 411. Le gouvernement du Japon, par l'entremise de M. Schefcr et de M. Du Bousquet, un exemplaire complet de la collection chinoise des livres canoniques bouddhiques (le Tripitaka), en 1612 volumes provenant d'un temple des environs de Kioto. M. DE Lagrée : empreintes d'inscriptions cambodgiennes et notes de M. Doudart de Lagréb. M. le comte Robert de Lasteyrie : p. 490 et 499. M. François Lbnormant : p. 492. M. Lespy, de Pau : p. 371. M. le comte Ed. de Maluay : une planche gravée, conte- nant le texte chinois d'une lettre du pape Sixte Va l'em- pereur de la Chine, en 1590. PRÉFACE IX Les Missionnaires jésuites da Eiang Nau : livres chinois imprimés par leurs soins. M. Morand, de Boulogne : p. 475. Le docteur Moreau : p. 468. Madame veuve Mortreuil, de Marseille : p. 4524b4. M. Alph. Pauly: p. 461. M. Peigné-Delacourt : p. 374 et 465. M. DE PoNTAUMONT, de Cherbourg : p. 481. M. PoDY, d'Amiens : p. 472. Le Rajah Ragendralala Mitra : une collection de ma- nuscrits sanscrits, transmise par Tintermédiaire de TAca- démie des inscriptions. M. le comte Paul Riant : p. 486. M. Roman : p. 427. M. de Saulct, membre de l'Institut : p. 459. M. ScHEFBR, membre de l'Institut : empreintes d'inscrip- tions chinoises et tibétaines. Les héritiers de feu M. Bolvet, président à la Ck)ur d'Alger * Dictionnaire français-arabe de l'idiome d'Alger. M. Templier, libraire : p. 425. M, André Thxjrt, libraire à Genève : p. 423. M. ViGLAS, de Beauvais: p. 490. M. YossiON : trois manuscrits birmans. M. le baron Oscar de Wattbvillb : 23 fascicules chinois et 25 japonais. À ces noms il faut ajouter celui du feu duc d'Otrante : la rente de 4,000 francs qu'il a léguée à la Bibliothèque est successivement mise à la disposition de chacun de nos quatre départe- ments. Pour montrer quel honneur une telle fondation fera à la mémoire du duc d'Otrante, il suffit de noter ici ce que le produit de la fondation a permis d'enregistrer sur nos cata- X pbAfaos logues au nom du duc d'Otrante depuis le moiâ de juillet 1875, date à laquelle la Bibliothèque est entrée en jouissance de la rente annuelle de 4,000 francs. Département dee Imprimée. L'illustre théâtre de M. Corneille. Leyde, 1644. Trois volumes in.l2. Bremarium ad usum Cisterciensis ordinis. Paris, Eerver. 1503. Peut in-8% sur vélin. Pétri de Castrovol commenta super libros Tconomice et Polili- corum. Pampelune. 1481. In-folio. Le Roman des sept Sages de Rome. Avec la marque de Pierre Le Rouge. In*4<». TerencitAs eum commento Donati. Sans lieu ni date. In-4*. Le Sentier et Padresse de dévotion et contemplation intellect titelle. Toulouse, Jacques Golomiès. Sans date. In-4«. Ars moriendi. Impression xylographique. In-folio de 14 feuil* lets. Joannis Cuspiniani... de eœsaribus atque imperatoribus Roma- nis opus insigne. Strasbourg, 1540. In-folio. Exemplaire relié pour Canevari. Département dee mannaorite. Evangéliaire grec^ du xii* siècle. (Supplément grec, 380.) Commentaire sur le Nouveau Testament par Théophylacte de Bulgarie^ duxui* siècle. (Supplément grec, 381.) Ijectionnaire grec, avec notation neumatique, du milieu du xi« siècle, (Supplément grec, 382.) Cartulaire de Fabbaye de la Yal-Roi. Voyez plus loin, p. 494. Recueil de tais bretons ; ms. du xui* siècle. Voyez plus loin, p. 438. PRÉFACE IX Département des médailles. Sou éTor de Dagobert^ avec la légende Lbmmoyiz Aoysto- RBDO. La valeur exceptionnelle de cette pièce a été mise en relief par M. Deloche, dans une notice lue à l'Acadé- mie des inscriptionSi le 6 septembre 1878. Département des estampes. Le Massacre des Innocents^ gravé d'après Raphaël par Marc Antoine. Épreuve avant inscription sur le piédestal à gauche et avant des travaux dans le visage du bourreau à droite. Je suis heureux d'avoir à consigner de tels souvenirs en tête d'un volume qui, à propre- ment parler, est une page de l'tiistoire de la Bibliothèque nationale pendant les trois der- nières années. 15 février 1880. • I LE PENTATEUQUE DE LYON s EN LETTRES ONGIALES (1) Dans an récent voyage à Lyon, j'ai voulu jeter un coup d'oeil sur plusieurs manuscrits carlovingiens que, d'après les indications consignées dans le catalogue de Delandine (S) et dans un substantiel rapport de M. Léopold Niepce (3), je supposais renfermer des dates précises et fournir des données importantes pour la paléographie du ix*" siècle. Je ne tarderai pas, je Tespère, à rendre compte à TÂcadémie de Texamen de ces manuscrits. Aujourd'hui je me propose de lui signaler un monument d'un ordre tout différent, dont j'ai été amené à reconnaître le caractère et la valeur exceptionnelle en étudiant le ms. 54 du classement actuel des manuscrits de la grande bibliothèque de Lyon. D'après les indications très exactes de M . Léopold Niepce, j'avais noté ce ms. 54 comme un texte de Bède donné à la cathédrale de Lyon par Amolus, qui fut archevêque depuis 841 jusqu'en 852. La seconde partie du ms. 54 répond, en effet, à cette désignation ; mais'la première partie du volume se compose de cahiers tout à fait étrangers à Tou- (1) Notice lue à r Académie des inscriptions, le 23 octobre 1878. (2) Manuscrits de la bibliothèque de Lyon. Paris et Lyon, 1812. Trois volumes \n-99. (3) Département du Rhône. Ville de Lyon. Comité des bibliothèj^ues jmhliques et des Archives. Rapport à M, le Ministre de Vlnstruction publique. Lyon, 1878. Grand in-8«. 1 2 LE PENTATEUQUB DE LYON vrage de Bède. Delandine les a meniionDés, sous le n"* 329, dans les termes suivants (1) : BiBLiA LATiNA. lu-folio, euviron 200 pages. Ce manuscrit très antique date de Tan 850 environ. Il est en écriture carlo- vingienne, sur vélin, à trois colonnes. La version latine du texte hébreu diffère souvent de la Vulgate. Il manque des feuillets en tête et à la fin du volume ; celui-ci ne commence qu'au 33' verset du xxvi^^ chapitre de la Genèse. Il vient de la biblio- thèque des comtes de Lyon et paraît avoir été tiré de celle de rile-Barbe, mise sous la direction de Leydrade, bibliothécaire de Charlemagne. C'est sans doute aux inexactitudes de cette description qu'il convient d'attribuer le trop long oubli dans lequel est resté ce manuscrit. II était difficile de supposer qu'un livre annoncé comme copié vers Tannée 850, en écriture carlo- vingienne, était un texte en onciales du vi' siècle. Telle est, en effet, la date qu'il faut, comme on le verra plus loin, attribuer au texte dont j'ai fait reproduire deux pages par les procédés héliographiques de M. Dujardin. La première idée qui se présenta à mon esprit quand je vis ces pages vénérables, c'est qu'elles étaient identiques à celles du manuscrit dans lequel le dernier comte d'Âsh- burnham a eu le bonheur de retrouver deux livres d'une ancienne version du Pentateuque(2). Comme je n'avais à Lyon aucun moyen de m'assurer si j'étais bien servi par ma mémoire, je me décidai à faire exécuter des photographies et à prendre des notes, à Taide desquelles je pourrais plus tard procéder à des vérifications plus rigoureuses. Ma tâche a été singulièrement facilitée par le concours empressé qu'ont bien voulu me prêter M. Léopold Niepce, M. Gufgue et les conservateurs de (1) Manuscrits de Lyon, I, 269. (2) Librorum Levitici et Numerorumversioantiquae codice peran^ tiquo in bibliotheca Ashbumhamiensi conservato nunc typis edUa. Londini, 1868. In-folio. BU LtTtfiSS OirciALES 3 la bibliothèque de Lyon, MM. Mulsant et Aimé Vingtri- nier. Pour procéder avec ordre, je dois, ayant tout, faire exac- tement coDuaitre le texte de Lyon. La première partie du m^. 64 de Lyon se éompose de 64 feuillets de parchemin, hauts de 30 centimètres et larges de 24. L'écriture de chaque page est disposée sur trois colonnes, chacune de 27 lignes. Le cadre rempli par récriture mesure i93 millimètres de hauteur et 206 milli- mètres de largeur. Le caractère employé par le copiste est une onciale assez peu soignée, dont on peut juger par les reproductions héliographiques. 11 faut, je crois, en rappor- ter Texécutionau vi® siècle : cette date répond au genre de récriture, à la disposition du texte sur trois colonnes, au fréquent emploi des points en forme de feuille de lierre, au style de la formule du fol. 24 v® : Incipit Exodos. Lege gum page, à la finesse de Tonciale des titres courants, et à Télégance des notes marginales ou interlinéaires qu'on a ajoutées après coup en onciale ou en minuscule. Je ne parle pas ici des notes que les reviseurs ont tracées pour corriger ou compléter le travail du copiste, mats bien de quelques notes destinées à guider le^ clercs qui se ser- vaient du livre pour la récitation des offices ecclésiastiques, par exemple : INC (1) ou INCP (2), pour indiquer le commencement de la leçon ; SALI (3), pour avertir des versets à omettre ou à sauter ; et FINIT (4), pour mar- quer Teodroit où Ton devait s'arrêter. Les 64 feuillets du manuscrit contiennent une ancienne version latine d'une grande partie de la Genèse, deTExode et du Deutéronome, savoir : Genèse : xvi, 9 -*• xvii, 17. (1) Fol. 1, 1 vo, 19 et 20 yo. (2) Fol. 1 et 57 v^. (3) Fol. 1, Uei 19. (i) Fol. 10, 20 vo et 22 v«. 4 LE PBlfTATEUQUB DE LYON Genèse : m, 8 — 28. XXVI, 33 — XXXIII, 15. XXXVII, 7 — xxxvui, 24. XLii, 36 — L, 25. Exode : i, 1 — vu, 49. XXI, 9 — 86. XXV, 26 — XXVI, 13. XXVII, 7, — XL, 30, Deutéronome : i, 1 — xi, 4. Voici les premières et les dernières lignes de chaque fragment, avec renvoi aux passages correspondants de la Vulgate : [Genesis.] Fol. 1. Dixit autem ei Angélus Domini : Revertere ad dominam tuam et humilia te sub maiiibus ejus... (xvi, 9). — Fol. 1 V* Sarra post nonaginta anuos pariet. Dixit autem Abram ad (xvii, 17 et 18). Fol. 2. Educ illos ad nos ut coitum faciamus cum eis (xiXy 5.) — Fol. 2 v" Et ecce ascendebat ilamma a terra sicut vapor camini. Etfactum est post (xix, 28 et 29). Fol- 3. Propter hoc nomen est civitatis illius Puteus juramenti usque in hodiernum diem (xxvi, 33). — Fol. 12 v^ Dixit autem Esau: Relinquam ergo te cum de (xxxui, ib). Fol. 13. rexit meus manipulus et rectus stetit, et conversi manipuli vestri adoraverunt meum manipulum... (xxxvn,7). — Fol. 14 V*. . . . . Dixerunt : Non erat hic Jornicaria. El reversus est ad Judam et dixit : Non inveni. (xxxviii, 21 et 22) . Fol. 15. me sine filiis esse fecistis (xlh, 36). — Fol. 24 V* Et mortuus est Joseph cum esset annorum ex, et saepelierunt eum etposuerunt eum in sarcophaum in Aegyp- tum (l, 25). Explicit Genesis. [EXODUS.] Fol. 25. Haec sunt nomiua filiorum Istrahel qui introierunt in Aegyptum (i, 1) . — Fol. 31 v® Dixit autem EI7 LETTRES ONCIALES 5 Dominus ad Moysen : Die Âron fratri tuo : Sume vii^am (VII, 19). Fol. 33. titiam flliarum faciet ei. Quod si aliaro sumet sibi quae justa sunt et vestem et consueludinem ejus non abne- gabit ei (xxi, 9 et 10). — Fol. 32 V» vendet taurum vivum et partientur praetium ejus, et taurus qui mor- tuus fuerit dispartietur. Quod (xxi, 35). Fol. 33. Versatile cymatium et coronae in cîrcuitu, et faciès quattuor annules per quattuor partes pedum ejus sub (xxv, 25 et 26). — Fol. 33 v« Erit coopérions in lateribus tabernaculi (xxvi, 13). Fol. 34. aeramento. Et induces bastacteres in anulis, et sint bastacleres ad latera altarii (xxvu, 1). — Fol. 49 v^ Et ignis erat super eum nocte in conspectu totius Istrahel in omni gressu eorum (xl, 36). [Explicit liber Exodus.) DEUTERONOHIUM. Fol. 50. Haec sunl verba testament! quae locutus est Hoyses ex ore Domini (i, 1). — Fol. 64 v* Dum delusit aqua maris rubrî in faciem illorum dum consequerentur post vos et perdidit illos Dominus usque (xi, 4). Quant à la constitution matérielle du manuscrit, j*ai vérifié qu'il se composait de cabiers régulièrement formés de huit feuillets chacun^» et que les 64 feuillets conservés à Lyon tenaient primitivement dans le livre les places in- diquées par le tableau suivant : Les fol. 1 et 2 appartenaient au cahier III ; Les fol. 3-10 constituaient la cahier Y ; Les fol. 11-13 formaient les deux premiers et le der- nier feuillet du cahier YI ; Les fol. 14 et 15 formaient Tenveloppe du cahier YII ; Les fol. 16-23 constituaient le cahier YIII ; Les fol. 24-31, le cahier IX ; Les fol. 32 et 33 appartenaient au cahier XII ; Les fol. 34-41 formaient le cahier XIII ; Les fol. 42-49, le cahier XIY ; Q LE PBNTATBUaVB DE LTOR ' Les fol. 80-56 étaient les sept derniers feuillets da cahier XXVI ; Les fol. 67-64 formaient le cahier XXYII. Il est bon de remarquer que le double feuillet 42 et 49, qui enveloppe le cahier XIIlI,a été refait après coup : il se distingue des autres feuillets par Tabsence de titres cou- rants et par le nombre des lignes, qui est de 26 à la co- lonne et non pas de 27. Le copiste qui a refait ce double feuillet en a d'ailleurs prévenu le lecteur, par quelques mots tracés au bas du fol. 42 : HOC FOLIVM IN GODIGE MENIMAE FVERAT REPERTVM. Maintenant que nous sommes fixés sur le contenu et la composition du manuscrit de Lyon, nous avons k rechercher s'il est en réalité, comme je Ta vais supposé, un fragment du même volume que le manuscrit possédé et publié par lord Ashburnham. Les feuillets de Tun et de Tautre ont absolument les mêmes dimensions ; dans tous les deux récriture est dis- posée sur trois colonnes, et chaque colonne contient 27 li- gnes. Quand on compare les pages du manuscrit de Lyon avec le fac-similé joint à la publication de lord Ashburnham, il est impossible de trouver la moindre difTérence entre les caractères du manuscrit lyonnais et ceux du manuscrit anglais. En bonne critique, ces rapprochements suffiraient pour établir que les deux manuscrits sont les débris d'un même exemplaire, ou, du moins, de deux exemplaires exécutés en même temps et dans le même atelier. Mais je prétends aller plus loin et démontrer que les fragments de lord Ashburnham ont été arrachés au manuscrit même de la bibliothèque de Lyon. A n*en pas douter, le manuscrit de Lyon, quand il était complet, renfermait tout le Pentateuque. La principale lacune qu'il offre aujourd'hui porte sur le texte du Lévitique et des Nombres. En effet, le fol. 49 v^ s'arrête aux derniers mots^de l'Exode, sans letitrefinal,et le fol. KOr^ commence Slf LB1TRB8 0RCIALB8 7 aux premiers mots du Deutéronome, sans le titre initial. Or, le feuillet 49 répond au dernier feuillet du cahier XIIII, et le feuillet SO au second feuillet du cahier XXVI. On a donc enlevé du manuscrit de Lyon les cahiers XV-XXV plus le premier feuillet du cahier XXVI, et ces cahiers XV-XXV réunis an premier feuillet du cahier XXVI renfermaient le texte du Lévitique et des Nombres, précédé du titre final de TExode et suivi du titre initial du Deutéronome. C'est exactement ce quecontient le manuscrit de lord Ash- burnham,qui nous offre : 1^ le titre final de l'Exode ; 3° le texte du Lévitique et des Nombres (( ) ; 3^ le titre initial du Deutéronome, de sorte que, si par la pensée nous in- tercalons les feuillets du manuscrit de lord Âshburnham entre les feuillets 49 et SO du manuscrit de Lyon, nous comblons exactement la principale lacune de ce manuscrit, et nous la comblons avec une exactitude si parfaite qu'aux points de jonction il n'y a pas un mot en trop, ni un mot en moins. La coïncidence n'est pas moins rigoureuse si nous exa- minons la composition et les signatures des cahiers. J*ai constaté que le manuscrit de Lyon est incomplet des cahiers XV-XXV, plus du premier feuillet du cahier XXVI. Lord Âshburnham a pris soin de nous avertir que son manuscrit se compose de cahiers cotés XV-XVII et XIX-XXV, plus du premier feuillet d'un cahier XXYI. On pourrait, à la rigueur, supposer qu'au vi"* siècle un même copiste a pu transcrire deux exemplaires du Penta- teuque, absolument semblables aussi bien pour la compo- sition des cahiers que pour la disposition de l'écriture et la répartition des matières sur les pages de chaque exem- plaire. Mais ce qu'on ne saurait admettre, c'est que le hasard ait été assez intelligent pour ne laisser exactement (1) Il y manque la partie du Lévitique comprise entre xvui, 30 et XXV, 16 ; elle occupait le cahier XVill, qui a disparu. 8 LE PBNTATEUOCE DE LTOR subsister de Tun des exemplaires que les feuillets qu'il avait laissé détruire dans l'autre. Je tiens doue pour évidemment démontré quele manuscrit de Lyon contenait à Torigine tout le Pentateuque et qu'on en a enlevé les feuillets auxquels la publication de lord Ashburnbam a assuré une légitime célébrité. C'est donc sous la dénomination de « Codex Lugdunensis » qu'il con- viendra désormais de désigner l'ancienne version latine du Pentateuque telle que nous l'avons en combinant les frag- ments de la bibliothèque de Lyon avec ceux d' Ashburnbam Place. Quand et comment la scission s^est-elle opérée? C'est là une question délicate, dont la discussion appartient peut-être moins aux académies qu'aux tribunaux. Ce qu'on peut affirmer, c'est que l'extraction a été pratiquée avec une véritable sagacité (1). En effet, le voleur ne s'est pas borné à enlever un certain nombre de cahiers entiers ; à ces cahiers il a pris soin de joindre un feuillet délicatement coupé à un autre cahier, dont il dédaignait de prendre les sept autres feuillets. De cette façon, les fragments dérobés à Lyon n'offraient de lacunes ni au commencement ni à la fin ; et ils avaient l'apparence d'un volume bien complet, qui pouvait et devait être vendu à des conditions fort avantageuses. Les fragments ainsi arrangés ont été vendus en 1847 par Libri à lord Ashburnharo. Ils forment le n^ 7 du fonds Libri dans la bibliothèque du célèbre amateur anglais. Il importait de mettre hors de contestation la connexité qui existe entre le ms. 84 de Lyon et le ms. 7 du fonds Libri chez lord Ashburnham, non seulement pour montrer- (1) Depuis la rédaction de celte notice j'ai constaté que les cahiers aujourd'hui possédés par lord Ashburnham étaient encore à Lyon en 1837. Cela résulte du témoignage formel du docteur Fleck, consi- gné dans ses Anecdota (Leipzig ; 1837. In-8«), et reproduit dans la BWUothàque de VÉcole des charUs, t. XL, p. SSe, année 1879. EN LETTRES ONGULES 9 eDcore une fois avec quelle audace et quelle dextérité nos bibliothèques publiques ont été mises au pillage, mais surtout pour bien établir Thomogénéité de ces deux manus- crits, et donner ainsi une base plus large aux études dont ils seront Tobjet. Il résulte, en effet, des rapprochements qui viennent d'être faits, que, dans un mamiscrit unique, dont les cahiers sont aujourd'hui dispersés, nous possédons le texie à peu près complet d'une ancienne version latine des cinq livres du Pentateuque. Le premier travail qui devra être entre- pris sur ce manuscrit consistera à donner une édition littérale des parties de la Genèse, de TExode et du Deutéronome qui sont à Lyon. Cette édition, réunie à celle que lord Ashburnham a publiée du Lévitique et des Nombres, mettra à la disposition des érudits un texte suffisamment étendu pour résoudre plusieurs problèmes fort intéressants. Les principaux ont été indiqués avec beaucoup de netteté, en 1870, par les rédacteurs de la Revue critique (i), qui, en rendant compte de la publication de lord Ashburnham, supposaient, avec Ranke, que le reste du Pentateuque existait encore quelque part : a Heureux, ajoutaient-ils, le chercheur qui mettra la main sur ce trésor, caché peut- être dans le fond de quelque bibliothèque de province ! » Le temps et la compétence me manquent également pour mettre en valeur le texte qu'un pur hasard m'a fait découvrir. Il y a là le sujet de travaux qui tenteront quelques jeunes gens de nos écoles (2) et pour lesquels nous ne devrons pas nous laisser devancer par les étrangers, si empressés à pu- blier les moindres fragments qu'ils rencontrent des versions latines de la Bible antérieures à celle de saint Jérôme (3). (1) Tome IX, p, 341, 28 mai 1870. *(i) Ce vœu a été entendu. M. Ulysse Robert est à la veille de pu- blier une édition du Codex Lugdunensis qui répondra de tout point à Tatienle du monde savant. (3) On trouvera la bibliographie des principaux travaux dont les 10 LE PENTATBDQUB DE LYON Plus que tout autre, le texte de Lyon pourra servir k prouver qu'antérieurement à saint Jérôme il existait plu- sieurs versions latines de la Bible faites sur le grec des Septante ; il permettra de reconnaître à quelle famille des manuscrfts de la version des Septante appartenait Texem- plaire qu'avait sous les yeux le rédacteur d'une des plus an- ciennes versions latines ; il fera connaître l'un des pre- miers systèmes de la coupure de la Bible en versets ; il fournira des exemples de mots et de locutions de la latinité vulgaire des premiers siècles de TÉglise ; il donnera des notions sur les variations de Torlhographe et peut-être aussi de la prononciation. C'est plus qu'il n'en faut pour attirer sur lui l'attention des paléographes et des phi- lologues. anciennes versions latines de la Bible ont été l'objet dans la dernière édition de Touvrage de Hubn^r {Grundriss zu Vorlesungen ûber die Rœmische Lilteraturgeschic/Ue, Berlin, 1878, pp. 305 et 338). II LE PSAUTIER DE LYON EN LETTRES ONGULES (1) Pour faire rentrer à la Bibliothèque nationale différents papiers du président Bouhier, qui, par suite d'un oubli du docteur Prunelle, sont allés s'égarer au Palais des Arts à Lyon, M. le Ministre de Tlnstruction publique m'a autorisé à négocier un échange qui ne sera pas moins profitable à la Bibliothèque nationale qu'aux deux grandes bibliothè- ques de Lyon, et dont Tune des conditions est la restau- ration et la reliure de quelques-uns des plus anciens ma- nuscrits lyonnais. En vue de ce travail, qui ne saurait guère être exécuté ailleurs qu'à la Bibliothèque nationale, M. le Préfet du Rhône a bien voulu me confier, entre au- très volumes, un fragment de psautier en lettres onciales, dont j'ai pu remettre les feuillets en ordre, et qui, malgré de très regrettables mutilations, n'en reste pas moins un monument infiniment précieux pour la paléographie et pour la critique des versions latines du psautier. Ce volume, dans l'état actuel,se compose de 103 feuillets de parchemin très fin, hauts de 295 millimètres et larges de 264. L'écriture est une très grosse onciale, un peu lourde, dont l'aspect rappelle l'écriture du célèbre psautier de la 1) Notice lue à r Académie des inscriptions le 0 août 1879, 12 LB PSAUTIER DE LTOR Bibliothèque nationale connu sous le nom de Psautier de saint Germain. La réglure, à la pointe sèche, est disposée de telle façon que les lettres s'appuient en haut et en bas sur un des traits de la réglure. Les seules lettres dont le sommet dépasse un peu le niveau sont D, H, L et Y (1). La base des F se prolonge légèrement en pointe effilée au-dessous de la ligne de réglure : ce caractère se remarque aussi, mais avec moins de constance et d'intensité, sur les lettres P, Q et R. Le trait vertical qui termine les G est une ligne droite très fine, qui descend de quelques millimètres au- dessous de la réglure. Le premier jambage des N se ter- mine par un petit délié tourné à gauche et dépasse toujours un peu le niveau inférieur des lignes. ~ De petits traits tranchent et arrêtent dans la partie supérieure les mont^its des lettres A, N, U, P et R. Les I se terminent en bas par une pointe effilée, dirigée à gauche ; ce qui les distingue essentiellement des T, dont la traverse, parfois peu accusée, tend à se perdre dans le sillon de la réglure, mais dont la base est toujours formée d'un plein largement tracé et même un peu renflé. Très souvent la traverse des E et parfois la tête des G, des E, des F, des G et des X (côté droit) est formée d'un trait fourché. L'&ge des manuscrits en lettres onciales est toujours assez difficile h déterminer. Heureusement Tantiquité du psautier de Lyon peut être démontrée par deux circons- tances indépendantes de la forme des caractères que le calligraphe a employés. En effet, sur beaucoup de pages, on remarque des anno- tations, les unes en onciale très barbare, les autres en mi- nuscule ou en cursive de Tépoque mérovingienne. Plusieurs de ces annotations ont pour but de rétablir des lignes ou (1) Voyez un Y & la ligne 13 du fol. 60 v». BN LETTRES ONGIALES 43 des boats de lignes, que la pourritare avait fait disparaître au haut d'un certain nombre de feuillets. Les autres cons- tituent des variantes, introduites après coup, variantes sur la nature desquelles j'aurai à revenir. Pour le moment, je me borne à citer deux ou trois exemples de la première espèce de ces aoootations. Le fol. 26 r» se termine par ces mots du psaume XX : « Gloriam et magnum | decorem inpones [^ super eum. x> Les deux premières lignes du verso, contenant les mots : « Quoniam dabis eu m in | benedictionem, )> ont k peu près disparu sous Taction de Thumidité ; pour les rempla* cer, une main très mal exercée les a rétablis comme il suit au bas du fol. 26 r^ : « Quoniam dabis ei benediccio- nem. » — De même pour les deux premières lignes du fol! 27 r^ : « Omoes qui te oderunt | Pones eos ut clibanum. » L'humidité ayant rendu ces deux lignes k peu près illisibles, on a récrit en caractères très barbares les mots : « Omnis qui te oderunt, » au b^s du fol. 26 v% et les mots : « glevanum ignis, » dans la marge du fol. 27 L'orthographe glevanum, pour clibanum; dénote, aussi ' bien que l'écriture, l'époque mérovingienne. — Au haut du fol. 29, les trois mots videntes^me deriseruni (Ps. XXI, 7), que l'humidité avait rongés, ont été rétablis en carac- tères cursifs, absolument semblables k ceux des diplômes mérovingiens de la basse époque; et avec une orthographe tout k fait significative : videntis medirixerunt. — Citons encore au bas du fol. 33 r^ : justiciam ejus popolus (Ps. XXI, 34), et au bas du fol. 34 r° ; et calex meos inhibrians quam preclarus est(Ps. XXII, 7). L'écriture et l'orthographe des variantes, dont il sera bieDiôt question, pourraient donner lieu k des remarques du même genre. La conséquence k tirer de ces particularités graphiques et orthographiques, c'est que le psautier existait avant le siècle de Gharlemagne, et que, dès lors, beaucoup des feuil- 14 LE PSAUTIER DE LYON lets qui le composent, gâtés par rhumidité, avaient subi des restaurations. Le contraste qu'on observe entre l'écriture et Torthographe du texte primitif et celles des passages restitués prouve qu'un assez long espace de temps s'était écoulé entre Texécution du livre et la restauration dont il fut Tobjet. La restauration étant au plus tard du milieu du vin'' siècle, il n'y a rien d'exagéré à supposer que la trans- cription première était plus ancienne d'au moins un siècle et demi. Je crois donc que, par cette considération, on peut assigner pour date h la copie de notre psautier la fin du VI® siècle ou le commencement du vu®. A part ces circonstances accessoires^ le psautier examiné en lui-même offre bien tous les caractères qui conviennent à un manuscrit du vi® siècle. Le parchemin est très lisse et très fin. Les abréviations sont très rares, on même à peu près nulles, sinon au bout des lignes. Il n'y a pas, k |:uroprement parler, de ponctuation. L'orthographe est assez bonne. Je reprends ces trois derniers points : Abréviations, ponctuation, orthographe. A bréviations et conjonctions dans le courant des lignes. — Dans le courant des lignes les abréviations se rencontrent très rarement, à l'exception toutefois des mots Dominus et Deusy qui sont représentés d'ordinaire par les lettres DMS et DS, surmontées d'un trait. On trouve un petit nombre de fois le mot Dominus figuré par DNS (fol. 1 v®, 2, 62 v^) pu par DOM (fol. 8 v® et 66 v«) ; mais la forme ordinaire est DMS, DME, DMI, etc., ce qui est une marque d'antiquité, comme l'ont très justement fait observer les auteurs du Nouveau ti'aité dediplofnatique(l\l,SH). Ajou- tons que, dans la première et la dernière partie du psau- tier (fol. 1-61 et 101-103}, les mots Dominnsei Deus sont toujours tracés en rouge ; dans la partie intermédiaire {M. 6S-*100}, ils sont en noir. m LffTTRES ONGULES IS J'ai noté aax fol. 87 et 93 les mots Dei nostri et Deus noater représentés par DI. N et DS. N. — A part Tabré- TÎatioD de Dominus et de Deus je n'ai, pour ainsi dire, relevé aucune abréfialion dans le courant des lignes ; une lecture rapide m'a seulement fait remarquer : USQ. Fol. 4 v« et 22. Pour usque. TRIBULATIONIB. Fol. 39 V>. Pour tribulationibus. OMNIB. DIEB. Fol. 42 y\ Pour omnibus diebus. NEQ. Fol. 43 V*. Pour neque. Il n'y a point non plus de ces contractions ou conjonc- tions de lettres, qu'on doit considérer comme des espèces d'abréviations. J'ai seulement noté au fol. 50 la conjonc- tion des deux dernières lettres du mot HABITANT. Abréviatians et conjonctions au bout des lignes. — Les abréviations sont beaucoup plus communes à l'extré- mité des lignes. Rien n'est plus ordinaire que d'y \oir les désinences AM, EM, UM, représentées par les lettres A, E, U, non pas surmontées, mais accompagnées h droite d'un trait au-dessous duquel on a marqué un ou deux points. — A la même place nous trouvons Q. pour que (fol. 63 v*), et B.'pour bus (fol. 29 et 65 v®). — L'emploi des lettres conjointes ou enclaves se rattache au système des abrévia- tions. J'ai noté les conjonction^ de lettres dont la liste est ci-jointe : AE. Fol. 69. UR. Fol. 5 V» et 36 v°. NE. Fol. 87. US. Fol. 7, 22, 38, 50 v°. UL. Fol. 69 v«. UT. Fol. 29. UNT. Fol. 1, 8 et 50. Quant aux lettres enclavées, citons de petits R et S en- fermés dans de grands 0 pour figurer les désinences OR (fol. 93 v^) et OS (fol. 67). — Les deux dernières syllabes du mot mîmioi sont représentées, au fol. 71 y°, par les lettres M el C daAs Tintérieur desquelles scmt tracés des I . i6 LE PSAUTIER DE LYON L'usage des conjonctions de lettres et des abréviations au bout des lignes s'explique par la nécessité de faire tenir des mots ou des portions de mot qu'on ne voulait pas reje^ rer au commencement de la ligne suivante. La même raison a décidé le copiste à tracer en petites onciales les dernières syllabes d'un assez grand nombre de lignes. Ponctuation. — A l'origine, il n'y avait dans le psautier aucun signe de ponctuation, sinon après les lettres numé- rales qui indiquent la série des psaumes et après les mots qu'on avait écrits en abrégé. Le point marqué dans ces deux cas est triangulaire, ou plutôt affecte la forme d'une très petite feuille de lierre. — A trois endroits, j'ai re- marqué des points de même apparence entre deux mots dont le premier avait pour lettre finale la voyelle par la- quelle commençait le mot suivant : Spes mea. ab uberib, (fol. 29, ligne 12). Inpinguasti. inoleo (fol. 34, ligne 13). • Sperabi. in (fol. 39 v°, ligne 5). A la.ligne 8 du fol. 24 le copiste a tracé avec beaucoup de netteté un point en forme de feuille de lierre entre les mots sacrificii /ut, que rien n'autorise à séparer. Aucun signe n'avertit qu'un mot commencé au bout d'une ligne sera terminé au commencement de la ligne sui- vante. En d'autres termes, nulle apparence de traits d'union. Pour s'en assurer, on n'a qu'à recourir aux passages suivants : Fol. 7 v«. Mo I vebitur. Fol. 13 v°. Trans | currerunt. Fol. 14. Taber | naculum. Fol. 17. Transgre | diar. Orthographe. — L'orthographe est assez correcte. Parmi les anomalies, on peut signaler la confusion de l'ac- cusatif et de l'abbaiif et la substitution du B au V. Voici Slf LETTRES OTfCIALBS 47 qaelqaes exemples recueillis au couirs d'une lecture assez rapide : htrahel. Fol. 6 1» et 73. (Pour Israël.) Congraegabo. Fol. 8. Manum mearum. Fol. 15 y et 16.(Pour mantium mearum,) A temptaiionem. Fol. 17. Praeeingit me virtutem. Fol. 17 r». InUr Qeniibus, Fol. 20 r*. Infepraehensibilis, Fol. 22. Erfjpe a frameam anima mea. Fol. 31. Sperabi. Fol. 39 v. Pet». Fol. 42. (Pour Pelit.) Circuiti. Fol. 43. In jubilationem. Fol. 49 v«. (Pour jubilatiane.) Aput. Fol. 66 v^. Pair» met. Fol. 66 ¥*. (Pour patres met.) De lacum. Fol. 67. (Pour de lacu.) Scribtum. Fol. 68. Cmpraeheriderunt Fol. 69. Dereliquid. Fol. 69 y» SaUfiUrit. Fol. 77. (Pour M{t;ai;à.) Jwrilate. Fol. 85 y*. i4br^vtatton9, pancftia siècle, méritent d'être examinées avec une grande attention. Je n'en ai pas tenu compte dans les citations que j'ai faites jusqu'à présent, et qui avaient uniquement pour but de faire connaître le texte primitif du psautier. Rien n'est plus facile que de déterminer le caractère de ces variantes. Dans une partie des psaumes, elles ont pour objet de substituer la version (1) Verumtamen universa vanitas omnis homo vivens. Rom. — Verumlâmcn vane conlurbatur omnis homo. GaU. (2) Exaudi Deu8. Rom. —Exaudi. GaU. (3) Ne sileas a me. Rom. — Ne sileas. GaU. (4j Incola ego sum. Rom. — Advena ego sum. GaU. (tt) Eam. Rom. — Abeam. GaU. EN LETTRES ONCIALES 29 pllîcane k la version romaine, et ailleurs, au contraire, de reniplacer la version romaine par la version gallicane. Les exemples suivants donneront une idée de ce travail de revi- sion. Dans la première colonne je reproduis le texte primitif, en imprimant en italique les mots ou les lettres qui ont été exponctués ou biffés lors de la revision du viii* siècle. On trouvera les leçons nouvelles dans la seconde colonne, où j'ai marqué en caractères romains ce que le reviseur a con- servé du texte primitif, et en italiques ce qu'il a ajouté soit sur les marges soit dans les interlignes. FRAGMENT DU PSAUME XYI (1). Frameam inimicorum Frameam tuam ab iaiiùicis de manu tua manus tue Domine a paucis a terra Domine a paucis de terra dispartire eos divide eos Et subplanta eos in vita eonim in vita eorum De absconditis tuis De absconditis tuis adimpletus est adimpletus est venter eorum venter eorum Saturati sunt porcina Saturati sunt filiis et reliquej'unt et dimUerunt qu[ae superfuerunt] rehquias suas pa[rvuli8 suisj pa[rvulis suis] FRAGMENTS DU PSAUME XVII (2) . Misit e summo et accepit me Misit de summo et accepit me Et adsumpsit me de mul Et adsumpsit me de aquû teiudine aquamm (3) multis (1) Fol. 11 Y«et 12. (i) Fol. Uv<»-18. (3) La ligne tetudine aquarum a été récrite, en minuseule méro- vingienne, au l>as du fol. 14 v», pour tenir lieu de la première ligne du fol. 15 qui a été enlevée par l'action de riiumîdilé. 30 LB PSAUTIER DE LTOlf Et secondura innocentiam manum mearum Et disciplina tua ipse docébit Et secundum puritatem manum meàrum Et disciplina tua corrixit me in finem et disciplina tua tpsa me docebit FRAGMENTS DU PSAUME XXI (1). Exaruit velut testum virtus mea Ad defensîonem meam a^pice Eripe a frameam anima mea Et de manu canis [unicam meajm (2) Libéra me de ore leonis Universum semen Jacob magnificate eum Neque despexit praecem pauperis « Et adorabunt in conspectu tuo Universae patriae gentium Omnes divites terrae in conspectu ejus procedunt. Exaruit tamquam testa virtus mea Ad defensionem meam conspice Etue a frameam anima mea Et de manu canis hunica mea Salva me ex ore leonis Uni?ersum semen Jacob glorificate eum Neque despexit deprecacionis pauperum Et adorabunt in conspectu qus Universa familia gentium Omnes pingues terrae in conspectu ejus candent{3). (1) Fol. 30-33. (2) On s'est abstenu d'cxponcluer les deux premières lignes du fol. 31 y, parce que rhumidiié les avait à peu près rendues illisi- bles. (3) La première n d« ee mot paraît avoir été eiponetuée. ET! LETTRES ÔNCIALES 34 Od voit par ces exemples comment le texte des psaumes XVI, XVII et XXI, qui était primitivement conforme à la version romaine, a été ramené à la versioii gallicane. Les exemples qui vont suivre montreront une transformation d'un genre tout différent. On y verra que les psaumes XXXVII, XXXVIII et XXXIX ont été ramenés de la ver- sion gallicane à la version romaine. FRAGMENTS DU PSAUME XXXVII (1). Et qui juxta me longe steterunt Ego autem tamquam surdus non audiebam Et sicut mutus non aperiens os suum Et factus sum sicut homo non audiens Et non habens in ore suo redarguiioaes Quia dixi ne quando supergaudeant mi ht (3) inimici mei Et dum conmoveantur pedes mei Super me magna locuti sunt Quoniam ego in flagel la paratus Et dolor meus in cons pectu tneo semper Et proocsimi mei a longe steterunt Ego autem velut surdus non audiebam Et sicut mutus qui non aperiens (2) os suum Et factus sum ut homo non audiens Et non habens in ore suo ingripaiiones Quia dixi ne a/equando insultent in me inimici mei Et dum conmoveantur pedes mei In me magna locuti sunt Quoniam ego in flagel la paratus Et dolor meus ante me est semper (i) Fol. 62-63 v«. (2) Le reviseur, après avoir ajouté qui à la ligne précédente a oublié de substituer apent à aperiens, * (3) Ici le reviseur a omis d'exponctuer les deux mou qu'il rem- plaçait. 32 LB MàimBR DB LYON Quoniam iniquitatem meam adnuntiabo Et cogitabo pro peccato meo Inimici autem mei ▼ivunt et firmati Quoniam secpiebar justitiam Non derelinquas me. Quoniam iniquitatem meam ego prononcio Et cogitabo pro peccato meo Inimici autem mei vivunt et confortati ••••••••• •«••••••••••< Quoniam subsecpiotus sum justitiam Ne derelinquas me FRAGMENTS DU PSAUME XXXVIII (1). Cum consisterez pec cator adversus me Ecce mensurabileê posuLsti dies meos Verumtamen in ima gine ingreditur lu>mo Sed et frustra contur bantur Thensaurizat et igno rat cui congregaitt ea Et substantia mea aput te est Ab omnibus iniquitatibus meis eri/e me Obprobrium insipienti dedisti me Obmutiii et non aperui os meum quoniam tu fecisli Cum consistez pec cator adyersus me Ecce veteris posuisti dies meos Quamquam in ima genem Dei ambolit homo Sed et frustra contur bantur Thensaurizat et igno rat cui congregat ea Et substantia mea tamquam nihil ante te est Ab omnibus iniquitatibus meis erepe me Obprobrium insipienti dedisti me Obmutui et non aperui os meum quoniam tu fecisti me. (1) Fol. 04-66 v« EN LETTRES ONGULES 33 Yeruintamen vane coutarbatur omnis homo Ne sileas qaoniam adve sum aput te Yenimtamen vane conturbatur omnis homo vivens Ne sileas quod incola tum ego aput te in terra FRAGMENTS DU PSAUME XXXIX (1) Expectans expectavi Dominum et intendit mihi Et exandivit praece^ mea^ Et eduxit me de lacmn miseriae et de luto feds Carmen Dco nostro Holocaustum et pro peccato non. Arfauntiavi justitiam in ecclesia magna Ecce labia mea non prohibebo Domine ta scisti Non abscondi miseri cordiam tuam Et verilatem tuam a consilio mtdto Conpiace Domine uteruasme Domine ad adjuvandum me respice Expectans expectavi, Dominum et respexsit me Et exaudivit depmecadonem meam Et eduxit me de lacum miseriae^ et de luto fecis » Bymnum Deo nostro Holocaustum ettam pro delecto non Bene nuntiavi justitiam in ecclesia magna Ecce labia mea non prohibebo Domine tu cognovisti Non celavi miseri cordiam tuam Et veritatem tuam ainacogi multi Conplaceat tibi Domine liberaremeDominein ausiliom meom respice (1) Pol. 06 ir» — 70 r». 3 34 LE PSAUTIER DE LYON Confundantur et Gonfundantur et revereantur simul revereantur inimici mei Exultent et laetentur Exultent et laetentur super te omnes qui querunt te quaerentes te Domine Et dicant semper Et dicant semper magnificetur Dominus magnificetur Dominas Qui diligunt salutare tuum Qui diligunt salutare tuum Ego autem mendicus Ego vero sum et pauper iggenos et pauper sum Dominus sollicitus est niei Deus adjova me Adjutor meus et protector Adjutur et libefatur meus tu es meos es tu Deus meus ne tardavéris Domine ne tarduveris J'ai indiqué les caractères essentiels du texte primitif et des variantes additionnelles que contient le psautier de Lyon. Il me reste à signaler quelques notes ou essais de plume, qui, à Tépoque mérovingienne, ont été jetés çà et là sur les marges de différents feuillets. Voici la copie de tout ce qui m*a semblé digne d'être relevé : Ghodoldus. Fol. 16. In Christi nomen Noticia qualiter vel quibus. Fol. 56 v". Dum devid[it] murus et minia pandemus. Qumtinianus papas de Roma vobis mandat salutus. Fol. 59 v^. Audite omnis gentes paupir et potentes audite con tremore de Christi salvatore. Et lu crudeles Juda permanes in ardura. Fol . 62 V. Dum insedere incollmis depositus inveni (?) pâtre mea et matre me pâtre meus bac natus non fuera neque allius. Fol. 63. Homnes homo Christyanus qui baccepet baptisroo in Deo devet cogitare non peccare nemio. Christi resuveniad te de mi peccatore tribolantes. Fol. 70v<>. Dum myby ambolare et bene cogetare audivi ave m adcladtire et cessed myby inde dolore su3pin. Fol. 71 v«. Deus qui sedes in septemo trono et judicas. Fol. 71 v«. E!f LETTRES ONCIÀLES 3B Meritam sacerdotis recypiant condigoas honores qui chorant pro peccatoris Deo cognitum est cui scytum quod aego peccavi. Fol. 74. In Chrisli nome Noticia qualcte vel quibus presentibus boni hominibus venis. Fol. 85. Domine Jhesas Christi filius Dei digna meserire super me peccatore. Fol. 88^. Plusieurs de ces notes appellent des observations de divers genres. Dans le mot presentibus du fol. SB et dans le mot super du fol. 88 v^ les syllabes pre et per sont figurées par un p muni de Tappendice qui d'habitude doit faire attribuer au p la valeur pro. Il semble que, pour l'écrivain qui a tracé ces notes, un tel signe abréviatif répondait à pre et à per aussi bien qu'à pro. Les notes des fol. 62 v^ et 71 v^ semblent être le commen- cement de pièces religieuses dans lesquelles il est difficile de ne pas voir des intentions rythmiques. Sur les fol. 56 v® et 85 sont consignés les premiers mots d'une notice judiciaire, analogue à celles qui, dans le recueil de notre savant confrère M. de Rozière, portent les n^« 456, 459, 461, 472, 477, 485, 492, 494, 498. L'annotation la plus curieuse est peut-être Tin vocation tracée au t)as du fol. 70 v® : Christi^ resuoeniad le de mi peccatore iribulantes / Il y a peu de textes mérovingiens dans lesquels la dégradation du latin soit plus voisine des formes romanes. III LES BULLES SUR PAPYRUS DE L'ABBAYE DE SAINT-BÉNIGNE Con8ex*vée8 â. A8libuml:ia3n-Pla.oe âc à. Dijon En 4867, la Bibliothèque nationale a acquis de M. Clau- dio, libraire, un^^ expédition authentique du procès-verbal qui fut dressé le 12janvi»^r 1663 par Philibert de La Mare, conseiller au parlement de Bourgogne, pour constater Téiat de deux pièces sur papyrus conservées dans Tabbaye de Saint-Bénigne de Dijon, pour en expliquer le contenu et en prévenir la destruction (1). Ce procès-verbal est ainsi conçu : Philibert de La Mare, Taisné, conseiller du roy en sa cour de parlement de Bourgogne, commissaire [en] cette part, ayant avec nous pour greffier Nicolas Camus, clerc au greffe de la dicte cour,^çavoir faisons que, ce jourd'huy, deuziesme de janvier mil six cent soixante trois, après midy, en nostre hostel, ont comparu les révérends pères dom Joseph Seguin, (1) Cette pièce, écrite sur parchemin, forme les f. 5-10 du volume 17006 du fonds latin. Elle élail autrefois conservée dans le cabinet de Fevret de Fonlelte, comme l'indique la cote Porief, XLIU^ n. 56, qui est inscrite en tête. Elle est ainsi mentionnée dans la Bibliothèque historique de la France (éd Ponlelte, iil, 486. n. 37038) : « Copies et « rcconnoissanccs de deux bulics de Jean V cl Sergius I. qui sont au « Trésor de Tabbaye de Saint- Bénigne de Dijon : procés-verbal origi- « nal en parchemin, 10 pages. » 38 LES BULLES SUR PAPYRUS prieur, et dom Jean Saget, procureur de Tabbaye de Saiact- Bénigne de cette ville, de la congrégation de Sainct-Maur, lesquelz nous ont remonstré que, sur la requeste par eux présentée à la cour le quatricsme du présent mois, par laquelle ilz auroient exposé que, parroy un grand nombre de tiltres et monumens anciens qui sont dans le thrésor de la dicte abbaye, ilz ont remarqué deux constitutions ou bulles de papes, l'une du pape Jean cinquiesme, et Taultre du pape Serge premier, Jesquelles eslaniz d'une singulière antiquité sont escrites d'une lettre fuyante et d'une ancre que le temps a effacé en partie ; et comme il estoit à craindre que, les dictes bulles estants escrites sur une matière fragile, ce qui en reste ne vienne à estre altéré par le temps, supplioient la cour d'ordonner que, par devant commissaire qu'elle députeroit, il leur fût permis de faire vidimer les dictes deux bulles, auparavant qu'un plus long temps pût ester la cognoissance de ce qui en reste à ceux qui s'en voudront servir; sur laquelle requeste il anroit esté ordonné qu'il seroit procédé par devant nous à l'extraict et vidimus des dictes bulles ; en conséquence de quoy, ilz nous requeroient y vouloir procéder. Sur quoy appointants et veu la dicte requeste, ensemble Tarrest en marge d'icelle contenant nostre commission, nous avons donné et octroyé acte aux dicts dom Joseph Seguin, prieur, et dom Jean Saget, procureur de la dicte abbaye de Sainct-Benigne, de la représentation qu'ilz nous ont faict des originaux des dictes deux bulles, sellées en plomb, et rompues en quelques endroicts pour raison de la fragilité de la matière sur laquelle elles sont escrites, lesquelles deux bulles, qui nous ont paru escrites d'un ancien caractère approchant le caractère saxon, nous avons faict transcrire cy après mot à mot et suivant que nous avons pu les lire, ayantz laissé vuides les endroits de l'escriture que Tinjure du temps a altéré, en la forme qui suit : ■ « Johannes, episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio ti Vulfecranno, abbati Divionensis monasterii, ejusque succes- c soribus, salutem et apostolicam benedictionem. OOicii « nostri auctoritate monemur viros honestos DE l'ADDATE de SAIIfT-BÉIflGNE 39 r « titionibus .xaudire eisque congnium suSragium impertiri. « Quapropter in Domino fili Yulfecranne « abbas, postulaliones tuas dignas judicantes impleri, cymite- « rium vestnim, in quo venèrandus martyr Benignus corpore c requiescit, vobis c. teri.que clericis .•• ionensis castri « perpe. • . . uuum const. .uimus habendum, et ne idemcy- a miterîum (i) [alibi transfer ] sub excom- c municatione prohibemiis. Et si post bec factum fuerit, nos « illud auctoritate b.ati Pétri € .ymiterium inte temeretur sed pro gloriosi « m. . . ris reverentia qui locum ipsum et patriam adjacentem < sui sanguinis aspersione sacravit inviolabili gaudeat li.ertate t et semper sub istius sacrosancte aposlolice sedis protectione « servetur. Si.. a sane persona illud violare aut q.ocunque c modo te erare presumpseril analhematis sen- « teniia per « papsB anno primo mense nono, . . sacratissima beati Petri « apostoli sede, indictione Yl. ft Johannes (2) sancte catholice ecclesie episcopus. » Place de la bulle (3). t Se pontifex Romanus Her t : . . . . benedictionem. Quam primum € nob endendum' ne liqua f occasions . . . io. .nsium namque . . .0 horum martiri a Benign amulantium t réclamât. . . ad nos pervenit clericos jam dicti ff re conari. Hoe . . .uia predecessoris mei « Johannis Benedicti utîque suce. ... ris co.tradicit t te beali Pelrî pr.hib sub » percussione anathematis. Nam sicut prede- i cessor vester adortatu prefati martiris monasterii ipsius (1) Ici le rédacteur du procès-verbal de 16H3 a saule une liRoe, dont plusieurs mois se liseni encore sur le rragmeul possédé par lord Ashburnbam. donl il sera quesUon un peu plus loin. (2) Avanl Johannes j le mot Ego est bien lisible sur le fac-similé de Mabillon . (3) Un dessin de celte bulle se trouve dans Mabillon, De Re dipl., p. 437, et dans le Nouveau Traité de diplomatique, t. V/ p. 141. 40 LES BULLES SUR PAPYRUS c consiructor utrisque unum quo sanctus jacet corpora- t liter cymiterium ita nostre auctoritatis litière t venint corrobora squis etiam a tor c unpque biirgum dividit auf. . . ab eodem c . ..ustro aliquid excepto abbate praBsumpseril a simili sententia se darop Bene valete. Data YIII c kalendas ap . . • per raanus Johannis bibliotbeca.. . sancte t sedis apostôlice anno pontifie. • . . doraiui Sergii uniyersalis c pape sacratissima sede beati Pétri .... indic- c tione H. » Place de la bulle (1). Après quoy, les dicts dom Joseph Seguin, prieur, et dom Jean Saget, procureur de la dicte abbaye, nous ont remonstré que comme il est important pour le bien, honneur et adyan- tage de la dicte abbaye que le texte des dictes deux bulles soit entièrement restably, et ce qui manque aux originaux d'icelles suppléé par des anciennes copies, ilz ont trouvé dans le thrésor de leurs tiitres un ancien cartulaire de la dicte abbaye, à la teste duquel ilz ont remarqué une ancienne copie des dictes deux bulles, par le moyen 'de laquelle on peut restablir ce qui manque aux originaux, requeroient qu'il nous plût ordonner que la dicte ancienne copie des dictes deux bulles sera transcrite et insérée dans nostre présent procès-* verbal ; à quoy enclinantz, nous leur avons donné et octroyé acte de la représentation qu*ilz nous ont faict d'un livre in folio, en parchemiu, dont Tescriture nous a paru estre de deux à trois centz ans, ou environ, et lequel contient plusieurs tiitres de la dicte abbaye par copie, à la teste desquelz tiitres et au devant du texte d'iceux nous avons trouvé une ancienne copie dès dictes deux bulles, dont Tescriture ne nous a pas paru du tout si ancienne que celle du corps du dict livre, lesquelles copies de bblles nous avons faict transcrire et insérer dans nostre présent procès-verbal, pour restablir aucunement par icelles les lacunes qui sont dans les originaux des dictes bulles, (1) Mabillon (De Be diplom., p. 437) el les auteurs du Nouveau Traité de diplomatique (t. V, p. 141) ont donné un dessin de oetie balle. DE l'abbate de saint-Bénigne 41 comme il s'ensuit, pour le tout v^oir et servir ce qu*il appartiendra. c Johannes, episcopus, servus servorum Dei, dilecto ûlio t Vulfecranno, abbali Divionensis raonasterii ejusque succès- « soribus, salutera et apostoHcam beiiedictionem. Officii nosiri < auctorilate monemur viros honestos in suis petitionibus < exaudire eisque con^ruum suffragium impeniri.Quaproptery 41 carissime in Doroioo fili Vulfecranne abbas, poslulationes « tuas dignas judicantes impleri, cimiterium veslrum, in quo € venerandus martyr Benignus corpore requiescit, vobis atque € clericis Divionensis castri perpétue unum constituimus « habendum, et ne idem cimiterium alibi transferatur, aut « aliud praeter ipsum constituatur, sub excommunicatione c prohibemus, et si post hœc factum fuerit, nos illud aucto- « ritale beati Pétri et noslra dampnamus. Sane adicimus ne ab «t episcopo Lingonensi seu alio quoque idem cimiterium c interdicatur aut temereiur, sed pro gloriosi marlyris rêve- « rentia, qui locum ipsum et patriam adjiacentem sui san- c guinis aspersione sacravit, inviolabili f^.audeat libertaie, et € semper sub istius sacrosanct» et apostolicae sedis proteclione « servetur. Si qua sane persona illud violare aut quocunque c modo temerare prsesumpserit, nos eam anathematis sen- « tentia percutimus. Data per manus Joannis bibliotecarii, € pontificatus domini Joannis papae anno primo, mense nono, « in sacratissima beati Pétri apostoli sede, indictione VI. < Ego Johannes sancl» catholicœ ecclesiae episcopus « subscripsi. > « Sergius (1),gratia Dei pontifex Romanus, Heroni, Lingo- c nensiprsesuli, salutem et aposlolicam benedictionem. Quam « primum nobis attendendum, charissime, ne hostis maligniis c gregem Christi perlurbet aliqua occasione. Divioneusium « namque monachorum, martyri fienigno sub regimine Vul- (1) Une copie de cette bulle a été insérée, au xi« siècle, dans la Chronique de Saint-Bënigne de Dijoa ; voy. d^Achery, Spicilegium^ in-fol., II, 369, et Chronique del'abb. de Saint^Benigne, éù.Bougaud (Analecta Divionensia. Dijon ; 1875. Iu-8), p. 63. 42 LBS BULLES SUR PAPTBUS oc fechranni abbatis dévote famulantium, reclamatio ad nos. « pervenit clericos jam dicti castri ad se eorum cœmiterium « transferre conari. Hoc quia praedecessoris mei Joannis, < Benedicti utique successoris, contradicitur décret», aacto- a ritate Pétri apostoli et nostra prohibetur sub percussîone A analhemalis. Nam, sfcut Gregorius, olim praadecessor K vesler, adhortatu prsefatimartyrisinonasteriiipsiusconstnic- K tor, utrisque unum sancivit quo sanclus jacet corporaliter « cimiterium, ila nostrœ auctoritatis litterœ censuerunt corro- n borandum. Quisquis etiam a torrente qui utrumque burgum a dividit aufferre ab eodem burgo vel claustro aliquid, excepto r< abbate vel monachis, prsesumpserit, simili spntenlia se a dampnandum noverit. Bene valete. Data VIII kalendas c aprilis, per manus Joannis, bibliolhecarii sanctse sedis « apostolicœ, anno pontiticatus domîni Sergii, universalis « papae, decimo, in sacratissima sede beati Pétri apostoli, « indiclione secunda. 3> Et d'autant que, parTarrest cy dessus mentionné, donné sur la requeste des dictsdom Joseph Seguin, prieur, et dom Jean Saget, procureur de la dicte abbaye, il leur a esté accordé de faire recognoistre par gens expers et à ce cognoissans si les originaux des dictes deux bulles sont escrils sur de Tescorce ^ d*arbre, ou bien sur du papier faict de la plante appellée Papyrus jEgytia, nous avons, pour la dicte recognoisssuice, nommé de nostre ollpce maistres Jacque Auguste de Chevannes et Louis Mailloy, advocats en parlement, lesquels ayants esté assignez par Roydot, huissier à la cour, et comparants par devant nous, le serment d'eux pris de bien fidèlement et exactement recognoistre la matière sur laquelle sont escrits les originaux des dictes deux bulles, et après les avoir bien et deuement examiné, nous ont dict qu après avoir veu les originaux de deux bulles des papes Jean V et Serge P' tirées du thrésor des tiltres de l'abbaye de Sainct-Benigne de Dijon, rompues en quelques endroicts, ilz ont recognu icelles estre escrites sur une matière faicte d'une plante appellée l^apyrua jEgypIiaj qui est de l'espèce appellée par Pline Charta Sai- tica, ce qu'ilz ont jugé par sa matière, qui ressemble beau- ^ DB i'AUATE INB SAIRiT-SÉlflGlfE 43 coup & l'escorce dps arbres, qui est une observation que faict le dict Pline au livre XIII, chapitre XII, pour marquer la diflërence de ce papier avec les aullres, en ces termes : Sai- tica^ aboppidOf exvilioribuis ramenth, propiorque etiamnum corticiy comme encores par la largeur que Pline donne à ée papier de Sait, sçavoir de huict doigts, qui se rencontre pareille dans celui qui contient les dictes bulles, et de plus Pline raportant dans les qualités propres à ce papier que nec malleo suffieit, il les confirme dans ce sentiment que les dictes bulles sont escrites sur du papier d*iGgypte, dont le jonc croist aux environs de la ville de Sait, puisqu'il leur a apparu par les divers endroicts qui se trouvent rompus aux dictes bulles que ce papier ne pourroit souffrir le marteau sans se casser, estant d'une matière spongieuse et poreuse, laquelle estant desseichée se romproit, comme Tescorce, par Teffort qu elle recevroit ; la forme aussi faisant juger que c'est du papier d*iEgypte. en ce que celuy des dictes bulles est composé des premières phylires plus grossières, qui servent comme de bazes et qui sont eslendues du haut . en bas, lesquelles d*aultres phylires plus déliées traversent, et ces dernières reçoivent Fescrilure, ce qui est conforme & la tissure que Pline en a rapporté au mesme livre et chapitre que dessus : Texuntur omnes tabulœmadentes Nili aqua ; turbidus liguor vitn glutinin prœbet, cum primo supina tabula scheda adiinitur longitudine papyri, quœ potuit esse^ retegminibus utrimque amputatis, transversa postea crates peragitur. Qui est ce qu'ilz ont recognu touchant la matière sur laquelle sont èscriles les dictes bulles. En tesmoing de quoy, nous avons dressé le présent procès- verbal, signé iceluy elfaict signer aux dicts dom Joseph Seguin, prieur, dom Jean Saget, procureur, aux dicts sieurs de Chevannes et Mailley, et au dict Camus les an et jour avanè* dicts . DELAMARE. FR. JOSEPH SEGUIN. F. JEAN EV. SAGET. DE GHEVANES. MAILLEY. CAMUS. La première des bulles visées dans le procès-verbal de 1663 est assurément de Jean V : elle est en effet rap- pelée dans la seconde comme émanant du pape Jean, suo- 44 LES BULLES SUR PAPYRUS cesseur de Benoît; termes qui ne sauraient convenir qu'a Jean V, successeur de Benoît II. Or Jean V n'a occupé le saint-siège que pendant une année, du 33 juillet 68S, jour de son sacre, au 3 août 686, jour de sa mort (i). Ainsi une lettre datée du mes de novembre^ de la première année du pontificat de Jean V, ne peut être que du mois de no- vembre 685, encore bien que Tannée 685 réponde à Tindic- tion XIII, et que la date de la lettre mentionne, non pas Findiction XIII, mais Tindiction VI. La seconde bulle porte en tête le nom de Serge. Serge P' a été pape de 687 à 701 ; Serge 11, de 844 à 847 . Entre ces deux pontifes, nous ne pouvons pas hésiter un seul instant : évidemment il s'agit de Serge I®% puisque la bulle a été expédiée h la requête de Tabbé Vulfecrannus, qui était déjh en fonctions la huitième année de Clotaii% III, c'est-à-dire en 663 (â). Les savants qui ont examiné le papyrus original au xvii^ siècle ont constaté qu'il portait très lisiblement la date du 8 des calendes d avril et de Vinrliction //, ce qui correspond au 25 mars 690 ; mais les anciennes transcriptions ajoutent un autre élément : la dixième année du pontificat de Serge^ ce qui nous ferait descendre jusqu'au 25 mars 698, et ce qui ne concorde plus avec Findiction II. • Examinons maintenant les opinions qui ont été émises sur les deux bulles de Jean V et de Serge ^^ Mabillon n'avait pas vu lui-même les originaux de ces deux bulles. On lui avait envojé de Dijon le fac-similé des premières et des dernières lignes, qu'il a^ insérées dans le De re diplomatica{S), comme les plus anciens exemples de bulles originales qui fussent à sa disposition. Dans le (i) JatîA, Reqesta pontîlicum Romanorum,p, 170. (2) Ga/^ta c/im^, t. IV, col. 670. Conf. BrëquigDy,DiptomaIIGIfE 81 restituere beatsB memorias loci abbatis cou .... fratres ex quibus loco abbat[is Gujillelmum ordinavit [quendam . . . in mooasterio quod est construcium apud castnim [Divionense in hono. . . . .... martjrum Benigoi atque Mauricii. Cujus augmeotum du m [cerne .... in utroque (?) ejusdem quamtotius que[si]yit aliud nihilo- [minus ..ono curavit committere cura. Est autem et illud monaste- [rium con .... qui dicjtur Besua in Atuensi comitatu beatorum (?) in ho. . • ut autem et • Au verso du second fragment de Dijon. m mense maio indictione octava. f (1) Dat. Vn kls. Junias per man. Johanni[s] episcopi sancle [Albanensis ecclesiae et bib[liothecarii] sancte apostolice sedis anno pontificatus domni [Johannis • et universalis quintidecimi papsB in sacralissima sede beati [Pétri ... (2] predicti episcopi quod ab culmine. . . • . . .dum fuerit vir que[m] fratres. • . timorem Dei elegerint .... Malgré les mutilations dé ces textes, il n'est pas douteux qae ce ne soient les débris d'une bulle de Jean XV en date du 26 mai 995. Elle avait pour objet de confier Tadminis- tration de Tabbaye de Saint-Pierre-de-Bëze à Guillaume, abbé de Saint-Bénigne. (1) Celle ligne et les deux suivanles sont en caractères gallicans; ce qui précède el ce qui suil esl en écriture lombardique. (3) Les trois lignes qui suivenl sont évidemmenl déplacées. Le boul de papyrus sur lequel elles seul écrites aura été enlevé de sa place primitive et soudé ici pour agrandir la feuille destinée à recevoir la bulle de Serge I«r. 89 [iM PUiXBS SOB PAPTRCS Mais il fiiot expliquer comment plusieurs parcelles 4'uoe bulle de l'auBée 995, qui parait parfaitement sincère, se trouvent au dos de deux bulles datées. Tune de 685 et Tautre de 600 ou 698. L'explication lie me semble pas difficile à trouver, du moment où, comme nous Tavons vu, les bulles de Jean V e( de Serge I*' sont fausses. Au XI' siècle, les moines de Saint-Bénigne de Dijon, qui fabriquèrent ou firent fabriquer les prétendues bulles de Jean V et de Serge P% savaient que les anciens actes de la chancellerie romaine étaient généralement écrits sur du papyrus. Pour se procurer cette substance, que le com- merce ne devait guère apporter en Bourgogne, ils fouillè- rent leurs archives, où se trouvait la bulle sur papyrus par laquelle Jean XV avait confié en 995 à Guillaume, abbé de Saint-Bénigne, Tadministration de Tàbbaye de Bèze. Guil- laume était mort ; l'acte qui Tavait mis à la tète du mo- nastère de Bèze n'avait plus qu*un intérêt historique : il fut sacrifié. Un faussaire le découpa de façon à avoir deux morceaux de papyrus, dont une face était vierge de toute écriture. G*est ainsi que fut trouvé le papyrus sur lequel furent co- piées en caractères lombards les deux bulles de Jean V et de Serge P', bulles qui, après avoir été conservées jusqu'à la révolution dans Tabbaye de Saint-Bénigne, se trouvent au- jourd'hui en partie dans la bibliothèque publique de Dijon (1 ), en partie dans la collection Libri, chez lord Ashburubam. (1) Dès Tannée 4807 il y avait à la Bibliothèque de Dijon deux bulles encadrées sous verre ;\oy. Millin, Voyagé dans les dépariemenls du Midi, U II p. 262. IV MANUSCRITS DE L'ABBAYE DE SILOS ACQUIS PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE On est convenu de désigner sous le nom de wîsigothi- que, récriture qui a été employée en Espagne du vni* au \ii* siècle pour la copie des livres comme pour celle des pièces diplomatiques.'Ce genre d*écriture est fort peu connu en France. Mabillon (i) et les auteurs du Nouveau Traité de diplo^ matique{i) neVoûi guère étudié que d'après des fac-similés plus ou moins imparfaits, gravés dans différents ouvrages espagnols. M. de Wailly (3) est, chez nous, le premier qui ait déterminé d'après un manuscrit original les caractères de récriture wisigolhique. Le manuscrit dont il s'est servi est celui qui porte à la Bibliothèque nationale le u^ 2855 du fonds latin, et qui avait été envoyé à Colbert, en 1681, par le chapitre du Puy. C'est un volume que Gotiscalcus, évëquedu Puy, rapporta d'Espagne en 951 et qui avait été copié pour ce prélat par Gomès, moine de Saint-Martin d'Albelda (4). Le même manuscrit 2855 a fourni aux au- teurs de la Paléographie universelle (5) le seul exemple (1) De He diplom,, p. 432. (2) T. m, pastim. (3) Élémenls de paléographie, t. I, p. 658. (4) Voyez le Cabinet des manmcriu, t.l,p. 5U. (o) Planche CCVI. Voyez la traducUon de Madden, t. U, p. S73. 84 MANUSCRITS DB l\BBATB DB SILOS qu'ils aient donné de Tancienne écriture des livres d*Espa- gne. La direction de TËcole des chartes en a fait aussi litho- grapbier quatre pages (1) pour servir aux exercices de renseignement. Ce que nous savons de Torigine du manuscrit 2888 lui assure une valeur exceptionnelle. Mais, à part ce manuscrit, la Bibliothèque nationale ne pouvait jusqu'à présent mon- trer comme monuments de la calligraphie wisigothique que plusieurs diplômes de Tabbaye de Gluni, et es trois manuscrits suivants : les lois ies Wisigoths, manuscrit 4667 du fonds latin, probablement du ix* siècle ; le saint Isidore, manuscrit 2994 A du fonds latin, de la même époque (2) ; et les règles de saint Isidore et de saint Fruc- tuose, manuscrits 10876 et 10877 du fonds latin, proba- blement du X* siècle : ces deux derniers manuscrits sont les débris d*un volume assez considérable que les moines de Marmoutier achetèrent à Toulouse vers le commen- cement du XVIII* siècle, et dont un autre morceau, conte- nant la règle de saint Basile, forme aujourd'hui le n^ 618 de la bibliothèque de Tours (3). L'arrivée à Paris, au commencement de l'année 1878, d'une collection de manuscrits wisigothiques (4) était donc un notable événement dans le domaine delà paléographie et de la bibliographie. C'était une merveilleuse occasion qu'on n'avait jamais vue en France et qui pouvait ne jamais se représenter. Il fallait à tout prix en profiter pour combler une regrettable lacune dans les collections de la Biblio- (1) Le fac-similé de c^ quatre pages porte la cote 377 dans Tan- cienne série des fac-similés. (3) Deux pages de ce manuscrit ont été reproduites dans la collec- tion de fac-bimilés de TÊcole des chartes, série liihographiée, n» 381. (3) Dorangc, Catalogue des manusci'its de Tours^ p. 312 et 313. (4) Catalogue de Livrés rares,., et dé manuscrits du !X^ au Xr///«5idc/f,rédigéparN.Bachelin-I>eflorenne(ÀvendrelelwJuiDl878]. Paris, Bachelin, 1878. Grand in^ de 36 p. avec six planches. MANUSCRITS DE l'aBBàTE DE SILOS 85 tbèque nationale. Je n'eus qu'un mot à dire à M. Bardoux, alors ministre de Tlnstruction publique, pour lui faire com- prendre l'importance de l'acquisition que mes collègues et moi nous avions en vue; grâce à la libéralité du ministre et au zèle empressé de ses collaborateurs, la Bibliothèque na- tionale put se faire adjuger les plus précieux des manus- crits wisigotbiques qui ont passé en vente publique, le l^'juin 1878, à l'Hôtel des commissaires-priseurs. Le dépouillement de ces manuscrits montrera quelles ressources nouvelles ils apportent à l'histoire littéraire, comme aussi à Vhistoire ecclésiastique de la France et de l'Espagne. Les philologues remarqueront encore la copie des Étymologies d'Isidore, qui vient s'ajouter aux autres exem- plaires manuscrits du même ouvrage déjà possédés par la Bibliothèque, et trois glossaires du xi® et du xii^ siècle. Mais c'est surtout pour les études paléographiques et ar- chéologiques que mérite d'être signalée cette nouvelle série de manuscrits. Ce sont, en effet, des modèles achevés de la calligraphie espagnole du x'' et surtout du xr siècle. On pourra s'y rendre comple non seulement de l'écriture pro- prement dite, mais encore de* l'application du dessin et de la peinture à la décoration des livres. Ce ne sera plus d'après des fac-similés, mais bien d'après les monuments originaux, qu'on pourra, à la Bibliothèque nationale, com- parer les manuscrits espagnols du x'^au xii® siècle avec les manuscrits de la même époque exécutés en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. L'examen auquel on les soumettra sera d'autant plus fructueux que, sans parler des souscriptions non dalées, trois d'entre eux por- tent des dates certaines. L'un a été donné h une église l'année 1030 de Tère espagnole, ce qui répond à notre année 992 ; un autre est un peu antérieur à l'année 1067, comme il sera expliqué un peu plus loin ; le troisième a été achevé de copier le 24 août 1072. Un examen superficiel de quelques pages de ces volumes 86 MillinSCRITS DB L*ABBATB DE SILOS suffit pour déterminer les caractères auxquels on peut re- counattre les manuscrits wisigothiques, en tenant compte à la fois de la forme des lettres, du système des abréviations et des particularités orthographiques. Forme des lettres. Huit caractères de Talphabet donnent lieu à des observations. A. Va est ouvert par le haut, à peu près comme un c qui par le bas serait réuni à un t. F. La baste de lyest très allongée; çlle ne dépasse pas le niveau supérieur des lettres ordinaires, mais elle des- cend au-dessous du niveau inférieur de<;es mêmes lettres. G. Le g minuscule a la forme d*un G capital, muni à son extrémité inférieure d'un trait vertical qui se prolonge assez bas au dessous de la ligne de réglure. I. On trouve un /capital très allongé, non seulement au commencement du mot, mais encore à la fin, surtout quand la désinence est figurée sous une forme abréviative : el* pour ejus. T. La traverse du t est appuyée à gauche sur une demi- circonférence qui donne à la lettre Tapparence d'un a. U. Vu est parfois inscrit au-dessus du niveau supérieur des lettres ordinaires, même quand il n'y a «point d'abré- viation : Sperat's, exsolbanV'r, lang''fintL X. Au lieu d'être formée de deux c adossés, cette lettre se compose à droite d'une demi-circonférence, et à gauche d'un crochet supérieur et d'un trait vertical inférieur, assez long, terminé par un petit crochet. Y. La tête monte au-dessus du niveau supérieur des lettres ordinaires. Système des abréviations, La présence d'une abré- viation est signalée par un trait horizontal surmonté d'un point. Si plusieurs mots abrégés se suivent immédiate- ment, ils sont surmontés d'un trait unique, au-dessus duquel sont marqués autant de points qu'il y a de mots abrégés. MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 57 B suivi d'un s supérieur (b*) = hm. B au-dessous duquel est tracé une sorte de petit 0^=^ bis, L avec un signe semblable => lis. P dont la haste supporte à gauche une demi-conférence partant de la panse de la lettre = per. C'est à peu près le signe qui, dans les manuscrits de France^ représente la syllabe pro. Q surmonté à droite d'un trait assez semblable à un « (q«) = que. Q dont la haste est traversée d'une diagonale doublement recourbée = qui. An »» amen. Aum = autem. Nne = nomine, Ppr = propter. Les lettres employées comme chiffres sont suivies d^une lettre indiquant la désinence du mot, lettre qui n*est pas posée en interligne, mais a côté du chiffre, du même corps que le chiffre, et sans interposition d'aucun signe : vo = quinto. Particularités orthographiques. — La conjonction cum .est écrite gfuum, ce qui n'arrive point dans les manuscrits français. Un trouve de même la forme persequutio pour persecutio. Au commencement des mots, la voyelle i disparaît devant une s suivie d'une consonne : sloria pour historia. La lettre h ne se trouve pas daris beaucoup de cas ou les copistes français ne manquent jamais de la placer ; les scribes espagnols la suppriment dans des mots où elle pa- rait indispensable : Antiocia^ pour Antiochia ; pulcerrima^ fOur pulcherrifna. Même réserve dans l'emploi du p : redemtio^ pour redemptio. Confusion des consonnes b eiv : exsolbantur^ pour exsolvantur ; placavilia^ pour placabilia. 58 • MANUSCRITS DE l'aBBATB DE SILOS Quant au dessin et à la peinture, nous en avons d'ex- cellents exemples dans deux volumes du xi"" siècle, qui figurent à l'Exposition dans une armoire de la galerie Mazarine. L'un est le recueil des épitres et des évangiles qui en- traient dans Toffice des différentes fêtes de Tannée. Ce re- cueil, dont on attribuait la composition à saint Jérôme, fut de très bonne heure connu sous le nom tde Cornes. Papias le dit en termes formels : « Comes vocatur ab Ecclesiasiicis congregatio celestium lectionum. » Du Gange a fait observer que, daus les églises d'Espagne, le terme Comicus a été généralement substitué à celui de Comes, Tel est le cas de notre manuscrit, qui est intitulé : ce In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti,incipit liber Comi- cum de toto circulo anni. » La date de ce beau volume peut se déduire d'une charte inscrite sur le fol. 26 v®, oîi Ton voit que a duen Sanzo de Tablatiello antiquo » avait disposé de ses livres en faveur de l'abbaye de Saint-Sébas- tien, gouvernée par Tabbé « Munnio» ; il lui avait lé^ué la nue propriété d'un antiphonaire noté en neumes, d'un recueil d'oraisons, d'un manuel, d'un comte, d'un livre des ordres (sans doute un ponli(ical)et d'un livre d'heures. Le donateur s'était réservé la jouissance dé ces livres pour lui et pour quelques-uns de ses parents. L'abbé Domini- que, successeur de Munnio, les trouva entre les mains de a duen Nunno x>, qui reconnut et confirma la donation de (( duen Sanzo », par un acte solennel passé, en 1067, en présence de tout le couvent de Silos. L'autre manuscrit est un magnifique exemplaire des Ëtymologies d'Isidore de Séville. La copie en a été termi- née le 24 août 1072, comme le prouve la souscription finale du fol. 38S. Le nom du prêtre qui a copié ou fait copier ce manuscrit se trouve répété un grand nombre de fois dans une sorte d'échiquier qui couvre I * fol. 21 v^ : chaque case de récbiquier renferme une lettre, et la réunion MANUSCRITS DE l'ABBITE DI 81L06 59 de ces lettres, dans quelque seos qu'on les prenne, donne, en fout ou en partie, la phrase : ERICONI PRESVITERI INDIGNI MEMENTO. C'est absolument la disposition que le P. Jules Tailbant a relevée dans cinq ou six vieux manuscrits espagnols (1). C'est aussi celle du frontispice de l'Apocalypse de Saint-Sever {i)y sur lequel est inscrit le nom de Fabbë qui avait fait exécuter ce précieux volume : GREGORIVS ÀBBA NOBILIS, nouvel argument pour établir que TApocalypse de Saint-Sever porte les traces d'une influence hispano-majiresque, comme M. de Longpé- rierTa démontré d'après d'autres indices dès Tannée 4846. Les copistes espagnols semblent avoir affectionné ce genre d'inscriptions. Tous les manuscrits vendus à Paris le 1^' juin 4878 viennent de Saint-Sébastien ou Saint-Dominique.de Silos, abbaye des environs de Burgos, qui paraît avoir été un foyer d'activité littéraire après la réforme dont elle fut l'objet au milieu du xi® siècle. Dans un des volumes acquis par nous se trouve le cata- logue des livres que le monastère de Silos possédait au commencement du xiii' siècle (3). Il y en avait plus de cent, parmi lesquels on remarque l'ouvrage de Salluste, la Thébaïde de Stace et l'histoire de Paul Orose. Le rédac- teur du catalogue a pris soin d'avertir que plusieurs des livres de son abbaye étaient écrits en lettres françaises : c( Dos reglas francisca... El VI psalterios de letra francisca.» C'est une allusion à la révolution qui s'introduisit au (1) Yoypz Tappendice ajouté par le P. Jules Tùlhant au volume du P. Cahier iniilulé : Nouveaux mélanges d'archéologie: Bibliothèques. Paris, i877. Grand in-4. (3) fi sera question de ce manuscrit dans la notice imprimée un peu plus loin et relative aux manuscrits de TApocaiyitse de fieatus. (3) De cette pièce publiée un peu plus loin il conviendra de rappro- cher les catalogues des manuscrits des monastères de Saint-Millan de la Cogolla et de Saint-Pierre de Cardefia, insérés dans le Mémorial histârieo espahol^ t. Ht pp- 9 et suiv* 60 MAlfnSGRITfi DE l'aBBATB DB SILOS xii' siècle, et peut-être dès le xi*, dans les habitudes des copistes espagnols, probablement sous Tinfluence des co- lonies françaises que notre grande abbaye de Gluni envoya dans plusieurs diocèses d'Espagne. Un autre de nos manuscrits renferme des notes très cu- rieuses sur Fusage que les moines de Silos faisaient de leurs livres au xiii^ siècle. On y voit, si je comprends bien ces notes, queplusieurs volumes étaient prêtés, et que le roi, peut-être Alfonse le Sage, était au nombre des emprun- teurs : « La cronîca, el rey.... Paulo Osorîo, el rey (1). » Les bibliographes espagnols nous renseigneront, je n'en doute pas, sur les vicissitudes de la bibliothèque de Silos dans les temps modernes. Ce que je puis en dire, c'esttque les manuscrits dont elle se composait furent paginés et catalogués en 1773, par un religieux qui a signé ses notes des initiales G. H. La plupart de ceux qui nous ont échappé aux enchères du 1^' juin viennent d*être acquis par le Mu- sée britannique (2), qui possédait déjà un précieux volume de Fabbaye de Silos, le commentaire de Beatus sur TÀpo- calypse, copié en il 09 (3). Après ces observations préliminaires, je vais décrire, un à un, les trente manuscrits de Fabbaye de Silos, qui sont entrés à la Bibliothèque nationale, à la suite de la vente du 1« juin 1878. I. (4) Commentaire sur les premiers livres de la Bible, depuis la Genèse jusqu*aux Rois. Une main du xin* siècle (1) H. Morel-Falio veut bien me signaler, dans le Mémorial histô* rico espafiol^ t- 1» p* 257, deux actes relaiifs à des livres (]u' Alfonse X avait empruntés au chapitre d'Albelda et au monastère de S.-Haria de Nagera. (2) Voyez un article de M. Bond, dans The Àihenœum^ n» du 27 juillet 1878, pp. ii3 et 4U. (3) N» 11695 de la série additionneUe. (4) N<> 43 du catalogue de vente. NAIIUSGRITS DK l'aBBAYB 06 SILOS 61 a ÎDscrit ce tilre sur un feuillet de garde au commeucement ; « Librum de maledictioue Àde et Eve et serpentis. » II y a de nombreuses lacunes, par suite do Tenlèvement des cahiers qui portaient les signatures À, F, K, N et Q, — Premiers mots du commentaire sur TExode (fol. 36) : « locipit liber Exodi. Quedain misteria ex libro Genesis obscuriora rerumgesta que allegoricis erant obtecta figuiis, ex libris majorum brebiter exceptra {sic) prestrlncsi- mus...» — A ces mots, on reconnaît les Questions d'Isi- dore sur TExode. Volume sur parchemin, de 97 feuillets, non compris les gardes du commencement. 190 millimètres sur 140. Écri- ture wisigothique du x« siècle. — Un bibliothécaire de Silos Ta intitulé : « Exposilio Yeteris Testamenti. » — (NouY. acq. lat. 238.) II. (1) Copie du commentaire d'Âpringius sur l'Apoca- lypse et d*un recueil de vies de saints. Le commentaire commence par ce titre et ces mots : tt Apringii, episcopi Pacensis in Lusitania, expositio in Apocalypsim. Biformem divinse legis historiam duplici...» Il y a une lacune par suite de l'arrachement des feuillets cotés 48, 49 et SO. Le recueil de vies de saints est, suivant le P. Jules Tailhan, la copie du premier volume de Sanctoral de Téglise de Gordoue, d'après l'exemplaire que les religieux de San Pedro de Gardefia rapportèrent de Gordoue vers Tannée 1097. Voici les premiers mots de la préface de ce recueil : «Stilo, génère siquidem tormenlorum, perpessi diverso, cruare tamen unius fidei perfuso, eterni fulgent régis lanreati diademate polorum in regno. Incipit prolo- gus. In Domine sanctae et individu» Trinitatis. Hic codex (i) No 68 du eaUlogue de veole. 62 MANUSCRITS DE l'aBBATB DE SILOS coDtinel martirum gesla qualiter pro nostro DomiDo aoi- mas tradiderunt vel martiriali obitu triumphaverunt....» Suit la table des morceaux qui composent le Saac* ^oral : P. 2. c Passio sanctorum beatissimonim martirum Aciscli atque Victoria, qui passi sunt Gordoba in civitate sub Dion préside, xv kalendas Décembres. Deo gratias. In tempo - ribus illis quum primum descendisset in urbem Gofdoben- sem... 0 P. 9. 0i Passio sanctorum martirum Facundi et Primitivi, qui passi sunt in locum qui vocatur Ceja secas strata,sub Atlico et Praetestato consulibus, die v kalendas Décembres. Deo gratias. In temporibus illis dum orbem universum démens, sacrilegus imperatorum furor concuteret... j> P. 18. 0 Cooressio sanctse ac beatissimas Leocadis Yiigiois, qusB obiit Toleto in civitate, sub Datiano prsBside, die y idus Décembres. Deo gratias. In temporibus illis post corporeum salvatoris... » P. 20. 0 Passio sanctae ac bealissimse Eulaliae vii^nis et inar- tirîs Christi, quœ passa est Emerila in civitate, sub Calpur- niano praeside, die iv idus Décembres. Deo gratias. Innu- merus populus... » P. 30. P. 80. « Passio sanctorum martirum Servandi et Germani, qui passi sunt die x kalendas Novembris. Deo gratias. Bea- tissimorum martirum passiones inclitse. • . ^ P. 84. « Passio sanctorum martirum Vincentii, Sabina) et Christetae, qui passi sunt m urbe Abela sub Datiano prae- side, die Y kalendas Novembris. Deo gratias. In illis diebus, dum post corporeum salvatoris adventum et pro redemp- tione nostra... » A4 MANUSCRITS bs L*ABBilTB DB SILOS P. 89. a Passio sanctorum martiruni innum^rabilium Cesara- gustanoniin, quorum corpora sita sunt ante ecclesiam quae nuncupatur sancta sanctorum, qui passi snnt sub Datiano prseside pro Domino nostro Jesu Christo. Deo gratias. Pris- corum mundialium gesta virorum... » P. 94. c Inyentio corporum beatissimi martiris Zolli, quod invenlum vel translatum est ab Agapio, Cordubensis sedis episcopo, die iinonas Novembres. Deo gratias. Passio bea- tissimi martiris Zoili, qui passus est Cordova in civitate, die V kalendas Jullias. Deo gratias. Dum sanetorum Tictorias certaminibus... » P. 97. t Vita vel passio beatissimse virginis Argentés et co- mitum ejus roartinim, qui passi sunt Cordoba in civitate sub Tirano praeside, die m idus Maias. Deo gratias. Inter gloriosa martyrum prsliaquibus superando mundum... » P. 102. a Passio sanctî ac beatissimi Romani et comitum ejus, qui passi sunt in civitate Anliochid, die xiiii kalendas Dé- cembres. Deo gratias. In temporibus Diocletiani et Maxi- miani imperatorum cum a Paganis in ecclesiam Dei... » P. 111. « Passio sanctorum martirum Yaleriani, Tiburtii, Maximi ac beatSB Ceciliae, qui passi sunt in urbe Roma sub Almacliio prseside, die x kalendas Décembres. Deo gratias. Humanas laudes et mortaliura infolas... » P. 133. a Passio sancti Clementis episcopi et martiris Christi, qui passus est in civitate Chersona, sub Trajano imperatore, die IX kalendas Décembres. Deo gratias. In temporibus illis tertius Romanae ecclesisB praîfuitepiscopus... 9 P. 142. « Passio sancti ac beatissimi martyris Satumini epis- copi, qui passus est in civitate Tolosa, die ni kalendas Dé- cembres.Deo gratias. Sieorumvirorumbeatissimaspassiones débita admiratione... y P. 146. c Passio sancti ac beatissimi Andrese apostoli et mar- tiris Christi, qui passus est in civitate Patras sub Egea proconsule, die pridie kalendas Décembres. Deo gratias. Passionem sancti Andreae apostoli quam oculis nostris vidi- mus... > P. 154. « Leclio ecclesîastica de mirabilibus sancti Stephani, martyris Christi, ex libris de Civitate Dei beati Augustini MARDSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 68 episcopi, die vu kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis ad aquas Tibililanas. . .» P. 461. c Passio vel vita bealissims Eugeni» virginis et co- milum ejus martyrum, qus passa est Âlexandria in civitate, sub Gallieno Âugusto, die n kalendas Januarias. Deo gra- tias. In diebus illis, septimo consulatu suo, Commodus imperator...» P. 187. a Yita Tel passio sancti Jacobi apostoli et fratris Do- mini, sumpta de storia ecclesiastica sancti Eusebii, Cssa- riensis episcopi, die v kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis Judaei Jacobum fratrem Domini...» P. 189. c Passio beatissimi Jacobi apostoli, fratris Domini, qui passus est in Hierosolima, die y kalendas Jannuarias. Deo gratias. In diebus illis Jacobo apostolo présidente... > P. 191. c Âssumptio sancti Joannis apostoli et evangelistœ, die lY kalendas Jannuarias. Deo gratias. Helito, servus Christi, episcopus Laodiciœ, universis ecclesiis catholico- runi.. . > P. 204. a Passio sancti Jacobi apostoli, fratris sancti Joannis, et comitum ejus, qui passi sunt Hierosolima, die tertio kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis, apos- tulus Domini nostri Jesu Christi Jacobus, frater beati Joan- nis.. .Y ^ P. 210. Passio sanctsB ac beatissimsB ColumbsB virginis et martyris Christi, quae passa est in civilate Senona, sub Au- reliano imperatore, die pridie kalendas Januarias. Deo gra- tias. In diebus illis adveniens Âurelianus. . .» P. 212. Vita yel passio beatissimorum Inartyrum Juliani et Basilissœ et comitum eorum, qui passi sunt Ântiochia, sub Martiano praeside, die vii idus Januarias. Deo gratias . Beati martires sœculum relinquentes. . .» P. 249. a Passio sanctorum martyrum quadraginta, Alexan- drie Filoctemini, Egia, Leonti, Valeri, Candidi..., qui passi sunt sub Marcello duce, die v idus Januarias . Deo gratias. Martyrum quidem memoriam necunquam licuit...» P. 254. « Passio sancti ac beatissimi martyris Sebastiani et comitum ejus, qui passi sunt Romœ, die xii kalendas Fe- bruarias . Deo gratias • In diebus illis Sebastianus vir chris- 66 MANUSCRITS DE L^BBATB DE SILOS tianissimus. . .» — La fui de ce morceau n'a pas été copiée dans le ms. Volume sur papier, de 89 feuillets et de 280 pages. 305 millimètres sur 210. Écriture espagnole du xvii' ou du xviii* siècle. — (Nouv. acq. lat. 1299.) lil. (1) Leçons des épitres et des évangiles des diman- ches et des fêtes de Tannée, intitulé (p. 35) : « In nomine patris et filii et spiritus sancti, incipit liber comicum de toto circulo an ni amen. » En tête du volume sont les morceaux suivants : P . 1 . Fragments de Févangile de Nicodème, avec des blancs, destinés peut-être à recevoir des peintures. P. 12. ce In nomine Domini nostri Jhesu Christi incipit libel- lûm de sancta Trinilate, sive de interrogationes de &de eatholica. Amen vereque amen. Die mici quisunt...» Dialogue analogue à ceux qui ont été publiés sous le titre de a; Joca monachorum; 9 voyez Romaniaj année 1872, I, 483. Le dernier article est ainsi conçu : « Die mici que ordine ponimus mammillas, mammas et ubera? Responsio : Mammas in viro, mammillas in mulier, ubera in pecodura. Finit interrogationes de fidei sancta catholice fides . » P. 16. Symbole de Nicée : « Hascribat hac recte credenlibus CCGXYIII episcopis aput Niceam . Credimus in unum Deum patrem. . .» P. 17. u Interrogationes. Qnomodocredes Deum? Responsio : Credo Deum in Trinitate, patrem et filium et spiritum sanctum. . j> P. 18. Antiennes, avec notation neumatique. P. 20. Règles d'arithmétique. « Numerus est unitatum col- lectio vel quantitatis acerbus unitatibus profusus. • .» P. 21 . Note sur les derniers événements du règne de Sanche le Fort, roi de Castille, mort le 7 octobre 1072, sous les (1) No 24 du catalogue de vente. ■auvsciuts db l^abbatb db silos 67 murs de Zaroora : afiex Sancius, prolix Ferdinando, ob fraudem sui fratris Garseani, ira coniolus, eum, de Gailetia expulsum et captum, opîdum Bui^os in exilium trusit. Exhinc inimicus humaoi generis inmisit talem inimiciliam inter eosdem duos fratres, Adefonsus rex Legionensis, et frater ejus Sancius roaximus, ob invidiam sui fratri Ade* fonsi ; et comotas ira Sancius expulsum fratrem ex regno captum adduxit et in Bui^os in ergastulo misit ; subjugata omnia patria, ex nimia clementia pectoris sui, jus fedusque acceptum, captum germanum dimisit, onustum regalibus pompiSy eum in Toleto direxit. Transhacto paucis diebus, jus frater fedusque Dei paryipendens, audacter seductus oivibus, ingressus in urvœ Zamora, revellis factus frater et Dei ; exhinc obpresum inimicum in urbe Zamora rex San- cius (1). Angustie fameque lacerati cibes obpidi simul. . . . fraudulen . . . consilium inierunt, [quatimis] fraudelenter Sancium regem occiderent ;. . . . expleverunt parrucidium suura ; percussa lancea in latus, occiderunt regem piis- simum, nonis Octobris, notum die dominico,.. sanctorum Sergi et Bacci, era M G X*. » P. 22. Notes sur la durée du règne de plusieurs rois goths. P. 23. « Orelegium. Y Tableau semblable à celui qui est dans le ms. des Élymologies d*Isidore, décrit plus loin. P. 24. a Adnuntiationes festibitatum . Adveniente die illo soUemnitas erit sanctae Mariœ virginis et genelricis Domini noslri Jhesu Christi secundum carnem . Proinde adraone« mus karitate[m] veslram, dilectissimi fratres, ut omnes ad aBcclesiam Dei ad vigilias vel ad missam devotissime in unum adbeniamus. Responsio : Deo gratias. — Ecce adnun- ciovobis gaudium... y P. 26. Charte constatant les conditions auxquelles le livre fut donné à Tabbaye de Silos : « Ego duen Sanzo de Ta- blaliello antique trado atque concède meos codices ad sancti Sabastiani et c[œnobiu]m ejus, et tibi abbas Munnio et sociis tuis, pneumato antifunario, et orationum, et ma- nuale, et comicum, et ordinum, et imnorum, et oraiium, in (1) U lemble qu'il bille suppléer ici le mot obadiL 68 MANUSCRITS DE l'aBBATB DE SILOS meos dies ut teneain illos, et postea meo subrino dnen ' Saogo ; et si postea abuerit duen Sangj de sua radice, ut . teneat illos ; et si tugaberit sua radice, ut veniant ad sancti Sabastiani. — Et ego abbas Dominico inveni illos libres in mauus de duen Nunno, et ego Nunno confirmo illos ; et si de mea radice si aliquis abuerit ut sedeat monaco, teneat illos ; et si non, veniant ad sancti Sabastiani. Factacarta in era MCV", notum die dominico. Ego Nunno hic testes meos fratres. Jonti hic testis. Sarruceni hic testis. Munnio Garcia hic testis. Ânnala Obecoz hic testis. Blasco Sanzo hic testis. Eggavita hic testis. De concilie de Silos de roi- nimo usque ad maxime omnes hic sunt testes. Régnante rex Santio in Castella, et rex Âlfonsus in Legione, et rex Garsea in Gallicia.» P. 28. Calendrier, intitulé : c Incipit martirumlegium. » Volume sur parchemin, de 496 p. 360 millim. sur 365. Écriture sur deux colonnes. Grande et belle minuscule wisigothique, qui doit être de la première moitié du xi*^ siè- cle, puisque, d'après la charte copiée à la p. 36, le volume avait déjà, en 1072, passé par les mains de plusieurs pror priétaires. Les titres sont ea lettres capitales, allongées et enclavées. — Grandes initiales peintes, fort curieuses comme exemples de décoration des livres wisigothiques. Les cahiers qui répondent aux pages 1-34 ont été ajoutés après coup, comme le prouve la signature (( I Q[uaternio] » mise au bas de la page 80, à la fin du cahier formant les pages 35-SO. L'écriture des 34 pre- mières pages est un peu plus récente que celle du corps du volume ; elle doit être contemporaine de la charte de 1067 consignée sur la page 26. — Les textes qui couvrent les pages 20, 21, 24 et 2S sont disposés sous des arcades peintes analogues à ceHes des canons des évangéliaires carlovingiens. — Les bordures ou encadrements du ta- bleau des heures (p. 23), et surtout des six pages du ca- lendrier (p. 28-33) sont remarquables. — (Nouv. acq. lat. 2171.) MANUSCRITS DB L'àBBÀTB DE SILOS 69 IV. (i) Lectionnaire pour les différentes fêtes de Tannée, à partir de Noël. Il était intitulé dans la bibliothèque de Silos : , 399 v% 406, 407 et v^, 408 et v», 436, 451 v», 407, 487, 491 V, 505. 523 v% 530 v. Origène: 40,53,111,424. Severianus : 32. Smaragdus : 360. (1) Ce manuscrit et le suivant formaient le n* SI du calai, de vente. 70 vAifvsoftiTs m l'abbitb m silos Le feuillet 4e ce volame qui est coté 8SS parait avoir fait partie d'un manuscrit contenant le traité de saint Hildefoose sur la virginité de Notre-Dame : « I[ncipi]t prologum in laudem domini Ildefoosi abeato Juliano episcopo editum. Deo gratias. Ildefonsus memoria sui temporisclarus... i» On a h regretter dans ce beau manuscrit un certain nombre de lacunes et de mutilations. En tète, il manque au moins un cahier, qui devait contenir la partie du re- cueil relative h l'A vent. Volume sur parchemin, d*environ 391 fedillets, la pre- mière série des feuillets étant cotée par pages, de 1 à 337, et la seconde par feuillets, de 338 à 889. Dimensions des feuillets : 460 millimètres sur 380. Écriture à deux co- lonnes. Belle minuscule wisigothique du xi* siècle, très régulière. Initiales peintes avec beaucoup de goût et d'élé- gance. — A la page 268, grand dessin à la plume, repré- sentant l'arrivée des saintes femmes au tombeau après la résurrection ; il a été reproduit en fac-similé dans le cata- logue publié pour la vente de i878, planche IV. — Au commencement, table des morceaux contenus dans le vo- ' lume, dressée en 17 7Î. — (Nouv. acq lat. 2176.) V. Lectionnaire pour les différentes fêtes de Tannée, depuis l'Epiphanie, jusqu'à Noël exclusivement. 11 était intitulé dans la bibliothèque de Silos : « Homili» Patriim et aliae incognit», Godice 2^. » La partie relative au com- mun commence à la page 684. Ce recueil, qui présente beaucoup d'analogie avec le précédent, se compose de leçons de rËcriture sainte, notamment des épitres, et d'homélies des Pères. Suit le relevé des auteurs nommés dans les ru- briques, avec renvoi aux pages sur lesquelles sont inscrits les noms des auteurs : Ambroise : 68, 70, 532, 667. Augustin : 69, 208, 320, 324, 332, 508, 611, 614, 615, 654, 670,693,737,738. MANUSCRITS DE l'aBBATE DS SILOS. H Bède : 32, 36, 43,55, 70, 122, 133, 148, 192, 205, 235, 256, 306, 312, 317, 328. 428, 432, 443, 512, 518, 527, 598, 600, 603, 636, 642. 700, 739, 741. 746. Fulgence : 11, 710. Grégoire : 19, 52, 109, 374, 392, 402, 410, 501, 550, 577, 593, 609, 625, 630, 647, 653, 660, 673, 615, 683, 689, 690, 705, 716, 735. Jëaa Chrysoslome : 73, 77, 84, 115,127, 129^ 141, 156,447, 453, 461, 525, 572, 584, 590, 618, 697, 752. Jérôme : 453, 485, 520, 595, 687 . Léon : 4, 29, 90, 93, 119, 190. 195, 199, 203, 221,227, 336, 435, 544, 548, 639, 641, 702 Maxime : 8 22, 66, 92, 99, 101, 104, 158, 163, 240,246, 323, 423, 424, 425, .437, 439, 440, 504, 537, 567, 613, 622, 696, 709 Origène: 458,478. A la suite du lectionnaire (page 754"^ se trouve transcrit le traité de saint Fulgence sur rincarnalion ; f( Incipit liber domini Fulgentii episcopi de fide incarnationis lilii Dci » (publié dansMigne, vol. 6o, col. 573) ; le texte de cet opuscule est précédé 'page 7o3) de la lettre de Scarila : « Domino sancto acbeatissimo et apostolicis quoequando patri Fulgentio, faonulus tuus Scarila » (publiée, ibid. vol. 65, col. 577). Il y a dans ce volume plusieurs lacunes et mutilations. Au commencement il doit manquer un cahier, qui contenait les leçons des fêtes comprises entre Noël et TÉpiphanie. Volume sur parchemin, de 770 pages. 450 millimètres sur 320. Écriture sur deux colonnes. Belle minuscule wisi- golhique du xi"" siècle, très régulière. Initiales peintes, moin 37 da catalogue de vente. (2) Entre le chiffre VIIII el le mot Testimonium-^ une main plus moderne a ajouté le mot : Dominus. (3) La série des u^ est reproduite ici telle que nous Toffrc le ma- nuscrit. (4) Ce titre est écrit en rouge et ne doit peut-être pas être rattaché à la liste précédente. HANUSCRITS DB L'aBBATE M SILOS 73 Fol. 2 v^. Éloge de saint Ephrem. « Adtendite queso omnes qui haec quod histi libellas continet legeritis, et cam magna diligentia queconcinet auscultate. Si vir fuerit, in eo repperiet sibi consolationem animae su» ; si vero mulier, roborem animum reprehendat corpus.... — .« . .. Discessit sub Valenle principe. » Les fol. 3-93 sont remplis par divers opuscules de saint Ephrem, dans lesquels on distingue les morceaux dont suivent les titres ou les premiers mots : Fol. 3. Dolor me compellit edicere et iniquitas mea comi- natur mili ut sileam » — Fol. 20. « Dilectissimi, re- cordatus sum bore illius et intremui ; considerabi illum jndicium et expabi ; laetitiam quoque que sit in paradiso considerans. .9 — Fol. 53 v*'. aSana me, Domine, et sana- bor, quia solus sapiens et niisericors medicus es, supplico benignati tue. . . » — Fol. 58 V" a Alius. Yenite, karissimi mici ; venite fratres et patres, grex salvatoris electus, venite negoiiemur. . .» — Fol. 66. « Oratio.' Exurge, Domine, et intendejudiciomeojudica me secundumjustitiamtuam...» — Fol. 69 yo. a Oratio. Obsecro te, salvator mundi Jhesu Cbriste, respice in me, et miserere mei ...» — Fol . 72 . « Item sermo beati Efrem pro conpnnctione et agone con- versationis. In luctaminibus seculi nullus sine agone seu certamine coronatus. .. . » — Fol. 81. c Item sermo beati Effrem de die judicii'et de régna celorum et de compunccione cordis. Gloria omnipotenti Deo qui hoc nostrum ex supemo adaperuit sensum. ...» Fol. 93 y^. « Incipit epistola saneti Martini episcopi ad Apolemiuro œpiscopum. Domno beatissimo hue {sic) michi desiderantissimo in Christo fralri Polemio episcopo, Mar- tinus episcopus.Epistolam tue karitatis accepi in quascribis ad me ut pro casligatione rusticorum. ...» Fol. 180 v<>. « Pascasius Radbertus Placido suo salutem, Dilectissimo filioetvice Christi président! magistro monas- tic» disciplina alternis successibus verilatis condiscipulo. Novi igitur. ...» — Fol 113. a Explicit prologus. Incipiunt 74 MANUSCRITS DE [.^ABBAYE DB. SW)$ capitulationes.«... » — Fol, 114. < Incipîi textus Christi comunionem verum corpus ejus et sanguinem esse non dubi tandum. » — Fol. 196v<». « Explicit liber Pascasii de corpore et sanguine Domini. » Fol. 196 v^. Exemples, a Mater familias quedam nobilis erat in bac Romana civitate. . . » — Fol. 198. c Quidam quoque nobilissimus secundum carnis prosapiam . . » — Fol. 200 v*. « De quoâam sene. Narravit iterum abbos Daniel dicens : Dixit paternoster abbas Arsenius. .. » Fol. 202. a Exaliatio sancte crucis Tempore illo, postquam Constantinus contra Maxentium tirannum properavit. . . . »> Fol. 207. « Beat! Drictelmi monaci vita. Antiquis tempo- ribus nrimorabile et anticorum simile in Britania Tactum est ad excitationem. ... o Fol. 214 v^. Partie de roffice de saint Martin noté en neumes. Fol. 216. Partie de TofBce de TAnnonciation, également notée en neumes. Fol. 216 v". « Incipit de adventu et de exceptione corporis sanclissimi confessons Christi Benedicti. Qum diu gens Langobardorum infidelitatis suœ lenebris. ... j> Fol. 225 V". Suite des exemples dont le commencement se trouve au fol. 196 v«. — Premiers mots de chaque chapitre : Fol. 225 V. « Pater nihiiominus familias erat Koroe valde rébus ditissimus sed religione nimis egens. . . » — Fol. 227. ( Idem vero perfectissimus et acceptabilis Deo sacerdos cum .quadam dix per forum Trajani, quod opère mirifico constat esse instructum, procederet » — Fol. 228. « Denique a fideli et religioso viro ac huic patri noslro sanctis^imo .... » — Fol. 230 v". o Tante hospi- talitatis Gregorius in ipso etiam patriarchio permansit ut exceptis. ... a La (in manque. Les gardes du commencement (fol. A et B)sont formées d'un feuillet qui a fait partie d'un volume de plus grand format et qui est orné d'un encadrement analogue à ceux de plusieurs pages du o Liber comicum, » et des Étymo- logies de saint Isidore de la même collection. — Sur le feuillet coté B, on lit, en caractères du xm* siècle, un état hauusckits db l^abbatb db silo» 7S des livres de Tabbaye de Silos qui étaient sortis de la biblio- thèque de celte maison. En voici le texte : Una régla, en Sancta Maria de Durro . Et abbat tiene Incipit timoiogia. G las vras estorias, el abat las. Hotras, don P. de Lastriella; G** Ro. Dialogonim. La cronicai el rey. Liber Salustî. Liber de fide (1). El calendario a un (?) calvador. Paulo Osorio, el rey. El sermonario Fuent Calient. Los e?angelios de maestro Odas perdido. Responserio Gordiello, Haydrit. Ollicerio Gordieilo, don Miguel. Saiterio de medîos viessos Juhan. . .(2). Otrossi el psalterio Gordieilo que fu de la enprearedîda (3). Un prosero, en Pena cova. Las dirivaciones, el abbat don Marcos (4). Parchemin. 230 feuillets, plus les deux feuillets préli- minaires. 240 millimètres sur 165. Minuscule wisigothique du xi^'siècle. Plusieurs initiales peintes. Au fol. 72 V*, dans la marge, on a représenté un homme debout, avec une lance et un bouclier. — (Nouv. acq. lat. 235.) VII. (5) Les quarante homélies de saint Grégoire. II y. a des lacunes au commencement etik la fin. La partie con- servée du texte commence aux mots : « qui septem pigne- ribus ad regnum.... » (vers le milieu de la troisième homélie), et finit aux mots: «in nobis non est.Hinc Jacobus (1) Cette ligne a élé biffée. (2) Je crois avoir vu fwn avec un signe d'abréviation. (3) J*ai rendu par i^rt un p surmonté d*un trait horizontal, (4) Cet article eat biffé. (5) N^ 27 du catalogue de vente, 76 MANUSCRITS DB L*ABBATE DE SILOS ayt. In... » (Vers la fin de rhomélie xxx, dans Higne, vol. 76, col. 1299 B). Volume sur parchemin, de 134 feuillets. 380 millimè- tres sur 275. Écriture wisigothique, sur deux colonnes, du x« siècle. — (Nouv. acq. lai. 2167.) VIII. (4) Le Pasîoral de saint Grégoire. Le commen- cement et la fin manquent. Premiers mots conservés : (( quod in[tegrum fora]s immolant [intus m]alitie peste » (milieu du chapitre xxxiii, dans Migne, vol. 77,coK61 A). Derniers mots : « peccatum enim suum sicut Sodomum absconderet aduc sub timoré... » (milieu du chapitre liv, ibid. comiC), Volume sur parchemin. 43 feuillets. 275 millimètres sur 206. Écriture wisigothique du x^ siècle,sur deux colonnes. — (Nouv. acq. lai. 2168.) IX. '^^l) Règle de saint Léandre, suivie d'opuscules des Pères et de vies de saints. Le volume était intitulé dans la bibliothèque de Silos : a Régula sancti Leandri et Flores sanctorum. » Fol. 1. Fragments de la règle de saint Léandre, depuis ces mots du chapitre v : a Àutem discipuli quod ad puteum Jacob ciini muliere loqueretur...» jusqu'aux mots : c Certe faber, Ji qui se trouvent une dizaine de lignes avant la fin du chapitre xiv. Fol. 10. Traité sur la chute d'une vierge, attribué à saint Ambroise. Le commencement manque. Premiers mots conservés : « Erumpes in voce et mentis tue exponis ardo- rem ut alicod solacium capias. . . n Derniers mots (fol. 23) : (... In conspectu judicis funde mentem. Explicit sancti Ambrosii ad Annam. » (1) Seconde partie du n» 27 du catatof(ue de vente. (2) No 31 du catalogue de vente. MANUSCRITS DE l'ABBATE DB SILOS 77 Fol. 23. € Incipit idem de penitenliam. Incipit de penilen- tiam. Uuis DaviJ capili nieo aquain el oculis meis fontem lacriinarum . . . — ... Hoc mici donum, hoc mici gratiam de tua fonte accipere cupio, ut in eternum tibi confitear. Amen. » — Ce morceau n'est, en réalité, que la seconde partie du traité sur la chute d'une vierge. Fol. 26. c Incipit epistola beati Jheronimi ad Eustociam dîrectam Non expedit adpreenso aratro respicere pos ter- gum ... — ... et sicut signaculum in bracio tuo. » Fol. 30 V*. c Incipit epistola sancti Ambrosi ad germanam suam dîrecta. Venerabili et in Christi salvatoris nostri gra- tias semper memorabili sorori mee, ego serbus Domini Jhesu, saiutem. Epistolas quas ad te fréquenter direxi. . . — ... et non obliviscaris unius substantie trinitatem. Vale soror karissima et in Christo dilectissima.» Fol. 33 V. « Incipit epistola Evacri ad virginem directam (sic). Dilige Dominum et amabit te, faroulare illi et inlu- minabit cor tuum ... — ... et non obliviscaris adorando homo usion id est unius substantie trinitatem. ]» Fol. 38. < Incipit epistola beati Jheronimi ad quandam virgi- nem. Magno tu quidem fidei ardore succensa hac studio incitata... — ... ne videantur pro varietate obserbatio- num sismatita divisione in diversas sectaserrare. Expliciunt legule puellarum. Deo gratias.» Le titre a Régule puella- rum » parait s'appliquer à la réunion des morceaux qui formaient la première partie de ce volume, en commençant par la règle de saint Léandre. Fol. 43v«. a Domno et in Christo venerabili Felici, Cordo- vensi sedis œpiscopo, a Petro epistola reciprocata. Venera- biles apices sanctitatis vestre vel aliorum multorum pro jejunio decimi diei mensis septimi suscipiens . . . — ... dum non uno modo bisexti ratio vel ciclis solaris solilu- naris inventio hoc promittat agere. b Fol. 47 V . « Vita vel transitus beatissime sancte Seculine confessons Christi sub die vnii kalendas Agustas. Ad con- versionem seu correctionem mortali humani generis multa presunt exempla. ..» Fol . 68 V*. Divers morceaux de l'office de saint Pelage. 78 MANUSCRITS DE L^ABBATB DE SILOS Fol. 74. c Yita vel passio sancU Pelagii martiris, qui passas est Cordoba civilale sub Abderrabeman préside, die vi kalendas Julias. Inlastre qnidem cujusque operis tiiDC abetur exemplum cum ejus narralionis textus. . . » Foi. 79 V*. Divers morceaux de l'office de saint Pelage. Volume sur parchemin, de 83 feuillets, hauts de 255 milli- mètres, larges de 150. Écriture du x* siècle ou du commencement du xi* siècle. Minuscule wisigotbique. — Le copiste s'est fait connaître par la souscription qui est au fol. 47 v® : «c Benedictus çs. Domine, quoniam adjubisti me et consola tus es me. 0 vos qui legeritis, me indignum, miserum et nimis pecca- torum meorum catenis abstrictum, nec nominandum, Viliulfum inperitum, in vestra digna memoriam reducite, precanles pro delictis meis Domini misericordiam, si vos ille Jhesu meus introducat in caelorum patria gioriosa. Amen. » En tête, table sur papier, datée du 18 juillet 1772 et signée « frater 6. H. » — (Nouv. acq. lat. 239.) X. (1) Les Collations de Gassien. Il manque en tête du manuscrit les deux premiers cahiers. Le copiste s'est fait connaître par une note qu'il a mise à la suite du titre d'une des divisions deTouvrage : « Explicil conlatio abba- tis Isaac secunda de oratione. Deo gratias. Expliciuntcon- lationes X sanctorum Adelladio et Leontio cpiscopis. Inci- piunt aile VII ad Honoratum episcopum et Ëucerio famulo Chrisli. Amen. Deo gratias. Hee sunt in boccodice conla- tiones numéro VII, abbatis Ceremonis conlationes III, abbatis Nestoris conlationes II, abbatis Josep conlationes II. Incipitprefatio. Opielector Alburaniscribtoris mémento, d — Les trois derniers feuillets de Touvrage ont été copiés (1) N« 38 du catalogue de vente. MANUSCRITS DE l'aBBAYB DE SILOS 79 après coup : ils se lerminenl par ce litre final. « Expli- cit coDiatîo abbatis Âbrahe de morliticalione. Finit liber coolationum editum a beato Cassiano. Deo gratias. » Les 19 derniers feuillets du volume sont remplis par la vie de saint Martial : a Incipit vita sancti bac gloriosissimi Martialis episcopi Âquitanorum primi patroni Lemovicen- sium civitas, qui obiit pridie kalendas Julias. Deo gratias. Predicante Domino nostro Jbesu Ghristo aput Judeam in tribu Benjamin, confluebat ad eum.... — .... adsit nobis ille de se loquentibus qui io urbe extitit pastor pius, ul oralionibus ejus muniti hereditatis eterne mereamur par- ticipes adsciscitu. Amen. Explicit vita beatissimi Mar- cialis. » — Sur la page qui fait face au commencement de la vie de saint Martial, *on a ajouté une prière à saint Martial, notée en neumes : a 0 princeps egregie, o Mar- tialis.... » Volume sur parchemin, dont beaucoup de feuillets ont été endommagés par Tbumidité. 370 millimètres sur 270. Écriture wisigothique, sur deux colonnes. L'ouvrage de Cassien, en caractères minuscules tirant souvent sur la cursive, peut remonter aux^ siècle. La vie de saint Martial, en minuscule droite et régulière, n'est probablement que du XI* siècle. — (Nouv. acq. lat. 2170.) XL (1) Recueil de 36 sermons sur la sainte Vierge, sur le commun des saints et sur les morts. Titre et premiers mots du premier sermon : « De beata virgine. Suspice celum et numera stellas si potes, etc. Gn. 15^. Virgo regia ex Davitica stirpe nata a Deo ab eterno predes- tinata.... » Parchemin. 71 feuillets. 1C5 millimètres sur 118. Ecriture, sur deux colonnes du xiu* siècle. — (Nouv. acq. lat. 236.) (1) N<» 39 du catalogue de vente. 80 MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS XII (1). Commentaires sur le livre II des Décrétales. « De Quodvultdeo. C[as]us : Coram judice comparens illicenciatusque recedens débet contumax reputari. De Quovulrdeo, suple statutum... — ... sic io doDatlooe quesiium, ut ibi patet et dix! in glosa super verbo Jus salvum. Espliciunt reportaciones secundi libri. d Volume sur papier. 335 millimètres sur 245. Écriture du commencement du xiv'' siècle. Plusieurs feuillets sont endommagés. — (Nouv. acq. lat. 2175.) XIII. Commentaires sur le livre III des Décrétales. « Ut laycus. Honestum non est layco» inter psallentes... » Volume sur papier. 375 millimètres sur 280. Écriture du XIV* siècle. — (Nouv. acq. lat. 2174.) XIV. Commentaires sur le livre V des Décrétales. «Si legitimus. Primo queris utrum criminosus posit acusarë aliquem criminosum.... » Volume sur papier. 325 millimètres sur 245. Écriture duxivosiècle, sur deux colonnes. — (Nouv. acq. lat. 2173.) XV. Commentaire sur le Sexte. La préface commence parle texte : «Cum eram parvulus loquebar ut parvulus..» Il y a plusieurs lacunes. Volume sur papier. 285 millimètres sur 216. Écriture du XIV' siècle, sur deux colonnes. — (Nouv. acq. lat. 21 72.) Sur le plat intérieur de ce volume était collé un double exemplaire imprimé des lettres d'indulgences pour les bien- (i) Ce manuscrit et les deux suivants formaient le n« S2 du cata- logue de vente. MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 8i faiteurs de la commaoderie de Saldaôa ; pièce espagnole datée de i 499. XVI. (1 )GomineDtaîre sur les Décrétâtes de Grégoire IX, en espagnol. 11 y a des lacunes. Le texto ne commence qu*au chapitre x du titre IV du livre I (Ex parte vestra) II s'arrête au chapitre xiii du titre XII du livre V (Dilectus filius). Volume sur papier, de 250 feuillets. 300 millimètres sur 230. Écriture sur deux colonnes, du xiv* siècle. — Espagnol 441.) XVII. (2) Première partie du Gode rédigé sous les aus- pices d'Alphonse X et intitulé : «Las siete partidas. » Volume sur papier, de 289 feuillets. 315 millimètres sur 235. Ecriture du xw^ siècle. — (Espagnol 440.) XVIII (3). Recueil de vies de saints, comprenant des extraits des Vies des Pères, lequel était intitulé, dans la bibliothèque du monastère de Silos : a Vitae sanctorum codice l"". » Fol . A . c Vita sancti Ylarionis monachi . » Le commencement manque. Fol. 6 v^. «Incipit vita sancti Germani episcopi. Prologus. Domno beatissimo et mici apostolîco honore benerabile Censurio pape Constantins peccator. » — Fol. 7. «Incipit ejasdem alius. Domno beatissimo et apostolico mici et aet^mo patrono patientia pape Constantius sepiscopus. . . — (i) N<» 41 du catalogue de vente. (2) No 40 du catalogue de veote. (3) Ce manuscrit et les deux suivants formaient le n" 16 du cala- logue de vente. 6 81 MANUSCRITS DB l'abBATR DB SILOS Iteiu prefalio ejusdem.Plerique. ascribendum sollicitante roateria...» — Fol. 7 v<*. a Igitur Germanus Âltisio- drensis oppidi Indigeiia fuit. . .» Fol. 16 \^. a Incipit homelia Albini magistri de vitasancti Martini episcopi et confessons. Postquam Dominus noster Jhesus Ghristus triumphator ad alla. . . » Fol. i8 v^. ce Incipit epistola Severi ad Desiderium fratrem suum carissimum. » — Fol. 19. « Incipiunt capitula libri primi de vita et virtutibus sancli Martini aepiscopi. » — Fol. 19 V®. cr Incipit prefatio. Plerique mortali studio. . . » — Fol. 90. « Incipit liber de \ita et virtutibus sancti Martini episcopî et confessons. Igitur sanctus Hartinus Sabarie. . .» — Fol. 28 Y*. « Item epistola Sulpici Severi ad Ëusebium, tuin presbiterum, postea episcopum. » — Fol. 29 v*. « Item alia ejusdem de visiooe transitus sancti Martini ad Aurelium diaconem. Posteaquam a me roane...» — Fol. 30. « Incipit epistola Sulpici Severi ad socrum suam Bassu- lam, qualiter sanctus Martinus de hoc seculo recessit. » — Fol. 30 v<'. ce Incipit de transitu sancti Martini episcopi et confessons. Martinus igitur obîtum suum... t> Fol. 32. « Incipiunt capitula in dialogii (.s7c) Sulpici Severi. » — Fol. 32. a Incipit liber primus dialogii Severi de virtu- tibus sancti Martini aspiscopi. » — Fol. 42 v^ « Item capitula in dialogii Sulpici Severi. » — Fol. 43. « Incipit liber se- cundus dialogii Severi de vita et virtutibus sancti Martini episcopi. n — Fol. 48 v°. a Incipiunt capitula in dialogo de libro tertio. » — Fol. 49. a Incipit liber tertio (sic) dialogii Severi de vita et virtutibus sancti Martini aepiscopi.» Fol. 55. ce Incipit liber sancti Martini de Trinitate. Ciemens trinitasest.. .9 Fol. 55 v°, a Incipit epistola Gregorii Turonensis opiscopi de transitum sancti Martini episcopi et confessons. Arcadio vero et Honorio ...» Fol. 56. « Incipiunt capitula beati Gregorii episcopi de virtu- tibus sancti Martini episcopi post ejus obiium... Liber primus incipit. » — Fol. 66 v". a Incipiunt kapitula libri sccundi ejusdem. )> La fin de cette table manque. — Fol. 67. ((Liber secundus. » Le commencement manque. -* MANUSCRITS DE l'âBBATE DE SILOS 83 Fol. 7T. « Iflcipiunt capitula libri tertii. » — Fol. 76 v«. a Incipit liber tertius. » — Fol. 97. « Incipit capitula liber quartus {sic). » — Fol. 97 v®. « Incipit liber quar- tus. h Fol. 100. a Incipit vita sancti Brici episcopi et confessons. Igitur post excessum... » Fol. 101. «Incipit de episcopis Turonorum. Licet in supe- rioribus libellis quadam scripsisse visus sioi... » C'est la dernière partie du livre X de rHisi. eeclés. de Grégoire de Tours (dans Tédit. de la Société de TUistoire de France, t. IV, p. 130-156). Fol. 104 v*". a Incipit vita sancti Ambrosii aepiscopi. Ortaris venerabilis pater Agustine... » Fol. 106 V. « Incipit liber sancti Possidi episcopi de vita sancti Agustini episcopi. Inspirante rerum omnium... j» — Fol. 122 w a Incipit indiculum librorum sancti Agustini episcopi. » Fol. 127 V*. « Incipit epistola Orani presbiteri ad Pacatum de vita vel obitum sancti Paulini episcopi. Domino sancto et venerabili Pacato Oranus presbiter in Ghristo salutem. Litte- ris nobililuiis tus... » ^ Fol. 130 vo. «Incipit vita sancti Johannis Thebei. Primuni h^iiur tamquam... » Fol. 137 v«. « Incipit vita sancti Hor. Vidimus et alium aput Thebaydam... » — FoU 138 v*. « Incipit de sancto Am- iiione. » — Fol. 138 v^ « Item de sancto Beno. — Fol. 139. «De civitale Oxirinco. » — Fol. 131). «De sancto Theone. d — Fol. 139 v". « De sancto Appollonio. >» — Fol. 14i v®. « Incipit de sancto Ammone. » — Fol. 145 v°. « Incipit de sancto Coprete et sancto Mulio. » — Fol. \AS v®. « Incipit de sancto abbate Syro. 19 — Fol. 14U. cv Incipit de sancto Eleno. » — Fol. 150 v**. « Incipit de sancto Elle. »» — Fol. 150 vo. « De sancto Pilrion. » — Fol. 151. « De sancto Eulogio. » — Fol. 151. «Incipit de sancto Apelle.» — Fol. 152. « Incipit de sancto Pafnulio. » — Fol 154. et Incipit de Ysidori monasterio. » — Fol. 154. « Item de sancto Sarapione. » — Fol. 154 v^ « Item de sancto Appol- lonio. » — Fol. 155. « Incipit de sancto Dioscoro. » — 84 MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS Fol. 155 V*. « Incipit de Nitrie monasteriis. » — Fol. 160. a Incipit de sancto Paulo Simplice. » Fol. 162. « Incipit vita sancti Pacomii hominis Dei. Quoniam deçiderio desiderastis... > Fol. 167. a Incipit vita sancti Malchi captibi monachi. Qui navali prelio dimicaturi sunt... » Fol. 168 v<». a Incipit vita sancti Frontoni. Hedificationis vestre memor.. » Fol. 170. — Fol. 240. c Incipit laus MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 88 eJQsdem virginis. Yirgo Chrisli sum, virum scire nolo, quia paradisum possidere volo... » Fol. 240 V®. « Incipit vita sancte Melanie, senatricis Rome. Benedictus Deus qui... x> Fol. 257. « Incipit vita sancte Gastissime virginis. Fuit in civitate Alexandriavir magnificus...» Fol. 261. « Incipit vita cujusdam sancte virginis. Eratquedam virgo qui valde proficiscerat in timoré Dei... » Fol. 262 v^. c Incipit epistoia beatissime Ejherie laude cons- cripta fratnim Bergidenensium a Yalerio conlata. Quero ut intente corde... p Fol. 264. « Incipit vita sancte Pélagie. Magnas Domino gra lias reffeire... » Fol. 269. « Incipit vita domine Marie Egiptie translata de greco in latinum. Fuit quidam senex. . • » Fol. 277. « Incipit actus beati Silvestri pape Romensis. Sanctus Eusebius, Cesaread Palestine episcopus, duodecim decudas scripsit et unicuique decude nomen imposuit... > Ce dernier morceau, qui présente beaucoup de lacunes, est écrit sur trois colonnes; il paraît avoir été ajouté après coup. Volume sur parchemin, de 283 feuillets, cotés A et 1- 282, bauts de 420 millimètres, larges de 290. Il y a plu- sieurs lacunes et mutilations. Écriture sur deux colonnes. Minuscule wisigolhique du milieu du xi^ siècle. Grandes initiales peintes, dont plusieurs sont reproduites dans le catalogue publié pour la vente en 1878, planche II. — En tête, table sur papier, dressée en 1772. — (Nouv. acq. lai. 2178.) XIX. Vies de saints, classées suivant Tordre des jours de leurs fêtes, depuis le 21 décembre jusqu*au 9 octobre. Un ancien bibliothécaire de Tabbaye de Silos Ta intitulé au dos : a Vit» sanctorum codice 2^. » Fol. 1. a Passio sancti Alexandri et Theodoli. » Le comme - cernent manque. 86 lANUSCRITS DE l'aBBATE BB SILOS Fol. 4. « Passio sanctiac beatissimi Tom» apostoli, qui passas est die xii kalendas Januarias. Quum sanctus apostolus Tomas, qui et Didimus, esset apud Cesaream... » Fol. 13. (n Incipit actus vel passio sanctœ Tecls, qu» passa est in Yconio et in Antiocia sub Sistilio prasside et Alexandre principe die xii kalendas Januarias. In diebus illis, ascen- dente Paulo Yconium post fugam Antiocie... » Fol. 19. a Leciio aecclesiastica de mirabilibus sancti Stepbani martyris Christi ex libris de Civitate Dei beati Agustini épis- copi, die Tii kalendas Januarias. Deo gratîas. In diebus illis ad Aquas Stabiiitanas episcopo adferente. . . 9 Fol. 22. c( Passio vel vita beatissime Eugénie virginis et co- mitum ejus marlyrum, quac passa est Alexandria in civitate sub Gallieno Augusto die vu kalendas Januarias. In diebus illis septimo consulatu suo Comodus imperator... > Fol. 32 v^. oc Vita vel passio sancti Jacobi, apostoli et fratris Domini, sumpta de storia aecclesiastica sancti Eusebii, Ce- sariensis sapiscopi, die quinto kalendas Januarias. Deo gra- tias. In diebus illis Judei Jacobum, fratrem Domini, imani- tatem nequitie sue... » Fol. 33 v^. « Passio beatissimi Jacobi apostoli et fratris Do- mini, qui passus est in Jherosolima die quinto kalendas Ja- nuarias. Deo gratias. In diebus illis Jacoboapostolo présidente katedram... » Fol. 34 v^. c Adsumtio sancti Johannis apostoli et evarïgelists die iiii kalendas Januarias. Melito, servus Christi, episcopus Laudocie, universis aecclesiis... » Fol. 40 V*. « Passio sancti Jacobi apostoli, fratris sancti Johannis, et comitum ejus, qui passi sunt Jherosolima die III kalendas Januarias. In diebus illis apostolus Doroini nostri Jbesu Christi Jacobus, frater beaU , Johannis apos- toli... > Fol. 43 v^. c Passio sanctaB ac beatissimas Golumbae, virginis et martyris, qusa passa est in civitate Senonas sub Aureliano imperatore, die ii kalendas Januarias. In diebus illis adve- niens Aurelianus imperator... » Fol. 45. c Passio sancti ac beatissimi Policarpi, aepiscopi et martyris Christi, qui passus est sub Aureliano et Antonio MANUSCRITS DE L*ABBAYB DB SILOS 81 iroperatoribus, die m (?) kalendas Januariaa. Deo gratiw . Tempore illo, imperantibas Aureliano Vero et Autonio... » Fol. 48. « Yita vel passio beatisaimoFum martyrum Juliani et BasilissdB et eomitum eonim, qui passi sunt Autiocia in civitate sub Martianopraeside, die septimo idus Januariu8(£fc). Deo gratias. Deati martyres seculum relinquentes hoc nobis exagiliarum munus titulo tradidenint... > Fol.65v^.« Passio sanctorum martynim quadraginta Alexandrie Filotecmini..., qui passi sunt sub Marcello duce, die v^idus Januarias. Martyrum quidem memoria nec umquam... » Fol. 68 . Fol. 153 v^. • Passio sancti Eleuterii episcopi et Tassi», matris ejus, qui passi sunt Roma die xuii kalendas Maias. Eleuterii nobilis yiri nos delectat. . . » Fol. 157. « Transitus sancti Filippi apostoli in civitate Géra- poli, provincia Asiae, die vi nonas Maias. Sanctus itaque Filippus, apostolus Domini nostri Jhesu Christi post ascensionem ...» Fol. 157 v^.c Passio sancti Georgii martyris Christi, qui passus est sub Datiano prsside, die viii kalendas Haias. In tem- poribus illis Tacta est persequutio adversus christianos » Fol. 158 v^. « Yita vel obitus sanctorum Torquatus, Tysefons, Ysicius, Indalecius, Eufrasius, Secundus, Cecilius, quod est ipsas kalendas Maias . Yictoriosissimas beatissimorum mar- tyrum turbas. .. » Fol. 160. c Passio sanctâB ac beatissimse Salsœ viipnis et martyris Christi, qu» passa est sub die vi nonas Maias. In- lustres tituli triumphalium passionum ...» Fol. 165 ?®. «Lectio ex storia aecclesiastica de inventione sancte Crucis quem repperit Elena augusta die quinto nonas Maias. Anno post passionem Domini nostri Jhesu Christi ducentesimo tricesimo tertio. . • » 90 MANUSCRITS DE l'aBBAYB DE SILOS Fol. 468 y\ « Passio sanctiJud» «piscopi, qui cogiiomina- tus est Quiriacus, qui crucem Domini invenit, et passus est sub Juliano rege, die iiii nonas Maias. Post venerabilis Constantini finem impius Julianus in regnum succedens... > Fol. 172. (t Passio sancti Ysidori martyris Christi, qui passus esc in Alexandria, sub Decio imperatore, die ii idus Maias. Martyrium autem ejus sic fuit : Jussio quidam dum fuisset... » Fol. 173 v\ « Passio sancli Bauduli martyris Christi, qui passus est die tertio decimo kalendas Junias. Sanctorum martyrum gloriosa certamina testibus comendata... » Fol. 174. a Passio sancti martyris Manti, qui passus esta Judeis die xii kalendas Junias. luter hos martyres qui su- blinii passione coronati... -» Fol. 176. tt Passio sancti ac beatissimi Adriaiii atque Natalia et comitum cjus, qui passi sunt in crvitate Nicomedia sub Maximiano imperatore die xvi kalendas Julias. In diebus illis factum est in secunda interrogatione... d Fol. 184 V". « Passio beatissimorum martyrum Gervasi et Protasi, qui passi sunt in Mediolanensium urbe sub Astacio prœside, die xiii kalendas Julias. Ambrosius servus Christi Iratribus per omnem Italiam... » Fol. 187. « Vita vel passio sancti Pelagii martyris, qui passus est Codobacivitate snb Abdirrahaman rege, die vi kalendas Julias. Inlustre quidem cujusque operis tune habetur exem- plum... » Fol. 189 v«. « Passio sanclaî Julianaa, virginîs et martyris Christi, quoe passa est in Nicomedia civitate, sub Diocletiano et Maximiano imperatoribus, die iiii kalendas Julias. In lem- poribus Diocletiani etMaximiani imperatoribus {sic) Eulesius quidam senator... » Fol. 104. a Passio sanctorum aposlolorum Pétri et Pauli, qui passi sunt Romae sub Nero caesare, die iiP kalendas Julias. In teniporibus illis quum venisset Paulus in urbem Romam... » Fol. 2()0 A v». « Passio sanctorum aposlolorum Pétri et Pauli, qui passi sunt Romœ sub Nero cœsare die iiP kalendas Julias. In diebus illis erant Rome Petrus et Paulus doctores christianorum... » MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 91 Fol. SOO B V*. « Passio beatissimorum martyrum Lucidiœ vir* ginis Ghrisli et AucelsB régis barbarorum et alioruin de populo civium Romanorum qui passi sunt ii kalendas Julias. In dicbus illis quum Lucidia virgo castimonialis... » Fol. 200 E. (^ Passio sanclorum apostolorum Symonis et Judaî, qui passi sunt die kalendas Julias. Deo gratias. Symon itaque Cananeus et Judas qui et Tatheus... Th Fol. 202 v^. c< Passio sancti ac beatissimi martyris Christofori etcomitumejus, qui passi sunt in civitate Ântiociasub Decio csesare die vi idus Julias. In temporibus illis erat multa insania... d Fol. 208 v^. a Passio sanctae Felicitatis cum septem filiis suis, qui passi sunt die sexto idus Julias. Félicitas inlustris femina christianissima cum septem fdiissuis tempta est....» Fol. 210. € Passio sitincUe ac beatissimas Martianœ virginis et martyris Christi, que passa est sub Budario judeo die v° idus Julias. Beata martyr Martiana, cives Rusucursitani mu- nicipii, virgo pulcerrima, Deo dicata... > Fol. 21 i. « Passio sanctarum virginum et martyrum Justas et Rufînae, qua^ passas sunt Spali in civitate sub Diogeniano pra^side, die xvi kalendas Agustas. Magna est et plurimum laudabilis constantia... » Fol. 212 v"" (( Passio sanctae ac beatissimas Marinae virginis et martyris Christi, quae passa est in campo Limise quse est sub urbe Armeniaî sub Olibrio prœside, die xv kalendas Agustas. In temporibus illis dum post corporeum salvatoris advenlum... » Fol. 217. «Passio sancti ac beatissimi Sperati et comitum ejus, qui passi sunt Carlagine in civitate sub Satumino pro- consule, die xiiii kalendas Agustas. In diebus illis adductos in secretario Cartaginis ab apparitorum officio... » Fol. 218. « Passio sancti ac beatissimi martyris Victoris Masiliensis, qui passus est sub Asterio prœside die unde- cimo kalendas Agustas. Quum sub Diocletiano et Maximiano imperatoribus crudelis ac turbulenta...ij Fol. 221. « Vita vel transitus sancl» Segulinae confessons Christi, die vnii kalendas Agustas. Ad conversationem seu correptionem mortali humani generis... » 92 MANUSCRITS DE l'aBBATR DE SILOS Fol. 230. c Passio sancti ac beatissimi Bartolomei apostoli, qui passus est sub rege Astriage in India que ad Partos tendit, die vnii kalendas Septembris. Indiae très esse ab istoriographis asseruntur... » Fol. 234 v^. a Passio beatissimi martyris Cucufatis, qui passus est Barcinona in civitate sub Maxiraiano imperatore, et Gal- leno prassîde, die viii kalendas Agustas. Magnum et admi- rabiie valdeque prespicuum {sic) ingensque miraculum... 9 Fol. 236 v^. a Passio sanctœ ac beatissimae Christine virginîs et martyris Christi, quœ passa est in provincia Tyro sub jndicibus Ùrbano, Dion et Juliano prseside, die vn kalendas Agustas. In temporibus illis erat quidam {sic) sancta et sacra Dei puella de Tyro... » Fol . 241 v^. c Passio sancti ac beatissimi Felicis episcopi et martyris Cbristi, qui passus est in civitate Nola sub Jfartiano praBside, die vi kalendas Agustas. In diebus illis erat qui- dam puer nomine Félix... 9 La fin manque. Fol. 245. a Passio sanctœ MayraB virginis. » Le commence- ment manque. Fol. 248. « Passio sancti ac beatissimi martyris Fabi, qui passus est sub Diocletiano et Maximiano consulibus, die pridie kalendas Agustas. Quum martyrum gloriosœ pas- sionibus adquesite recoluntur... d Fol. 252. «Passio beatissimi martyris Felicis,qui passum (sic) est sub Datiano praeside in civitate Gerunda die kalendas Agus- tas. In diebus illis sub Diocletiano et Maximiano consulibus temporequoin christianis sseva persequutionis crudelitas...» Fol. 255. (( Passio sanctorum martyrum Maccabeorum qui passi sunt cum presbitero nomine Eleazaro, sub Antioco rege, die kalendas Agustas. Eleazarus vir primarius scribarum...» Fol . 257. « Passio sanctorum martyrum Justi et Pastoris qui passi sunt Conpluto in civitate sub Datiano praeside, die Yiii^ idus Agustas. In diebus illis dum crudelissimus Da- tianus instinctu serpentis... i> Fol. 258. « Passio beatissimi martyris Christi Mametis, qui passus est Caesarea Cappadoci» sub Alexandre praeside, die vu idus Agustas. In diebus illis quum primitus ab Aure- liano tyranno... » MANUSCRITS DE l'aBBAYE DE SILOS 93 Fol. 261 v^. c Passio sanctorum martynim Xisti œpiscopi et Laurent! arcediaconi et Ypoliti ducis, qui passi sunt in urbe Roma sub Decio Csesare, die un idus Agustas. Magna mar- tyrum et praecelsa sunt testimonia... > Foh 263 V*. 9 Passio sanctorum martyrum Crisanti et Darias, qui passi sunt Roma sub Numeriano imperatore, die idus Agustas. Sloriaqd priorum sanctorum ad œdificationem Deus voluit penrenire.. . > Foi. 271 . < Passio sancti Pribati aepiscopi martyris, qui passus est die xii^ kalendas Septembres. In diebus illis Yaleriani et Gallieni temporibus qui tune Romanae reipublica praeerant. . a Fol. 273. a Passio beatissimorum martyrum Christi Claudii, Asteri, Neonis, Domninas et Teomile cum infante, qu> passi sunt in civitate Egea sub Lisia praeside, die x kalen- das Septembres. Lisias praeses provinciae Ciliciae in civitate Egea... » Fol. 274 yf. < Passio sancti ac beatissimi Genesi martyris Christi, qui passus est in civitate Arelate die viir kalendas Septembres. Proprium atque indigenam Arelatensis urbis...» Il y a une lacune dans ce morceau, par suite de la mutila- tion du fol. 275. Fol. 275 v^". « Passio sanctorum martyrum Yictoris et Coronae, qui passi sunt die vii^ kalendas Septembres. Imperante Antonio, emporibus Sabastiani ducis Ëgypti.. 2> Fol. 278. « Passio sancti ac beatissimi martyris Yictoris, qui passus est sub die vif* kalendas Septembres. Grata sunt semper ac Deo placavilia credentium vita... » Fol. 279 v^. a Yita vei obitus sancti Agusliui episcopi et con- fessoris Christi, qui obiit die quinto kalendas Septembres. Divinum mysterium, ut evangelîca auctoritate prolatum est, bonum est abscondere. . . » Fol. 286. « Passio trium virginum sanctarum Fidei, Spei et Karitatis et matris earum Soffiae, quas passas sunt in urbe Roma die iiiT* kalendas Septembres. Quumque evangelicis sermonibus inluminatio esset. . . » Fol. 291 v^. t Passio sancti Felicis aepiscopi et martyris Christi, qui passus est sub Dîocletiano et Maximiano impe- 94 MANUSCRITS DE l'aBBATB DB SILOS ratoribus die uP kalendas Septembres . lu diebos illis exiil edictum imperatorum et cesanim. . . >» Fol . 292 v^ . « Passio, sancti ac beatissimi martyris Cipriani aBpîscopi, qui passus est Cartagiue in ci vitale, die xvw ka- lendas Octubres. In diebus illis»Tusco et Basso consulibus, Cartagine, in secretario. . . » Fol. 294. « Passio sanct® ac beatissimea EufimisB virginis, quae passa est in civitate Calcedona, die xyf kalendas Oc- tubres. In diebus illis in Europa erat congregatio magna christianonim... "» Fol. 298 V®. € Yita vel passio sanctorum martyrum Christi Justinaî virginis et Cipriani sepiscopi, qui passi sunt in civitate Damasco, sub Elutulmio comité, die xiiii^ kalendas Octubres. Inlustratio Dei et salvatoris nostri Jhesu Christi de celo facta est... d Fol. 302. «Passio sanctorum cujus supra Quum conpleti fuissent prophetici sermones ...» . 304. c Passio sancloi ac beatissimse Candidse virginis et martyris Christi, qusc passa est sub Maximiano imperatore, die xn° kalendas Octubres. Sub Maximiano imperatore et cesalibus ejus Cartagine pervenit ad aures imperatoris. . . » Fol.30Gv°. « Passio sancti Mathei apostoli et evaugelista (s/c), qui passus est die undecimo kalendas Octubres. Quoniam Deo cura est de omnibus. . . » Fol. 310. ce Passio sanctorum ac beatissimorum martyrum Agaonensium, qui passi 9unt sub Maximiano imperatore, die \? kalendas Octubres. Sub Maximiano qui Romane reipublice. .. i» Fol. 312 v^. <( Incipit inventio vel dedicatio sancti Micahelis arcangeli, que est ni kalendas Octubres. Memoriam beatis- simi Micahelis... y> Fol. 314 v°. a Passio sanctorum martyrum Christi Verissimi, Maxime et Julie, qui passi sunt Olisipona in civitate, die kalendas Octubres. In temporibus illis, quum per universas provincias ...» Fol. 315 v«. (( Passio sanctorum martyrum Christi Sergi et Bacci, qui passi sunt in Eufratesiam regionem, in castello quidam (sic) nomine Barballisso, sub Maximiano imperatore MANUSCRITS DB L*ABBAYB DE SILOS 98 et Antioco duce, die nonas Ociubi'es. Ab incarnatione Uo- mini nostri Jhesu Christi anno ducentesimo septimo decimo Maximiano tyranno régnante. . . d Fol. 322. « In nomine sancte et individue Trinitatis. lucipit passio sanctissimi Dionisi, qui a loco Ariopagita, et patri Attico, prenomine Yonicus, christiano autcm agnomine est apeliatas Macarius, a sancto Pauio apostolo Athenensium ordinatus archiepiscopus, apostolica vero aucloritate beati Clemeutis papa; universalis totius Gallia^ constitutus apos- tolus, cujus invicta pro fide Christi devotio sub Domitiano GeBsare et praefecto Sisinnio, apud Luteciam Parisiorum arbe, cujus specialis factus pontifex, post multa tormen- torum certamiua, inter quse ei Dominus nosterJhesus Christus apparuit, una cum beato Rustico archipresbitero et sancto Eleutherio, archidiacono suo, aliis quam plurimis, vu? idus Octubres, gloriosum martyrium perpetravil, et caput proprium ad locum ubi simul cum predictis suis sociis tertio fere ab eadem urbe miiiario requiescit, ducto angeiico, detulit. Post beatam ac saluliferam Domini nostri Jhesu Christi passionem. . . i» La fin de ce morceau manque. Volume sur parchemin, de 323 feuillets, plus huit feuil- lets cotés SOO A - 200 I ; hauts de 420 millimèii es, larges de 305. Écriture sur deux colonnes, du xi® siècle. Minuscule très droite et très régulière, "Coffrant tous les caractères qui distinguent récriture wisigolhique. — Le copiste a peut- être indiqué son nom dans la noie en caractères grecs qu'il a tracée au-dessous du titre de la Passion de saint Julien ^fol. 48) : Q BÛNH AHXÏÛP YÛWMIC MÏCHAAÛ TOA ÏN nPHXH MHY MHMHNTÛ. AM. C est-à-dire : « 0 bone lector, Joannis mysello tua in precemei mémento. Amen.x> — Grandes initiales peintes. D'après un ancien foliotage, dont les traces se voient en beaucoup d'endroits, il manque 49 feuillets au commen- cement de ce volume. Il y a à la fin une lacune, dont rétendue ne peut être déterminée. Dans la portion perdue 96 MANUSCRITS DE l'aBBAYE DE SILOS se trouvait une vie de saîot Pancrace, à laquelle renvoie une note marginale du fol. 172 : « Passio sancti Pancratis in finem libri perquire. » En léte, table sur papier dressée en 1772. — (Nouv. acq. lat. 2179.) XX. Vies de saints, classées suivant Tordre des jours de leurs fêtes, depuis le 22 novembre jusqu'au 23 octobre. Un ancien bibliothécaire de Tabbaye de Silos Ta intitulé aa dos : a Vitae sanclorum codiceS^. » Fol. 1 . c Passio sancte Cecilie. « Le commencement manque. Fol. 9. « Passio sancti ac beatissimi démenti œpiscopi et martyris Christi, qui passus est Rome sub Aeffidiano duce, die vn!!*^ kalendas Décembres. In temporibus illis tertius Rome ecclesie prefuit episcopus. . . » Fol. 13. a Passio beatissimorum martirum Facundi et Pri- mitibi, qui passi sunt in locum que dicitur Zela secus stratam, préside Âtico et Prestato consulibus die v^ ka- lendas Décembres. In temporibus illis dum orbem univer- sum démens ...» Fol. 17 v^. c Passio sancti ac beatissimi martiris Satumini aepiscopi, qui passus est in civitate Tolosana, die m kalendas Décembres. Si eorum virorum beatissimas passiones... i Fol. 19 vo. a Passio beatissimi André apostoli et martiris Christi, qui passus est in civitate Patras sub Ëgea pro- consule, die ii kalendas Décembres. Passionem sancti André apostoli quam oculis nostris vidimus. • d Fol. 23 v^. Passio sancte ac beatissime Leocadie virginis, que obiit Toleto in civitate, sub Datiano préside, die v idus Décembres. Deo gratias. In temporibus illis dum post corporeum ...» Fol. 24 v». a Passio sancte bac beatissime Eulalie virginis et martiris Christi, que passa est Ëmerita in civitate, sub Cal- purniano préside, die un idus Décembres. Deo gratias. Inoumerus populus et infinita est multitudo . . . n MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 97 Fol. 29 v^. c Passio sanctiTome apostoH, qui passus est in ciyîtate India sub Gandaforum regem, die nu kalendas Ja- Duarias. lo diebus illis, Tomas cum esset apul Cesaream, appaniit ei... » Fol. 40 v^. « Lectio de inirabilibus sancti Stefani, de libris Givîtate Dei sancti Agustini episcopi. In diebus illis ad aquas Tibilitanas œpiscopo afférente prelecto reliquias. . . » Fol. 44. a Passio sancte hac beatissime Eugénie vii^inis et comitum ejus martirum, qui passi sunt in urbe Roma, sub Valériane et Gallieno imperatoribus, die vi kalendas Ja- nuarias. In diebus illis, septimo consulatu suo, Commodus imperator direxit inluslrissiroum virum Filippum ad Egyptum. .. » Fol. 57. « Yita vel passio sancti Jacobi apostoli et fratris Domini, sumta de exstoria eclesiastica domni (?) Eusebi Cesariensis sepiscopi. In diebus illis Judei in Jacobum firatrem Domini ...» Fol. 58. «Passio sancti hac beatissimi Jacobi apostoli et fratris Domini, qui passus est in Jherosolima, die y<> ka- lendas Januarias. In diebus illis, Jacobo apostolo présidente catedram... » Fol. 58 V*. « Passio sancti Jobannis apostoli et evangeliste, die nii* kalendas Januarias. Melito, servus Cbristi, episco- pus Laudocie, universis œclesiis catholiconim... > Fol. 66. « Passio sancti Yacobi et fratris sancti Yhoannis, qui passus est sub Erode rege, die nt* kalendas Januarias. In diebus illis apostolus Domini nostri Jbesu Cbristi Jacobus, frater beati Jobannis apostoli et evangeliste, omnem Judeam et Saroariam. .. » Fol 69 T*. « Passio sancte ac beatissime Columbe virginis et martiris Cbristi, qui [sic) passa est in civitate Senonas sub Aureliano imperatore, ii kalendas Januarias. In diebus îllis, adveniens Aurelianus imperator, de partibus Orientis...» Fol. Il t*. « Yita vel passio beatissimorum martirum Ju- liani et Basilisse et comitum eorum martirum Cbristi, qui passi sunt in civitate Anciocia, sub Martiano préside, die vn idus Januarias . Beati martires seculum relinquentes hoc nobis...» 98 lUNUSCUTS DK l'aBBAYK 9& SILOS Col. 103 v^. a Passio sanctorum martyrun qHaAnginta Alexandci, Flockemini^ Egie, LeaoiVy YaUri, Canék^*.., qui paeei sunt suL Marcella duee, Y" Hua Januarias. Mar- tyrum quidem memoria nec umquam licuit. . . » Fq1« 106. « Passio beatissimi marliris Sabastiani el conittai ejusy qui passi simt RonuB die uiu"^ kalendas Februarias. Sabastianus vir christianissimus UediobAeBshiiD partÎHm cibes, Dioclitiano et Uaximiano», . » Fol. 129 v<*. «Passio sanclarum virginum AgneUs el Eme- reutianey que passe sunt in urbe Roma sub Sirapronio préside^ die xiii° kaleadas Februarias. Ambrosius servus Chrisli> vi^inibus sacris« Diem festum sacre virgiois célé- brantes... » La un manque. Fek 130. « Babile et trium puerorusu*. » Le cenmeneemeBi manque. ËoL 130 v<*. « Passio- beatissimi Tirs! et comituna- ejns^ qui passi sunt die V kalendas Februarias. Terapore quo Chrislî membra hostis m terra premebab. « . d Fol. lAb y*. (( Passio sanctsB hac beatissinie Agate virgim8' et ma[r]tiris Gbristl, que passa est in civitate Gatine»siujn,siib Decio imperatore, die nonas Februarias. In diebue ilMs sub ûecio imperatofe, ipso Decio tertio consulatur. , . » FoL 150 v"^.. » Passio sancte Borote virginis ai eaniitiuii ejas, que passa est in provtncie Gappadocias aput Cesaveam clvi- tatem sub Sabricio présida) {sk)^ die \ih idus Februarias. fn diebus iliis- in provincia Cappadociœ aput civitaiem Cesaream.. . » FoL 155. a Passio sancte hac bealissime Eulaliie Virginie, q^ie passa est in civitate Barcinona sub Datiano préside, die priilie idus Februarias. In diebus illis Ëulalia sancta Barci^ nonensium cives et incola. . . n Fol. 157. « Passio saneti hac beatissimi marliris Pantaleonis, (^uipassu» est Nicomedia civitate sub Maximiauo imperatore, die XI kalendas Jlartias. In diebus illis erat pei*secutio' propter fîdem ...» Fol. 163 v^". (r Paesio beatissimorum martirum Hemeteri et Celedoni, qui passi sunt die vi nonas Martias Et si pris- carum antiquitas passionum ...» MANUSCRITS I»E l'AB^ATE I»B SILOS 99 Fc9. M6. « Passîo beatissime Teodosias virginis, que passa est in civttdte Cesares svb Urbano préside, die ir nonas ' Apfiles. In tem|rcyrilras illis, Diocletiano et Maxiilnîano cen- sulibus. ...» La fin manque. Fol. i7i. t Inventb sancte Grucis. 9 Le commencement manque. Foi. 17:2. c Passio sanctr Adriani et commilum ejus, ^ui pa[s]si sunt in civitate Nicomedia, sub Maximiano préside,* die xvf kalendas JoHas. lu diebus îHis' factum est in séeunda interrogatiôine.'. . 9 Fol. 18:2 V*. « Passio sanctornm martitmw Gerbasî etProtasi, qui passi sunt Mediohnefisis urbe sub Stacio préside, dîè Jtn kalendas JuHas. Ambrositrs servers thfisii, fratribus per omnem^ ItaHam ht Dbmrno. . . 9 Fol. 185. « Altercalio sanctonim apostolorura Pétri et Pauli contra Symtfnem magmnf simui et passio, qui pa[s]si sunt in urbe Roma sitb Nerôtrê irtiperatore die irT kalendas Ju- lias. In diebus iHis, quum venrsset Paùltrs in ûrbe Rôma convenerunt ad eum. . . » Fol. 193 v». (( Passio beatissimorum apostolôrûm Pétri et Pauli, qui passi sunt Rome in urbe sub Nerone Cesare, die III kalendas Jolias. In diebus illis erant Rentre Pelrus et Paulus ductores christianoram sublimes operibtrs et clari magisterio . . » Fol. 195. « Passio vel hactus sanclorum apostoîorum Simotiis et Jude, qui passi sunt in Parsida in civiiate Suaiier, die kalendas JuKas. Symoms itaque Cananeus et Judas Zelotes qui et Tatheus apostoti Domimi n'ostri Jhesu Chrisii quum per. . . » Fol. 203. « Passio' sancii hac b'ealîssirti marliris Chrisiofori et cortimilûm- éjus, qtri passi sunt in civitate Antiociic sub Decio cesare, die vr idus Julius [aIc). Deo grallas. la lemporihus illis erat raulta insania et mullitudo copiusa... » Fol. :210vo. « Passio sanclarum martimm Juste et Rufine, que passe sunt Yspalira in civitate sub Dioireniano prt^side, die xvi« katendâs Api^tas. Magna est et plùrimum laûda- bilis constantia . . » Fol. 212. « Passio sandi hac beatissimi martiris Sperati et 100 MANUSCRITS DB l'ABBATE DE SILOS comitum ejus, qui passi sunt Cartagine in ciyitate snb Sa- tunino (sic) consule, die xt kalendas Agastas. In diebas illis addnctus in creturio (sic) Cartaginensi apparitonim oflicio ...» Fol . 213 v"*. a Passio sancti ac beatissimi Bartolomei apostoli^ qui passus est India sub rege Astarici, Yini kalendas Aguslas. Indie très esse ab storiogravis asseruntur. . . » Fel. 317 y«. Passio sancti ac beatissimi Cucufatis martiris Christi, qui passus est in civitate Barcinona snb Maximiano imperatore viii^ kalendas Agustas. Magnum est et admi- rabile valdeque prespicuum ingensque miraculum. . . » Fol. 220. « Passio sancte ac beatîssime Christine virginis et martiris Christi, que passa est in ciritate Tjro sub Juliano préside vu kalendas Agustas. Erat quedam sancta et sacra puella... » Fol . 229 . a Passio beatissimi Fabi sancti martiris qui passus est in civitate Cesarea sub Diocletiano et Maximiano consu- libus, die pridie kalendas Agustas. Quum marlyrum glorie passionibns adquisite recoluntur. . . » Fol. 234. «Passio sancti ac beatissimi Felicis œpiscopi et martyris Christi, qui passus est in civitate Nola snb Martiano imperatore, die vi kalendas Agustas. In diebus illis erat quidam puer. .. » La fin manque. Fol. 238. a Passio sanctorum Justi et Pastoris. i^ Le commen- cement manque. Fol. 238 vo. « Passio sanctorum martirum Sixti episcopi, Laurent! arcediaconi et Ypiliti ducis, qui passi sunt in urbe Roma sub Decio cesare, die m idus Agustas. Magna mar- tyrum et precelsa sunt teslimonia. . • » Fol. 241. « Passio sancti ac beatissimi Genesi martiris, qui passus est in civitate Arelatensium, die vin kalendas Agustas ',1). Proprium atque indigenam Arelatensis urbis Genesium martyrem. • . » Fol. 242 y^ «Passio sancti ac beatissimi martiris Cipriani sepiscopi, qui passus est in civitate Kartagine sub Valériane et Gallieno Tusco Basoque consulibus, die XTin kalendas (!) Ce mot a été gratté dana le manuscrit. MANUSCRITS DE L*ABBATE DE SILOS 101 Octobres. In diebus illis Tusco et Basso consulibus Karta- gine in secretario Paternus proconsul. • . » Fol. 244. « Passio sancle ac beatissime Eufimie virginis^ qui [sic) passa est Calcedona in civitate sub Prisco proconsule, die XVI kalendas Octobres. In diebus illis in Europa erat congregatio magna christianonun in ci^tate' Calce- donia. . . » Fol. 250. « Passio beatissimorum martirum Fausti, Januarii et Martialis, qui passi sunt Cordoba in civitate sub Eugénie préside die m idus Octobres. In diebus illis cum Eugenius ^crilega mente et impio spiritu. « . d Fol. 251 v<>. «Passio beatissimorum martirum Cosme et Da- miani, Antemii, Leontii etEuprepii, qui passi sunt in Egea civitate sub Diocletiano et Maximiano imperatoribus, die XI kalendas Novembres. In diebus illis sub Diocletiano et Maximiano imperatoribus sedente Lisio préside. . . 9 Fol. 254 V®. a Passio beatissimorum martirum Servandi et Germani, qui passi sunt x kalendas Nobembres. Beatissi- morum martyrum passiones inclite cum omnium cetum. . . » La fin manque . Volume sur parchemin, de 255 feuillets, hauts de 383 millimètres, larges de 2S0. Écriture sur deux colonnes, du x® siècle, antérieure à Tannée 992, date d'une note qui va 6tre textuellement rapportée. Minuscule wisigothique mêlée de groupes de lettres cursives. La mauvaise qualité du parchemin a forcé le copiste à ne pas employer certaines parties de feuillets, notamment aux fol. 222 v", 223, 223 vS 224 v<», 243 v^ et 244 v^ Pour expliquer ces lacunes apparentes, le copiste a tracé sur les morceaux de parchemin qu'il laissait inoccupés les notes : Pe-re-xi (fol. 225 et 244 v**), et Pe^e-xi, ni-cil dubites (fol. 222 v<> et 223). — Leblanc du fol. 225 a été mis à profit pour placer une inscription, en lettres capi- tales, qui rappelle la donation du volume faite en 992 à un luouaslcrc .le oaiul-Péla«c : OFFERT ClTl FAMVLO i02 MANUSCRITS DE l'aBBAYG DE SILOS DEI LIBER ISTE kO SANCTI PELAGH ET ÀD SGANTV- ARIO QVI IBIDEM SVNT IN BALDEN DE ABELLANO IN ERAMXXX DVANS ABBA. — (Nouv. acq. lai. 8180.) XXI. (1) Abrégé des vies des saints. « Incipîunt flores sapctoruof multicolores. Cjollige,|ectQr, eos, instrue deiQ4e [tu]os. Incipit prûlogus. Purpareas sanctoruo) coronas postinclitam eorum magne fidei constanciam.... » Entête (fol. 1-1^^} a été relié ifo cahier mutilé, écrit d*une autre maiu que le reste du volume et conlenant une sorte de méditation sur la Passion. Alafin sont,quelquessermonssurrÉpiphanîe^fol.(4t v**), sur les Rameaux (fol. 143 ei 146), sur la Résurrection (fol. 144), sur la Pentecôte (fol. 145 v°). — Fol. 147. a Capitula nionacorum. Opus monachi est ut sit man- sueljjs.... » — Fo). 148. ce Visio beati Machari. In diebus illis, abbas Maccarius demonem vidil et ppciopum vicia Dortantem par cellulasfratrum.... » Volume sur parchemin, de 148 feuillets. 300 millimètres sur 125. Écriture du commencement du xiii'' siècle. Le bibliothécaire de Tabbaye de Silos avait intitulé ce volume : « Lectionarium. Flores sanctorum. Godice 2^.» — (Nouv. acq. lat. 237.) XXII. (2) Abrégé des vies des saints, suivi de divers opuscules. L'abrégé des vies des saints est intitulé : «.Flores sanc- torum novi. » Il commence par un très court prologue, dont Thumidité a rongé la plupart des mots. Fol. 87. a Breviloquium fratris Boneventure. FlecOy (1) N« 60 du catalogue de vente. (2) N<> 44 du catalogue de vente MANUSCRITS DE l'aBBATE DE SILOS 108 4 genra «ea ad patrem Dotnini nostri Jhesu Gtrristi, ex qm omnis paternitas in eeto et in ierra nnmeratur.... » Fol. 143. Collection d'exemples et d'anecdotes, dont la fin manque. Premiers mots : « Exemplura de titnore Del. Quidam rex semperseverus multum ...» Parchemin. 451 fenlllets. 172 tniU'imètres sur 120. Écriture snr deux colonnes, de la seconde moitié dn xin* si^ cle. — (Nouv. acq. lat. 233.) XXIII. (1) Choronica de el rey Don Hcnrriqne ÎV, escrita por sa choronista el liz*'* Diego Henrriquez del Castillo. Volume sur papier, de 101 feuillets, dont le premier et le dernier ont été refaits. 300 millimètres sur 210. Écriture du xyi« siècle. — (Espagnol 438.) XXIV. (2) Même chronique, avec use préface qui man- que dans Texempiaire précédent. Volume sur papier. 128 feuillets, dont plusieurs sont endommagés. 292 millimètres sur 915. Écriture do XVII' siècle. — (Espagnol 439.) XXV. (3) Les vingt livres des Étymologîes de saint Isidore. — Fol. 25. « In Christo domino et dileclîssîmo filio Braulioni arcediacono, Ysidorus. » — Foi. 28 ?^. a Expliciunt œpisioiae directorial. Incipit prefatio totius libri. » — Fol 385. « Explicit Deo gratias. Benedioo c^li quoque regem, qui ad istius libri iinem venire mc permisit incolomem. Amen. Explicitus est liher Ethimolo- (1) No 57 du catalogue de vente. (2) N» 60 du catalogue de vente. (3) N« 15 du cataglôue de vente. 104 MANUSCRITS DE L ABBAYE DE SILOS giarum sab era M* G* X\ VIIII kalendas Septembres, lune cursu VIP, régnante rex Sancio in Gastella et in Le- gione et in Gallecia, Dominico denique abbati monasterii sancti Sabastiani de Silus regenti. Legenii et possidenti yita. Amen. » Fol. 385. « Item vers! de Leandri et Isidori epîscopis sedis Spalensis aecclesiae a beato Braulioni episcopo editum. Grux bec aima gerit corpora fratrum.... )> Au bas de la même page sont ces deux notes nécrolo- giques : « Obiit Martinus VII idus Julii era M G X... Obiit Dominicus era M G XVI. » Sur le fol. 385 V*, on a marqué après coup l'indication des leçons des offices de différents temps de Tannée litur- gique. Au commencement du volume (fol. 2 v^-21 v®), traités et tableaux de comput, dont les morceaux les plus considé- rables commencent ainsi : Fol. 2 v^. « Incipit hordo pascalis, sive canon subjecte rotule, c;clus a sanctis patribus constitutus. Decemnobennalis sub- jecte hujus rotule cjclus non tantum huniano est inventus ingénie... » Fol. 4 v^. « Innomine Domini incipit ratio paschalis. Luna qui Martio mense nata fuerit ante viii<^ idus Hartias ...» Fol. 5 V®. a Incipiunt argumenta de tituiis pascalibus secun- dum Ebreos et Latinos investigata soUertia. Si nosse vis quotus annus est ab incarnatione Domiui nostri Jhesu Christi, multiplica lui per xv*'° partem . . . d La rédaction de ces morceaux paraît remonter au com- mencement du IX* siècle ; on y cite en effet des exemples qui se rapportent à Tannée 801 (fol. 3 v'') et à Tannée 817 (fol. 5 V»). Les fol. 22-24 sont occupés par un calendrier : « Incipit martirumlegium. » Le nom du prêtre qui a copié ou fait copier ce volume est indique dansune ^o^(c d*échiquicrqui couvre le fol. 21 v*^. MANUSCRITS DB L ABBAYE DE SILOS 105 Chaque case de Téchiquier renferme une lettre et la réunion de ces lettres, dans quelque sens qu'on les prenne, donne, en tout ou en partie, la phrase : ERIGONI PRES- VITERI INDIGNI MEMENTO. Sur le fol. 47, dessin d*un labyrinthe. Une main du xiii* siècle a transcrit, sur le fol. 16 v^, le catalogue des livres qui composaient la bibliothèque de Tabbaye de Silos. En voici le texte : Eêtos son libros de la capiscolia. i . La Builia. 2. Dos omelias. 3. Dos passonarios. 4. Yitas patrum. 5. Gollationes patrum dos. 6. Ylin^apocalipsin. 7. La cimologia. 8. Paschasio. 9. Los décrètes. 10. Duodecim profetarum. 11. Gesta salvatoris . 12. Geranticon. 13. El psalterio glosado. 14. Super psalterium. 15. Uber pastoralis . 16. Lashomeliastoledanas. 17. Très libros de virginitate béate Marie. 18. Liber ordinum. 19. El psalterio glosado to- ledano. 20. Officerio toledano. 21. Liber epistolarum. 22. Missal toledano. 23. Très abecedarios. 24. Liber orationum (1). 25. Dos libros de thomos. 26. Liber premiorum. 27. Liber diurnarum et noctium. 28. Liber sermonum. 29. Liber de assumptione béate Marie. 30. Liber inslitutionum . 31. Dos procardos. 32. Très reglas toledanas, 33. et dos reglas francisca... 34. CinliUarios dos. 35. Incipit theologi^ pri- mum capitulum de Trinitate. Duo. 36 . Liber Leandri episcopi . 37. Losevangeliostoledanos 38. Bebriario. 39. Missa buelto con psa- terio. 40. Vita sancte Seculine et sancti Pelagii. 41 . Liber Ysidorus de ori- gine officiorum. (1) Le manuscrit porte oror, avoc un trait auntcssus du mot et un signe d'abréviatiou iraverbaiii lu dcrulcrc lettre. i06 MANCJSCRITS 01 42. InterpreUUones ^«rbo-r rum per alphabe^uœ composite. 43. Misai toledano de per- gamiiio de frapo. 44. Dos libres de epislolas Pauli. 45. Dos libros de super Matlieum . 46. Liber Lucain, 47. Alexandre oreias de plata. 48. Liber evangelionim . 49. Las oreias de plata. l'abbaye db silos 50. Lts homelits de oreifts de plata. 51. Contra judeos. 5^2 . Très pares de hnmalias cbicas. 53. Très libros de Zmarag- dos. 54. Flores sanctonim. 55. Dos libros de historias. 56. Dos libros de Dialo- gorum. 57. El psalterio de sancto D[ominic]o . 58. La cronica. Estas son los libidos mentidos. 59. [Inslijluciones inno- cencie. 60. Boeciusdeconsolatione. 61. LibtTinterpretationum. 62 . Liber passionis Cirici et Julite. 63. Liber Salusti . 64. Liber de fide. 65. Vitasancti Emiliani. 66. Liber karitatis. 67. Glose super epistolas Pauli. 68 . Slacius Thebaidorum . 69. Sanclesanclorum. 70. De conversione et con- verssatione. 71. Glosas de Oratio (1). 79. El kalendario. 73. Glose [de maledicione Ade et Eve et ser- pentis. 74. Liber consuetudinum. 75. El sermonario. 76. Paulo Osorio. 77. El lucidario. 78. IIII libros del quarto libre de las senlecias. 79. Cantica canticorum . 80. Vitasancti Brandani. 81. Liber Boecii. 82. Liber hympnorura. 83. Osculetur me osculo oris sui. 84. El XI psalterios lole- danos. 85. Los evangelios de maes- tre Hodas. 86. El resposerio del coro. (1) Oro avec un signe d'abrévkUon, ■ABUfiCWlTS iNI L*àBiAYB M &IM lA^I 87 . El jri respooserio . 88. EtelsancturalGordiello. 89. Et el officerio vieio. 90. Et el officerio Gordiello. 91 . Et el (lel cuero negro. 9^. Et el de don Miguel de Tormiellos. 93. Et VI psalterios de letra firancisca. 94 . Et otro de medios versos. 95. EipsalteiiodeidfNiBoiig. 96. Et qualro proserios. 97 . El el versero . 98. El doctrinal eiin com-» poto. 99. Sophis(eriad£ logiea. 100. Las dirivaciones.. 101 . Exposiciones de Job . 102. Ëxposiciones epistoUs Pauli. Estos son los libros que fueron de don Gard Romero. 103. VitasanctiDominicî. | 104. Dos psalterios glosados. Volume sur parchemin, de 383 feuillets. 364 millimè- tres sur 270. Écriture sur deux colonnes, de la seconde moitié du xi*" siècle : la souscription rapportée plus haut nous apprend que la copie* fut achevée le S4 août 1072. Belle minuscule ^isigotliique. Initiales peintes. Dans la partie préliminaire, on remarque de curieux ornements et encadrements. L'une des pages peintes a été reproduite eo fac-similé dans le catalogue publié pour la vente en 1878, planche l. -^ i,Nouv. acq. iat. 2169.) XXVI. (1) Fragment de glossaire, comprenant des mots commençant par les lettres F-T. — Comme exemples, je cite les premiers articles de la lettre P : Pabulator, pastor qui prebet pabula. Pactum, conventum. Penum, cellarium. Pena, cellaria. Paela, jaculum aut tella. PafoSy insula Venerls sacrata. (I) N<> 45 du catalogue de vente. 108 MANUSCRITS DE l'aKBATB DB SILOS Pagi, apta edificiis loca juxta fortes et firmam terrem, compo- situm exgreco. Paganus, ab eo quod pagum colat. Pagus, fluvius.' Palabundiy errantes. Pallantes, gaudentes. Pallax, dolosus, fallax. Palladium, Minerve simulacrum. Palesira, locus ubi lucta meditantur aut exercent pranccan- tiarii (1). Volume sur parchemin, de 22 feuillets. 305 millimètres sur 208. Écriture wisigothique , sur deux colonnes, du \i* siècle ; minuscule mêlée de cursive. — (Nouv. acq. lat.1298.) XXVII. (2) Glossaire, dont les trois premiers feuillets manquent, dont le quatrième est à moitié déchiré et dont beaucoup ont souffert de Thumidité. Il se termine ainsi: «Zetas estuales, domus ubi ponitur thésaurus, quod foris est ad cultum regium. <»rNre DEûrPAeiAC. » — Viennent ensuite les explications de divers mots contenus dans des collections canoniques : « Incipiunt glosse super canones. De canone apostolorum. Gonfecta, facta. Sub obtentu, sub occasione. Gatalogo, numéro.... » Gomme exemple, voici les premiers articles de la lettre P : Pabula, pascua Jfabula, pascua. Pabulator, pastor qui prebet pabula. Paca tus (3j, pacem tenons. (1) Les deux autres glossaires de Silos portent : « pracantiarii. » (2) N» 33 du caulogue de vente. (3MI y avait d'abord Po^/tij, leçon que présente Tautre copie du glussaire. — Voyez la uotice suivante. MANUSCRITS DE L*ABBATE DE SILOS 109 Pacétera, pace (1) nala. Pacem, hic gratiam. Pacem, placavilitatem (2). Pacediam, concordia Deorum. Pacificus, pacatus factus. Paciscitar, pactum pacis facit. Pacîscere, gratiam reintegrare. Pacis, foederis. Pactiones, condiciones, promissiones, conventias, vel cobi- bentiais. Volume sur papier, sauf les feuilles enveloppant chaque cahier, lesquelles sont en parchemin. 26S millimètres sor 193. Écriture wisigothique du xii^ siècle ; minuscule mêlée de cursive. — (Nouv. acq. lat. 1296.) XXVIII. (3) Glossaire, dont le premier feuillet a été en- levé et à la fin duquel manque un cahier. Il présente la plus grande analogie avec le précédent. Le passage du précédent glossaire, cité ci-dessus comme exemple, se trouve textuellement dans le présent manuscrit, sauf des variantes insignifiantes que j'ai relevées en note. Volume sur parchemin, palimpseste ; 230 millimètres sur 170. Écriture française de la fin du xii®siècle.^(Nouv. acq. lat. 1297.) XXIX. (4) Le Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, avec quelques gloses marginales et interlinéaires. Il y a des lacunes au commencement et à la fin. (1) Pacem daos Vautre copie. (3) PlacttbilUatem, Autre copie. (3) N« 36 du catalogue de vente. (4) N« 46 du catalogue de vente. ffO HANCSCRITS M l'ABBAYB VE SILOS Parchemin. 64 feuillets. 240 millimètres saf 168. Écrî- ture du xiv* siècle. — (Nouv. acq.lat. TH.) XXX. (i) Fragments d'un comtnenfaire développé sur une grammaire en vers lalins, probablement le Doctrinal d'Alexandre de Yilledieu. Volume sur papier, de 35 feuillets. 3i5 millimètres sur 240. Écriture du commencement du xiv' sièela« •— (Nouv. acq. lat. 1300.) En dehors des volumes adjugés à la vente publique da l^^'juin 1878, quelques épaves de la bibliothèque de Silos sont venues s'échouer dans deux librairies, Tune de Paris, l'autre de Munich. C'est par cette voie que la Bibliothèque nationale a recueilli les manuscrits suivants : XXXI. Premier volume d'un commentaire sur les psaumes, intitulé au dos : «Expositio psalmorum cod. I*.)) Il y a des lacunes au commencement et à divers endroits; la plupart des grandes initiales ont été coupées. Ces mu- tilations sont antérieures à la pagination qui parait avoir été tracée an xviii^ siècle, comme dans la plupart des manuscrits de Silos. Dans l'élat actuel, le commentaire porte sur les psaumes XV - C. Voici les premiers mots du commentaire relatif au psaume XVII (fol. 6 v^) : « Diligam te Domine, in finem pro puero David que locu- tus est Domino verba cantici hujus in die qua eripuit eum Dominus de manu inimicorum suorum omnium et de manuf Saul et dixit. Hune psalmum fecit David post mortem Saul, exultans quod ab inimicis liberaïus esset, non tamen (t) Ces fragments étaient mêlés à tto des vûtontesreomprt» sôtis' le n» 52 du catalogue de vente* MANCSGIIITS ra l\b»AYB DIS SfLOS fit de saa exultatione scriberet, sed quia vidcbai C6rFistu>ftf esse liberandum ab ioimicis... » Volume snr pafchen(>ir>, de 177 feuillets. 320 nfiJftimè- tres sur 200. Écriture sur deux colonnes, dtf xii* siècle. — (Nouv. acq. iat. 1378.) XXXII. Commentaire sur les psaumes, intitulé au dos : a Expositio psalmorumcod. 2<*. » Lacunes au comraen- cemenl et à la fin. Voici les premiers mots du chapitre consacré au psaume VI s«r le feuillet actuellement coté t : « Id ftncm pro octava PsaflmusDavit. Id est istc tractatus atribuitur David pénitent» vel eurlibei aliciïi penitenO, qui peniteDs significatur per Darvid, qitra manu fortrs est cum peccala d^vincii,et vrsu d«*iderabilis, quiaetalîr pêccrftore'^ a*e)iis canforraitaten» ven*ife desideranfit...' » — Le ma-' nuscrit s'arrête au psaume CXXXVI. Volume sur parchemin, de 194 feuillet. 320 millimètfftB sur 210. Écriture sur deux colonnes du xu* siècle, tout à fait semblable à celle du manuscrit précédent. — (Nouv. aeq. Iat. 1361.) XXÎIIL Abrégé du' bfévkfivè et du missel, à Fisag^e d'iTie église d'Espagne. Fol. 1. Calendrier. Fol. 7. Heures de Notre-Dame. Il y a des rubriques espa«- gnoles aux fol. 9 et 9 v». Fol. 17. Hymnes, psaumes et cantiques, avec les litanies des saints, au fol. 109. Fol. 112 v°. Hymnes du propre du temps, de Noire-Dame ef #es saints (fol. 119 v*), ôt du commun (fol. 12i v^). Fol. 126 V*. Oftîce Aas morts. ¥dV. 139 \^. Comm*nïo#atit)na^et^ofaisonfe diverses. Fol. 134. Leçons, antiennes et répiMM.dll MbomUr 112 MANUSCRITS DE l'aBBAYE DE SILOS Fol. 154. Messe de Notre-Dame. Fol. 165 v<>. Messe des morts. Fol. 160. Prières pour la préparation à la messe, et ordi- naire de la messe, avec diverses préfaces. Volume sur parchemin, de 474 feuillets ; 203 millimè- tres sur 160. Écriture sur deux colonnes, du commen- cernent du xv« siècle. — (Nouv. acq. lat. 261.) XXXIV. Bréviaire analogue au précédent, et ne renfer- mant également quele^ psaumes, les cantiques, les hymnes, les antiennes et les répons. — Litanies, au fol. 144 v^. — Office noté du Saint Sacrement, au fol. 172. Volume sur parchemin, de 162 feuillets, cotés 33-36, 38-84, 89-91, 101-133, 135, 137-177. Le volume, asssz mal conservé, est haut de 425 millimètres et large de 320. Grosse écriture, sur deux colonnes, du xiv* siècle. — (Nouv. acq. lat. 2190.) XXXV. Bréviaire à Tusage de l'abbaye de Silos, ne comprenant guère que les psaumes, les cantiques et les hymnes, avec des répons et des antiennes notées. La der* nière partie du volume renferme l'office de Noire-Dame, l'office des Morts et les offices du commun. Les lita- nies des Saints, des fol. 138 et 147, indiquent l'origine espagnole de ce bréviaire, et les hymnes qu'on lit aux fol. 124 et 127 v'', sous les rubriques : « In natale sancti Dominici hymnus, — In translatione sancti Dominici hymnus, » prouvent qu'il a été fait pour l'abbaye de Silos. Volume de 179 feuillets de parchemin, assez mal con- servés. 375 millimètres sur 280. Grosse écriture duxiv^siè- cle. Peintures dans les initiales des fol. 45 v'',48 et 109 v^. — (Nouv. acq. lat. 2198.) MANUSCRITS DB L*ABBAYE DE SILOS 113 XXXVL Missel à Tasage de Tabbaye de Silos. Il ne contient guère pour cbaque messe que les oraisons des anciens sacrameutaires. Le propre du temps (fol. 7) est suivi du propre des saints(fol. 54 v^)et du commun (fol. 111). L'office de la messe pour le jour de la Conception (fol. 106) est fort développé et contient des parties notées en neu- mes, telles que le Kyrie avec farcissures. En tète du volume, calendrier, dont les deux premières pages, répondant aux mois de janvier et de février, ont été arracbées. Une note modem e ajoutée en regard du 26 no- vembre, porte : « Dedicatio istins monasterii sancti Demi- nici. » Cette note, et la place accordée dans le missel à la « Missa sancti Dominici » prouvent que le livre avait été fait pour Tabbaye de Saint-Dominique de Silos. Volume sur parchemin, de 140 feuillets, dont plusieurs sont mutilés ou transposés. 380 millimètres sur 260. Grosse écriture du commencement du xm® siècle. Belles lettres ornées aux fol. 14, 24, 43 v% 51, 69, 78 et 91. Minia- tures grossières représentant la naissance de Jésus-Christ (fol. 9), TAscension (fol. 36), la descente du Saint-Esprit sur les apôtres (fol. 39 v^), la lapidation de saint Etienne (fol. 34 V"), la présentation de Jésus-Christ au temple (fol. 64 v""), le martyre de saint Pierre et de saint Paul (fol. 79 v^j. — (Nouv. acq. lat. 2194.) XXXVH. Pontifical, contenant les cérémonies et les prières de la confirmation (fol. 1), des ordinations (fol. 4), et de la consécration des autels portatifs, vases sacrés, etc. (foi. 31). La dernière partie du volume (fol. 39 v<^-46) renferme diverses bénédictions. — La formule des ordina- tions (fol. 5) est au nom de « dominus Ludovicus, Dei et apostolicesedis gratia episcopus Sidonensis. » Volume de 46 feuillets de parchemin, sauf les fol. 31-38, 8 ii4 MAftUSGRm DB L'ABiàTB DB WM qui sont sur papier. 308 millimètres sur 220. Écriture du oommencemeDi du xv* siècle. — (Nouv. acq. Ut. 1375.) XXXVIII. Institutions de Gassien. « In nomine Doroini nostriJhesuChristi. Incipit liber institutionum beatissimi Johannis, qui et Gassiani, ad papam Gastorem directus. » Volume sur parchemin, de 102 feuillets. 260 millimètres sur 210. Écriture wisigothique du xi* siècle. La partie inférieure de tous les feuillets a été détruite par Taction prolongée de Thumidité. — (Nouv. acq. lat. 260.) XXXIX. Les quatre premières compilations des décré- tales. Première compilation, en tête de laquelle a été réservé le blanc nécessaire pour écrire le titre et les premiers mots. Lacune à la fin. Deuxième compilation incomplète au commencement. Troisième compilation, intitulée : a Incipiunt decretales domini Innoccncii pape III a magistro Pctro Beneventano, ejusdem domini subdiacono et notario, compilate.» Lacune hlafln. Quatrième compilation, intitulée : « Incipiunt decretales quarte, d Lacune à la fin. Volume sur parchemin h larges marges, dont la partie inférieure a été enlevée à un grand nombre de feuillets. 370 millimètres sur 233. Ecriture sur deux colonnes, de la première moitié du xiii* siècle. — (Nouv. acq. lat. 2192.) XL. Traités de logique, dont i« commencement manque. Au dos du volume, le recueil est intitulé : « Sumnulae. » — Premiers aio(j( d'un de ces traités (fol. 77) : « Ut ait philosophus, in primo Posteriorum, ad hoc quod habeamvs scienoiaoi d^ali^M ra^ iria nquiraBlar siva exiguBltr... » MAirUSCRITS DB L*ABBAYB DE SILOS 145 Sur quelques pages blanches (fol. 71 v^^-W v*) a été copié un bestiaire en vers latins, dont voici le titre et les premiers vers. « Fisiolugus. Incipit tractatus de naturis animalium. Très leo natures, très habet inde figuras, Quas ego, Christe, ter seno carminé scripsi. Altéra divini memorent animalia libri. De quibus aposui que rrnsns [sic] mistica novi, Tentans diversis si possem scribere metris, Et numerum nostrum complent simul adita soldum. » Volume sur papier, de 155 feuillets. 915 millimètres sur 145. Écriture du xv« sitele. — (Nouv. acq. lat. 258.) XLl. Le Doctrinal d*Àlexandre de Villedieu, avec un^ commentaire très étendu. Il y a une lacune au commen- cement ; les deux premiers vers que nous trouvons dans le manuscrit, sont : Am quartus, servat tamen atiy ant en reperimus, Cum rectus fit in asj vel in es, vel cum dat a grecus. k la fin du manuscrit se lit le titre : « Explicit Doctri- nale magistri Alexandri de Villa Dei. » Volume sur parchemin de 112 feuillets. 280 millimètres sur 205. Écriture de la fin du xiii* siècle. — (Nouv, acq. lat. 1362.) XLII. Abrégé de l'art épistolaire, intitulé : « lirevis in- troductio ad dictamen, » et précédé de trois vers, dont plusieurs mots sont à peu près complètement effacés : Bononia natus, naf[ali qui] studet urbe, Hune est letatus bre[vi]t[er juv]enem dare [tu]rbe Tractatum ; noscat, noscit(?) quod epistola poscat. 116 , MANUSCRITS DE L'ABBATE DE SILOS L*opuseule se termine ainsi : Fulget si vitiis sit epistola libéra, que sunt : Vocalis creber concursus ; post, elementi Ejusdem nimius usas ; transjectio torpis, Suspensumque nimis membram ; nimis et repetita Dictio ; queque temet (sic) nimios pars consona fines . Hec salis ipse potes per te vitanda videre. Accipe quo demptus dictamine digna juventus Error ne subeat dictantis pectora temo (1). Deo patri altissimo Pio et benignissimo Referatur gloria . Bonisque clementissimo Explicit liber Bononie nati. Deo gratias. Amen. Cahier de 1 2 feuillets de parchemiD. 204 millimètres sur 148. Écriture du xv* siècle. — (Nouv. acq. lat. 257.) (1) Le manuscrit porte terot avec un signe d^abrévialion sur les deux dernières lettres de ce mol. LES MANUSCRITS DE L'APOCALYPSE DE BEATUS CONSERVÉS ▲ LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE Et daxis la Geibinet de M. Didot (1) J'ai Thonnear de mettre sous les yeux de TAcadémie un volume que j*ai remarqué, il y a quelques jours, dans un lot de manuscrits envoyés dltalie à un libraire de Paris, et qui va prendre place dans les collections de la Bibliothè- que nationale. Ce manuscrit doit être d'origine espagnole : le côté intérieur des plats est doublé d'un acte en espagnol, émané de Charles III, roi de Navarre, daté du 4 mai 1389 et attesté par « Moss. Miguel de Tavar, prier de Ronces- vaylles. » Il se compose actuellement de 157 feuillets de parchemin, hauts de 350 millimètres et larges de 330. Il y a des tracesd'arrachement au commencement et à la fin (2), et j*ai constaté des lacunes après les feuillets qui sont aujourd'hui cotés 8, 56, 72, 73, 75, 114, 118, 138, 142 et 143. L'écriture, qui est disposée sur deux colonnes, peut être rapportée à la fin du xii* siècle ; elle ne diffère (i) Développement d'une notice communiqaée à rAcadémie des inscriptions, le U février 1879. {f) On verra bientôt qu'il devait y avoir au commencement une suite de ubleauz relatifs à l'histoire de TAncien Testament, et à la fln un commentaire sar le prophète Daniel. 118 APOCALYPSE pas sensiblement des meilleur types adoptés à cette époque par les calligraphes français ; mais l'emploi alternatif du rouge et du violet pour les initiales et le style des peintures nous indiquent suffisamment que c'est un travail espa- gnol (1). Tel qu'il se présente à nous, le manuscrit contient le commentaire de Beatus sur TÂpocalypse (2), ouvrage fort important pour Thistoire littéraire du moyen âge de l'Es- pagne, dont notre regretté confrère M. d'Avezac a entre- tenu TAcadémie le 28 septembre 1866 et le 1" octobre 1869, et sur lequel un autre de nos confrères, non moins regretté, M. Didot a fait imprimer en 1870 une disserta- tion que les événemen ts politiques ont empêchée d'obtenir une publicité suffisante. Voici, d'après le manuscrit nouvellement acquis pour la Bibliothèque, l'indication des trois préfaces, du sommaire et des douze livres dont se compose le commentaire de BeaLus sur TApocalypse. Fol. 1. Préface adressée par Beatus à Elherius. « Quedam que diversis temporibus in Veteris Testament! libris prenunciata sunt. .. — ... coheredem faciam et omnis mei laboris. » Dans l'édition de Fiorez, p. 1, et dans Pasini^ n, 27. Fol. 1. (Chap. i de l'Apocalypse.) Fol. 21. Livre IL € Incipit prologus libri secundi de ecclesia et sinagoga, quid proprie dicantur, et quis in qua auctor esse dinoscitur plenissime lector agnoscat. i> C'est le prolo* gue du livre II dans Tédition de Florez, p. 84. Fol. 34 v^'. a Incipit liber tercius septem ecclesîarum. Hic liber continet quatuor animalia, et quatuor equos, animas inter- emptorum, quatuor ventos et duodena milia. » (Apoca- lypse, II, i — IV, 6.) C'est le livre II dans l'édition de Flo- rez, p. 139. Fol. 69 v^. c Incipit explanatio quatuor animalium in libro quarto. » (Apocalypse, iv, 6 — • v, 14.) Dans l'édition de Florez, .p. 242. Fol. 72 V*. c Incipit liber quintus de septem sigillis. > (Apo- calypse, rv, 1 — Tiii, 1.) Livre IV dans l'édition de Florez, p. 292. (1) Je rétablis d*après fédition (p. 36) ce litre qui manque par suite de la lacune signalée dans ie manuscrit entre les fol. 8 et 0, i 20 APOCALYPSE Fol. 85 T*. Livre YI. < Incipit liber quintas [de septem ta- bis.] » (Apocalypse, vin, 2 — -xiv, S.) Livre Y dans Tédition de Florezy p. 356. Fol. 115 V®. c Incipit liber septimus. :» (Apocalypse, ziv, 6 — XV, 8.) Dans l'édition de Fierez, p. 451. Fol. 121. Dans l'édition de Fierez, p. 575. Fol. 157. Note sur les mots CodeXy Liber et FoUa. Les feuillets qui paraissent avoir été arrachés au com- mencement et à la fin, devaient contenir les uns une suite de tableaux relatifs à Thistoire de l'Ancien Testament, les autres un commentaire sur le prophète Daniel. Le commentaire de Beatus est complété et éclairci par une suite de peintures qui représentent les principales scènes de l'Apocalypse et qui, dans le manuscrit nouvelle- ment acquis, sont au nombre de soixante. J'en indiquerai en deux mots la place et le sujet. 1 (Fol. 10 v*»). L'avènement de Jésus-Christ à la fin du monde. 2 (Fol. 12 vo). Le fils de Dieu au n: lieu de sept chandeliers d'or. 3 (Fol. 24 v« et 25). Mappemonde. 4 (Fol. 80 V). La prostituée. DE BEATUS 121 5-11 (Fol. 35» â8, 41 ^, 45, 48, 51 et 55 y«). Chacune des sept églises. 12 (Fol. 59). Les quatre animaux symboliques. 13 (Fol. 75 v«). L'Ange de TOrient. 14 (Fol. 85 v^). Le silence du ciel. 15 (Fol. 86). Les sept anges debout devant Dieu. 16-20 (Fol, 87, 88 y«, 89, 89 vo, 90 v«). Chacun des cinq premiers anges. 21 (Fol. 92). Les sauterelles semblables à des chevaux. 22 (Fol. 93). Le sixième ange. 23 (Fol. 94]. Les chevaux à télés de lions. 24 (Fol. 95). L*Ange remettant un livre à saint Jean. 25 (Fol. 97). Élie et Enoch. 26 (Fol. 98 v^*). L'Antéchrist détruit Jérusalem et met à mort Élie et Enoch. 27 (Fol. 99 v^"). Élie et Enoch enlevés au ciel. 28 (Fol. 100 v<»). Le septième ange. 29 (Fol 101). Le temple de Dieu dans le ciel. 30 (Fol. 102). La bète montant de l'abyme. 31 (Fol. 102 V). La femme et le dragon. 32 (Fol. 103). Combat de saint Michel et du dragon. 33 (Fol. 106 v^). La bête s'élevant au-dessus de la mer. 34 (Fol. 109). Autre bète s'élevant de terre. 35 (Fol. 114 v^). Tableau pour trouver le nombre de la bète. 36 (Fol. 116). L'Ange portant TÉvangile. 37 (Fol. 117 V»). Le fils de l'homme sur un nuage blanc, tenant une faucille à la main. 38 (Fol. 120). Le temple ouvert et les sept anges. 39 (Fol. 121). Les anges reçoivent l'ordre de répandre sur la terre les fioles de la colère de Dieu. 4045 (Fol. 122 v«, 123, 124, 124 v^ et 125). Chacun des six premiers anges répandant sa fiole. 46 (Fol 125 V*). Les trois grenouilles. 47 (Fol. 127). Le septième ange. 48 (Fol. 128). La condamnation de la prostituée. 49 (Fol. 129). La prostituée montée sur la bète. 50 (Fol. 133). Les dix rois vaincus par l'agneau. 51 (Fol. 135). L'incendie de Babjlone. 4ti A^OGALYPfifi 59 (FoL 137). L'Ange Jetant nne pierre dans la mer. 53 (Fol. 138). L'adoration des quatre animaux étangéliques et des vingt-quatre vieillards. 54 (Fol. 139 V*). L'Ange debout sur le soleil. 55 (Fol. 141). Combat du cavalier contre la béte et les rois. 56 (Fol. 142). L'Ange tenant la clé de Tabyme. 57 (Fol. 145). Le feu du ciel consume les ennemis de Dieu. 58 (Fol. 146). Le Seigneur sur son trône au jugement dernier. 59 (Fol. 148 v^ et 149). L'Ange montre à saint Jean la Jéru- salem céleste. 60 (Fol. 155 v«). L'Ange et saint Jean. Ces peintures, malgré leur grossièreté, font le principal mérite du manuscrit ; nous n'avions rien qui put nous donner une aussi juste idée du point auquel était arrivé Fart du miniaturiste dans les provinces septentrionales de l'Espagne vers la fin du xii"^ siècle. Elles fourniront le sujet de curieuses remarques sur la nature des couleurs dont le peintre se servait, par exemple sur remploi d'une gomme à reflets argentins, et sur Tabsence du bleu, qui est presque constamment remplacé par le pourpre ou le violet. Le livre de Beatus a été publié par Henri Florez, à Madrid en 1770^ Cette édition, fort peu connue, ne saurait dispenser d'étudier les anciens exemplaires, qui ne sont pas très rares, mais dont la dispersion rend les comparai- sons assez difficiles. Notre Bibliothèque nationale est peut- être le seul dépôt qui possède deux anciennes copies du com- mentaire de Beatus. On a signalé une vingtaine de manu- scrits de cet ouvrage ; mais il est probable que plusieurs d'entre eux n'existent plus. J'en ai dressé la liste suivante : L Manuscrit du monastère de Valcavado. Ambrosio Morales (1) dit avoir vu dans le monastère de (1) « Tambien tienen aquella obra del^santo varon sobre el Apoca- lipsi, escritaen pargamino cou letra gotica. Yo he visto este libro, y Valeavado une copie du commentaire de Beatas, datée de Tannée 1008 de Tère espagnole, c'est-à-dire de Tannée 970 de Tincarnation. Plus tard, elle fut examinée dans le collège de Saint-Ambroise de Valladolid par Gregorio de Ârgais, qui 7 releva les notes suivantes (1) : Sempronius abba librum (2). Hoc opus ut fieret praedictus abba Sempronius instanter egit, cui ego Oveco indignus mente obediens devota depinxi (3). In nomine Domini nostri Jesu Christi initiatus est liber iste Apocalypsis Joannis sexto idus Septembris sub era mille- sima octava (4). On a ditf mais sans produire de raison bien décisive, que le manuscrit deValcavado est celui queLibri a vendu à lord Asbburnham et qui est ainsi décrit sous le' n* XV du Cata- logue of the mantiscripts at Ashbumham Place^ Appendix : Apocalypsis sancti Johannis, cum commentario anonymo, ut videtur auctore Hispanico, ex scriptis Hieronymi, Augustin!, Ambrosiiy Fuigentii, Gregorii, Irenaei, Isidori aliorumque compilato ; seqnunlur tractatuli duo, de adfinitatibus et * gradibus, de agnatis et cognatis, cum tabulis, necnon expla- natio Danielis prophétie, auctore beato Hieronymo.«-ix* siè- cle« Parchemin. In-folio. 15 pouces de haut sur 11 de large. 302 feuillets. Relié en velours pourpre. — Écrit sur deux colonnes, en caractères wisigothiques, avec rubriques, ini- es tan antiguo, que ha mas de seiscientos afios que se escribio : pues diee al cabo, que se acabo a los ocho de Septiembre la Era de mil y ocho, y es afio de nueslro Redentor novecientos y selenta. Pregun- tados ios del lugar, como tieoen alli aquel libre, responden que lo coippuso su santo. Y asi como obra saya lo guardan alli de tiempo inmemorial. 0 — Coronica gênerai, 1. XIII. cap. xxvii ; éd. de 1791, t. VII, p. 131 et 133. *- Voyez aussi, du môme auteur, Relacion del viage, dans rédition précitée, t. X, p. 68. Comparez Nie Aotonio, Bibliotheca Hispana vetus^ 1, 414. (I) Florez, p. xiii. (9) Ces mots étaient « in fronte primi folU. * (^ Au verso dû premier feulUet. (4) Cette dernière note se trouvait « sub Ubri initiam. » 124 APOCALYPSE tiales et titres en cqiitales de diverses couleurs. Le volume est orné de plus de 80 miniatures, dont beaucoup remplis- sent une page entière, et plusieurs deux pages ; il y a, en outre, des arbres généalogiques, des tableaux, une mappe- monde, des initiales enluminées et des arabesques. Il faudrait vérifier si le manuscrit d'Ashburnham Place, renferme ou a pu jadis renfermer les notes citées un peu plus haut et d^où il résultait que le volume avait été com- mencé le 8 septembre 970 et que le calligraphe ou le peintre se nommait Oveco. II. Manuscrit de la cathédrale de Girone, copié en carac- tères wisigothiques et remontant peut-être à Tannée 978. Le peintre qui Ta décoré a eu Tidée de commencer son travail par un grand alpha^ et de le terminer par un oméga. Don Jaime YiUanueva (1) a signalé cette souscrip- tion au bas de la dernière colonne : a Senior presbiter scripsit. » Autour de Toméga de la fin il a relevé ces cu- rieuses indications : ce Dominicus abba liber fieri precepit. — Ende pintrix et Dei aiutrix frater Emeterius et presbi- ter. — Inveni portum volumine YI feria, II nonas Julias. In isdiebus erat Fredenando Flagini etÀvillas Toleto civitas ad devellando Mauritanie discurrente era millesima XIII. » Cette date est assez difficile à expliquer. En effet Tannée 1013 de Tère d'Espagne correspond à Tannée 975 de Tlncarna- tion ; mais en 975 le 6 juillet (// nonas Juin) tomba un mardi {feria III) et non pas un vendredi (feria VI). III. Ce manuscrit de Girone doit être rapproché d*un manuscrit détruit probablement depuis longtemps, mais (1) Viage literario a las Iglesias de Espaha, XII, 118 et 110. (Madrid, 1850 ; in-8*.) — Comparez ce qui est dit de ce manuscrit dans Espafia Sagrada, t. XLV, p. 13 et 13. ' DE BEATUS 135 qui était représenté, au xyiii* siècle, par une copie du xiii* appartenant à Tabbaye cistercienne de a las Huelgas » de Burgos. L'ancien manuscrit auquel je fais allusion, et dans lequel Touvrage de Beatus était suivi de Texplication de Daniel par saint Jérôme, avait été commencé dans le monastère de Tabar par le prêtre Magius, qui mourut en 968; il avait été achevéle 27 juillet 970, par Emeterius, dans lequel il est assez difficile de ne pas voir le person- nage du même nom mentionné à la fin du manuscrit de Gi- rone. Florez, qui s'est servi de ce manuscrit pour publier le commentaire de Beatus, a relevé la souscription suivante : 0 vimm vere beatum, quem ebustari claustra sarcofogatum, et ille erat desideratum volumimiviu (1) ad portum item consutum. Arcipictore honestum Magii presbiteri (2)etcon- versi emittit labore inquoatum, e quo perhenne perrexit ad Christnm diem sancti Fausti m idus kalendas Novembris diem habuit tertium, et discessit ab evo era MYI Ego vero Emeterius, presbyter et ad magister meus Magi pres- byteri nutritus, dum domino suorum librorum construere eum voluerunty vocaverunt me in Tabarense asceteri, sub umbraculo Sancti Salvatoris, et de quos inveni inquoatum de kalendas Magias usque vi kalendas Augustas inveni portum ad librum cum omni suo magisterio magistrum meum sic eum mereatcoronari cum Christo. Amen. 0 turre Tabarense alta et lapidea, insuper prima teca, ubi Emeterius triblisque mensis cucurvior sedit, et cum omni membra calàmum conquassatus fuit. Explicit librum vi kalendas Augustas, era millesima vm, hora vmi. IV. Manuscrit deTéglise d'Urgel, signalé par don Jaime Villanueva (3) comme étant du x* siècle. Il contient le (1) Peut-être fkui-U lire : « volumin vivum. » (2) L'édition porte : « prabtu. » (3) Viage Uterario a las iglesias de Espafia, XI, 171 et 981. (Madrid, 18SS0;in-8»). 1S6 APOGALTPSB commenUird de Beatus, suivi de rËxpoaitioo du prophète Daniel par saint Jérôme. En tète du volume sont les pré* faces : Quœdamquœ diversis.,,.; [Johannes apostolus...]; — Diversos marina..., et le sommaire [JohanMs quad- dam ex meriio...]. Cet exemplaire, rempli de grandes peintures, est défectueux à la fin du livre X et au commen* cernent du livre XI. V. Manuscrit de San-Millan de la Cogolla, aujourd'hui possédé par TAcadémie royale d'histoire à Madrid. On lui assigne pour date le x* siècle. C'est le troisième des manus- crits employés pour Tédition de Florez. La place de queU ques peintures est restée en blanc, et plusieurs feuillets oi|t été arrachés. Le caractère de l'écriture change au fol. S28. Dans ce manuscrit, le compte des années du monde se présente sous une forme que Florez dit n'avoir pas rencontrée ailleurs. Ab adventu Domini nostri Jesu Christi usque in prasentem eram id est 814 sunt anni 776 et a primo bomine usque ad Ghristum fuerunt anni 5199. Computa ergo a primo homiue Adam usque in presentem eram 814 et invenies annos sub anno 5876. On lit ces mots sur le fol. 88 : Tempore Benedicti abbatis YIIII Sancti ^miiiani fideliter scrîp- tum per [Albinum mooachum ejusdem in era DCCVUI. Il ne faut attacher aucune importance à cet essai de plume, dont Gregorio de Argais s'est cependant servi pour attribuer à Aubin, abbé de San-Millan, le commentaire sur l'Apocalypse. Le manuscrit dont il s'agit contient aussi le commentaire de saint Jérôme sur Daniel, précédé d'un traité « de affini- tatibus et gradibus (1). » (1) Voyez Florez, p. xl et xli. bl BBATUS tSi VI. Manuscrit de Saint-8ever, n^ 8878 du fonds latin de la Bibliothèque nationale, où il est arrivé en 1790, après avoir appartenu au cardinal d'Escoubleau de Sourdis, à Gaignat, à la vente duquel il fut adjugé pour IS livres, et au Cabinet des cbartes. Les feuillets aujourd'hui cotés 45 bis et 45 ter^ qui avaient été anciennement arrachés, ont été acquis et remis en place en 1867. Suit la table du texie contenu dans ce beau manuscrit ; la table des pein- tures sera donnée un peu plus loin (p, JS8). Fol. 5 V^-12. Tableaux généalogiques, offrant un résumé de rhistoire sainte et intitulés : a In nomine sanctae Trinitatis incipit genealogia ab Adam usque ad Christum per ordines linearum. » Fol. 14 vo -- 216 V*. Commentaire de Beatus sur TApocalypse, comprenant les morceaux suivants : Fol. 14 v^ a In nomine Domini Jhesu Christi incipit liber revelalionis Joannis Domini nostri Jesu Christi. Âmen. Quedam quae diversis temporibus . . . d Fol. 14 v^'. € Prologus in libro Apocalipsin Johannis apostoli et evangeliste. Johannes apostolus et evangelista filius Zebedei. . . » Fol. 15. « Incipit prologus totius libri. Johannes primus scri- bere septem jubetur aecclesiis... » Fol. 15 V*. c Incipiunt capitulationes interpretis que facilius per duodecim capitula libro primo cognoscuntur esse dis- tinctius. Incipit explanacio libri primi. Johannes quodam vaticinio ex meritonomen accepit... 9 Fol. 25 v<>. c Incipit tractatus de Apocalipsi Johannis inexpla- natione sua a multis doctoribus et probatissimis viris inlustribus, de diverso quidem stilo, set non diversa fide interpretatus, ubi de Christo et aecclesia, de antichristo et ejus signis plenissime cognoscas. Prefatio. Biformem divine legis istoriam. . . » Florez, p. 36. Fol. 25 V*. « Apocalipsis Jhesu Christi... i^Florez, p. 36. — Fol. 27. a Incipit explanatio suprascripte storiae. Apocalipsis Jhesu Christi i Florez, p. 37. Fol. 42. « Incipit prologus libri secundi de ecclesia et sina- 128 APOCALYPSE [goga, quid ciyus proprie dicantor] et quis in qaa babita- [tor esse dignoscatur] plenissime lector agnoscit. Ecclesia grecum est quod in latino. . . » Fierez, p. 84. — Fol. 57 1*. < Incipit liber secundus de septem aecde[siis. Liber hic continet] quattuor animalia et quattuor [equos et animas in- terfectorum et] quattuor ventos et duodena niilia. Angelo ^phesi aecclesise. . . » Florez, p. 139. Fol. 87. € Incipit liber tertius, recapitulata Ghristi nativitate eadem aliter picturus. Post completum. . . 9 Florez, p. 87. Fol. 107. a Incipit liber quartus de septem sigillis. Et Yidi cum aperuisset. . . » Florez, p. 292. Fol. 134. « Incipit liber quintus storia ejusdem libri septem tubarum. Et vidi septem. . • s Florez, p. 357. Fol. 157 y^. € Incipit liber sextus decem capitulorum. Scire autem opus est. . . ^ Florez, p. 402. Les premiers mots conservés du livre YII (« Incipit explanatio supra scripte storiae. Et vidi inquid alium angelum...» Florez, p. 452) se lisent au haut du fol. 174. Le titre final de ce livre VII (fol. 179 v») porte : « Explicit liber VI. » Fol. 179 V®. 0 Incipit liber octavus hic storia. Et audivi vo- cem magnam dicentem. . . s Florez, p. 467. Fol. 187 V**. « Incipitliber nonus de muliere meretrice. Et veiiit unusex septem angelis habentibus fialas... » Florez, p. 489. Fol. 195. c Incipit liber decimus explanatio supra scripte storiae. Postea vidi alium angelum de caelo descendentem...» Florez, p. 508. Les premiers mots conservés du livre* XI ( c Explanatio supe- rions storiae. Et vidi caelum apertum et ecce equusalbus...» (Florez, p. 522) se trouvent en tête du fol. 200. Les premiers mots conservés du livre XII (« [mo]mento et in ictu oculi in ipsa came.... » Florez, p. 546) se lisent au haut du fol. 207. Fol. 216 v"". Titre final du commentaire : « Explicit codex Apocalipsis duodenariarum ecclesiarum numéro ita in duodenario Qrdine librorum hujus istoriae distinciio. » Suit, sur la même page, une note relative au sens des mots codex et liber : « Godix multorum librorum est, et liber est unitts voluminis... » DE BEATUS 129 Fol. 2i8-262. Commentaire de saint Jérôme sur Daniel. « In nomine Domini nostri Jbesu Christi. Explanatio Danihelis prophète ab auctore beati Jeronimi. Incipit prologus in libro Danihelis. Contra prophetam Danielem decimum librum scripsit Porfirius Nolensium... » Fol. 262. « Incipit liber de vîrginitale sancte Marie ante triapislos, id est contra très infidèles, more sinonimarum conscriplus Eraanuel nobiscum Deus. Domina mea, domi- natrix mea, dominans michi, mater Domini mei, ancilla filii tui, genitrix factoris mundi... r> Sur une page blanche (fol. 142), ont été ajoutées, en carac- tères du xn^ siècle, deux pièces de vers, Tune intitulée : c Versus de epiphania Domini, > et commençant ainsi : Lux nova sublimis de caelo fulget in imis. L'autre est intitulée : a Versus de laud[ibus] virginitatis Mariœ, • et commence par ce vers : Novimus esse viam qua credimus esse Hariam. Je considère aussi comme une addition du xii^ siècle, le pro- logue d'un ouvrage relatif, selon toute apparence, aux mérites des saints, qui occupe le fol. 285 y^ : « Omnia qu» a sanctis gesta sunt vel geruntur si quis voluerit studiose perquirere .... — ....Da mentem studiis ut hostis incipiat t^ timere. Explicit prologus. d Différentes mains ont ajouté sur les fol. 284-290 une dizaine de pièces, la plupart du xi" siècle, concernant les biens de Tabbaye de Saint-Sever. Ce volume se compose de 292 feuillets de parchemin, y com- pris les deux feuillets qui portent les cotes 45 bis et 45 ter» 370 millimètres sur 290. Écriture sur deux colonnes, du milieu du xi* siècle, comme le prouve la légende Gregorius ▲BBA NOBiLis inscrite sur le frontispice (fol. 1) : cet abbé Grégoire administra Tabbaye de Saint-Sever depuis 1028 jusqu'en 1072 (1). Les fol. 167,171, 186, 187, 188, 200, 218,220 el262 sont plus (t) GaUia Chrisliana, h li7o. 9 1 30 APOCALYPSE OU moins mutUés. Il y a des lacunes après les fol. 84, 87, 90, 143, 158, 162, 170, 172, 173, 174, 194, 199,204, 206, 218 et 226. VIL Manuscrit du monastère de Saint-Isidore de Léon, puis du marquis de Mondexar, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale deMadrid (l).ll renferme Touvragede Beatus et le commentaire sur Daniel. En tête, on remarque un grand À qui occupe une page entière. II paraît être daté de Tannée 1047 (aéra 108K). VIII. Manuscrit de Tabbaye de Silos, conservé au Musée britannique, fonds additionnel, n^ 11695. Volume de 280 feuillets, hauts de 14 pouces 7/8 et larges de 9 3/4 ; copié sur deux colonnes, en caractères wisigothiques, par le moine Dominique et par son cousin Munos ; enluminé, selon toute apparence, par le prieur Pierre ; achevé Tannée 1147 de Tère d'Espagne, ce qui revient à Tannée 1109 deTIncarnation. Il contient TApocalypse de Beatus et le commentaire sur Daniel, avec de nombreuses peintures. II y a dans le recueil de la Société palépgraphique, sous les n°' 48 et 49, le fac-similé d'une page de texte et d'une page de peinture (2). IX. Manuscrit latin XCIII de Turin, décrit par Pasini(3), dont je résume la description en quelques lignes. Volume (1) Voyez Ambrosio ôeHonles^Coronica gênerai de Espatia, 1. xni, c, XXVII, éd. de 1701, t. Vit, p. 133; le même, Kelacion del viay^f dans i cdiiioo précitée, t. X, p. 68 ; Anlooio, BiùUothica Hispana velus, t. I, p. 44Ô; Fierez, p. xxxiv. (2) Voyez aussi Catalogue of the manuscripl maps, charts and plans in the hritUh muséum (London, 1844; in-8«), t. I, p. I2- (3) Codicesmss. bibliothecœ regii Taurinensis AthetiiBi (Turin, 1749* in-folio), t. 11, p. 126-20. DE BEATUS 131 sur parchemin, de 321 feuilleis, du xn® siècle, contenant : l"" des tableau:^ relatirs k l'bistoire de TÂncien Testament ; 2^ (roi. 23) le commentaire de Beatus sur TÂpocalypse, avec trois prologues (Ot/cedam quœ diversis,,. — Johannes aposiolus Diversos... marina discrimina.,, et avec le som- maire Johannes qitodam vaticinio...) ; 3° (fol. 18C) le commentaire de saint Jérôme sur Daniel. Le manuscrit est orné de nombreuses peintures, assez grossières, parmi lesquelles on remarque, au fol. 86, une mappemonde dont Pasini a fait graver un fac-similé. X. Manuscrit de M. Didot. Ce magnifique volume, ap-^ ..../. ^* porté d'Espagne en France en 1869, a été compris dans la vente des livres du marquis d*Âstorga comte d'Âltamira faite à Paris en janvier 1870. Adjugé a M. Didot, il a été revendu le 30 mai 1879 au libraire Bernard Quaritch, qui, le mois suivant, Tannonçait sur un de ses catalogues au prix de 1,600 livres ou 40,000 francs. Après les notices dont il a été Tobjet (1), il suffit de le décrire très sommai- rement : Voluooe de 249 feuillets, cotés 1-248 (il y a un feuillet 132 &îs), hauts de 450 millimètres et larges de 310. (I) Calalogue de la bibliothèque de Son Exe, le tnarquis d'Àstovga, p. l.art. 1. (Paris, Bacbelia-DeflorenDe. 1870, lo-^.) Description d'un commentaire de t^ Apocalypse,,., par A. Bachelin. Paris, 1809. Iq-8 de 44 p. avec planches. Extraii du Biblioptiile il- lustré. Dfie digression géographique à propos d'un beau manuscrit à figures de la bitliolhèque d'Attamira, par 4'Avezac. Paris, tb70. 1d>8 de 8 p. Extrait du Bibliophile illustré. Les Apocalypses figurées, par A. Firmin-Didot. Paris, 1870. In-8 de 79 p'iges. Calatogue des livres de la bibliothèque de M, A. Firmin-Didot, (Je série), p. 27, art. 11. (Paris, 1879. In-8.) Catalogue of manuscripts and books bought at the sale of part II ofthe Didot coUection by B. Quaritch, p. 8, art. 3. (London. June 1879? In-S de 34 p.) t82 APOCALYPSE L'écriture est de la fio do xii* siècle ; le dernier feaiilet a été refait; au xvii* siècle. Les matières y sont ainsi dis- posées : Fol. 1. Portique servant de frontispice. Fol. 1 V*. La croix supportée par Tagneau. Fol. 2. Notre-Seigneur entouré des quatre animaux évangé- liques. Fol. 2 v'^-G. Scènes de la vie de saint Jean. Fol. 6 v«-13. Tableaux de Thistoire sainte, jusqu'à l'adoratioo des Mages. Fol. 14. Oiseau brisant la tète d*un serpent. La légende expli- cative est sur le fol. 13 V* :,c Quedam esse avis in renione Orientis asseritur que grandi et perduro armatoque rosiro... » Fol. 14 V*. Images de saint Jean et des commentateurs de FApocalypse. Fol. 15. L'arche de Noé. Fol. 16. Commentaire de Beatus sur TÂpocalypse. c .... que diversis temporibos... — » Fol. 16. « Incipit prologus totius libri. Johannes apostolus et evangelista a Christo electus... » — Fol. 16 v*. c Incipit prologus ejusdem. Diversos marina transvadanles.... » — Fol. 16 V*. « Incipit explanatio. Johannes quoddam vaticinio ex merito... > — Fol. 25. Livre I. — Fol. 39. Livre H. — Fol. 56 V. Livre IH, intitulé c Liber secundus. » — Fol. 85. Livre IV, inlilulé < Liber tertius. » — Fol. 103. Livre Y, intitulé t Liber quartus. ^ — Fol. 125. Livre VI, intitulé < Liber quintus. » -- Fol 141. Livre VII. — Fol 160. Livre VIII. — Fol. lU. Livre IX. — Fol 180 V.Livre X. — Fol. 186 V. Uvre XL - Fol. 195. Livre XII. Fol. 205 v*. Commentaire de saint Jér6me sur Daniel. XI. Manuscrit nouvellement acquis par la Bibliothèque nationale et dont l'examen ma fourni Toccasion de rédiger ces observations. — ( Nouv. acq. lat. 1366. } DB BBATUS i83 V XII. Second manuscrit de San-Millan, cité par Florez (p. xxxiv), diaprés Ambrosio Morales. XIII. Manuscrit mutilé du monastère cistercien de Saint- André (c de Arroyo ; » du xiii® siècle. C'est le deuxième des manuscrits que Florez (1) a mis à contribution. XIV. Manuscrit de Téglise d'Oviédo, cité au xvi* siècle par Ambrosio de Morales (2). XV. Manuscrit du monastère de Notre-Dame de Gua- dalupe, cité à la même époque par le même auteur (3). XVI. Manuscrit de Téglise de Tolède, également indi- qué par Ambrosio de Morales (4) et porté sur un catalogue des manuscrits de Tolède que possédait Antonio (S). XVII. Manuscrit du cardinal Antonio d*Aragon, qui fut indiqué à Antonio par Martino Vazquez Sirvela (6). XVIII. Manuscrit du grand collège de Saint-Bartbélemi de Salamanque, cité par Florez (7). (i) Voyez la préface de Florez, p. xl. (2) Caronica genn'nl de EspafiaA. xnr,c.xxvii, éd. de 1791, t. VU, p. 133. — Relacion del viage, publiée à la suiie du même ouyrage, t. X, p. 12i. (3) Corymea gênerai, 1. XIIT, c. xxvii, éd. de 1701, t. VII, p. 133. (4) Relacion del viage^ publiée à U suite de Coronica gênerai de Espaha, éd. de 1701, t. X, pp. 60 et 122. (5) Biblioltieca Hispana velus, p. 445. (6) md., p. 445. (7) P. zxxyni. 134 APOCALtPSiÈ XIX. G*est aussi, selon toute apparence, un exemplaire de Touvrage de Beatus qa'Ambrosio de Morales (1) signale dans le monastère de Celanova sous le titre de « La expo- sicion del Âpocalipsi de Eierio, » le nom de l'auteur étant indûment remplacé par le nom du prélat à qui le commen- taire est dédié. XX. On peut en dire autant d'une Exposition de l'Apo- calypse, sans nom d'auteur, jadis conservée au monastère cistercien delà Espina (â). XXI. Je soupçonne, enfin, que l'article suivant du cata- logue des manuscrits de sir Thomas Phillipps se rapporte au fac-similé d'un ancien exemplaire du livre de Beatus : 3026. Fac simile of an ancient manuscript Apocalypse of sain^ John with other spanish papers. L'examen simultané de plusieurs exemplaires de TApo- calypse de Beatus permet, sinon de résoudre, du moins de traiter quelques questions encore incertaines, qui intéres- sent à la fois rhistoire littéraire et Thistoire artistique. L'attribution du commentaire à Beatus est depuis un Q^tain temps hors de doute. Elle est, en grande paittic, justiPiée par un passap^e du prologue, dans lequel Fauteur s'adresse à Tévéque Eiheriùs : « Haec ergo, sancle pater Elberi, te petente, ob aBdificalionem studui fratrum, tibi mçajj^ç. .^^ 4^ç jpol ,^/Aeri, sur lequel s appuie princi- palement la critique pour faire honneur de Touvrage à Be(^ftis;'8é^tiiJHVéaaùslëtfttrtïu4crit de M. Didol (fol. 16), ' I (1) Relacion del viage, publiée, à la .$uUe c|e, c^pijçmca gênerai de Espafia, éd. de 1791, t. X, p. 198. ' ,, (2) « Expoâicion del Apocalipsi, sine nominc auctori$f^ ^pqdria ser la de Beato. » Ibid.^ p. 243, DE BEATUS 135 dans eelai 4'Urgel (t) et dans celui de Turin (2). Il n'y a aucun argument à tirer de l'absence de ce mot dans les deux exemplaires de la Bibliothèque nationale. L'un des passages les plus curieux du commentaire de Beatus, c'est le calcul que Tauleur fait sur les âgés du monde et d*où peut se déduire la date de la composition de l'ouvrage. L'incorrection des manuscrits rend l'inter- prétation de ce passage assez difficile. Le texte adopté par Florez conduirait à supposer que Beatus écrivait en ISA. Voici la version qu'il a adoptée (p. 322) , en s'appuyânt probablement sur le manuscrit de Burgos et sur le second manuscrit de San*Miilan : Celligitur omne tempus ab Adam usque ad Christum anni 5227 Et ab adventu Domini nostri Jesu Cbristi dsque in prœ- sentem eram id est » • • 822 Sunt anni 784 Computa ergo a primo homine Adam usque in praBSen*' tem eram é * 822 Et invenies annos sub uno ,. i . • . 5987 Supersunt ergo anni de sexto millenario • . • . 14 Finiet quoque sezta SBtas in era «.«.••«•.... 838 Plusieurs de ces chiffres sont fautifs, et je crois que le raisonnement de Beatus doit être ainsi rétabli : ^ Depuis Adam jusqu'à Jésus^^Ibrist il s'est écoulé 5199 années Depuis Jésus-Christ jusqu'à Tannée courante, qui est la 823» de Tère d'Espagne, il s'en est écoulé 785 En tout * 5984 Pour achever la sixième révolution de mille ans, il reste encore à voir s'écouler 15 années Ce qui nous conduira à < 5999 Le sixième âge du monde se terminera ainsi Tan 838 de Tère d'Espagne, c'est-à-dire l'an 800 de l'Incarnation. (1) Cité par Villanueya, t. Xl^ p. 171. (3) Cité par Pasini, t. Il, p. 27. i36 APOCALYPSE D'après celle hypolhèse, on verra quelles corrections il convient d'apporter au texte de Fiorez rapporté ci-dessus, aussi bien qu'au texte du nouveau manuscrit de la Biblio- thèque nationale et à celui du manuscrit Didol, dont je donne ici les leçons en regard : Mi. do la Bib!. nat., fol. 76 . Colligilur omne teropus ab Adam usque ad Chrislum anni 5226 Et ab advenlu Domini nosbri Jhesu Chrisli usque in presentem eram,idest, 823 Sunt anni 785 Computa ergo a primo homine usque in pre« senlem eram, id est Et inventes annos sub uno Supersunl ergo anni de sexto miliario Finivit quoque sexla etasinera 823 5985 15 827 Us. Didot, fol. flU. Colligilur omne tempus ab Adam usque ad Christum anni 727 Et ab adventu Domini noslri Jbesu Chrisli usque in presentem eram, id est 822 Sunt anni 786 Computa ergo a primo homine Adam usque in presentem eram^ Et invenies annos sub uno Supersunl ergo anni de sexto millenario . . . Finiel quoque sexla elas in era 824 1476 14 838 Dans le manuscrit de Saint-Sever et dans le premier manuscrit de San-Millan cité par Fiorez, on trouve des chiffres qui non seulement ne sont pas les mêmes, mais qui encore sont présentés dans un ordre tout difTéreot. Je mets en regard le texte de ces deux manuscrits : Ms. de Saint-Sevcr, fol. 133. El ab advenlu Domini noslri Jhesu Chrisli usque in pre- sentem eram, id est 814 Suntanui 776 Et a primo homine A- Ms. de San-Millan. Ab adventu Domini noslri Jesu Chrisli usque in pne- senlem eram, id est 814 Sunt anni . 776 Et a primo homine DE BEATDS usque ad Chri8tu|B fuenint anni Computa ei^o a primo homine Adam usque in prsBsentem eram Et invenies annos sub 137 5199 uoo. 8U 5876 dam usque ad Chris- tum fuenint anni.. 5179 Computa ergo a primo homine Adam usque in praesentem eram 814 Et invenies annos sub uno 5876 Supersunt anni de sexto miliario 25 ■ Finiet (l)quoque sexta eias in era 838 Il semble donc que les manuscrits du commentaire de Beatus peuvent se partager en deux familles : dans les uns le calcul sur Tâge du monde fait supposer que Tauteur écrivait en Tan 776 ; d'après les autres, la date de la' composition devrait être rapportée à Tannée 786 ou envi- ron. Ces familles représentent-elles des rédactions successi- ves, dont la première aurait été achevée en 776, et dont la se- conde serait postérieure de dix ans? Ou bien, n*y aurait-il là que la trace des efforts tentés, plus ou moins long temps après la mort de Tauteur, pour rétablir un texte altéré par les copistes et mettre les nombres en harmonie les uns avec les autres ? C'est là un problème qui reste à résoudre et qu'on ne pourra guère aborder avec chance de succès sans avoir comparé tous les principaux manuscrits qui subsistent. Les peintures qui ornent les anciens exemplaires de Touvrage de Beatus n'ont pas encore été Tobjet de Tétude approfondie qu'elles méritent et dont Timportance a été rapidement esquissée par M. Didot. Les scènes de l'Apo- calypse frappaient tellement Timagination des populations chrétiennes du moyen âge que, les artistes de tous les pays essayaient de les représenter par les images les plus saisis- (1) On avait d*ahord écrit FiniviL ISt AroGALtpn saotes, tiiit^ sor les mnn des églises, comtte à Tabbije de l^leury, ou un religieux du commencement du xi* siècle les avait peintes dans Téglito Saint-Pierre, tantôt sur les pages dé livres destinés les uns aux gens du monde, les autres aux gens d'Église, tantôt même sur de somp- tueuses tapisseries, comme celles du duc d^Anjou, dont M. Guiffrey a récemment fait Tbistoire. En ce qui touche les représentations consignées dans les manus- crits, il y a lieu d'établir au moins deux groupes distincts : Tun, pour TAngleterre et le nord de la France^est princi- palement représenté par le manuscrit français 403 de la Bibliothèque nationale. L'étude en est dès maintenant faci- litée parla notice que M. Didot a donnée d'un manuscrit de sa bibliothèque, et surtout par le fac-similé que M. Coxe vient de publier d'un manuscrit de la Bodiéienne pour le Roxburghe-Club. L'autre groupe comprend les manuscrits de Beatus, qui ont joui d'une grande célébrité, du ix* an xiii® siècle, dans l'Espagne et dans la Gaule méridio- nale. L'tln des plus curieux exemplaires du livre de Beatus est le manuscrit de Saint-Sever, dont les peintures sont dues k plusieurs artistes, et qui renferme une signature asse2 difBcile à expliquer. Sur le fût d'une colonne, qui fait partie des tableaux de Thistoire sainte, au fol. 6, on lit eii petites lettres rouges les mots : Stephahiis Gausia pia^ cinus AD s. Quel que soit le sens des mots placidus au s., il est à peu près impossible de ne pas voir dans Stephanus Garsia l'un des peintres qui ont concouru à Texécution du manuscrit de Saint-Sever. Je donne ici la liste des 102 peintures renfermées dans ce manuscrit. 1 (Fol. 1). Frontispice, dont le milieu est occupé par une losange dans laquelle des lettres sont disposées de façon à permettre de lire dans tous lès sens les mots : GREGORIVS ABBA NOBILIS. Dans les ornements de ce frontispice, H. de Longpérier a reconnu une imitation des earactifes arabes f)B ftEÀtOS Ifti) employés en Espagiie àtt xi* siècle. Yoyex Revue archéolo- gique^ !'• série, ii, 698. 3-9 (Fol. 1 t^-5]. Huit grands tableaux représentant deâ scènes de la YÎe de saint Jean. 10 (Pol. 5 v«). Adam et Eve. 11 (Fol. 6 V"). Sacrifice de Noé. 12 (Fol. 8). Sacrifice d'Abraham. — Boste de Sara, dans uft médaillon. 13 (Fol. 8 V"). Bustes d'Isaac et de Rébetica, dans deux médaillons. 14 (Fol. 9). Bustes de Jacob et de Lia, dans deut médaillons. 15 (Fol. 9 v^). Buste de Rachel, dans un médaillon. 16 (Fol. 10 y"). Buste de David, ddûâ tin médaillon. 17 (Fol. 12). LWoration des mages. 18 (Fol. 12 y*). L'annonciation de la nativité aux bergers. 19 (Fol. 13). Aigle brisant la tête d*un serpent. 20 (Fol. 13 v^. Images de Tauteur et des commentateurs de l'Apocalypse: «Johanues» Jheronirous, Augustinus, Am- brosius, Fulgentius, Gregorius, Abringius, Hisidorus. t 21 (Fol. 14). Grand A, occupanl une page entière; les extré- mités de la traverse de cette lettre supportent un singe et un renard (« Stmius — Vulpis i^). 22 (Fol. 26). Entrelacs couvrant la page entière. 23 (Fol. 26 y). € tJbi angélus a Domino libfum àccipit. — Ubi primitus Johannes cura angelo loqutus est. » (Apo- calypse, I, 1.) 24 (Fol. 29). c Dominus in nubibus et vident eum inimici ejus et qui eum pupugerunt. i^ (Apocalypse, i, 7.) 25 (Fol. 30 v^). tt In medio septem candelabrorum àureorum similis filio hominis... — Johannes septem aecclesiis qua sunt in Asiâ... i (Apocalypse, i, 11-20.) 26 (Fol. 45 bis v* et 45 ter). Mappemonde. 27 (Fol. 51). 9 Leena, Ursus, Pardus, Quartà bëstiâ. » 28 (Fol. 51 v^j. a Lapis abscisus de monte përcutit àtatUam in pedibus. — Evulsio lapidis. — Lapis qui percussit slatuam tsictus est mons magnus et implevit univefsam térràm. » 29 (Fol. 52). Arbres sur lesquels sont pei^héa des oiseâuk. 30 (Fol. 52 ▼*)• c Huiler super bestiaxA. I 140 APOCALYPSE SI (Fol. 58). c Aecclesia Ephesi. » (Apocalypse, ii, 1.) 32 (Fol. 61 V**). a Zmirn» ecclesia. » (Apocalypse, ii, 8.) 33 (Fol. 65 r). c Johannes. — Ecclesia Pergami. » (Apo- calypse, II, 12.) 34 (Fol. 69 v^). a Johannes. — Aecclesia Tiatirae. • (Apo. calypse, ii, 18.) 35 Fol. 73 V*). c Aecclesia Sardis. » (Apocalypse, ni, 1.) 36 (Fol. 77 v«). L'église de Philadelphie. (Apocalypse, m, 7.) 37 (Fol 83). c Aecclesia Laodiciae. » (Apocalypse, m, U.) 38 (Fol. 85). Le déluge. 39 (FoL 107T«.et 108). Les quatre chevaux. (Apoca- lypse, VI, 1-8.) 40 (Fol. 113). « Agnus libnim. — Ara aurea. — Anime in- terfectorum. — Ad hos dato sunt stol» albœ. » (Apoca- lypse, VI, 9-H.) 41 (Fol. 116). ) 7!^ (Fn^l. 183). < Quarliis angélus effudit fialam sua» supe^ sofeoir t (Apocalypse, xvi» 8^ 73 (Fol. 183 V*). Combat d'un lion et 4'ane brebis, 74 (Fol. 183 y^). c Quiplps iingelos effudU fialaia sium super tropum bestia^. » (Apoioalypse, m, 10.) T^ (Fol, |84). « $extus aogelus effudit fialam suam saper flumea EuÇrateOf > (Apocalypse, xviy 12.) 76 (Fol. 184). Deux hommes au frofit chauve s'airachenl la barbe, en présence d'une fen^pie. Le siûet de ce petit tableavy .ijw A été inséré au bas d*uae colQpne pour remplir un vide, est j^xpliqué par une inscription à moitié effacée qu'on avai| traçi^^ ça lettres jaunes sur un fond viplacé : c Caivi duo pro )iac muliere..... barbas ; » au-dessous di ta))leau wha Usoas ce vers ; Frontibus attritis barbas conscindere fas est. 77 (Fol. 184 f). « De ore draeonis et de ore bestiae et de ore pseudo prophetae spiritus Ires inmundi in modujo ranarom procèdent. » (Apocalypse, xvi» 13.) 78 (Fol. 193). Les dix rois. (Apocalypse, xvu, 12-14.) 7S^ (Fol. 193 v*"). « AgQUS. «*- Hic occiditur bestia» diabolas quoque et draco vincuntur. — Bestia truncatur. — Diabolus victus. — Draco proslratus. » (Apocalypse, xvh, 8.) 80 (Fol. 195). A Ubi reges ierm et priacipes et mercatores logent civitatem Babilo^ie. • (Apocalypse, xvui, 9-19.) 81 (FoL 197). L'ange laoee une pierre dans la mer. (Apoca- lypse, XVIII, 21.) 8| (Fol. 198). Onze médaillées, donl chaam reaferine l'image d'une béte. 83 (Fpl. 199). t (Jbi quabipr ajiimalia et xxuh seniores adot «ani tronum. «^ Ubi Johannes ceeidit ad pedes angeli. » (Apocalypse, xix, 1-10.) 84 ^oJi. 201 ^). a ViA basAia e) re«es teiv^ee pi^ni^t cum ille qui sedebat in equo.^... «-- Ubi beslîa capte est. — Uiubeelia bS RBATUS Ht et pseudo propheta miBsi siint in stagnsm ignis... » (Apeca* lypse, XIX, 19-21.) 85 (Fol. 202 v^). a Ubi angélus ligavit draconem id est diabo- lum in abissum. » (Apocalypse, xx, 1-3.) 86 (Fol. 203 y^). Les trônes et les âmes des justes sons la forme d'oiseaux. (Apocalypse, xx, 4.) 87 (Fol. 206 V®). c Ubi bestia et pseudo propheta et diabolas missi sunt in stagnum ignis et sulphuris. » (Apoca* lypse, XX, 9.) 88 (Fol. 207 v«, et 208). La nouvelle Jérusalem. (Apoca- lypse, XXI, 1.) 89 (Fol. 208 y). « Fluvius a trono exiens. — Hic ostendit angélus Johanni fontem aquae vivae et ex utraque ripa lignum vitae. » 90 (Fol. 215.) c Ubi Johannes cecidit ad pedes angeli. — Ubi Johannes ad vu ecclesias missus est. 9 91 (Fol. 217). « Babilonia. j> 92 (Fol. 217). Daniel assis dans une chaire et écrivant. 93 (Fol 219 V'). « Ubi Nabucodonosor rex in somnis vidit statuam stantem contra se. » 94 (Fol. 220). c Evulsio lapjdis. — Lapis qui percussit statuam factus est mons magnus... » 95 (Fol. 224). « Ubi populi, tribus et linguae adorant sta- tuam auream quam fecit Nabucodonosor rex. — Ubi Nabu- codonosor rex jussit très pueros in fornacem ignis ardentis mittere. » 96 (Fol. 229 V*). « Baltasar rex convivium facit obtimatibus suis. — Baltasar rex aspicit manum scribentem contra candelabrum. — Danihel scripturam exponit. » 97 (Fol. 233 V®). a Daniel. — Inlacu sunt septem leone. » 98 (Fol. 234). a Rex incenatus pro Daniele dolens ; somnium fugit ab oculis ejus. ^ 99 (Fol. 235). c Judicium sedit, et libri aperti sunt, milia milium minislrabant ei... » 100 (Fol 239). 10 12 » » 13 » 11 14 » 12 15 » 13 16 » 14 17 » 15 18 » 16 19 > n 20 4 18 » 9 19 21 » 20 22 JO 21 » » 22 » 0 » 23 » » 24 » 23 25 » 24 26 1 25 27 2 26 28 3 » 29 » 27 30 » Manuurit Mannscril Muoserit de S(-Sever. Didot. boiv. acqais. 28 30 » 29 » • 1» 30 31 4 31 32 5 32 33 6 33 34 7 34 35 8 35 36 9 36 37 10 37 38 11 38 » » » 39 » » 40 12 39 41 » 40 42 » 41 43 » 42 44 13 » » 14 43 45 » 44 » » » 46 > 45 47 15 46 48 16 47 » » 48 49 17 49 50 18 50 51 19 DE BEATUS 14S MaiMiscrit Uanateril UUDscrit UaouMrit HuDScrit MaiDserit deSt-Sevcr. Didot. noQT. acquis. de St-screr. Didot. OOQT. teqoif 51 » » » 79 48 » 52 20 » 80 49 bi 53 21 78 » 50 53 54 22 79 81 » 54 55 23 » 82 » 55 56 24 80 83 51 56 57 25 81 84 52 57 58 26 82 » » 58 59 27 83 85 53 59 60 28 84 I 86 )) 60 61 29&30 )) 87 54 V » 31 84 II 88 55 61 62 32 ■ 85 89 56 » 63 » 86 90 )) » 64 33 » • 91 h 62 65 34 87 92 57 » 66 » 88 » » 63,64 109,110 35 » 93 58 65 » » » 94 58 66 » » 89 95 59 » 67 » 90 96 60 » 68 36 91 97 » » 69 37 » 98 » 67 70 » » 99 » 68 71 38 92 » » 69 72 39 93 100 » 70 73 40 94 » » 71 I » 41 95 101 » 71 n 74 42 » 102 » 72 75 43 96 103 » 73 » » 97&98 104 » 74 76 U 99 105 » 75 77 I 45 100 106 » 76 » » 101 107 » 77 77 II 46 102 107 & 108 » » 78 47 10 i 46 APOCALYPSE Je sais tout ce que ces relevés ont d'insuffisaDt et je regrette de ne pouvoir convenablement analyser et appré- cier le caractère et la valeur de ces peintures, notamment de celles qui ornent le manuscrit de Saint-Sever. Je me borne à appeler Tattention de TAcadémie sur quelques pages particulièrement intéressantes de ce dernier vo- lume. En dehors des scènes apocalyptiques, je citerai : Le frontispice, sur lequel le nom de Tabbé Grégoire, qui a fait exécuter le volume, est encadré d'ornements où M. de Longpérier (1) a reconnu Timitation d^une inscrip- tion coufique. Le grand A du fol. 14, qui doit certainement être rap- proché de Talpha et de Toméga du manuscrit de Girone, et du grand A du manuscrit de Saint-Isidore de Léon. La mappemonde du fol. 45 bis verso, dont le fac-similé publié par M. Gortambert (â) peut donner une idée. Plusieurs pages restées en blanc ont été couvertes par des ornements et par de petits sujets étrangers au texte. Tels sont : Les entrelacs des fol. 26, 138 et 476 v° ; Les rosaces des fol. 143 v** et 171 v" ; Les médaillons à bêtes du fol. 198. Telle est encore la petite miniature du fol 184, où nous voyons deux hommes ohauves s'arracher la barbe en pré- sence d'une dame dont ils se disputent sans doute les faveurs. Il est intéressant de comparer entre elles les peintures des différents exemplaires de Beatus, pour se faire une idée de la dérivation et de la dégradation des types, comme aussi de la variété des interprétations qui résultait de la (1) Revue archéologique^ i^ série, t. 11, p. 696. (â) Trois des plus anciens monuments géographiques du moyen âge, Paris, 1877. Iq-8o de 31 p. et 3 planches. Extrait du Bulletin de la Société de géographie. DE BBA^US 147 différeDce des époques et du génie propre aux différeuts artistes. Rien n'est plus instructif que de mettre le ma- nuscrit de Saint-Sever, qui est du milieu du xi* siècle, à cAté du manuscrit de M. Didot, qui est de la fin du xii^ siè- cle. Dans le premier, des bordures et des entrelacs, d'une grande pureté de lignes et d'une étonnante richesse de couleurs, rappellent les beaux monuments des écoles carlo- vingiennes ; beaucoup de tableaux sont empreints d'un sentiment religieux très élevé, tout à fait idéal et compa- rable aux meilleures peintures byzantines. On peut appré- cier ces qualités dans les tableaux qui représentent les serviteurs de Dieu marqués au front par Tange (fol. 119) ; Tadoration de Tagneau par les justes (fol. 120 v^ et 121) ; la glorification de Dieu par les vieillards et les anges (fol. 121 v^ et 122) ; les sept anges porteurs de trompettes et l'ange à l'encensoir (fol. 135 v°). Dans l'autre manuscrit, celui de M. Didot, les encadre- ments sont à peu près nuls ; les figures, plus raides, moins riches de couleurs, rappellent les ^majestueuses statues qui font la gloire de nos cathédrales de la fin du xii® siècle ; les animaux sont bien compris, vigoureux et pleins de vie ; les détails d'architecture et de costume sont parfaitement rendus ; mais les types sont souvent devenus vulgaires, par exemple, l'Enfant Jésus du fol. 143, qui provoque le sourire quand on le rapproche du sujet correspondant sur le fol. 159 du manuscrit de Saint-Sever. La comparaison des deux manuscrits est d'autant plus ins- tructive qu'ils dérivent tous deux d'un type commun, comme le prouvent non seulement la composition et la succession des sujets représentés, mais encore la parfaite ressem- blance de certains détails secondaires, par exemple les en- roulements qui forment le cadre d'une note relative à la chronologie de l'histoire romaine (fol. 11 v"" du manuscrit de Saint-Sever, fol. 12 v° du manuscrit Didot). Il serait bien désirable que les comparaisons pussent 148 APOCALYPSE DE DEATUS s'établir entre les principaux exemplaires au moyen de bons fac-similés. Malheureusement nous n'avons guère jusqu'à présent que les trois pages du manuscrit de Saint- Sever reproduites daus le grand ouvrage de M. de Bastard, quatre pages du manuscrit de M. Didot dans le Biblio- phile français^ et une page du manuscrit du Musée britan- nique dans le recueil de la Société paléographique. VI MANUSCRITS DU CABINET DE M. DIDOT ACQUIS POUR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE (i) La bibliothëqae de M. Didot renfermait une célèbre collection de manuscrits que nous aurions vivement désiré ne pas voir dispersée. Si elle était entrée en bloc à la Biblio- thèque nationale, elle aurait rendu de grands services aux artistes comme aux érudits ; placée à côlé des séries de manuscrits que nous devons aux grands amateurs du XVII* et du XVIII® siècle, elle eût immortalisé dans le sanc- tuaire des Lettres françaises un nom déjà cher aux amis de l'art typographique. Il n*a tenu ni à l'administration de la Bibliothèque, ni aux ministres de Tlnstruction publique que des arrangements ne fussent pris pour assurer k notre pays la possession de Tensemble des collections manuscrites de M. Didot ; mais il était impossible de donner suite à un aussi louable projet, du moment où il était décidé que toute la bibliothèque de M. Didot serait l'objet de ventes successives, dans lesquelles chaque article devait être pousséjusqu*aux prix extrêmes parles libraires les plus audacieux et par les particuliers ou les établissements les plus riches ou les plus intéressés à posséder tel ou tel livre, tel ou tel manuscrit. Dans ces conditions, il eût été insensé (1) Extraîl ou développement de rapports adressés en 1878 et en 1879 à M. Bardoux et k M. Ferry, ministres de l'Instruction publique. i50 MANUSCRITS DIDOT de vouloir entrer en concurrence avec les amateurs pour qui l'argent n'a point de prix, comme disait au xvn^ siècle le conseiller Jean Bouhier, qnand il voulait se consoler de ne pouvoir disputer à Tavidilé du surintendant Fouquet les manuscrits grecs de Charles de Montchal. La Bibliothè- que a donc renoncé, non sans regrets, à tout ce qui, chez M. Didot, tirait principalement sa valeur du caprice ou de la rareté, de la richesse de Texécution, de la beauté des peintures, de la condition des exemplaires ou du luxe des reliures. Garder en France les documents les plus indis- pensables aux travaux de nos compatriotes, telle a été l'uni- que ambition des conservateurs de la Bibliothèque na- tionale. M. Bardoux et M. Ferry, ministres de Tlnstruction publique, ont bien voulu approuver cette manière d'envi- sager la question. Les crédits qu'ils ont obtenus des Cham- bres nous ont permis d'efïectuer les acquisitions les plus désirables aux deux ventes qui ont eu lieu en juin 1878 et en mai 1879. Les héritiers de M. Didot se sont acquis des droits à notre reconnaissance, non seulement en nous offrant des délais de payement, mais encore en ajoutant généreusement aux dix manuscrits par nous acquis un onzième manuscrit, qui leur vaudra une place honorable sur la liste des bien* faiteurs de la Bibliothèque nationale. Suit la notice des manuscrits de M. Didot, qui ont été insérés en 1878 et 4879 dans le fonds latin et dans le fonds français des nouvelles acquisitions. L (1) Quadruple version du psautier, savoir : les trois versions latines de saint Jérôme et la version grecque des Septante, transcrite en caractères latins. Voici les premiers mots de chacune de ces versions, qui dans le manuscrit (1 ) No 4 du catalogue de la vente faite en 1879, — Nouv. acq. lat. 2t05. A U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE • 451 sont disposées synoptiquemeDt sur quatre colonnes, et qui commencent au fol. 8 v^ : Gallicum. -* Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit et in cathedra pestilentisB non sedit. — Sed in lege Domini voluntas ejus et in lege ejus meditabitur die ac uocte. — Et erit tanquam lignum quod plantatum est secus decursus aquanim, quod fructum suum dabit in tempore suo. — Et folium ejus non defluet, et omnia quecumque faciet prosperabuntur. — Non sic impiiy non sic, sed tanquam pulvis quem proicit ventus a facie terras. — Ideo non resurgunt impii in judicio neque peccatores in consilio justorum. — Quoniam noYÎt Dominas viam justorum et iter impiorum peribit. Romanum. — * Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in yia peccatorum non stetit et in cathedra pestilenti» non sedit. — Sed in lege Domini voluntas ejus et in lege ejus meditabitur die ac nocte. •— Et erit tanquam lignum quod plantatum est secus decursus aquarum. ^ Quod fhic* tum suum dabit in tempore suo, et folium ejus non decidet, et omnia qusecumque faciet prosperabuntur. — Non sic impii, non sic , sed tanquam pulvis quem proicit ventus a facie terr». — Ideo non résurgent impii in judicio, neque peccatores in consilio justorum. •— Quoniam novît Dominus viam justorum et iter impiorum peribit. Hebraicum. -^ Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit in cathedra derisorum non sedit. — Sed in lege Domini voluntas ejus et in lege ejus meditabitur die ac nocte. — Et erit tanquam lignum trans- plantatum juxta rivulos aquarum. — Quod fructum suum dabit in tempore suo, et folium ejus non defluet, et omne quod fecerit prosperabitur. — Non sic impii, sed tanquam pulvis quem projecit ventus. — Propterea non resurgunt impii in judicio neque peccatores in congregatione justo- rum. — Quoniam novit Dominus viam justorum et iter im- piorum peribit. Grecum. — Makarios aniros uc eporeuthi en buli asebon. ce en odo amartolon uc esti. ce epi cathedra limon uc ekatisen. 152 MANUSCRITS DIDOT — Alli en ti nomo Kiriu tho thelima autu. ce en to nomo autu meletisi imera ce nictos. — Ce este os to xilon to pe- fiteumenon para tas diexodus ton idaton. — 0 ton carpon autu dosi en cero autu. ^ Ce to fillon autu uc aponisete. ce panta osa an pii cateuvodothisete. — Uc hutos i asebis, uc hutos. allios o chnus on ecripti o anemus apo prosopu lis gis* — - Dia tuto uc anastisonte asebis en crisi ude amartoli en buli diceon. — Oti ginosci kirios odon diceon. ce odos asebon apolite. Chacune de ces quatre versions se termine au fol. 108 par un titre final : Explicit psalterium gallicum secundum hebraicum et LXX* in- terprètes emendatum a sancto Hieronimo presbitero. — Explicit psalterium romanum, quod de hebreo in grecuro transtulerunt LXX interprètes. — Explicit psalterium he- braicum quod de hebreo in latinum transtulit Hieronimus presbiter. — Explicit psalterium grecum, quod in aliquibus locis concordat cum gallico, in aliquibus cum romano, in aliquibus cum hebraico. En tête du psautier sont les pièces suivantes : Fol. 1 V*. a Incipit origo prophetiae régis David psalmoruin numéro centum quinquaginta. David filius Jesse, cum esset in regno suo» quatuor elegit. ...» Fol. 1 V®. « Hieronimus ad. Paulam et Eustochium de correc- tione psalterii in latino juxta LXX interprètes. Psalterium Romse dudum positus emendaram. ...» Fol. 2. a Hieronimus Sophronio, quod liber psalmorum unus sit et non plures secundum quosdam, et quod omnes psalmi auctorum sint qui ponuntur in titulis, et quod ipse psalte- rium de hebreo transtulerit in latinum. Hieronimus Soffronio suo salutem. Scio quosdam putare psalterium in quin- que.... » Fol. 2. « Incipît œpistola sancti Hieronimi presbiteri ad Sunniam et Fretelam, de verbis psalterii, qu» de septua- ginta interpretum editione corrupta sunt. Dilectîssimis fratribusSunniseet Fretelae et ceteris qui vobiscum Domino A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 153 serviunt, Hieronimus. Yere in vobis apostolicu$. ...» — Les corrections interlinéaires qu'on lit à plusieurs endroits de ce morceau témoignent des efforts tentés au xii* siècle, probablement par un moine de Saint-Martin de Tournai, pour rétablir des mots grecs altérés par le copiste du ma- nuscrit. Fol. 7. a Hieronimus ad Marcellam de diapsalmate. QuaB acceperis reddenda cum fœnore sunt. • . • d A la suite du psautier, on trouve (fol. 108) le texte des cantiques, qui sont pour la plupart en quadruple version ; puis, les alphabets latin, grec et hébraïque (fol. 116 v<>) ; rOraison dominicale et le Symbole des Apôtres en latin et en grec {ibid,); le Te Deum, intitulé « Hymnus sanctorum doctorum Ambrosii et Augustin! episcoporum, » dont les onze premiers versets sont seuls accompagnés de la ver- sion grecque (fol. 117) ; le Symbole de saint Athanase (fol. 117) ; les Litanies des saints, en latin et en grec (fol. 117 \% Une longue inscription tracée à la fin du volume (fol. 118 v^ et 119), nous apprend qu*il appartenait à Tabbaye de Saint-Martin de Tournai, et qu*il avait été copié en 1105 par ordre de Tabbé Eudes, depuis évéque de Cambrai : Liber Sancti Martini Tornacensis (1) cenobii. Si quis hune librum de œcclesia Sancti Martini Tornacensis abstulerit vel auferri permiserit, anathema sit. Fiat. Fiat. Amen. Amen. Anno ab incarnatione Domini millesimo centesimo quinto, et a restauratione hujus cenobii quarto decimo, scriptus est liber iste iu hoc ipso cenobio a quodam fratre monacho et subdiacoiio, precipienle viro venerandse mémorise domno Odone primo monacho et primo abbate hujus sancti cenobii. Qui venerandus abbas eodem anno raptus ad episcopatum Cameracensis civilatis, non sine damno totius nostrae con- gregationis nobis ablatus est ; consecratusque est episco- (1) Une main moderne a transformé ce mol en Turonensis. 184 MAÏfUSCRlTS DIDOT pus supradictn Gâmeracensls civitaiis a Manasse Retnensi metropolitano et septem comprovincialibus episcopis, aono dominicsB incamationis millesimo centesimo quinlo, indic- tione tertia décima, epacta III*, sexto nonas Julii, die domi- nica, Romanae urbis cathedrae présidente domno Pascbali papa, Francorum regnum gubernante rege Philippe. Nos- tnim vero cenobium rexit annis XIII*'"i in quibus ita ei divina gratia afTuit ut, cum ante ejus adventum per trecentos fere annos nullus in hoc loco raonachus fuerit, infra duo- decim annos, non solum terras et mansiones et olBcinas et quaeque usibus servorum Dei sunt necessaria, verum etiam plus quam LXX^* monachos omuipotenti Domino regulariter servituros in hoc loco aggregaverit. Volume sur parchemin, de 119 feuillets. 378 millimè- tres sur 288. De ce manuscrit, Tun des plus précieux débris de la bibliothèque de Saint-Martin de Tournai (1), parait dériver le Psautier quadriparti de Saint-Amand, aujourd'hui con- servé à Valenciennes. Il faut aussi en rapprocher le ma- nuscrit latin 18198 de la Bibliothèque nationale ; mais> celui-ci ne renferme, en regard les unes des autres, que la version hébraïque, la version romaine et la version grecque écrite en caractères latins. — Nous avons aussi, dans le magnifique psautier, n^ 8846 du fonds latin, la réunion des trois versions latines de saint Jérôme. — Dans la pré- face de son édition du Psalterium juxta Hebr(Bos Biero- nymt (LipsiaB, 1874. In-8), M. Paul de Lagarde adonné quelques indications sur plusieurs manusccits qui renfer- ment synoptiquement les différentes versionsdu psautier(2). II. (3) Évangéliaire de Tabbaye de Luxeuil. Les 80 feuillets de parchemin, hauts de 400 millimètres (1) Voyez Le Cabinet des manuscrits, I, 217. (2) Voyez aussi le Sêrapeum, année 186S, t. XXVI, p. 321. 3) N» 0 de la vente de 1979. — Nouv. acq. lat. 2196. A LA BIBUOTHÉQUB NATIONALE 158 et larges de 280, dont se compose ce volume, sont les débris d'un manuscrit beaucoup plus considérable, qui renfeimait les quatre Évangiles, avec les préfaces de saint Jérôme, les canons d'Eusèbe et la table des évangiles propres aux différentes messes de Tannée. A la fin du xviii<^ siècle ou au commencement du xix% on a détruit le corps de ce beau volume, en n'épargnant guère qu'une partie des pages ornées de peintures. Ce qui subsiste est d'une importance innappréciable pour Thistoire de l'art du XI* siècle. La valeur en est encore augmentée par les renseignements positifs que nous possédons sur Torigine de ce merveilleux monument : il a été fait par les soins de Gérard, abbédeLuxeuil,qui vivait au milieu du xi« siè- cle. Gela résulte des inscriptions tracées sur les fol. 2 et 90. Le fol. 2 est rempli par un tableau qui représente le livre offert par l'abbé Gérard à saint Pierre, patron de Téglise de Luxeuil : Luxovii pastor, Gerardus, lucis amator, Daudo Pelro librum, lumen michi posco supernum. Au fol. 19, sur un fond pourpré, se détacbe en lettres d'or une pièce de quatorze vers, dans lesquels l'auteur, après avoir exposé la signification symbolique du lion, termine par des vœux en faveur de l'abbé Gérard : Gonvenit omnimodis Christo natura leonis, Cujus ad occurbum timet omnis turba ferarum. Hic stans intrepidus, proprio de robore fisus, Bestia nulla sibi ieritate valet sociari. Non oculos claudit, cum menibris somnia tradit ; Sic, caro cum Christi requievit in ore sepulcbri, Spiritus infernum ^vigilans confrcgerat imum ; Plebs pia gaudebat, hune et perversa timebat. Hinc Victor rediit, et demonis agmina vicit, Fortis, servorum deducens milia secum. 186 MANUSCRITS DIDOT Nemo resistebat illi, quia nemo valebat. Fit leo surgendo, de terra soma levando, Auxilio cujus pius auctor codicis hujus Âbba Gerart vivat animœ et de morte resurgat. II devait y avoir des pièces analogues pour Tange de saint Matthieu, le bœuf de saint Luc et Taigle de saint Jean. Cette dernière nous a seule été conservée, au fol. 46 : Quod soleant aquilae super aeris altavolare, Et patulis oculis radios intendere solis, Congruit hoc merito Johanni mystice sancto, Pennis virtutum qui sumpsit ad astra volatum, Solem justiciœ cernens fervoris in igné, Et vidit Verbum Patri deitate cosevum. Hoc et descripsit ut vix mens cernere possit. Congruit atque Deo, qui, mortis milite victo, Carnem de terra nostram transvexit ad astra. Les peintures et les ornements de Tévangéliaire de Luxeuil, qui sont à rapprocher des peintures de Févangé- liaire n^ 8892 du fonds latin, mériteraient d*étre l'objet d'une étude approfondie. On en peut entrevoir Tintérét par les notices abrégées de M. Darcel (i) et de M. Pawlowski (2). III. (3) Histoire d'Alexandre par Arrien ; traduction latine de Pierre-Paul Vergerio. Fol. 1. cr Ad Sigismunduih de Luçenborch, Romanorum imperalorem et Ungariœ Bohemiaeque regem, Petrus Paulus Yergerius. Proh^mium incipit. Jussisti me, Sigismunde, clementissime imperator, ut Arriani historiam . . . . » — (1) Gazette des Beaux-Arts, t. XX, année 1866. (2) Gaulogue de la venie faite en 1870, p. 22-26. (3) N» 53 delà vente de 1878. — Nouv. acq. lat. 1302. A LA BIBLIOTHÈQUE «ATIONALE 157 Fol. 2. c Airiani de gestis Alexandri Hacedonis liber primus foleiciter incipit. Quaecunque quidem Ptolomeus Lagi et Aristobolus Aristoboli... » — Fol. 162 v<>. «... Iste mihi sermo conscriptus est tendens etiam ipse in Alexandrum Philippi Macedonem. Finis renim indicarum. Deo gratias. » Volume sur parchemin de 162 feuillets. 286 millimètres sur 204. Belle écriture ronde du xv* siècle. Le copiste a mis son nom au bas du dernier feuillet : a Jacobus Çassenhem scripsit. y> Grandes initiales peintes ; élégants ornements sur les marges de plusieurs feuillets. Au bas de la pre- mière page, écu paie d'or et d'azur de six pièces, supporté par deux anges, qui soufflent dans des trompettes ornées de banderoles roses; sur la première banderole se déta- che la lettre N, et sur Tautre la lettre V, ce qui doit être le cbifTre du pape Nicolas V. Au milieu de la bande peinte qui orne le fol. 42 v^ on remarque uii ange tenant sus- pendu à un cordon des armes qui doivent être celles de Nicolas V : de gueules à deux clés d'argent placées en sautoir et surmontées de la tiare. Reliure originale, en cuir brun, avec ornements à froid, dans le goût italien. IV. (1) L'Institution oratoire de Quintilien, avec beau- coup de corrections marginales et interlinéaires. Volume sur parchemin, de 234 feuillets. 302 millimètres sur 230. Écriture très élégante, sur deux colonnes, de la première moitié du xv* siècle. Les trois premiers feuillets ont été refaits après coup. Au bas de la première page sont peintes les armes suivantes : écartelé d'or et de gueules, le second quartier étant chargé d'une croix de sable. Ce manuscrit porte le cachet « di casa Minuloli Tegrimi. » U avait été cédé à M. Didot par M. Eug. Piot. (1) N« 6 de la vente de 1878.— Nouv. acq. lat. IdOl. tUB MANUSCRITS DlllOT ! \ V. (1) Tragédies de Sénèque, avec gloses marginales et interlinéaires. Ce recueil, qui est intitulé : c Tragédie morales Senece, » comprend: Hercules furens (fol, 1); Thiestes Atreus (fol. 8 v*); Thebas Edipus (fol. 15) , avec une lacune à la fin ; Ypolitus (fol. 18], avec une lacune au commencement; Edipus cruentus [fol. 24) ; Troas Hecuba (fol. 30) ; Medea (fol. 37) ; Agamenon (fol. 43) ; Octavia (fol. 48 v«) ; Hareuleg Otteus moriens (fol. 54). Sur le dernier feuillet, le copiste du maauscrit a ajouté les trois pièces suivantes : 1^ tt Garmina magistri Pétri deMogliis. Herculis iosani...» Pièce de dix vers indiquant le sujet des tragédies de Sénèque, 2^ Le chœur des Thébains dans Hercule furieux : « Jam rara micant... » Il est précédé de cette note: a Aliqui libri habent ista carmina ante principium Jam claro micant sidéra mundo^ sed major pars librorum non habet. » 3<^ Un chœur d'Edipe: «Turgida pampineis..,,)i précédé de cette note ; « Unam tragediam inveni babentem iofra scripta carmina in quinta tragedia, Gorus Efusam^ post versum Te senior turpi sequitur Silenus asella, Âlii libri communiter non habent. » Volume sur parchemin, de 65 feuillets, de 400 millim, sur 265.. Copie de Tannée 1381, comme le prouve la noie inscrite au bas du fol. 65 : aJanue 7 septembres 1381 ex- plevi hoc scriptum tragediarum.» (1) No ââ de la wnle de iS78. - Nouv. aoq. lai. il«l. A LA BIBUOTHÉOUS NATIONALE 189 YI. (1) Poésies de Prudence, avec des gloses qui sont les unes latines, les autres germaniques. A la suite de la pièce relative à sainte Agnès sont deux inscriptions en vers, savoir : 1^ (Fol. 8i) « Versus Gons- . tantinx, Gonstantîni fili», scripti in absida basilic» quam condidit in honore sanctae Âgnetis virginis Ghristi: Conslantinna Deum venerans XP1S60 que dicata Omnibus impensis devota mente paratis. . « . » Cette première pièce se compose de quinze vers (3), dont les initiales donnent en acrostiche les mots GON^ STANTINNA DEO, -- 2« (Fol. 52 v°) « Incipiunt versus Damasi pape de eadem : Fama refe^rjt sanctos dudum genuisse parentes Agnen cum lugubres cantus tuba concrepuisset , < , . » Il y a dix vers k cette pièce. Un espace blanc qui avait été réservé à la suite de THamartigenia a été rempli par la transcription d'un traité en prose, dont voici le titre et les premiers mots : (Foi. 134 v^): «De edi&catione fidei et eoncordiae. Fides et eoDQordia vel menti uniuscujusque fidelis adsit. Spiri- talem doctrinam digne percipere, et dignum Deo habitaeu* lom, hoc est urbem vel templum, in semetipsa mens cons- truere potest. Aurea arundo intellegi valet regale Ghristi sacerdotium....» L*écriture de ce morceau n'est guère plus récente que celle du reste du volume. . Au fol. 199 V, poème de 168 vers sur la pénitence et le dernier jugement : Inter florigeras fœcundi cespitis herbas, Flamine ventorum resonantibus undique ramis, (1) No 2ide la vente de 1878. *- Nouv. acq.lat.241. (2) L*historique de celte inscriptioa est dans le grand ouvrage de M. de Rossi sur les mosaïques de Rome, cbapiU'e relatif ^ Tabside de Sainte-Agnès bors les murs. 160 MANUSCRITS DIDOT Aiboris umbriferi mestus sub tegmine solus, Dum sedi subito planctu turbatus amaro, Carmina praetrisli cecini hsBc lugubria menti, Ulpote commemorans sceleriim commissa meoram. Et maculas vitae mortisque iiiamabile tempus, Judiciique diem horrendo examine magnum, Hunera leta suis donet in selhra pius Sic Deus Omnipolens faciat sic Christus ab alto Jungat nos pariter leta sub sole dics. Les 19 derniers feuillets du volume.(Fol. 203-221) sont remplis par les trois premiers livres du poème de Paulin de Périgueux sur la vie de saint Martin : « Incipit opus Paulini Petrecorcordiae fstcj de vita sancti Martini épis- copi versibus. » Sparserat in toto lumen venerabile mundo Christus evangelici reserans mysteria regni Criminis auctorem peccatum a fomite toUens Et slirpem exosam prima ab radice recidens. Volume sur parchemin, de 221 feuillets. 222 millimètres sur 185. Écriture allemande du x"" siècle ou du commen- cement du xl^ Voici quelques exemples des gloses interlinéaires des poésies de Prudence . Fol. 2 V*». Toga : dinckivuati. 3 V**. Stertere : ruizan. 4. Sat convolutis : kirigilotan. 4 V*. Miles logatus : sprahman, qui foro disputât. — Forensis gloria : a foro dinclich. 5. Ac fenoris : lehnes vel usurœ. — MuUa fucis illita : trukihettin peccatis, — Ebenoque : haganpuocha. 6. Calamum : angoL — Coma : givasoti. A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 161 6 ¥*. Liquat : kivlozat. 9. Caûîstris : canistellis zeinim. 9 Y^. Constanter : paldlicho. — Daz niuvissi suntar vuo lauvissi. VII. (1) Dictionnaire latin français de Firmin Le Ver, suivi d'éléments de grammaire en lalin et en français. Incipit Dictionarius a Calholicon et Hugacione atqae a Papia et Britone extractus, atque a pluribus aliis libris gramati- calibus compila tus, et hoc secundum ordinem alpliabeti. Ut ad sapienciam per gramaticam venire nos possimus, sciendum est quod quinque sunt claves sapiencie .... — Zuc- cara, succara, sucrey species aromatica. Sit tibi laus, Christe, quoniam liber expiicit iste. Hic liber est scriptus. Qui scripsit sit benedictus. Expiicit Catholicon. Expiicit liber iste, qui proprie noroinari débet Dictionarius, quia omnes dicliones seu significationes quas in Catholicon et Ugulioue atque in Papia et Britone, et eciam in pluribus aliis libris gramaticalibus repperire potui, ego Firminus Verris de villa Abbalisville in Pontivo Ambianensis diocesis oriundus, religiosus professus ac hujus dumus Beati Hono- rati prope dictam villam Abbatisville, Cartusiensis ordinis, prier indignus, per viginti annorum curricula, et amplius, cum roaxima pena et labore insimul congregavi, compilavi et conscripsi ; unde inGnitas Deo patri jam pefero gratias, qui per coeternum filium suum inSpiritus sancti gratia nos- trum librum sic compilatum cum maxirao labore et pena ad finem tamen usque complevit, qui diclus dictionarius anno Domini millesimo cccc*^ quadragesimo, mensis Aprilis die ultime, coropletus fuit et finitus. Pro quibus laboribus ego supradictus hujus operis coropilator vos obsecro omnes in visceribus caritatis, quicumque in libre isto studere volue- ^i) N« 99 de la vente de 1878. — Nouv. acq. fr. liao. 11 162 MAffUSGRITS DIDOT ritiS; ad Christi laudem et gloriam, michi ex diviiia gratia rependatis, qualinus pro salute anime mee, salatationem béate Marie semper Yirginis dicere vos Telitis, quatinus vestris orationibns et precibus adjutus, omniumque meo- rum percepta venia peccatorum, una Tobiscum ad eterna valeam pervenire gaudia, ubi, jam revelata facie, ilb Teraet coeterna perfruamur sapienciai cum Pâtre et Spiritu sancto per infinita secula. Amen. Amen. Suivent les premiers et les derniers mots des éléments de grammaire, en latin et en français: Partes orationis quoi sunt ? Octo. — Que ? Nomen, pronomen, verbum, adverbium. ... — • • • . infinitivo modo, tempore présenta et preterito imperfecto velle ; preterito perfecto et plusquam perfecto voluisse. Future caret. Unum partici- pium habet, quod est volens. Quantes parties d'orison sont ? YIII, qui sont le nom, le pro- nom, le verbe, le adverbe, le participe, le conjonction, le preposicion et le interjection. . . — ... tous les noms du monde sont de tierche personne, fors IHI, qui sont silx : Ego, tu, nos et vos. Expliciunt principia gramaticalia. Suivent de courtes obsei'vations sur les verbes déponents, sur le genre, les finales et les anomalies de certains noms, sur la conjugaison des verbes et sur quelques difficultés de construction. Volume sur parchemin. 471 feuillets. 318 millimètres sur S30. Écriture sur deux colonnes de Tannée 1440 on environ. A fait partie de la bibliothèque de M. le marquis Le Ver, quiTavait acheté en 1804. VIII. (1) Les Grandes chroniques de France, depuis le commencement jusqu'à Tavènement de Charles VI. Le texte 6e termine par les mots: «... etfeust tout le royaulme (1) No 63 de la vente de 1878. — Nouv. acq. fr. d37S. A LA BIBLIOTHÈOUE NATIONALE 168 gouverné par lui et eo son nom, lequel avis fu raporté aux dix ducs, lesquels le conscentirent et orent agréable et cetera. Amen. Gy feoissent les faiz du bon roy Charles le quint ainsi nommez. x> C'est également par les mots a et orent agréable, x> que finissent cinq autres exemplaires des Grandies chroniques conservés k la Bibliothèque nationale sous les n^ 73,9611 et 9613, 9618 et 9614, 9615et 10143. La miniature du frontispice et plusieurs initiales peintes ont été refaites par M. Victor Rougé. C'est à la plume de ce calligraphe qu'il faut attribuer les deux premières lignes des deux colonnes du fol. 1 recto, les lignes 1*91 de la première colonne du fol. 1 verso et les lignes 1*19 de la seconde colonne de la même page. Volume sur parchemin, de 404 feuillets. 485 millimètres sur 846. Écriture sur deux colonnes, de la fin du xiv^ ou du commencement du xv* siècle. Cet exemplaire a fait partie de la collection d'Armand Bertin, qui l'avait acheté en Angleterre. Reliure en cuir de Russie, avec fermoirs en argent, exécutée par Gruel. IX. (1) Relation en vers du combat des trente Bretons contre trente Anglais. Seigneurs or escoutez et trestous bons barons, Baneretz, chevaliers et trestous nobles homs, Evesques et abbés, gents de religions, Gentibs homes, bourgois de toutes nacions Qu'ilz ayent de paradis la pardurable vie, Au jour du jugement que dampnés ne soient mye, Sainct Michel Gabriel leur soyés en aye ; Or en dirons Amen chascun que Dieu l'ottrie. Explicit la bataille de Trante. (i) NO 35 de lavante de 1878. — Noov. aoq. fr. 41«. 164 MArVUSGRITS DIDOT Petit volume sur parchemin, de 8 feuillets. 280 milli- mètres sur 1 56. Écriture du xv* siècle. Miuiature en léie. Relié par Gapé en maroquin rouge. X. (1) Le roman des prophéties de Merlin, ou plutôt le roman de Joseph d'Ârimathie, la vie de Merlin et la Quête du saint GraaI. Ci comence le romanz des prophecies Merlin. Ce devent (?) savoir tuit pecheor que, devant ce que nostre sires venbt en terre, que il fesoit palier les prophètes en son non et anon- cier sa venue en terre. ... — .... que il feist à touz ceus merci qui volentiers orroient son livre et le feroient escrire por remembrance as prodes homes, et vos en dites tuit Amen. Ci fenist le romanz des prophecies Merlin et est au {place (Cun mot gratté) y et fust fait Tan de Nostre Seygnor MCCC» P«. Volume sur parchemin, de 138 feuillets. 240 milli- mètres sur 174. Écriture sur deux colonnes, deFannée 1301. Reliuce en parchemin vert, aux armes du chancelier d'Âguesseau. XI. ^2) Dernière partie de Lancelot du Lac, la Quête du saint Graal, et la mort d*Ârtus. Fol. 9. Ci endroit dit li contes que, quant Agravains se fu partjz de ses compaignons, si come vos avez oi qu'il erra II jorz. ... — .... qu il n*est nus, s'il les veist, qui ne s*en peust merveiller. Si fenist ici mestres Gautier Map son livre et conmence le seint Graal. Fol. 138. A la veille de la Pentecoste, quant li compaignon de la Table reonde furent venu à Kamaalot, et il orent oi le ' servisse. . . — .... Si furent mis ses escrit et gardées en (i) No 43 do la vente de 1878. — Nouv. acq. fr. 4166. (2) No 45 de la vente de 1878. — Nouv. acq. fr. 1119. A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 465 Talmere de Salebieres, doot mestre Gautier Map Testrest à fere son livre del seint Graal, por Tamor del roi Henri, son seignor, qui fist Testoire translater de latin em françois. Si se test atant li contes que plus n'en dit des aventures del 8eint Graal. Fol. 192. Âpres ce que mestres Gautier Map ot treitié des aventures del Graal asez sofisament, si com il li sembloit, si fu avis au roi Henri son seigneur que ce qu'il Tavoit fet ne devjit pas sofire se il ne racontoit — Si se test ore atant mestre Gautier Map de Testoire* quar bien a tôt mené à fin selonc les choses qui en avindrent, et define ci son livre, que après ce n*en poroit nus raconter chose qui ne mentist. Explicit la mort au roi Artus. En tête du volume (Fol. 1-8) on a relié un cahier d'un manuscrit du xv* siècle, contenant les dits d'Onese, de Macdarge, de Thesile, de saint Grégoire, de Galien et de plusieurs sages. Volume sur parchemin, de 24S feuillets. 340 milli- mètres sur 235. Écriture sur deux colonnes, du xiii^ siècle. — Les fol. 215-235 sont sur papier et ont été refaits au XV siècle pour combler une lacune du manuscrit. Suf les marges des fol. 7 et 191 v^ signature de LYONNET D'OUREILLE, en caractères du xv" siècle. Au second endroit elle est accompagnée de la devise : « Peu à peu j'atans Teure. v Ce manuscrit a été donné à la Bibliothèque par les hé- ritiers de M. Didol. YII LE PSAUTIER DE SAINT LOUIS ST . LES DfiUI MANUSCRITS DE GUILLAUME DE JUMIÈGES CONSERYÉS A L^UNIVERSITÉ D£ LETDB (1) Entre antres manuscrits précieax que Tobligeance du Docteur du Rieu me permit d'examiner, il y [a quelques semaines, k la bibliothèque de l'Université de Leyde, il en est trois qui, à des titres divers, méritent de fixer pendant quelques instants Tattention de TÂcadémie. Le premier est un Psautier, dont plusieurs bibliographes ont parlé, sans cependant éelaircir d'une façon décisive plusieurs des questions qui s'y rattachent. Le travail le plus récent et le plus détaillé dont, à ma connaissance, il ait été l'objet, est un mémoire dans lequel M. le baron Kervyn de Lettenhove s'est principalement attaché à montrer que ce psautier a servi k saint Louis et qu'il renferme un grand nombre d'annotations tracées de la main du saint roi (2). Je crois pouvoir établir que, si la première de ces propo- sitions est justifiée, la seconde ne supporte pas l'examen. (1) Notice lue à rAcadémie des inscriptions le 5 septembre 1879. (%) Le Psautier de saint Louis de la bibliothèque de CUniversitê de Ltyde. Bruxelles, s. d. Ia-8 de il p. Extrait des Bulletins de V Aca- démie royale de Belgique, 2* série, t. XX, n* 7. 168 MANUSCRITS DE LEYDE GommeoçoDS par déterminer Torigine du manuscrit* G*est là un point essentiel, qui a été jusqu'à présent négligé. Le Psautier n^ 318 de la série supplémentaire de Leyde est un volume de 185 feuillets de parchemin, haut de 244 millimètres et large de 175. L'écriture doit être rapportée à la fin du xii* siècle, et non pas à la fin du xv®, comme Ta supposé Jacques Geel (1). Il renferme un calendrier (fol. 1), une suite de tableaux de TAncien et du Nouveau Testament (fol. 7-29), disposés de telle façon qu'à deux pages peintes placées en regard Tune de l'autre succèdent deux pages blanches (2), les psaumes (fol. 30 v^) et les cantiques (fol. 167)» le symbole de saint Atfaanase (fol. 177 v^), les litanies des saints (fol. 179 v®) et les oraisons à réciter après les 25 psaumes affectés à chacun des jours de la se- maine (fol. 184). Ce dernier morceau est une addition du xiii" siècle. Le psautier a dû être exécuté en Angleterre. Cela résulte du grand nombre de saints anglais inscrits au calendrier et dont la plupart n'ont jamais été admis ni dans la liturgie romaine ni dans les liturgies gallicanes. Vn Kal. Hartii. Milburge virginis. XYI Kal. Apr. Depositio sancti {sic) Geretmdis. XIII Kal. Apr. Sancti Guthberti episcopi. III Idus Apr. Sancti Gudiaci confessons. XIII Kal. Mali. Sancti Alphegi episcopi et martyris. YIII Kal. Maii. Sancti Wilfridi archiepiscopi. Nonis Maii. Sancti Johannis archiepiscopi. Xnil Kal. Junii. Sancti Dunstani episcopi. XIII Kal. Junii. Sancti Adelberti régis et martyris. YII Kal. Junii. Sancti Augustin!, Anglorum episcopi. XY Kal. Julii. Sancti Botulfi abbatis. (1) Catalogus librorum manuscripiorum qui inde ab anno 174i bibliothecœ Lugduno Batavœ accesserunt, p. 78. (2) La liste des sujets représentés se trouve dans la notice de M. Kervyn de Leltentiove, note au bas des pages 5 et 6. PSAUTIER DE SAINT LOUIS 169 X Kal. Juiii. Sancti Âlbani inartyris. IX Kal. Julii. Sanctê Edeldride virginis. VI Nooas Julii. Sancti Swithuni episcopi. Vni Idus Julii. Sancti Grimbaldi confessons. XVI Kal. Augusti. Sancti Kenelmi, régis et roartyris. Nonis Augusti Sancti Oswaldi, régis et martyris. n Kal. Sept. Sancti Aidani, episcopi et confessons. Nonis Sept. Translatio sancti Cuthberti episcopi. V Idus Oct. Translatio sancti Auguslini episcopi. un Idus Oct. Saucli Wilfridi, episcopi et confessons. XVI Kal. Nov. Translatio sancte Etheldride virginis . XII Kal. Dec. Sancti iEdmnndi, régis et martyris. m Nonas Dec. Sancti Birini episcopi. IIU Kal. Jan. Sancti ThomeyarchiepiscopiCantuariensis. La liste des martyrs, des confesseurs et des vierges in- voqués dans les litanies ne dénote pas moins évidemment une origine anglaise : Oswalde, Albane, iSdraunde, iEdwarde, Thoma, JEltege... (Fol. 180.) Augustine, Guthlace, Wilfride, Swithune, Dunstane, Johannes, Botulphe, Aidane... (Fol. 180 v«.] iEtheldrida, iEthelburga, Sexburga, Werebui^a... (Fol. 181.) Unenoteinscritedansle calendrier, en regard du 7 juillet, peut faire supposer que le psautier a été fait, soit pour Geof- froi Planiagenél, archevêque d'York (de 1191 à 1212), soit pour un ami de ce prélat. Elle est ainsi conçue : « Obitus Henrici, régis Angl[orum], patris domini G. Eboracensis archiepiscopi. » Ainsi le psautier est d*origine anglaise. Je suppose que, peu de temps après la mort de Geoffroi Plantagenêt, il tomba entre les mains de Louis, fils de Philippe-Auguste, quand ce prince se rendit en Angleterre à lappel des ba- rons révoltés contre Jean sans Terre. Le prince Louis offrit ce psautier à sa femme Blanche de Castille. Ainsi s'explique la mention de la mort d*Alfonse, roi de Castille, père de 170 ■AiraSCRITS DE UETDB Blanche, qni a été ajoutée dans le calendrier en regard du 6 octobre: « Obiit Aldefonsus, rex Gastelle et Toleti (1).» Il n'y a dans le volume aucune autre note du même genre. Il eût été difficile de trouver un plus beau livre écrit en gros caractères ; Véclat des peintures et la netteté de Técrî* ture, semblaient le recommander pour en faire le premier livre de lecture d'un jeune prince. Aussi Blanche de Castille Temploya-t-elle pour apprendre à lire à Louis « son fils atné. Le souvenir de cette intéressante particularité est rap- pelé par une double inscription, qui a été tracée vers le commencement du xiv* siècle et qui se lit d'abord sur le fol. 30 v^ puis sur le fol. 185 : GlST PSAULTIERS PUT HONSBICnBUR (2) SAINT LoOTS, OUI FC ROTS UB FRA.iCB, OUQUEL IL APRIST EN s'bNPANGB (3). Autant il est légitime d'accepter la tradition attestée par cette note, autant il serait dangereux de voir des notes au- tographes de saint Louis dans les extraits du psautier qui ont été ajoutés sur les marges d'un assez grand nombre de feuillets. Il est facile de trouver dans ces extraits des allu- sions aux sentiments que saint Louis a dA éprouver, soit en partant pour la croisade, soit pendant sa captivité, soit après sa délivrance. Mais, pour que les rapprochements eussent quelque valeur, il faudrait que les annotations fussent bien du temps de saint Louis. Or elles sont au moins postérieures de deux cents ans. Nous ne demanderons donc pas au Psautier de Leyde un exemple (encore à trouver) de l'écriture de saint Louis : mais nous continuerons k le vénérer comme le livre dans lequel le saint roi puisa les premiers éléments de son ins- (1) La mort d'Alphonse est rapportée au 5 octobre 1214, par la chronique de Bernard TUer, dans les ChronUiMS de Saint-Martial, éd. Dttplte-Agier,p.92. (2) Il y a au fol. 185 : fU monseignor, (3) Snnfance, au fol. 185. PSAirriBR DB SAIIVT LOUIS 171 troction. C'est à ce titre qa'il fut longtemps conservé dans la maison royale. A la mort de Charles V, il se trouva au Louvre, non pas dans la tour de la Librairie, mais dans la grande chambre du roi. L'inventaire général, dont notre savant confrère M. Labarte vient de donner une édition, le désigne en ces termes : Item ung gros psaultier nommé le Psaultier saint Loys, très richement enlumyné d'or, et ystorié d'anciens ymages ; et se commance le second fueillet (1) cum exarcerit ; et est le dit psaultier fermant à deux fermouers d'or, neellez à fleurs de Ûz pendans à deux laz de soye et à deux gros boutons de perles et une pippe d*or (2). Il faisait encore partie du mobilier de la couronne, au mois de septembre 1418, lors de Finventaire de Dreux le Maréchal et Pierre de Canteleu (3) ; mais il fut noté comme absent, quand Michel de Lailler et Âudry de Gourtevache firent un récolement de ce même mobilier, à la fin de Tannée 1490(4). Dans la période comprise entre l'inventaire de 1418 et le récolement de 1420, le Psautier de saint Louis était passé chez Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Un état des joyaux et autres ornements conservés à Dijon, en (1) Le rédacteur de rinTenlaire n'a point compté le feuillet tar lequel il n*yaqaele mot Beatus (fol. 90 v«); il a considéré comme seeond feoillet celui qui est aujourd'hui coté 32 et au haut duquel les mots Cum exarseril se détachent de façon à frapper l'œil, en éclip- sant un bout de ligne qui précède : tur Dominus et pereatis de via juita. (SQ Inventaire du mobilier deCharles K,p. 340, article 3303. (Collec- tion des documents inédits.) (3) Llnventaire de 1418 indique le psautier de saint Louis à peu près dans les mêmes termes que l'inventaire de 1380 ; voyez Tédition qa*en a donnée M. Douet d'Arcq, Ctiûiz de pièces inédites relatives au règne de Charles F/, t. H, p. 3i4, article 909. (4) Le récolement de 1490 est marqué sur les marges de llnventaire de 1418 ; il a été compris dans la publication de M . Douet d'Arcq. 172 MANUSCRITS DB LETDE date du 12 juillet 1420, le décrit avec beaucoup de pré* cisioD : Ung ancien psaulticr de grosse lettre, et y est escript que c*est le psaultier monseigneur saint Loys, ouquel il aprint en son enfance, garni de deux fermaulx d^argent doré, arrooyez aux armes de France et une pipe d'argent doré (1). De Dijon* le psautier fut *porté à Bruges, ouTexisteDce nous en est révélée, vers Tannée 1467, par un article d'in- ventaire ainsi conçu : Ung autre livre en parchemin, qui est saultier, couvert de baudequin à fleurs de lis, et est intitulé : Cest saultier fat à monseigneur saint Loys, à cloant d'ai^ent doré, coman- çant au second feuillet, après le kalendriel et plusieurs ystoires, qui non habent (2), et au dernier mundemur in mente (3). J'ignore quand le Psautier de saint Louis sortit de la librairie des ducs de Bourgogne. Il fut donné, en 1741 , à la bibliothèque de TUoiversité de Leyde par LVan den Bergh. Le second manuscrit dont je veux entretenir FÂcadémie est le n^ 20 de Tancien fonds de la bibliothèque de Leyde, volume écrit sur deux colonnes, dans la première moitié du XII* siècle, et composé de 106 feuillets, qui sont hauts de 322 millimètres et larges de 224 . La description que J. Zacher a publiée de ce manuscrit (1) Les Ducs de Bourgogne, par L. de Laborde, II, MG, n» 4S55. J'ai coUationnô ce texle sur Tioventaire original, qui est à la Biblio- thèque naiionaie, V<: de Golbert, vol. ii7. (2) Hahente&i une faute de copie dans Tinventalre; il faut lire a^fil. — Dansle PsauUer de Leyde les fol. 31 et 185, qui sont le second et le dernier du texte, commencent bien par les mois qui non abiil et mundemur in tnente. (3) Barrais, Bibliothèque protypographique, p. 171, n<» 1130. GUILLAUMK DE JUMIÉGES {73 eo 1843, dans le Serapeum (i), in*en avail fait enlrevoir Timportance. Je lui consacrai donc la meilleure partie des deux journées que je passai à Leyde, et je D*eus pas à le regretter, puisque cet examen m'a conduit à y reconnaître UD débris de la bibliothèque de Tabbaye du Bec et un ma- nuscrit original de Robert de Torigni, le célèbre historien normand du xii* siècle. Les manuscrits du Bec sont faciles a distifaguer, lors même que, pour en dissimuler Torigine, les possesseurs modernes ont fait disparaître le nom de Tabbaye, qui devait se trouver en tête. Il y a, en effet, au verso d'un des pre- miers feuillets de garde, des tables écrites avec beaucoup de netteté et de régularité par un bibliothécaire du xu* siècle, et la teneur même de ces tables est scrupuleusement re- produite dans le catalogue que Robert de Torigni nous a conservé et que M. Ravaisson (2) a eu l'heureuse idée de publier en 1841.  proprement parler, ce catalogue n*est guère que la copie et la réunion méthodique des tables ou titres placés en tête de chaque manuscrit, et Robert de Torigni a très justement intitulé son catalogue : Tituli LiBRORUM Beccersis almarii, Relevé des tiiresdes livres.de la bibliothèque du Bec. A Tappui de cette observation, je citerai le manuscrit latin 12211 de la Bibliothèque natio- nale, que les bénédictins de Saint-Germain des Prés avaient tiré de Tabbaye du Bec. Voici ce qu'on lit, d'une part, sur la garde du ms. 12211, et, d'autre part, sur le catalogue à nous transmis par Robert de Torigni. Garde da ms. 12211. Gâtai, de Robert de Torigni (3). In hoc volumine continentur In alio : libri beati Augustini : De pastoribus liber unus. Sermo de pastoribus. De ovibus liber unus. Sermo de ovibus. (1) IV, 30. (D Rapports sur Us bibliolhêçues de VOuest, p. 379. (3) Ravaiasoo, p. 376. 174 MANUSGIIITS DB LBYDB De baplismo adversus Oona- tistas libriseptem. De baptismo parvulorum libri duo. De eadem re epistola ipsius ad Marcellinum. De unico baptismo liber unus. De spiritu et littera liber unus. De baptismo adversui Donar tistas libri septem. De baptismo parvulorum libri duo. Epistola Augustin! ad Marcel- linum. De unico baptismo liber unus. De spiritu et littera liber unus. On peut encore faire un rapprochement plus signifiatif entre Finscription tracée sur le fol. 1 v* du ms. 20 de Leyde et un autre passage du catalogue de Robert de Torigni. Garde du ms. 90 de Leyde. InhocYol[umine conti]nentur : Historise [Normjanorum libri octOy yide[licet] ab adventu Hastingi in regnum Fran- corum usque ad mortem primi Henrici régis Anglo- rum et ducis Normanuo- rum. Item vita Caroli Magni im«- peratoris Romanonim et régis Francorum. Item vita Alexandri Hagni régis Macedonum. Item epistola ejusdem de situ Indiœ ad Âristotelem ma- gistrum suum. Item abbreviatio gestorum regum Franci» ab egres- sione eorum a Sicambria Catal. de Robert de Torigni (t). In uno volumine : Historié Normannorum libri septem (2), videlicet ab ad- ventu Hastingi in regnum Francorum usque ad mor- tem primi Henrici régis Anglomm et ducis Norma- norum. Item vita Caroli Magni im- peratoris Romanorum et régis Francorum. Item vita Alexandri Magni régis Macedonum. Item epistola ejusdem de situ Indie ad Aristotilem ma- gistrum suum. item abreviatio regum Fran- cie gestorum ab egresaione eorum a Sicambria usque (1) Ravaisson, p. 385. (2) Plus loin j'expliquerai comment Robert de Torigni ne divise qu*en sept livres THistoire des Normands, qui en réalité en comprend huit. GUILUOMB DB JUMIÈGES 175 nsqne ad principium regni Lttdovici junioris régis Francorum et ducis Aqui- tanorum. Item hystoriarum de regibus majoris Britanniae usque ad adventum Anglorum in eandem insulam libri xii, in quorum septimo con- tinentur prophétise Mellini, non Silvestris, sed alterius, id est Hellini Ambrosii. Item exceptiones ex libre Gildae sapientis historiogra- phi Britonttm, quem eom* posnit de vastatione busb gentia et de mirabilibus Britanniae. ad principium regni Ludo- vici junioris régis Fran- corum (1). Item historiarum de regibus majoris Britannie usque ad adventum Anglorum in insulam libri xii^ in quorum septimo continen- tur prophétie Herlini, non Silvestris, sed . alterius, id est Merlini Ambrosii. Item exceptiones ex libre Gilde sapientis historiogra- phi Britonum, quem cem- posuit de vastatione gentis sue et de mirabilibus Bri- tannie. L'origine du ms. SO de Leyde est donc bien établie : au xii* siècle, c'est-à-dire à Tépoque même oh il a été exécuté, il faisait partie de la bibliothèque du Bec (S). Il faut maintenant nous rendre compte de la manière dont il est constitué. Laissant de cAté le premier feuillet, qui est indépendant, nous pouvons constater que les 40K autres feuillets, cotés 9*106, se répartissent comme il suit entre treize cahiers : I. Fol. 3-10. Le feuillet 8 a été intercalé après coup ; il a pour contre-partie un onglet qui est visible entre les fol. 3 et 4. n^ FoLlMS. (1) Robert de Tortgni a supprimé les mots et ducis ÀquUatiorum, parce quil écrivait à une époque où le litre de due d Aquitaine appar* tenait à Henri n et non plus à Louis Vn. (2) Cette provenance avait été déjà reconnue par Iniius Kacber, dans son édiUon de [MU Valerii epitome (Halle, 1867. In-e), p. VI. 176 MANUSCRITS DE LETDE m. Fol. 19-25. Le dernier feuillet de ce cahier a disparu, rv. Fol. 26-32. n manque le premier feuillet de ce cahier. V. Fol. 33-iO.' VI. Fol. 41-48. VIL Fol. 49^9. VIIL Fol. 60-67. IX. Fol. 68-75. X. Fol. 76-83. XL Fol. 84-91. XII. Fol. 92-99. XIIL Fol. 100-106. Au bas de la dernière page des cahiers 1I,IV,V, VI et VU (fol. 18 v«, 32 v% 40 v% 48 v« et 89 V») se lisent les signa- tures D, F, G, H et I; et au bas de la dernière page des cahiers VllI, IX, X, XI et XII (fol. 67 v\ 75 v% 83V, 91 V et 99 v»), les signatures I, II, III, HII et IIIII. Il en faut conclure que le volume comprend deux parties bien distinctes, Tune dont les cahiers avaient reçu pour signa- tures les neuf premières lettres de Talphabet et dont il ne subsiste plus que les sept derniers cahiers ; Tautre, dont les six cahiers avaient été signés en chiffres romains. Ces deux parties, dont la transcription apparîienl à plusieurs mains, toutes du xii^ siècle, étaient déjà réunies en un seul volume, dès le milieu de ce même siècle, comme le prouve le titre inscrit sur le feuillet de garde et reproduit dans le catalogue de Robert de Torigni. Dans la première pariie (fol. 2-89) sont compris les six morceaux suivants : I (Fol. 2-32). L*Histoire des Normands, par Guillaume de Jumièges. Je reviendrai sur ce texte, qui mérite d*ètre Tobjet d'un examen spécial. II (Fol. 33-38 v°). Vie de Charlemagne parEginhard. «Incipit prologus Alcuini (1) in vita Caroli Magni régis Francorum, (1) Is moi Alcuini a été i^outé en interligne. I I I I i I I I GDILLÂLMB DE JUM1ÈGES 177 imperatoris Romanorum. Yitam et conversationes et ex parte non modica res gestas domni et nutritoris mei Karoli.... — .... posl obitum ejus summa devotione adim- plere curavit. Explicit vita Karoli magni imperatoris Roma- noruin, régis Francorum.» Quelques-unes des variantes de ce texte ont été relevées par J. Zacher, dans le Serapeum, iv, 44, année 1843. m (Fol. 38 v«-47). « Incipit vita Alexandri régis magni Macedonis. Egipti sapientes sati génère divine primi feruntur permensique sunt terram ingenii pervicatia.... — .... vino et veneno superatus atque extinctus occubuit. Explicit vita Alexandri magni Macedonis. >; Ce texte a été employé par J. Zacher pour son édition de /. Valerii epùome (Halle, 18*67. In-8 ). lY (Fol. 47-51 V®). ti Incipit epistola ejusdem [Alexandri] ad Aristotelem, magistrum suum, de situ Indie. Semper memor lui etiaro inter dubia.... — .... et animi industria optimi Aristolelis judicium. Explicit epistola Alexandri régis magni Macedonis ad Aristotelem, magistrum suum, de situ Indiae. > Y (Fol. 52-59). Abrégé des gestes des rois de France, depuis l'origine jusqu'à l'année 1137. a Incipit adbreviatio ges- torum regum Francie. Antenor et alii profugi ab excidio Troie Asia pervagata.... — ....et sepultus est in ecclesia Sancti Dionisii, et successit ei Ludovicus filius ejus rex Francorum et dux Aquilanorum anno ab incarnatione DominîM'C** XXX^YIP. » Il sera question plus loin (p. 189) de cet ouvrage. YI (Fol. 59 v"). a Genealogia comitum Flandrise. Hidricus genuit Ingelrannum, Ingelrannus Odracum... — ... quo inlerfecto MCXXVII anno Domini, sine tilirs, Guillelmus successit per biennium, cujus pater fuit Robertus, avus ejus, Guillelmus, cornes Nonnannorum et rex Anglorum, qui duxit Matildem, germanam Roberti Frisiunis avique Ralduinî. Et hoc quoque inl[er]empto, sine liberis, Théo- dericus, filius ducis AlsatiaB, ex iii<^ amita Balduiui, comi- tatum suscepit. Hic duxit Sibillam, filiam Fulconis, comitis Andegavorum, ex qua genuit Philippum, Matheum, Petrum 178 . MANUSCRITS DB LETDE et ires fliias, quaruro primogenita mpait Amioo comiti Intermoalaao. » Dans la seconde partie du volume (fol. 60-106), ea tête de laquelle (fol. 60) est un joli dessin à la plume, représentant un cavalier^ il n'y a que Crois morceaux, savoir : VU (Fol. 60-101 V*). Ouvrage de Geoffroi de Monmouth. € Incipit prologus Gaufridi Monimutensis ad Rodbertum, comitem Claudiocestrie, in hystoriam de regibus majoris Brittannie, que nune Anglia dicitur, quam hystoriam idem Gaufiridus nuper transtulit de brittannico in latinum. Cum muUa mecum.... — .... hoc modo in latinum sermonem transferre curavi. ExpUcit liber decimus historié de regibus Britonum, quam nuper de britannico in latinum transtulit Gaufridus Honemutensis. » Cette copie de Touvrage de Geoffroi de Monmouth est, selon toute apparence, celle que cite Henriy archidiacre de Huntingdon, comme lui ayant été communiquée en 1139 dans Tabbaye du Bec par Robert de Torigni (1). Vin (Fol. 101 v«-106). Histoire des Bretons par Nennius. (( Incipiunt exceptiones de libre Gildae sapientis, quem composuit de primis habitatoribus Britannie» quaa nunc Anglia dicitur, et de excidio ejus. A principio mundi usque ad diluvium anni 11°^ CC XLII.... — .... habitasset in extremis finibus cosmi. Expliciunt mirabilia Brittannie. Finit liber sancti Gilde sapientis de primis habitatoribus Brittannie et de excidio ejus. » Voyez Pétrie, Monumenta historica Britannica^ p. 53-81. VIII (Fol. 106 et v°). Fragment du livre VIII de l'histoire d'Orderic Vital, a Miraculum quod contigit in quadam ecclesia Beali Pétri apostoli, que sita e^t in urbeConslaniia. Âhno ab incarnatione Dominl MCVIII, indictione prima, Willelmus archiepiscopus concilium presulum et abbatum Bothomagi congregavit.... — .... per totam diocesem ejus (1) Voyez mon édition de la Chronique de Robert de Torigoiii. . pp. 97 et 98. GUILLAUMB DB JUMIÉGBS 179 [debaechata est]. » Voyez» dans l'édition de la société de Fhistoire de France, t. III, p. 391-393. Poar achever de bien faire connaître le ms. 20 ,de Leyde^ je dois, comme je Tai annoncé) donner quelques détaiU sur Texemplaire de Guillaume de Jumjèges qui en forme Ut première et la plus importante partie. Par suite de la perte des cahiers signés A. et B, le texte en est incomplet et ne commence (fol. 2) qu'aux mots « dum pcr legatos a duce sepius objurgaretur et ab ausu obstinati animi resi- piscere noilet, » lesquels, dans Tédition de Duchesne, se trouvent au haut de la page 2S0 (livre Y, chap. m). Voici les rubriques finales et initiales de ce qui subsiste: Fol. 5. Explicit liber im. — Incipiunt capitula libri quinti... — Incipit liber quintus de in* Ricardo et Rotberto fratre ejus, filiis videlicetsecundiRicardi. Fol. 9 v^. Explicit liber quintus. — Incipiunt capitula libri sexti. Fd. 10 v«. Incipit liber sexlus de Willelmo duce qui AngUam armis subegit. Fol. 21 Y*. Explicit liber sextus de Willelmo rege AogUrum et ducis {sic) Normannorum. Fol. 21 v^. Incipiunt capitula libri septimi. Fol. 22 V®. Incipit liber VIII hystori» Normannorum, gestorum autem ducum Normanni» VII, continens res gestas Henric régis Anglorum et ducis Normannorum. L'ouvrage se termine, au fol. 31, par la phrase : « Eo- dem anno mortuus est Lotharius, imperator Romanorum et Alemannorum, cui successit Gorradus, nepos Henrici quart! qui ante Lotharium imperaverat.» (Dans Duchesne, p. 31 4.) Suivent, sur les fol. 31 et 32, les anecdotes que Du- chesne (p. 315) a publiées sous le titre de Additamenta ad Historiam Normannorum : « Quante humilitatis RoIIo fuiti postquam fidem Ghristi suscepit... — .... Vimonasterium, 180 MAM'SCRITS DB LBYDE scilicet quoddam manerium quod ipse iilis pro anima saa dabat. » Le manuscrit contient donc les chapitres III-XVII da livre V, cl les livres VI, VII et VIII de l'ouvrage de Guil- laume de Jnmièges, tel qu'il a été publié par Duchesne. Ces livres V, VI, VII et VIII sont ici désignés par les nombres IV, V, VI et VII, sans tenir compte de ce qui forme le premier livre de Touvrage. La même division, ou plutôt la même numérotation, nous est offerte par le ma- nuscrit latin 5997 A de la Bibliothèque nationale, que je soupçonne avoir été copié d'après l'exemplaire de Leyde, et qui pourrait bien avoir été exécuté vers le milieu du XII* siècle pour Tabbaye du Mont-Saint-Michel. On voit, parle ms. S997 A, mieux encore que par le manuscrit de Leydc, comment les livres II-VIII de THistoire des Nor- mands étaient intitulés livre I-VII de THistoire des ducs de Normandie: Acquitaoorum anoo ab incamatione Dominl HGXXXYII. 0 Publié par WaiU dans les Scriptores de Pertz, IX, 395406. Voyez plus haut, p. 190. X (Fol. 138 v*»). c C'est la pés et Tordenance fête entre excel- lenz princes Loys, roy de France, et Henri, roy d'Engle- terre. » — Texte français de la charte de Henri IH, datée de Londres en septembre 1259. XI (Fol. 139 V"). Lettre de Grégoire X pour citer devant lui Gai de Hontfort. 1«' mars 1273. (N"" 20682 de Potthast.) XII (Fol. 140). c Excusaciones Guidonis de Monte Fort!, directe ad Gregorium papamX. Querela patris... — * ... me offero ad justum judicium subeundum. » XHI (Fol. 141). « Responsiones et excusaciones Guidonis de Honte Forti et condempnacio ipsius. Ad perpetuam rei memoriam. Nephandum scelus sceleste uephas... » !«' avril 1273. {N« 20712 de Potthast.) XIV (Fol. 143 v^). Catalogue abrégé des rois de France, dont le premier fond paroit avoir été écrit en 1221. En voici le premier et les cinq derniers articles : < Clodoveus primus rex Francorum XXX annis regnavit. Ludovicus Grossus, XXXIH annis . Ludovicus filius ejus, XL VI annis. Philippus filius. XLII anz ot le jor de la Touz sainz que il fut roys, en l'an de l'incarnacion HCCXXI. — LVI ai)is ot que il fu nez le jor de la Saint Simphoriain, en l'an de l'incarnacion HCCXXI. Ludovicus filius Philipi régis II annis. Ludovicus filius ejusdem Ludovici XLVII annis. » XV (Fol. 144). Notes sur les grands officiers de l'empire, sur les peuples et les pays de la Germanie, sur l'élection et le couronnement de l'empereur. Premiers mots de ces notes : « Très Ottonesper successionem... Germannica continet Ale- mannicos Conveniunt autem dicti electores » La dernière note rapporte une légende relative aux amours de Charlemagne avec une fée d'Aix-la-Chapelle, légende que 13 194 MAHUSCBITS Dl LETDB M. Gastoa fuiâ {HiêUrirê poétique de Ckarkmagn$, p. 884) a neontée d'après ee mâma miaiiscrit XVI (Fol. 144). Ghint de guerre contre les Saxons, t Truci. dire 8iione«...*« » -— Publié d'après ce manuscrit par Tho- mas Wright, Tke polùical sangs ofEngland, p. 56. XVn (Fol. 144 r). Histoire des Mongols par Jean du Plan de Garpin. c Incipit hystoria Mongalorum, quos nos Tartaros appellamns. ■ Ce texte a été employé par M. d'Avesac pour rédilion qu'il a donnée en 1839 de la Relation dos Mongols 0% Tartareêé XYm (Fol. leO). Relation du toyage de Guillaume de Bnbruk. c Exodlentissimo domino et christianisslmo Ludo- nco Dei gralia régi Francorum iUustri frater W. de Ru- bruc » Texte employé par M. d'Aveiae, pour son édition dos BêlatiÊnê des voyages do GuilUmmo do Rubruk (Paris» 1839) in«4«). XIX (FoL 190 r). Fragment d*Ethicus. c Ut ait Ethicus ph'ic', gens stultissima est inter alias gentesad Aquilonem... t* ... predicto vero bitumine Alexander Caspias portas mu* nirit. » XX (Fol. 191). Privilège accordé par Martin lY au général et aux provinciaux des Corddiers, le 10 janvier 1S82. (N« 21887 de Potthast.) XXI (Fol. 191 vo). Première page d'un recueil de pronostica* tions ou de prophéties, dont la suite était sur des femllets qui ont disparu. Voici le commencement de ce morceau, qui est une addition faite après coup, en caractères du xrr* siècle : c In terra laboriset promissionis fiiit jam diu quidam pro- pheta nomine Ezechiel seculo sapiens cum lege divina, Domi- num Deum dilexit et ejns doctrinam ab Infkntia, mane con- surgens, investigans artes et sensus actorum, planetarum signa studuit et cursus discens lamstuduitplurium scripturas quod sciens dicebat temporum eventus. Ûbrum composuit qui vocatur Lssan^^, cui qui crederetfelix permaneret. liber eompositns indicat et docet : quando Januarius incipit per diem dominiaamy parum erit vini s VIII NOTES SUR DIFFÉRENTS MANUSCRITS DE BELGIQUE ET DE HOLLANDE Daos un voyage que je fis, au mois de juillet 1879, eu Belgique et en Hollande, pour acheter quelques volumes destinés à la Bibliothèque nationale et pour rechercher les volumes originaux des traductions de Nicole Oresme, j'eus Toccasion d'examiner à Bruxelles, à La Haye et à Leyde un eertain nombre de manuscrits, que les conservateurs MM. Ruelens, Campbell et du Rieu mirent à ma disposi- tion avec le plus gracieux empressement. Ces manuscrits ont presque tous une réelle importance, et comme la plu- part d'entre eux n'ont pas été signalés, ou du moins décrits avec une suffisante exactitude,j*ai cru devoir consigner ici, quelque sommaires qu^elles soient, les notes que j'ai rap- portées de mon voyage. Je les offre au lecteur, sans autre préambule, en suivant à peu près Tordre chronologique des transcriptions, c*est-à-dire en commençant par les plus anciens. I. Opuscules de saint Jérôme, de saint Augustin, o*IsiDORB, etc. (Ms. 16S de] la Bibliothèque royale de ' La Haye.) Petit voluo^ sur parchemin, du viii^ siècle ou peut* être du commencement du ix<^ siècle. Il a jadis fait partie 196 MANUSCRITS DE BELGiaUE de la bibliothèque de Tabbaye de Saint-Berlin, comme rindique une note du xv^ siècle, tracée en tète du manu- scrit : « De libraria Sancti Berti... Jberonimus. Questiones super Genesim. Secundo folio Cum dum. » Fol. 1. a Hieronimi in libro Genesy questione. è Foi. 25 T*. a In libro questionum sancti Agustini episcopi. 9 Fol. 28 V*. « Incipit tractatus Isidori in exposicione Genesis. i Fol. 45 V*. « Incipit exposicio quatuor evangeliorum sancti Hieronimi presbiteri de brevi proverbio édita secundum anagogen. ^ Fol. 126 V®. c Civitas Hierusalem habens portas majores vu absquc porticaid est porta Benjamin... — ... (Fol. 134 ^) inter duos pedes passus cxxv, passus (1) stadium est. vin stadia mille passus efficiunt. > [C'est l'opuscule de Theo- dosius.) Fol. 134 V*. « Prefatio Bedani. Dilectissimo fratri Noteimo Beda salutem. Que de libro Regum dilucidanda tibi, frater dilectissime, misisti... » Fol. 139. c Incipit liber questionum in Regum domni Bedani presbiteri. » II. ViEd'ÂLEXANDRE. (Manuscrit du Muséum Meermanno- Westreenianum, à La Haye.) Parmi les débris de la bibliothèque du collège de Cler- mont qui sont arrivés dans ce dépôt, j'ai remarqué plusieurs cahiers d'un volume écrit au x^ siècle et qui renferme une vie latine d'Alexandre, probablement Tabrégé de Julius Valerius. Cette vie, dont le commencement parait manquer, se termine ainsi : « .... Insignivit ergo muros earum pri* roorum quinque grecorum elementorum characteribus, ut legeretur in eis Alexander rexgenus Jovisfecit: ABrA[El. £t quem orbis universus ferro superare non potuit, vino et veneno superatus, extinctus occubuit. Finis. » (1) Des points ont été marqués au-dessus du mot passus^ sans doute pour Texponctuer*. ET DE HaLLANDE 197 Sur le dernier feuillet est une note contemporaine de Texécution du manuscrit. Elle énumère plusieurs livres qu'avait à garder Gui, archidiacre de Langres: Sunt in custodia Vuidonis, archidiaconi LingonensiSi isti libri quorum hec sunt nomina : Orosius ab urbe cundita. Capitula Karoli Magni sive Luduici Augusti vel Clotarii cesaris. Exposicio super Isayam. Gesta Francorum. Virgilius. Exmaradus. Lex Reboariorum sive Alemannorum. Prissianus minor. Euticius. Une note absolument semblable se trouve à la fin d'un manuscrit de lois barbares qui, après avoir appartenu aux jésuites du collège de Clermont (1), à Meerman (2) et à Keller (3), a été acquis en 1862 pour la bibliothèque cen- trale de Varsovie (4). III. Psautier de l'abbaye de Peterborough. (Ms. 9961 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) Volume de 141 feuillets de parchemin, hauts de 300 mil- limètres et larges de 194. Écriture du milieu du xiii^ siècle, à deux colonnes, en lettres d'or, d^azur et de vermillon, sans emploi d'encre noire. Fol. 1. Calendrier, orné de plusieurs petites miniatures (1) p. 227 du Catalogue, art. 017. Le texte de la note est destiné à la page 228. (2) P. 103 du Gatologue, art. 000. (3) Haenel, Lex Romana Wisigoth,^ p. lxix, (i) Hubé, Laloi salique; Varsovie, 1867, in-octavo. 198 MAIHUSGRITS DE BELGIQUE dont le fond est fleurdelisé* On y remarque les fêtes sui- vantes : Nonis Mali. Johannis, episcopi de Beverleio. nil Kal. Oct. Dedicatio ecclesie Burgi. m Nonas Oct. Octave dedicatioois. XVn Kal. Mov. Michaelisin monte Tumba. XII Kal. Nov. Festivitas reliquiarum. XY Kal. Dec. Hngonis episcopi Lincolniensis. Hylde virginis et Aniani. un Kal. Jan. Thome archiepiscopi et martyris. Fol. 7. Préface du psautier. « David filius Jesse cnm esset... » Fol. 13 v^. Prière attribuée à saint Benoit, qu'on avait à réciter avant déchanter le psautier: «Suscipere dignare, Domine Deus omnipotens, hos psalmos consecratos, quos ego indignus peccator decantare cupio... » En tête de cette prière, deux médaillons, représentant Notre-Seigneur et saint Benoit à genoux. Fol. 14. Psautier. Fol. 89. Litanies,danslesquelles sont invoqués beaucoup de saints anglais. L'article Sancte Bénédicte est suivi du chiffre II, ce qui indique que le livre était à Tusage d'une maison de Tordre de Saint-Benoit. Fol. 94. Cantiques. Fol. 99 v^ Symbole de saint Athanase. . Au fol. 100 V" commence une série de prières, dont beaucoup sont en vers et dont j'ai relevé les titres et les premiers mots. Dans la grande lettre initiale du fol. 100 V", on voit un bénédictin adressant sa prière à Dieu le père. Fol. 100 v^. « Oratio ad patrem omnium creatorem. Summe pater rex eterne... r> Fol. 101. a Oratio ad filium. Christe summi patris splendoret gloria... y> Fol. 101 V®. K Ad spiritum sanctum oratio. ParacUte totam solacium. ...» ET Dl HOLLANDE 109 Fol. KM ?•• t Ad sanctam Trinitatem. Adoitmus te siimma deltas... » Fol. 102. a Oratio ante crucem. Benedictos paier inge- nitus... » Fol. 102 Y*. < Te adoro crax beata... » Fol. 103. a Alpha et oo magne Deus... » FoL 103. a Nate patri coequalis. . . » Fol. 103 Y<». c Paraclittts increatus... » Fol. 103 y*, c Extra portam jam delitun« • • > Fol. 104 T*. « Dons bonus et immeosiu » • • » Fol. 104 T*« c Oratio ad patrem. Oro teDeos rector omiiinmM. » FoL 105. c Oratio ad filium. Jhesu Cbriste sal^ator hominis...» Fol. 106. c Oratio ad spiritam sanctum. Sancte apiritus qui morlalium . . . p Poh 106. a Oratio ad aanctam cniceni» Salve en» sancta venerabilis . • . » Fol. 106 V. € Oratio de tribus magis. Deus qui très magos orientales... » Fol. 106 r>. f Incipit oratio béate Marie Tirginis gloriose. s Cette oraison se compose de 160 quatrains, en tète de chacun desquels ie récitait la Salutation angélique. Bn Yoici le premier : Ave, porta paradisi, Lignum vite quod amisii Per te michi jam dulcescit, Et salutis fructus crescit. Fol. 112. « Letafiia de beata Maria virgiae. Ky eeste letanie dirra chescun jur, Nostre Dame seinte Marie luy moustra qneu jur ke il mnrra, ou le jur deraunt . » Fol. 112 V*. c Ave Christ! mater digna. . . » Fol. 113 1*. « Oregina angelorum | Virgo mater melUflua... > Fol. 114. « Ecce ad te conftagio. . . > Fol. 115. c Ghristi mater generosa. • . » Fol. 115 V*. « Christ! mater ad te clamo. • . » Fol. 116. c 0 regina celestis glorie. .• » Fol. 111. c De! mater o virgo virginum. ». s Fol. 118 y^. € Nostrum decus et nostrum gaudium. . • » t200 MANUSCRITS DE BELGIQUE Fol. Ii9 v"". Oraison à Notre-Dame, en 28 couplets, dont voici le premier : Aima serena pia precelsa beata Maria, Tu fons orthorum, tu certa salus roiserorura, Lumen cecorum, requies optata laborum, Da michi te care carissima semper amare Te michi da clare clara cum laude vocare. Fol. 121 v». c Animanim spes bpsamm. . . > Fol. 121 v^. a Stella maris que preclaris emicas virtutibus...» Fol. 122. c 0 Maria, vite via, plena Dei gratia... » Fol. 122 v^. « Oratio ad patrem. Domine Deus pater. . . » Fol. 122 v<». c Oratio ad fiiium. Domine Jhesu Christe fili Deivivi... » Fol. 122 v^. « Oratio ad spiritum sanctum. Domine sancte spiritus, qui coeqnalis. • . » Fol. 123. a Oratio ad sànctamTrinitatem. Domine Deus mens qui es trinus... » Fol. 124 Y». « Item alia oratio ad sanctam Trinitatem. Adoro te, pater et fili et spiritus sancte... o Fol. 126. a Oratio ad sanctam crucem. Adoro te Domine Jhesu Christe... » Fol. 126 v<». c Alia ad sanctam crucem. Deus qui voluisti... • Fol . 126 v^. a Oratio ad sanctam Mariam et sanctum Johannem ewangelistam. 0 intemerata et in eternumbenedicta... • Fol. 127 y. c Oratio ad eandem gratulatoria. Ave Maria gratia plena, Dominus tecuro, benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui. Amen. Vere gratia plena et benedicta cujus plénitude benedictionis... » Fol. 128 V*. « Oratio Walteri clerici, quam in laudem béate Marie semper virginis fecit et dévote ad honorem ejusdem colidie decantavit, cui beata virgo in agone mortis apparens banc orationem scribi jussit. Ave mater Domiui, Ave regina celi, Ave domina mundi... » Fol. 129. c Sanctus Bemardus, abbas Clarevallis, videns duas animas in celum deferri et a caterva demonum, eis obvia, ab ascensu suo impediri, audivit ipsas animas advocantes auxiliuro béate Marie, et banc antiphonam cantantes, que ET DE HOLLANDE 201 statim per duos angelos a beata \irgiue missos a demonibus fuerunt libérale et in celo coUocale. Antiphona. Salve re^na misericordie... » Fol. 129. citem alia. Sancta Dei genitris Maria, vii^o ante parlum... » Fol. 129 V*. c Sancta et perpétua virgo Maria, domina et advocatrix mea... :» Fol. 130 y^. « Oratio eximia de beata et perpétua virgo {sic) matre Domini Maria. Singularis menti sola sine exemplo mater et virgo... » Fol. 131 v«. a Oratio ad sanctum Michaelem archangelum. » Fol. 132. a Oratio ad sanctum Gabrielem archangelum. » Fol. 132. « Ad sanctum Raphaelem. » Fol. 133. « Oratio ad angelum homini deputatum. » Fol. 133. « Item alia oratio. Obsecro te, angelice spiritus, cui ego ad prbvidendum commissus sum... :» Fol. 133 V®. « Oratio ad omnes angelos. » Fol. 133 V*. « Ad sanctum Johannem Baptistam. » Fol. 13i. a Oratio ad sanctum Petrum apostolum. > Fol. 135. a Oratio ad sanctum Paulum apostolum. » Fol. 135. a Oratio ad sanctum Andream apostolum. » Fol. 135. «Ad sanctum Andream apostolum oratio. » Fol. 135. ( Ad sanctum Johannem evangelistam. » Fol. 135 T*. a Oratio ad sanctum Thomâm apostolum. » Fol. 135 r>. « Oratio ad sanctum Jacobum fratremDomini. » Fol. 135 vo. « Oratio ad sanctum Philippum. o Fol. 136. « Oratio ad sanctum Bartholomeum. > Fol. 136. € Ad sanctum Matheum apostolum et evangelistam oratio. » Fol. 136 v«. « Oratio ad sanctum Slephanum prothomar- tyrem. ]» Fol. 136 V*. a Ad sanctum Thomam marlyrem. » Fol. 136 v^. « Oratio ad sanctum Laurentium. :» Fol. 137. a Ad omnes martyres. » Fol. 131. « Oratio ad sanctum Nicholaum. d Fol. 137 v«. « Oratio ad sanctum Benedictum. 9 Fol. 138. t Oratio ad sanctum Guthlacum. » Fol. 138. « Oratio ad omnes confessores. » 90S MANUSCRITS DE BELGIQUE Fol. 138 r». t Ad sanclam Hariam Hagdalenam. » Fol. 438 ir«. « Oratio ad sanctam Katerioam. a Fol. 139 V". € Âd sanctam Hargaretam oratio. » Fol. 140. ff Ad sanctam Geciliam oratio. » Fol. 140. € Oratio ad sanctam Agatham. » Fol. 141 1*. c Ad omnes Tirgines. » Fol. 141 V*. a Oratio ad beatam Hariam et omnei sanctos. > Premiers mots du deuxième feuillet du psautier (fol. IS du manuscrit): «dit nobisbona...» — Premiers mots des trois derniers feuillets : « Félix et indita (fol. 139)... ; Adjuvit decertantem (fol. 140)...; Sostinentiam pauperi* bus (fol. 141)...» Les fol. 10*18, 94-28 t'.Si t^'-SS v% 40 et verso, 47 v*. 48, 86 et verso, 64 et verso, 72 v«-73 v% 92-93 sont cou- verts de peintures, dont la réunion forme i09 petits ta- bleaux, représentant diverses scènes de TAncien et dn Nouveau Testament. Ces tableaux sont d'ordinaire aa nombre de quatre par page; ils sont entourés de vers ex* plicatifs, tracés en vermillon et en azur. La première page peinte (fol. 10) renferme quatre sujets: TAnnonciation, eo regard du Buisson ardent ; -* la visite de la sainte Vierge à sainte Elisabeth , en regard des figures de la Loi ancienne et de la Loi nouvelle, avec la Paix embrassant la Justice, Voici les légendes de ces tableaux : Femina sancta virum circnmdat, ait Jeremias : Circumdatdominnm yirgo Maria suum. En pariet et concipiet, sic fert Ysayas, Virgo Deum semper imviolata manens. Non ardens ardere rubus, non tacta videtur Virginitas tangi, dum parit absque pari. Yirginitas vellus, yerbum ros, arida tellus Est caro viif inea. Conca quid? Ecclesia. Plaude puerperio virgo vetule, quiavero Obviât hic pietas, veteri dat lex nova metas. Oscula justicie dat pax, cognata Marie, Applaudet régi precursor, gratia legi. ET n HOLLANDE t08 Outre les tableaux destinés à rinstruction et à Fédifica tion des personnes qui feuilletaient ce psautier, il y a, «à et là, de petites miniatures, qui n'ont point de caractère religieux et qui sont simplement destinées à remplir des vides. Au foL 89 v^, un jeune homme dans un arbre jette des cerises à une jeune fille qui les reçoit dans un pan de sa robe. Sur la même page, un ours se dresse contre le tronc d'un arbre dans les branches duquel sont un oiseau et un singe. Au fol. 47, scène de chasse. Au fol. 72 V", un chevalier avec un faucon sur le poing embrasse une dame ; le cheval est tenu par un valet. Au milieu des ornements et des arabesques qui couvrent les marges, on distingue des armoiries peintes avec soin et qui ne sont pas de simples caprices d'imagination : D'or au lion de sable. Fol. 34, 41, 48 v», 57, 65, D'or au lion de gueules. Fol. 41, 57, 65. Un lion d'or sur un fond d'azur semé de billettes d'or. Fol. 41, 65. Bandé d'or et d'azur à la bordure de gueules. Fol. 57. D'argent au lion de gueules. Fol. 65. D'or à trois besans de gueules. Fol. 34| 48 v®. Ces petits blasons ont été ajoutés après coup, |en même temps que les grandes armoiries qui se voient au bas de la page et dont voici la description : Écartelé : Au 1 et au 4, de France à la bordure d'argent et de gueules ; Au 2, parti : 1 bandé d'or et d*azur à la bordure de gueules; — 2 de sable au lion d*or. Au 3, parti : 1 bandé d'or et d'azur à la bordure de gueules ; — » 2 d'aigent au lion de gueules. Après avoir ainsi minutieusement décrit ce beau volume, nous devons eu rechercher l'origine. 204 MANUSCRITS DE BELGIQUE 1 II doit venir d'une abbaye bénédictine, comme rindiquent es miniatures des fol. 13 v^ et 100 v"*, et mieux encore la répétition de Tinvocation Sancte Bénédicte^ dans leslitanies des saints. — Cette abbaye était située en Angleterre : cela résulte de la mention de quelques saints anglais dans le calendrier, et surtout de la prière à saint Guthlac qui se lit au fol. 138. — Le nom de cette abbaye est formelle- ment exprimé dans le calendrier : ini Kal. Octobris. Dedicatio ecclesie Burgi. Or, parmi les églises du diocèse de Lincoln qoi furent dédiées en 1238, Mathieu Paris (ou, pour parler plus exactement, Mathieu de Paris) mentionne pareillement à la date du 28 septembre, Téglise de Peterborough : Ecclesia de Bui^o, quarto kalendas Octobris (1). Le psautier a donc été copié et peint au milieu du xiii" siècle pour l'usage de l'abbaye de Peterborough. Je vais maintenant établir qu'au siècle suivant, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, il se trouvait dans la librai- rie royale au Louvre. Nous lisons, en effet, dans l'inventaire de Gilles Mallet Un très beau psaultier, tout escript de lettre d'or et d'azur, et sont lez hays brodez des armes de Bourgongne, et y est le sacre des roys d'Angleterre, à une chemise blanche (2) . Et dans celui de Jean le Bègue, en 1411 : Item un psaultier très bel, tout escript de lettre d'or et d'asur et de vermeillon, et sont les aiz brodez des armes de Bour-* (1) Chronica majora, éd. Luard, HI, 517. (London, 1876. ln-8.) — C'est à tort qu'on a voulu rapporter la dédicace de Peterborough au 4 des nones (et non pas des calendes) d'octobre; voyez The hUiory of the Church of Peterburgh, by Symon Gunlon and Symon Patrick (London, 1086. In-folio), p. 303, et Monast. anglicanum, nouv. ôdil., t. I. p. 355. (2) Manuscrit français 3700 de la Bibl. nat., fol. 35 v», article 879. ET DK HOLLANDE 205 gongne, et y est le sacre des roys d'Angleterre, à une che- mise blanche de toille, à deux fermoirs d'argent, de grosse lettre de forme, en latin, commençant ou IP foillet du psaul- tier dit nobis bona^ei ou derrenier Dammu^ vobiscum(\). Il est évident que ces deux articles d'inventaire se rap- portent à un même psautier, qui est incontestablement le ms. 9961 de Bruxelles. En effet, le ms. 9961 de Bruxelles est un psautier tout écrit de lettres dor^ dasur et de vermillon, dont le second feuillet du texte commence par les mots dit nobis bona. A la vérité, il ne contient pas le céré monial du sacre des rois d'Angleterre ; mais nous sommes autorisé à supposer qu'une main française a fait disparaître cet office, qui devait être à la fin de ce volume, et c'est par suite d'une mutilation si facile à comprendre, que les pre- miers mots du dernier feuillet sont aujourd'hui sustinen- tiam pauperibus et non pas Dominus vobiscum, comme au temps où le manuscrit était plus complet. Je n'essaye pas d'expliquer quand et pourquoi les armes de Bourgogne furent brodées sur les plats de ce volume et peintes sur les marges de beaucoup de feuillets. Le psautier de Peterborough et le livre de Sain t-Bertin qui fait l'objet de la notice suivante, sont des documents fort importants pour l'histoire de la peinture au moyeu âge. Nul doute que les sujets dont ils renferment des représen- tations avec des légendes en vers n'aient offert beaucoup d'analogie avec les grandes peintures qui couvraient les murailles des cathédrales et des autres églises. La justesse de ce rapprochement ne saurait être contestée, quand on a lu l'avertissement dont est précédée une collection d'ins- criptions en vers dans un manuscrit du xiii** siècle re- cueilli par sir Thomas Phjllipps. Voici le texte de cet aver- tissement (2). (1) Môme maDUScril, fol. 97 v°, article 566. (2) Calalogus librorum mss. in hibliolheca Phillippicaj p. ISâ, article consacré au ms. llObO. t06 MAlfUSCRITS DB BELGIQUE Dolens in sanctuario Dei fieri pietonraiii ineptias, et deformia quedam, portenta magis quam orDamenta, optabam, si fiari posaety mentes ocidosqtte fideliam honestius et utilina oecupare. Cum enim nostri temporia ocali non solum Yana sed etiam profana sepius volupiate capiantnr, nec facile pataverim inanes ecclesie picturas hoc tempore posse penitus abrogari, presertim in cathedralibus et baptis- malibus ecclesiis, ubi publice fiunt stationes, excosabilem arbitror indulgentiam, si vel ejasmodi picturis delectentur, que, tanquam libri laiconim, aimplicibus divina suggérant, et litteratos ad amoram excitent scripturarum. Siquidem, ut pauca tangamos de plurimis, quidnam decentius est, quid fructuosios, specnlari circa Dei altarium aqniias bicipites, uni us ejusdemque capitis leones quatuor, cen- tauros pharetratos, irementes acephaloa, chimeram, nt fingunt logici, fabulosa vulpis et galli diludia, simias tibicines, et onos liras boetii ; vel certe contemplari gesta patriarcharum, legis ceremonias, presidia judicum, typicos regum actus, certamina prophetarum, Hachabeorum trium- phos, opéra Domini salvatoris, et jam choruscantis evangelii revelata misteria ? Num adeo angusta est Veteris ac Noti Testamenti séries, quaiinns, honestum et utile postplbaentes, in adinventionum turpitudine, numéros, ut aiunt, jocosos effandamus ? Sed bec fantasmatum ludibria paulatim intro- duxit pictorum nefaoda presumptio, quam utique tanto tempore non debuit ecclesiastica gravitas acceptasse: nam acceptare visa est, quod reprehensibili non desinit sustinentia tolerare. Ad moderandam itaque pictorum licentiam, immo ad informandam eorum operam in ecclesiis, ubi pingi permittitur, digerit presens calamus adaptationes quasdam rerum gestarum ex Veteri et Novo Testamento, cum superscriptione binorum versuum, qui rem gestam Veteris Testamenti breviler élucidant, et rem Novi con- venienter adaptant, quorumdam • postulatione capitulatim ad manum conscripti. Ideo vero per singula capitula plures positi sunt binarii versus, ut, quod circa unum non sufficit exprimere brevitas, suppléât circa idem alterata diversitas, placitam datura legentibus optionem ; qui videlicet bini ET DE HOLLANDE 307 ▼ersiu circa rem gestaro Yeteris Testamenti scribendi sunt, vel circa aliud quid mistice seu tropice adaptationis. Mam circa rem gestain evangelii, eo quod usitatior et notoria sit, sufficit scribere tantummodo nomina personarum. Ceteram hiis qui talia curant, non erat meum pingenda queque disponere, sed disponant ipsi, prout trahit sua queroque voluptas, vel prout unusquisque in suo sensu abundat, dum modo gloriam Christi querant, non suam ; nec solum ex ore infanlinm et lactentium perficiat ipse laudem; sed etiam, si hii tacuerint, lapides clament, et Dei magnalia pictus quodam modo paries eloqaatur. Michi propositum fuit in plerisque jam ecclesiis, ceptam honestatis ampliare materiam, et delictum nimie vanitatis prestantiori copia temperare. Sir Thomas Phillipps a cité un exemple des inscriptions •renfermées dans son manuscrit : Promiititur Abrahœ quod Sara panel ei filiutn. Partus ignare nova fit promissio Sara : Ghristi natalis typus est promissio talis. Hères ridenti promissus utrique parenti Christum promisit quo seclum flebile risit. IV. Tablbadx de l'histoire sainte, de l'évangile et des VIES des saints. (Ms. 69 de la Bibliothèque royale de La Haye.) Volume in-quarto, format allongé, de 46 feuillets de par- chemin, cotés 1-45 et 39 bis. Peintures et écriture de la première moitié du xiii^ siècle. La reliure et les fermoirs oot été frauduleusement dis- posés pour faire croire que le livre vient de la bibliothèque des empereurs de Gonstantinople. En réalité, ce doit être une épave de la bibliothèque de Fabbaye de Saint-Bertin. La place qu'où y a consacrée à saint Josse, à saint Winnoc et à saint Servais prouve bien que les peintures ont été 208 MANUSCniTS DE BELGIQUE faites dans une église du nord de la France La façon dont un moine est représenté sur le fol. 33 v* aux pieds de saint Berlin doit faire supposer que nous avons là Tœavre d'an religieux de Tabbaye de Saint-Bertin. Le corps du volume se compose d'une série d*ënviroD 170 tableaux, accompagnés presque tous de légendes en vers léonins ou en distiques rimes. Je vais reproduire ces légendes, qui feront connaître le sujet de chaque tableau. Plusieurs peintures sont absolument du même style qu'une partie des peintures de la bible de Souvigny et du grand psautier de la Bibliothèque nationale (manuscrit latin 8846). Fol. 1. Gaudia cum vivis sperans, obiter bene sudetf Jhcrusalem, civis qui tuus esse studet. Hec urbs Jherusalem non multo tempore durât, Sed duraturam per secula cuncta figurât (!}. Fol. 2 v^ L Ecce, draco, sevae capis Adam retibus Evae. IL Exilii clade punit Deus hic scelus Ade. IIL Horret. . .ra patrum , tellus miratur aratrum [i] . IV. Terra prius munda tepet Abel sanguinis unda. Fol. 3 v° L Hic narrât patri Joseph hic sua sompnia matri- IL Joseph legatur ut fratribus esca feratur. IIL Escam partitur qua fratrum turba potitur. lY. Fratres accitis vendunt Joseph Hismaelitis. Fol. ^ ^^ I* ^^^^ i^6<^is ^^s^'s deplangitur a pâtre veslis. IL Deceptus lacrimis Putiphar Joseph abdit in ioais. IIL Somnia monstiântur quœ tempora cara mi- [nantur.] IV. Spem Putipha)* vitse capto reddit Jacobite. Fol. 5 v° I. Très Habraham vidit et in unum mens piafidit. IL Hic supplant[at]ur Esau Jacobque beatur. (1) Je me borne à signaler celte iconographie de Jérusalem, sur laquelle M. le comte Riant a, depuis déjà longtemps, fixé son altenlion. {% Sur le tableau auquel se rapporte ce vers, Eve file et Adam bêche la terre. ET DE HOLUNOE g09 m. Hic cyphus extraitur, fraus fratribus hic ape- Pni R .« r ïï?*^ P*'"W "0™ blanditur Benjamin ore. 6 V I H.C fert phiscella Moysen, mirante puella. li. Hic exaltatur serpens, populusque juvatur. «1- Vas testamenli rapiunt hic per ;mare venti. Pni 7 I ^"^"""«"s nato Jepte fert oscula grata. î, S'^'^y^'curis est crédita régula juris. li. Hiccine petrine tabule cessere ruine. ,v S"^ ^^''^^ ^^"**" ^'^y^^s <•"«' fugientem. n. Mens (1 jfurit immunda; rex insequitur, coit Fol. 8 1. Hic Helyas rapitur (2) ^""^'-^ "• ••' (3) ni. Job opibus plenus natis dives fit egenus. Fol oiJn r"'®*"«*"™«Tobiredditaluminapura. foi. J letll. Sensummirificumreijudicathicmetricum{4). IV , ™''"'=«'""ss"'PtJaniquatriduanu8. !• 01 . 10 V I. v,rï;o salutatur, crédit partuque beatur. ifi u ^*P'"'* valedictum dat locus isle. 111. Hec loca testantur natum, quoque cuncta En sol justicie natus de carne Marie. *" ^' En velud agnellus paUtur presepe leneUus. nu 1 „"'"" °""'*nlur pastores et venerantur. f 01. 1 1 V» I Mente magi prona ires trino dant tria dona. 11. Leiatur genito genitrix, intacta marito. IV. Rex jubet hic périrai parvos qui sunt quasi ri» * 1 Fol. 12 vo I. HicSathan ad Christum sermonem dirigit islum: Panes saxa jubé fore, monslra te sine nube. II. En locus exerapli positus super ardua lempli. (i) A ce mot, ne faudraîl-il pas substituer Gens f (2} La fin de ce vers a été rognée. (3) Place d'un vers relaUf au prophète Elysée. SaJomon^"* ^^ ^^^^ "'^^ we^rwwm. 11 s'agit du jugement de 14 ilO MANUSCRnS DE BELGIQUE IIL QmaiA OMiistraiituv, moBSlrata Deo repro- [bantur.] IV. Hie tièi^ Ghriste, dataus est ahgelicus famulatus. Fol. 13. L Hic Deus orare docet et delicta piare. Q. Vt videare, Eteus, petit arboris alla Zacheas. m. Bans terreoa bona meruît celestia bona(l). Fol. 14. Surgit lempestaiH dum d)»rinitsuoimapotestas. II. Mente Fetrua munda cedenle Deum petit unda. m. Qttiaque raplent panes piscisqae bis unus [inanes.] lY. Debilis ante pedes per summas nriititur edes. FqK 13 t® I. Plebs Hebreorum tibi, rectorsumme poloram, Quam fidei manna pavisti, clamât Osanna. Hic asino Yehitur Deus, urbs dum sancta [subitur.] IL Servus aervorum Deus vult hic esse suorum (2). Ui. Hic sedet in cena, comitante manu duodena. Fol. 16. L Hic visum signum censet diademate dîgnum. H. Precipitem jaoere Dominura fera gens voluere. 01. I^annis hic plorans micaa panis petit orans* IV. Deliciis plénum stupet hic qnem sprevit egeniun . SU. 17 y* I, Hic splendetpura Domini mutata figura. II. Hic stupro capta purgatis fit cornes apta. m. Hic peccata reus aperit, prerait hic phariseus. IV. Urbs (3) crucians Dominum mittit Jherico [peregrinum.] Fol. 18 y^ h Gum prece blanditur Deus, alto monte potitur. Ilk Hic victus sompnis requiescit apostolus omnis. IIL Ecce Judas vadit Dominuroque suum maie [tradit.] rV. Verba dolo dicta comitantur basia ficta. PV)I. 19 y» I. Hic Dominum Jhesum spinis sinagoga coronal. H. Sed yeniet tempus ut yindicet alque reponat. HL Hic manibus junctis ab iniqua gente tenetur Rex reguro Dominus quo nuUus major habetur. (1) Peut-élre pour donaé (2) Scène du layemcnt des pieds. (3) Le manuscrit porte Trbs, ■2 rt DE HOLLANDE 2 — Premiers mots du Toi. 2 : « Un enfant masle i> XI. Les Grandes Chroniques de Frange, etc. — (Ms. 14561-14564 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) Volume sur parchemin, de 207 feuillets, hauts de 335 millimètres et larges de 250. Écriture du commen- cement du XIV' siècle. Morceaux contenus dans ce volume : 1* (Fol. 1). « Coument li grans roys Alixandre envoia une epistle à Âristote son maistre des merveilles que il trouva enYnde. i> 2* (Fol. 5 v«). c P. aus empereres. Je vous senefiie aucunes coses qui sont merveilleuses en Inde. Premièrement il i a une isle qui a non Atymolimus, qui a III<^ et LXIII liues de lonc » — Fol. 6 V*. « Explicit l'epistle le roy Peri- menis à l'empereur. 9 3' (Fol. 7). Les Grandes Chroniques de France , depuis le commencement jusqu'au chap. viii des Faits de Charles le Chauve, a Chil qui cheste oevre commenche, à tous chiaus qui ceste estoire liront, salut en Nostre Seigneur. Pour chou que pluisours gens doutoient de la généalogie des rpys de Franche » — Le copiste s'est arrêté (fol. 162) à ces mots : a .... Toutes les fois que mestiers en seroit par Fauctorité Tapostole, et que li décret du siège l'apostole fussent maintenu. y> Voyez dans l'édition de M. Paulin Paris, t. III, p. 42, ligne 7. 4"" (Fol. 162). Chronique abrégée des rois de France, depui CharlesleChauvejusqu'àsaintLouis, pour faire suite au texte précédent.— Je donne les premiers et les derniers mots de cette chronique abrégée. — Fol. 162. « Charles liCauset Loeys, enfans du roy Loeys le Deboinairei quant il virent après 9ii MANUSCRITS DE BELGIQUE le morl Ufar père (fse fenr frère Lothaire tenoit Te rdianflie 4e Franche et l'empire de Romme, ne' il n'âvoient panifie fele eomme it Fol. 3« « Ci commence le livre qui est appelle le Bien universel des mousches à miel. » A la fin : Or est ci fine nosire livre, Benoit soit Dieu, je en sui délivre. Et l'a escript Henri du Travou, Premiers mots du deuxième feuillet : « Nulles n'osept istre si le roy...; » et du dernier : a Touz ses son- giez... "» En tète du volume (fol. 1), peinture à quatre comparti- ments, chacun bordé d'un encadrement tricolore. ^ Au commencement du livre II, petite peinture à encadrement tricolore. Au bas de la dernière page était une note de sept lignes, écrite et signée par le roi Charles V, dont il ne subsiste plus que les mots suivants : 2t8 MAlfUSCRITS DE BELGIQUE Ce livre de moralitey des mochez à miel est à nous fimez tranlater, escrire et (Mtrfere Tan HCCGLXXn. Il fipire en ces termes sur l'inventaire de la librairie do Louvre, de Tannée 1411 : Item le livre des mouches à miel, couvert de soye à longue queue, lequel est intitulé dedens : Le Livre du bien uni- versal selon la consideracion des mouches à miel, très par- faitement bien escript et historié, de lettre de forme, en françois et à deux coulombes, commençant ou denxiesme fueittet nulles n'osent istre, et ou derrenier touz ses sou- gie%; et est signé du feu roy Charles, fermant à deux ferAiouers d*argent dorez esmaillez de France et tissai vers(l). Et sur rinventaire de la librairie de Bruxelles : Ung autre volume, couvert d*un baldequin de soye, à deux doans de leton, historié et intitulé Le livre des moraliles des mouches, comenchant ou second feuillet nulles n'asen ystre se le roy n'est yssu devant^ et finissant ou derrenier et Fa escript Henry de Trevou (2). XIV. Le Livre des propriétés des choses. — (Ms. 9094 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) . Volume in-folio, sur parchemin, fin du xiv* siècle. (1) Manuscrit français 2700, fol. 66, article 161 Comparez r/n- ventaire de la bibliothèque du roi Charles VI, éd. Douet d*Arcq (Paris, 1867. In-8), p. 4i, n» 139. (3) Barrois, Biblioth. protypographique, p. 270, n* 1887. ET DE H0LLA.1DE SS9 Feuillet préliminaire : « Gy commence la table des robrichesdes propriétés... » Fol. 1. « Gy commence le prologue. » Fol. 3. « Gy commence le premier chapitre qui parle de Dieu. » A la fin (fol. 369 v®) : a ... Ce livre des proprietez des choses fu translaté de latin en françois Tan de grâce mil cccLxxii, par le commandement de très puissant et noble prince -Charles le quint de son nom régnant à ce temps en France puissaument ; et le translata son petit et humble chappellain frère Jehan Gorbechon, de Tordre Saint Augustin, maistre en théologie, de la grâce et promocion du dit prince et seigneur très excellent. » Premiers mots du fol. 2 : « fiert au sage...; x> du fol. 4, qui est le second du texte : « grant que le filz...; » du dernier (fol. 369) : a de VIII et de VI... » Au fol. 3, grande peinture divisée en quatre comparti- ments, dont chacun est encadré d'une bande tricolore. On y voit trois scènes de la création et la présentation du livre au roi par Jean Corbichon; la figure du roi n'a aucun des caractères d'un portrait. Ce volume figure sur Tinventaire de la librairie de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dressé à Dijon, le Si juillet 1420 : Item ung autre livre nommé le livre des proprietez des choses, escript en parchemin, de lettre ronde, à deux colonnes^ historié et enluminé d*or et d'asur, commençant ou deuxiesme fueillet et au saige, et ou derrenier de huit et de six, couvert de veluyau rouge, garni de X doux de leton et deuxfermouers d*argent dorez et esmailliez (1). XV. La Légende dorée. — (Ms. 9227 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) (i) Bibl. nat., ¥« de Ck>lbert, vol. in, article 15 de rinventalre de ItlUvairie. 9S0 MAlfUSCRm M BSUIQUB Volume in-folio, sur parchemin, du commencement da XV* siècle. Premiers mots du deuxième feuillet de la table : « à Taitieme de Penthec..., » et du deuxième feuillet du texte : « feussions tenus... » La peinture du frontispice est bordée d'un encadrement tricolore. M. Molinier a bien voulu me signaler ui\^ autre exem- plaTe de la Légende dorée en français, qui a pareillement un frontispice bordé d*encadrements tricolores. C'est le n* H 1333 de la Mazarine, qui est venu du couvent des Minimes : volume sur parchemin, de 330 feuillets cotés A-C et I-XVI"VII ; 300 millimètres sur 230. — Fol. A. Prologue : « Monseigneur saint Jeroisme dist ceste aucto- rite... » — Fol. B. Table des chapitres — Fol. i. Com- mencement de l'ouvrage : « De l'advenement Nostre Seigneur. L'avènement Nostre Seigneur est fait par un sep- mainnesàsegnefier... » Premiers mots du deuxième feuillet du texte : « tierce anthyene 0 racine de Jesse..., » et du dernier : a et de ces trois choses... » Au frontispice il faut remarquer non seulement les encadrements tricolores , mais encore deux lions ana- logues à ceux qu'on voit sur plusieurs livres du roi Charles V. Ces particularités me font supposer que la Légende dorée de la Mazarine est un débris de Tancienne librairie du Louvre. XVL Le Dialogue de saint Grégoire. — (Ms. 9583 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) Volume sur parchemin, de 103 feuillets, in-folio. Fol. i. ft Cy conmencent les chapitres du premier livre du Dyalogue saint Grégoire, pape. » « M MLUflM m F^. A. « Ci oonmence le premier livre du Dialogue saint Gringoire, pape. » Fol. 103. a Eiplidi lo Dyalogoe monaeignettr niai Grégoire. C'est tout voir. » Premiers mots du fol. S : « esperit, xvm.,M » et du fol. 5, qui est le second du texte : c si celé que je ne s«ay... » Premiers mots des deux derniers feuillets : fol. lOt « foot saichent combien...; » fol. 108 « temps ei entre^ mentieres... » Sur le fol. 103 v^ : « Ce livre est à Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne» eonte de Poitou et d'Auvergne : JEHAN. — Le dit monseigneur de Berry Ta donné à monseigneur de Boargongoe. » Ce volume est porté sur l'inventaire de la chambre des joyaux du duc de Bourgogne, k Gand, en 1488. Voyez Barrois, Bibliothèque protypographique^ p. 889« n^ 1619. XVH. La Mutation bb portune, PAa Christhii de PiSAN. — (Ifs. 701 de la Bibliothèque royale de La Haye.) Volume sur parchemin, de 170 feuillets, non compris le feuillet préliminaire. Feuillet préliminaire : « Ci commence la table des ru- briches de cest présent volume, appelle le livre de la Mutib* cion de fortune, fait et accompli le viii* jour de novembre, Fan de grâce mil IIII*^ et III... » Au w^ de ce feuillet : « Ci commence la première partie du livre de la Mutacion de fortune... » Fol. 1 . « Premièrement prologue. » -*- Ea tète est re- présentée Christine dePisan, écrivant un livre. Premiers mots du deuxième feuillet : « Travail pe* nible. » À la fin, sur le fol. 170 v* : « Ce livre fui fait, devisé 93S MÀRnSGRITS DE BEL6IQDB et compilé par une damoiselle nommée Gristîne, et le donna à Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte, etc., on mois de mars mil CCCC et trois. » Sur ce même feuillet on a effacé une note et la signature du duc de Berry. Ce volume répond exactement à Tarticle 97 du catalogue des livres du duc de Berry, tel qu*il a été publié par Hiver de Beauvoir {La Librairie de Jean^ duc de Berry ^ p. 51). XVIII. Le Miroir des dames. — (Ms. 9555 de la Bi- bliothèque royale de Bruxelles.) Volume sur parchemin, de 179 feuillets in-folio. Fol. 1 V*. « Gy s'ensuit le prologue sur le livre qui est appeliez le Mirouer des dames. » Premiers mots du deuxième feuillet : « selon ce que dit un maistre qui est nommé Vegecius, » et du troisième, qui est le second du texte : « tout ainsi que la pierre. » Fol. 148. «Gy s'ensuit le Mirouer du monde. » G*est un poème dont chaque sizain commence parles mots : « Je vois mourir... » Fol. 151 . a Gy s'ensuit le livre du cloistre de Tame, que fist Hue de Saint Victor. » Fol. 154. « Gy s'ensuivent les Meditacions de saint Anseaume. » Premiers mots des deux derniers feuillets : fol. 178 « il mesovint..., » fol. 179 « dit devant le premier... » Sur la dernière page : « Gy fine le livre du Mirouer de dames et aultres livres. » Au commencement et à la fin, note autographe de Jean, duc de Berry, ainsi conçue : partie, p. W- 312, et p. 216. (2) Les mots ÂhrincensU canonico ont été récrits sur un pasuge gratté. Petit volume écrit et peint au eommencement du xn'Biècle, mentionné par Jubinal, dans ses Lettres sur quelques-^ns des tnanuserits deLaHayéy p. 17. L^origine de ce charmant tolame est suffisamment dé- montrée par les articles suivants, qui sont inscrits en ronge dans le calendrier : iO janv. Guillermi archiepiscopi. 17 janv. Sulpicii confessons. 20 msû. Austregisilli episcopi. 29 déc. Ursini episcopi. La section des Litanies des saints relative aux confes- seurs n'est pas moins significative; on y trouve ces invo- cations : Sihester, Martine, Nichqlae, Augustine, Hieronime, Ambrosi, Gregori, (Jrsiue, Austregisile, Guillerme, Eligi, Dominice, Firancisce, Anihoni. Le personnage pour qui le livre a été fait, avait : 10 Pour armes : écarlelé au 1 et 4, de gueules, au che- vron d*or accompagné de trois roses d*argeot ; — au 3 et 3, d'azur à la croix ancrée d'argent, accompagnée de trois dV(l); — sur le tout, d'or à deux lions passante de gueules. S"" Pour emblème, un nœud coupé. 3<> Pour devise, les mots DELEAR PRIVS inscrits sur la couverture ll'un livre. Au frontispice, sur un fond noir semé de nœuds coupés d'or, se détache en rouge un lion de taille gigantesque, accroupi sur une haire, qui porte à sa gueule les armes ci-dessus décrites et qui tient sur sa tête, avec ses pattes, un livre à la devise DELEAR PRIVS!^— Dans l'encadre- ment du frontispice se lisent les mots : « Dirupisti Domine (1) Je n*ai pu délermiDcr quels sont ces trois objets d*or. On verra plus loin que ce sont apparemment des cailloux. S36 NAIfCSCRITS DE BELGiaUE vincula mea ; tibi sacrificabo hostiam laudis et nomen Domini invocabo. x> Outre le frontispice, il y a une doazaine de peintures d^une finesse et d'une perfection vraiment admirables. Sur chacune de ces peintures, au premier plan du tableau, le possesseur est représenté en haire, avec un livre dont la couverture porte la devise : DELEAR PRIYS. Voici le sujet des tableaux : L'annonciation, la Visitation, la nativité, Tapparition de range aux bergers, Tadoration des mages, la présentation au temple, la fuite en Egypte, TAssomption, Jésus-Christ en croix, la descente du Saint-Esprit, David, âmes préci- pitées dans l'enfer pendant que d*autres âmes sont enlevées au ciel. Je laisse aux historiens du Berry le soin de découvrir pour quel personnage a été fait ce magnifique volume. Les armes ci-dessus décrites semblent se rapportera un membre de la famille Lalemant. En effet, cette famille portait de gueules au chevron d'or, accompagné de trois roses d'argent, ce qui est exactement conforme au premier et au dernier quartier de Técartelé du manuscrit de La Haye. Jean Lalemant, chevalier de Tordre de Notre-Dame delà Table ronde de Bourges, mort en 1494, avait épousé Marie Petit, dont les armes étaient d'azur à une croix nillée d'argent, accompagnée de trois cailloux d'or (1), ce qui se rapproche singulièrement du deuxième et du troi- sième quartier de l'écartelé de La Haye. Je ne puis malheureusement pas expliquer l'écusson peint sur le tout, et qui est semblable aux armes de la famille de Gomborn. Jean Lalemant le jeune, fils de de Jean Lalemant et de Marie Petit, fut maire de Bourges en 1610. Il fut con- (1) Thaumas de la Thaumassière, Histoire de Berry ^ p. 1078 et 1079. BT DB HOLUNDE 237 damné en 4535 pour malversations commises dans son office de trésorier de Languedoc (i). Il y a à la Bibliothèque de La Haye, exposé dans une vitrine, un autre livre d'heures dont Torigine pourra, je pense, être déterminée d'après les particularités suivantes. — C'est un beau manuscrit de la fin du xv"* siècle. Il a été fait pour un homme d'église, dont les traits dénotent un âge déjà assez avancé et qui paraît avoir eu pour pa- tron saint Antoine, pour devise les mots PAR MON PLAISIR, et pour armes un écu parti: I parti, au 1 d'azur aux fleurs de lis d'or sans nombre ; au 3 de gueules au lion d'or lampassé et armé de sable ; — II pallé d'or et de gueules. XXII. Livre de prières de Catherine de Médicis. — (Ms. 245 de la Bibliothèque royale de La Haye.) Ce petit livre de prières est un des morceaux calligra- phiques les plus remarquables que nous ait laissés le xvi* siècle. Il a conservé sa reliure originale en maroquin noir orné de vases, de torches et d'un chiffre formé de deux 3C enlacés avec un H. Les fermoirs se composent du même chiffre, ciselé à jour et accompagné de la devise : SIC HEMOR EXTINGTI. XXIII. Papiers numismatiques de Peiresg. — (Ms. du Muséum Meermanno-Westreenianum, à La Uaye.) Deux volumes de ce musée, reliés aux armes et au chiffre de Harlay, contiennent les papiers numismatiques dePeiresc. L'un est particulièrement relatif à Tantiquité ; l'autre aux monnaies des Gaulois et des peuples mo- dernes. (1) Journal (Tun bourgeois de Paris, sous le règne de François I« pobUé par L. Lalanne» p. 4IS& et 456. i38 MANUSCRITS Bl BILUQQS Ki DE HOLUHDB Il y a là de curieux renseignements sur Thistoire te collections du xvii* siècle. On y trouve les catalogues iffl- primés des cabinets de plusieurs curieux, notamment de M. du Périer. — Description de monnaies gauloises ras- semblées à Rouen chez Bigot. — Détails très précis sur les achats et les échanges que faisait Peiresc, sur les marchés dans lesquels il intervenait comme arbitre, sur les noo- velles numismatiques qui arrivaient à sa connaissance. IX UN LIVRE A PEINTURES EXÉCUTÉ BN 19M DANS L'ABBAYE DE SAINT-DENIS LMr$ à Mcnsieur là duc de La Trémoïtte (1). BihUothêque nationale^ V août 1877. Mo^SIBDR LE Duc, VoQS Toas êtes cru Tobligé de la Bibliothèque nationale, et, en souvenir d'un acte de courtoisie, qui n*était au fond qu^un acte de justice, vous avez tenu k vous placer parmi les bienfaiteurs du Département des manuscrits. Comme vous m^avez laissé l'honneur de choisir les articles dont votre libéralité voulait enrichir notre dépôt national, c'est à vous que je dois compte de la mission que vous avez bien voulu me confier, et que j*ai acceptée avec l'agrément de H. Waddington, alors ministre de l'Instruction pu- blique, h viens donc aujourd'hui vous faire connaître un précieux manuscrit, que j'ai acquis en votre nom le 20 août dernier, et qui dès maintenant figure sur nos registres comme donné par vous à la Bibliothèque nationale. (I) Ceue lettre a été publiée dans la Bibliothèque de VEeoU des cftariM, année 1877, t. XXXVIU. p. UL 240 VIE DE SAINT DENIS La présence de ce volume chez un marchand d'antiqnités de Toulouse m*avait été récemment signalée par M. Moli- nier, archiviste-paléographe, que M. le ministre de Tln»- truction publique avait envoyé dans cette ville, pour y ré- diger le catalogue des manuscrits de la bibliothèque muni- cipale. Les notes de M. Molinier m'avaient fait concevoir Tespérance que c^était un livre digne d^étre offert en votre nom à la Bibliothèque nationale. Je ne me trompais pas, et je n'eus pas plus tôt vu le manuscrit que je résolus de Facquérir. Grâce à votre générosité , je ne tardai pas à m'entendre avec le marchand; le manuscrit me fut livré; immédiatement je le déposai de votre part à la Bibliothèque nationale. Ce volume, qui se compose de 67 feuillets de parchemin hauts de 3i8 millimètres et larges de 228, se présenté au premier abord, dans un assez triste état de conservation. Le fol. 8 a été mutilé; un feuillet tout entier a disparu entre les feuillets qui sont aujourd'hui numérotés 88 et S9. Des doigts barbares ont souillé plusieurs des miniatures, et la reliure, qui datait de la fin du xv* siècle, tombe en lambeaux. Mais il sera aisé de cicatriser quelques-unes de ces plaies, et le volume fera très bonne figure quand les feuillets en seront consolidés et qu'il sera couvert de maroquin. Quoique le manuscrit soit parfaitement homogène et qu'il ait été exécuté d'un seul jet, on peut y distinguer trois parties . La première (fol. 1-28) est une vie de saint Denis et une histoire des origines du monastère de Saint-Denis, en prose française. En voici les premières et les dernières lignes : Incipit vrrA beatorum martyrum Dtonisii, Rustici et Eleu- THERU. Apres la précieuse mort que nostre sires Jhesu Criz, verais dex et verais hoem, vout soi&ir en la veraie croiz por le saludu munde, et après sa résurrection et sa glorieuse AVBC PEINTURES 941 ascension es sainz cieux, où il siet à la destre son père, la doctrine et li preeschernenz des apostres s*espandi et s'es- tendi par totes terres et parvint à totes manières de genz. Dont il avint que la (oiz Jhesu Criz crut et monteplia, en tele manière que li pluseur qui avoient esté deciple furent mestre et pastor de venté, qui estoient si embrasé de l'amor dam le Dieu que, [por] le desirrier d^estreper les errors et les mescrandises des cuers des genz, s*abandonoient volen- tiers â torment et à martyre Et por Tennor et la mémoire du pretiex martyr mon seingnor saint Dyouise et de ses bons compaignons fist celé église apeler as sainz martyrs en Tescole de Grix. Et li ser- vises et l'ennor qui ileques est fez à l'essaucement des gloriex martyrs radunde et repère à la gloire et à Tessauce- ment nostre seingnor Jhesu Crist, qui aveques les hpmmes deingna nestre verais hom de la benaaite virge Marie^ et parmaint verais Dex aveques son gloriex père et le saint esperit, qui par sa grâce et sa haute franchise nos doint en cest siècle pardoner nos péchiez et doner sa grâce, et en Fautre siècle nos voille parmener à gloire pardurable. Amen. Ânno milleno, sed quarta parte retracta, Quatuor exceptis sunt hec miracula facta. Junius hoc habet ac Augusti quinta kalenda, Annua quod facta memoratio sit recolenda. La deuxième partie du manuscrit (fol. 39-58) se com- pose de trente tableaux représentant la vie de saint De nis et les origines du monastère qui lui fut consacré. Chacun des tableaux est haut de i9 centimètres et large de 12. La plupart sont divisés en deux, trois ou quatre compartiments, suivant que les scènes représentées sont plus ou moins compliquées. Le sujet de chaque scène est indiqué par des vers latins, qui sont tracés alternativement en rouge et en bleu. Ces légendes en vers (1), d'après lesquelles on peut (1) J'ai publié ces légeodes dans le Bibliothèque de lÉcole des chartes, année 1877, t. XXXVm, p. 4S6. 16 248 VIB DB ^AIlfT DSNIS se former une idée de la versification des moines de Saint- Denis, an xiii® siècle, sont, à vrai dire, la table des sujets représentés sur les trente pages peintes du manoacrit. L*exéctition des miniatures est d'apparence assez fros- sière ; cependant, Tartiste, avec des moyens très bornés, a parfaitement réussi à faire comprendre sa pensée ; il a donné à toutes ses compositions cette simplicité de lignes et cet éclat de couleurs qu'on admire dans les vitraux du XIII* siècle. Il ne s'e&t jamais servi d'or. Le fond des ta- bleaux est alternativement bleu et rouge tirant sur un bran clair. Une circonstance matérielle qui prouve quelle im- portance on attachait à cette suite de peintures, c*est qu'elles ont été exécutées sur de belles feuilles de parche- min, dont un seul côté a été employé. La disposition que l'artiste a adoptée laisse toujours voir d'un mteie coop d'œil deux pages peintes, auxquelles succèdent deux pages blanches. La troisième partie (fol. 59-67), principalement affectée k des morceaux liturgiques, est incomplète de son premier feuillet. Elle comprend les pièces suivantes : Fol. 59. « De penitentia sancti Salomonis régis. Jheroni- . mus in XYII libre super Ezechielem^ de extrema visione ejus... 9 Fol. 59 v^. Note sur les trois Maries, c fix tribus textibus mi*' evangelorium et epistola Jheronimi. . • » FoK 59 v^. Note sur la condition des pécheurs pénitents qui meurent sans avoir le temps de recourir au prêtre : a Solet queri si quis dolens etpenilens. . . » Fol. 60. Note suf les six âges du monde, t Prima état ftnt ab Adam. ... — - . • • . YI. M. C. XXXI* a Fol. 60. Note française sur le jeûne du vendredi : t Ci ettei por quoi nos devons plus jeûner au vendredi que aoa autres joffs de la semeine. . • » Fol. 60 v^. Petit oilQce de la sainte Yiei^e. Fol. 61 v^. Petit office de saint Denis. AVEC PEINTURES 943 Fol. 63. Commémorations diverses, savoir de la Trinité (foK 63), de la Croa (fol. 63 v«), de la Vierge (fol. 64), de saint Denis (fol. 64 v^"), des Anges (fol. 64 v^"), de saint Jean-Baptiste (fol. 64 v*"), des apôtres (fol. 65), des roar^ tyrs reposant dans Téglise (fol. 65), des martyrs en général (fol. 65 V»), des confesseurs reposant dans l'église (fol. 65 v**), de saint Benoit (fol. 65 v""), des confesseurs (fol. 66), des vierges (fol. 66), des saints reposant dans Téglise (fol. 66). Fol. 66 V*. Vêpres et laudes de tous les saints . Le contenu du volume qui vient d*étre décrit indique surabondamment qu*il a été fait en Thonneur de saint Denis; mais il y a moyen de déterminer rigoureusement pour quelle église il a été exécuté. Sur le fol. 65, an recto et au verso, nous trouvons ces deux rubriques: Desanctis martyribus quorum corpora hic suni^ et De sanctis confessoribus hic quiesceniibus. Sous la première rubrique figurent : « Cugenius, Peregri- nns, Firminus, Patroclus, Cucuphas, Ypolitus, Eustachius, Mauricius, Innocentius, » et sous la seconde : « Hykrius, Hylarus, Romanus. » Le problème à résoudre se pose donc dans les termes suivants: a Uuelle église de France possé- dait les reliques des douze saints ci-dessus énumérés? » 11 est facile de montrer que l'abbaye de Saint-Denis les avait recueilUes et les honorait, au xiii* siècle, d'un culte tout particulier. Prenons successivement chacun des douze noms. l.Eugenius. Saint Eugène, évéque de Tolède, souffrit le martyre à Deuil ; son corps, recueilli dans Téglise de ce village, fut transféré dans la basilique de Saint-Denis, sous le règne de Louis le Débonnaire ; les circonstances mira- culeuses qui détei*minèrent cette translation ont été con- signées dans la compilation que Gilles dePontoise offrit en 1317 à Philippe le Long (1), et qui nous révèle quelles (1) Gliapitre cxiu de la troisième partie, publié dans la BibliO' thèque de VÊeoU dm chmrie$^ t. XXXVJU, p. 474. m VIE DE SiURT DBHiS étaient, au commencement du xiv* siècle, les traditions des religieux de Saint-Denis sur Torigine des corps saints qu'ils se glorifiaient de posséder . Un autel de la basilique était consacré à saint Eugène, et Tinscription commémora- tive de la dédicace-fait partie d'un petit recueil dont la Bibliothèque nationale possède une copie du milieu du XIII* siècle (i). C'est Tun des docuinents les plus impor- tants que nous possédions sur l'histoire du culte rendu aux saints dans l'abbaye de Saint-Denis ; on pourra s'en servir pour contrôler et rectifier le texte de six inscrip- tions que Félibien a publiées, et qui, au xviu^ siècle, se voyaient attachées aux murailles de quelques chapelles du chevet de l'église (2). 2. Peregrinus. La compilation de Gilles de Pontoise (3; nous apprend comment Tabbaye de Saint-Denis s'enrichit du corps de saint Pèlerin, premier évëque d'Auxerre. On lui avait consacré la seconde chapelle du chevet de Téglise, oii une inscription métrique, qui a été retrouvée de nos jours, contenait ce vers : Altisiodoricus presul jacet hic Peregrinus (4). (1) Le ms. latin 978, d*oû J*ai tiré cette pièce, pour la publier dins la Bibliothèque de V École des chartes, t. XXXVUI, p. 463, est un Ordre des offices, à L'usage de Pabbaye de Saint-Denis, qui a dd £tre écrit peu après la mort de Tabbé Guillaume de Macouris, arrivée le 4 mars 1254 (n. st.)« La mention de ranniversaire de cet abbé est la note la plus récente que le copiste ait insérée dans le calendrier de ce manuscriL (3) Félibien, Histoire de Vabbaye de Saint-Denis, p. S35. Les moU « atiacbôes aux murailles », dont se sert Félibien, me font croire que ces inscriptions étaient des écriteaux sur parcbemin. L'abbé Lebeuf (J/^m. concernant Vhist, dAuxerre, éd. QuaoUn» I, 7), citant 1 inscription de l'autel de saint Pèlerin, dit formellement qu'elle était sur parchemin. Ces écriteaux étaient sans doute postérieurs au xiii» siècle, et le texte n'en devait pas être pur de toute allé- raiion. (3) Gbapitre li de la troisième partie, publié dans la Bibt. de V École des ciiartes, t. XXXVIil, p. 471. — Voyez les BoUandistes, mai,UI.S59 (éd. Palmé). (4) De Guilhermy, Inscriptions de la France^ u, i5. AVEC pnimjREs 245 Cette chapelle avait été dédiée par Yves, évéqae de Saint- Pol-de-Léon (1). 3. Firminus. Dès le temps de Guibert de Nogeot, Tabbaye de Saint-Denis passait pour posséder le corps de saint Firmin, évëque d'Amiens (2). Une tradition assez confuse voulait que Dagobert Teût enlevé du château de Picquigny (3). Un autel lui fut consacré dans la basilique de Saint- Denis par Gui, évoque de Carcassonne, le 20juillet4218(4). 4. Patroclus. Saint Patrocle était Tun des saints dont les reliques furent données k Tabbaye de Saint-Denis par les Toulousains, jaloux de rentrer en possession du corps de saint Sernin (5). Un calendrier, dressé kTabbaye de Saint- Denis vers le milieu du xiii* siècle, mentionne en lettres rouges la fête de saint Patrocle, au 31 janvier : n kal. Febr. Patrocli, episcopi et martyris (6). Suivant un Ordre liturgique de la même époque, les moines de Saint-Denis célébraient la fête de saint Patrocle sous le rit double, et chantaient en son honneur Toflice des saints dont les corps reposaient dans Téglise abbatiale (7). (1) Consecrationes aUarium, 6; voyez plus haut, p. 241, note i. — Le texte publié par Félibien rapporte cette consécration à l'année 1230. Si celte date était admise, il faudrait ajouter un Yves, second du nom. sur la liste df^s évoques de Saint- Pol, publiée dans le Gallia chrU- ttatia, XIV, 077. Mais la version fournie par le ms. 076 est dépourvue de date et m<>rite peut-être plus de cootiance. (2^ De pignoribus sanctorumy dans les Œuvres de Guibert, éd. d*Acbery, p. 336. (3) Chapitre xlix de la troisième partie de la compilation de Tannée 1317, dans la Biblioth. de l'École des chmrUs,^ t. XXXVIII, p. 467. Voyez les Bollandistes, sept. VU. 39 (éd. Palmé). (4) Consecrationei altarium, 3; Biblioth, de C École des chartes^ t. XXXVIII, p. 464. (5) Chapitre l de la compilation de Tannée 1317; /frû/., p. 469. Voy. BoUandistes, janv. Ill, 725(éd. Palmé). (6) Ms. latin 976, fol. 62. (7) « Dc.sancto Patroclo fiât dupplex fe8tum...Notandttme8tquod utraque missa débet fieri de festo sanctorum quorum oorpora in 946 VII M aAIKT DKVIS s. Cucufoê. Les religieux de SaioNDenis rapportaient à rannée 816 la translation des reliques de saint Cacuphat, précédemment conservées dans le prieuré de Liepvre en AlsaceXi). L'an des autels de Tabbaye était placé sous son invocation (2). 6. Hippolytus. Les reliques de saint Hippolyte étaient arrivées au monastère de Saint-Denis en même temps que celles de saint Gucuphat. Le pape Alexandre III, lors de son voyage à Saint-Denis, en 1163, en avait, disait-on, reconnu Tauthenticité, et vers la même époque la châsse en fut portée dans une procession solennelle pour obtenir la cessation d*une épidémie (3). 7. Eustachius. Entre autres témoignages de la présence des reliques de saint Eustache dans Téglise de Saint- Denis, on peut rappeler une charte de Philippe-Auguste, de Tannée 1194, dans laquelle est confirmée une donation faite par le comte de Meulan : « Beato Eustachio, marlyri, in ecclesia beat! areopagite Dionysii corpore quiescenti (4).» Cette circonstance explique pourquoi, dans plusieurs ma- nuscrits français (5j, la vie de saint Denis est immédiate- ment suivie de la vie de saint Eustache. 8. jVauricius. L*un des autels de Téglise de Saint-Denis lui était consacré (6). ecciesia Beati Dyonisii reqaiescunt.; missa raatutioa oelebretur ad majus allare de martyre; magna missa ad oratorium ipsius, et siDt omnes in cappis. » Ms. latin 076, fol/ 75. (1) Chapitre ex de la compilation de l'année 1317, dans la Bi- bUoth. de VÉcole des chartes, t. XXXVIU, p. 473. Voy. BoUand. Juillet, VI, iS3. {%) ConsecratUmes altarium, 8, dans la BibL de ÏÉcoU des charUs, t. XXXVIII. p. 465. (3) Chapitre cx-cxii de la compilation de Tannée 1317; BitL de C École des chartes, t. XXXVIII. p. 472. (4) L'original de cette charte est aux Arch. nat. K 26, n. 19. Voy. Calai débâcles de Phil.'Aug,, p. 102, n. 426. (5) Mss. français 2464, 13502 et 19530. (G) Consecrationes altarium, 5; BibL de l'École des chartes, i. XXXVIII, p. 404. AVBG PURTURKS M7 9. Innocenîinê. Le nom de saint Innocent figure k cAté de celai de saint Maurice dans Tacte de consécration de Tantel de Saint-Maurice. iO. Bylarius. La tradition voulait que, d'une expédition dirigée contre un comte de Poitou, Dagobert eût rapporté» pour Tabbaye de Saint-Denis, le corps de saint Hilaire, en même temps que la cuve de porphyre qui fait aujour- d'hui partie des collections de la Bibliothèque nationale (1). 11 et i2. Byhtrus et Komantùs. Les reliques de saint Hilaire du Gévaudan et de saint Romain de Blaye avaient été livrées aux moines de Saint-Denis en échange du corps de saint Sernin, réclamé par l'église de Toulouse (2). Deux autels avaient été érigés dans la basilique sous Tinvocation de chacun de ces deux confesseurs (3). Il est donc démontré que Tabbaye de Saint-Denis possé- dait les reliques des douze saints qui, dans le manuscrit dont j'ai Thonneur de vous entretenir, sont énumérés sous les rubriques martyres quorum corpora hic sunt et con^ f essorée hic quiescenîes. Il en faut conclure que le mot Atc, dans ces deux rubriques, désigne Tabbaye de Saint-Denis en France* C'est donc de cet illustre monastère qu'est sorti le volume dont votre libéralité vient d'enrichir la Biblio* thèque nationale, et nous Tinscrirons sans aucune hésita- tion sur la liste des manuscrits de Saint-Denis que nos prédécesseurs avaient rassemblés de différents côtés, et dont le nombre s'élevait déjà à soixante et trois (4). Recherchons maintenant à quelle époque l'exécution doit en être rapportée. L'aspect de l'écriture et des pein- tures dénote bien le xiu* siècle ; mais une date précise (1) Chapitre XLyni de la eomptlâtion de rannéc 1317; /Nd., p. 406. (3) Chapitre l de la même compilation-, Ikid., p. 409. (3) ConsecraUones altarium^ 10 et 11; Itid., p. 466. (4) La liste que j'ai essayé d*en dresser se trouve dans Le CûH$iiU im moHUicriU^ i, 101. 248 VIB DE SAINT DERU nous est révélée par la remarque sur les âges du monde qui se Ht au fol. 60 : Primas etas fuit ab Adam usque ad Noe, sive ad diluvium ; fiienint aniii M.DC.LVII. 1657 Secunda etas a Noe usque ad Abraham ; fuerunt anni M.CC.XXn. 1222 Tercia etas ab Abraham usque ad David ; fuemnt anniD.CCGC.XLII. 942 Quarta etas a David usque ad transmigrationem Babylonis sive Nabugodonosor ; fuerunt amii CCCC.LXXIII. 473 Quinta etas a transmigratione Babylonis sive Nabu- godonosor usque ad adveutum Domini; fuerunt anni D.LXXXIX. S89 Ab adventu Domini usque ad presens M.CC.XLVIIl. 1248 Ab Adam usque modo, hoc est ab incarnatione Domini anno M.CC. L., VI millia G, XXXI. 6131 Ainsi, c'est en Tannée 1250 que le volume par vous offert à la Bibliothèque nationale a été exécuté. Nous Ten- registrerons donc dans nos catalogues comme un exemple authentique de ce que Tart des calligraphes et des peintres pouvait produire dans Tabbaye de Saint-Denis au milieu du règne de saint Louis. Comme tel, il servira de jalon pour Tétude de' progrès de récriture et de la miniature en France. Les 56 premières pages du manuscrit, qui contiennent la vie française de saint Denis, seront à lire par les philolo- gues ; elles feront connaître, jusqu*aux moindres particu- larités, Tétat de la langue vulgaire, en 1250, au cœur même de rile-de-France. Les peintures de la deuxième partie ne sont pas moins instructives : elles fixeront Tattention des archéologues qui s'occupent de Thistoire des arts, des mœurs et des cos- tumes. Pour toutes ces études, l'emploi des manuscrits à date . AVEC PEINTURES 249 certaine offre d'inappréciables avantages, en ce que les observations dont ils sont l'objet ne reposent sur aucune hypothèse quant à Tâge du document, et ne donnent par là même aucune prise à la critique. Le nombre des-manus- crits à peintures avec date certaine est malheureusement très restreint. Comme appartenant authentiquement au milieu du xiii'' siècle, nous n'avions guère à citer dans les collections de la Bibliothèque nationale (i) que le psautier de saint Louis, n^* 10535 du fonds latin, dont l'exécution doit être rapportée aux environs de l'année 1360, puisqu'il fat fait pour le roi après son retour de la croisade (3). A côté du célèbre psautier que Louis XYIII fit déposer en 1818 au Département des manuscrits, nous citerons désor- mais le volume que vous offrez à la Bibliothèque, et qui ne se recommande pas seulement par les mérites que je viens d'indiquer sommairement. II a droit, en effet, de prendre place dans les collections de la Bibliothèque en tète d'une série de monuments, également précieux pour l'art- et la littérature, que les moines de Saint-Denis avaient consacrés à nos vieilles traditions religieuses et na- tionales. A l'abbaye de Saint-Denis, comme à la cour des Capé- tiens, l'histoire de l'apôtre de Paris et du monastère qui lui était dédié se confondait avec l'histoire de France. Les Grandes Chroniques témoignent, dans plus d'un endroit, de ces pieuses préoccupations ; mais ce n'était pas dans un ouvrage aussi volumineux que pouvait se satisfaire la cu- riosité des nobles pèlerins auxquels le royal monastère ouvrait si souvent ses portes. De même que Guillaume de Nangis composa une courte chronique pour faire connaître 0 aux hauts hommes et nobles, qui souvent venaient en (1) Je ne parle, bien entendu, que des manuscrits dont la date peut être déterminée par des considérations étrangères au style des peintures et au cnraotère de l'écriture. (2) Voyez Le Cabinet des mantucrils, i, 9. I ■ I su Yis M SAorr Mms Téglise monseigneur Saint Denis, la très haatt gennratitn et les menreillem faits des rois de France (1) »« ainsi d'autres moines s'attachèrent à rappeler, sous une forma abrégée, les principales circonstances de la vie de saint Denis et les marques de protection qu'il avait prodiguées aux rois et au royaume de France. Telle est l'origine du morceau qui forme la première partie du volume donné par vous k la Bibliothèque nalio* nale. L'auteur de ce morceau a soudé à la Vie de saint Denis une continuation qui a pour sujet la légende de saint Saintio et de saint Antonin, évéques de Meaux, la con- version et le baptême de Clovis, la découverte des reliques de saint Denis, les circonstances dans lesquelles Dagobert alla demander un asile à a la povre mesonnette qui estoit sor les cors des gloricx martyrs, » la fondation de l'abbaye de Saint-Denis, la dédicace miraculeuse de l'église et la goérison du lépreux qui en fut le témoin, la vision relative à la délivrance de Tàme de Dagobert, enfin la consécration de Tautel de Saint-Denis et le sacre du roi Pépin par le pape Etienne en l'année 754. Plusieurs textes latins, qu'il sera facile de trouver, ont fourni à peu près tous les éléments de bette compilation, qui eut un certain succès, puisque nous n'en connaissons pas moins de quatre exemplaires à la Bibliothèque nationale : l** Celui auquel votre nom restera attaché. 2^ Le ms. français 2464, du xiii* siècle, venu de Saint- Martial de Limoges ; le récit s'y arrête à la mort de saint Antonin. S"" Le ms. français i9530, du xiii® siècle, venu de Saint- Germain-des-Prés ; au xv* siècle il devait se conserver à Troves. 4"" Le ms. français i3502, du commencement du xiv*^ siècle, (1) Recueil dê$ MsUniêMf jx, 610. ▲TIC f Bnrmn Mi Cette eompitatioo obtint une assez grande vogae pour suggérer à un rimeur Tidée de la mettre en vers : noosla possédons sous cette forme, dans on ms. du \\* siècle (a^1741 do fonds français), dont les dernières pages ont disparu, de façon que la légende s'interrompt au milieu de répisode du lépreux guéri lors de la dédicace de l'église de Saint-Denis. Un peintre fut chargé de retracer les merveilleuses his- toires consignées dans la compilation dont je viens d'indi^ quer le plan. Ses tableaux couvrent les feuillets 39*57 de votre manuscrit. Sur tous les points, jusqu'aux moindres détails, il règne entre le texte et les images la plus exacte concordance. Cette suite de tableaux pouvait apprendre, même aux illettrés, toutes les circonstances de la vie et de la passion de saint Denis, la légende de saint Saintin et de saint Antonin, le baptême de Clovis, les gestes de Dago- bert et la dédicace de Téglise abbatiale. On montrait évi« demment ces peintures aux pèlerins de distinction ; les veis latins qui bordent chaque tableau rafraîchissaient la mé- moire du moine chargé de donner des explications. Une suite de tableaux du même genre se trouve dans le ms. français 13502 ; mais il sont intercalés dans le texte et dépourvus de légendes en vers. Il sera assez curieux de pouvoir étudier comment des sujets identiques ont été compris et interprétés, à un demi-siècle d'intervalle, par deux artistes de la môme école. Saint Denis n'est pas, du reste, le seul saint personnage dont la vie ait fourni, au xiu^ et au xiv* siècle, la matière de manuscrits dans lesquels le texte n'est qu'un accessoire destiné à expliquer les peintures. Entre autres exemples, et sans parler des bibles ou histoires saintes en images (i), je puis mentionner les doux suivants. (1) Voyez ce qui a 6(6 dit plus haut, p. 197 cl p. 907, du Psautier de Peierborough et d'un manuscrit de l*abbaye de Saint-BerUn. 4 952 VIE m SAINT Dons L^hiver dernier, nn voyageur écossais m'a montré quel- ques fragments d'un très curieux manuscrit du commence- ment du xiii* siècle, dont la partie supérieure de chaque page est occupée par des peintures représentant les scènes de la vie de saint Thomas, archevêque de Cantorbéry. Au- dessous des tableaux sont des explications en vers français, qui forment une vie tout à fait différente des deux vies de saint Thomas en vers français qui ont été publiées jusqu'à ce jour. Dans les archives de Téglise de Saint-Quentin de Lou- vain se conserve un rouleau de huit mètres de long, sur lequel sont dessinés les actes de saint Quentin, avec de très courtes légendes en prose française. Il en a été pu- blié un fac-similé lithographique, d'après lequel Texécotion des dessins peut être rapportée au xiv* siècle ({). Mais revenons à saint Denis et aux ouvrages qui furent entrepris pour développer le culte qui lui était rendu, en imprimant à ce culte un caractère national et patriotique. Le livre le plus important qui ait été inspiré par cette idée est la compilation historique qu'un moine nommé Yves rédigea au commencement du xiv* siècle et dont Tabbé Gilles dePontoise fit hommage à Philippe le Long en 1317. Ailleurs (2), j'ai eu l'occasion d'apprécier ce livre, qui est, à proprement parler, une exposition détaillée des rapports de saint Denis avec l'histoire de France, depuis les ori- gines jusqu'à la mort de Philippe le Bel. Le soin qu'on prit d'en faire une traduction française et d'y ajouter de belles et nombreuses peintures, prouve que l'ouvrage s'adressait particulièrement aux princes et aux seigneurs. Nous en connaissons cinq exemplaires : 1° Ms. français 2090-2092. Exenl^plaire qui parait avoir (1) Vie desaint Quentin, d'aprèsun manuscrit conservé aux archives de Véglise de Saint-Quentin à Louuain, par Adolphe Everaerts. Loa- vain, 4874. ln-4 oblong. (2) Notices et extraits des manuscrits^ xxi, 9* parUe, pp. SIO-M. AVBC PEINTURES 953 été présenté à Philippe le Long, et qui fut possédé plus tard par Charles Y. Il contient le texte latin et la version fran- çaise des deux premières parties de Touvrage et est orné de très remarquables miniatures. Le sujet des tableaux est indiqué par des vers latins, qui diffèrent des légendes consignées dans votre manuscrit. 2^ Ms. latin 13836. Autre exemplaire original, dont il ne subsiste plus que les chapitres LYII-CLXYIII de la troisième partie. Ce manuscrit, exécuté en 1317 par Guillaume TEscot, nous ofTre la version française copiée sur les marges, en regard du texte latin, S"" Ms. latin S386. Exemplaire du xiV" siècle, orné de grisailles, qui me semblent avoir été copiées diaprés les miniatures du ms. 2090-2092. C*est le seul de nos exem- plaires qui contienne le texte complet de la compilation. La version française en est absente. 4"" Ms. de Berlin (ms. lat., fol. 83), ne contenant que la troisième partie de la compilation (1). 5® Ms. du Yatican (fonds de la Reine, n^ 695], ne conte- nant également que la troisième partie (2). La compilation du moine Yves fut mise à profit par un auteur, dont je n'ai pu découvrir le nom, qui composa en 1455 un recueil sur la vie et le culte de saint Denis (3); mais ce traité, rédigé en latin, ne dut pas recevoir une grande publicité et ne fut sans doute connu que des gens d'Église. Je ne m*y arrête donc pas, et je termine cette lettre en signalant un livret français, de la seconde moitié du xv« siè- cle, qui avait pour but de réchauffer la dévotion des rois de France à saint Denis, patron du royaume. Nous en avons (1) Voyez Sienzet, dans Pertz. Arcfiiv, II, 77, et Renan, dans Archives des Missions, !'« série, I, 43i. (2) Voyez Renan, dans Archives des Missions ^ i^ série, I, 439, et Berger, Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de RomCt fascicule YI, p. 14. (3) Ce recueil rempUi les fol. 31-83 du ms. latin 17631, venu du couvent des Blancs-Manteaux. S54 VIE DE SA1BT DEIIIS deux exemplaires à la Bibliothèque nationale (1), dignes TuQ et Taulre de fixer votre atteniion. Le premier (ms. français 6868) a été copié ponr Charles VllI^ qui a mis sa signature sur un feuillet de garde, et que le frontispice nous fait voir recommandé à la sainte Vierge par saiot Denis. L'autre (ms. français 24948), dans lequel le texte est un peu plus développé, a sans doute été fait pour Louis XII ; beaucoup.de pages sont ornées de peintures, dont les sujets se succèdent à peu près dans le même ordre que les tableaux des manuscrits du xiii* et du xiv* siècle dont j*ai eu Thonneur de vous entretenir. Précieux par lui-même, le manuscrit dont vous nous avez fait présent vient donc s'ajouter à une série de monu- monts dont il augmente Tintérét en facilitant des rappro- chements curieux pour Thistoire de Tart, de la littérature et du culte national de saint Denis. Il n'en fallait pas tant, Monsieur le Duc, pour que votre don fut reçu avec la plus vive reconnaissance. Je vous en remercie au nom de la Bi- bliothèque nationale, et je m'applaudis d'avoir k inscrire sur le livre de nos bienfaiteurs un nom qui figure avec tant d'éclat dans la plupart des recueils historiques du Dé- partement des manuscrits. Outre le manuscrit qui est l'objet de la précédente notice, et qui porte le n" 1098 dans le fonds français des Nouvelles acquisitions, la Bibliothèque nationale doit à la libéralité de M. le duc de La Trémoille les manuscrits suivants : 1° Peintures du xi* siècle représentant différentes scènes de la vie de saint Aubin. Nouv. acq. lat. 1390. (1) Il faut y joindre le ms. 92 du fonds Donce à la Bodiéicnne, qui, suivant M. Paul Meyer, pourrail bien avoir 6lè fait pour le cardinal d'Amboise, et qui esl intitulé : « S'ensuivent les noms des xii roys de France, dont mencion est taicte en ee présent Unictie, qui ont esté rendre grâces à Monseigneur saina Denis en son égllw et abbaye ea AVEC PEINTURES 265 2* Vie de saint Vincent Madelgaire. Ms. du xi" s. Nouv. acq. lat. 263. 3^ Recueil d'ouvrages historiques, copié au xii" siècle, dans Tabbaye de HautmonC et renfermant, entre autres docu- ments, la partie inédile des Gestes des évéques de Cambrai. Nouv. acq. lat. 264. k^ Cartulaire de Fabbaye de Hautmont. xiii' s. Nouv. acq. lat. i386. 5<» Rôle des biens qui furent assignés en 1329 dans le Coten- tin à Jeanne d*Evreux, veuve de Charles le Bel. Nouv. acq. fr. 1456. 6** Copie d'un recueil de lettres originales du xv* au xvii* s. , provenues des archives de la famille de La Trémoïlle et réintégrées en 1877 dans ce dépôt. — Nouv. acq. fr. 1109. 7^ Lettres originales du xvii's. -* Nouv. acq. fr. 1095. 8« Recueil de documents sur Tabbaye de Maroilles. Nouv. acq. lat. 1385. France des victoires par eulx obtenues en leurs personnes à ren- contre de leurs ennemys, » et probablement aussi un recueil de pièces sur la passion et les reliques de saint Denis^ du xni' siècle, qni a figuré en décembre 1874 sur le Catalogue 293 de Quarilch, p. 55, article 447. X LES ÉTHIQUES, LIS POLITIQUES ET LES ÉCONOMIQUES FARISTOTE TRADOTTES ET COPIÉES POUR LE ROI CHARLES V (1) Aujourd'hui que rimprimerie multiplie les livres dans des proporiioDs que Timagination à grand'peine à suivre, aujourd'hui que, pour une somme modique, nous pouvons réunir les chefs-d'œuvre des littératures de tous les temps et de tous les pays, nous n'apprécions pas suffisamment retendue des services qu'ont rendus à la cause de la civili- sation les fondateurs des bibliothèques du moyen âge. Pen- dant longtemps, les cathédrales et les abbayes étaient à peu près seqles à posséder et à entretenir des collections, dans lesquelles les principaux auteurs de l'antiquité latine trou- vaient place à côté des ouvrages religieux et des composi- tions scolastiques. Le xiv* siècle vit, sinon naître, au moins se développer les librairies royales et princières, entre lesquelles celle du Louvre, à Paris, peut revendiquer le premier rang, ne serait-ce que pour avoir été le germe de notre Bibliothèque nationale. Aussi, tout ce qui se rattache aux origines de cet établissement mérite-t-il d'être recher- (I) Notice lue à rAcadémie des inscripUons, le 3 octobre 1879. 17 268 OUVRAGES d'aristotb ché et mis en lumière avec le soin respectueux dont Jean Boivin nous donnait l'exemple quand, il y a plus de 160aDs, il exposait à T Académie des inscriptions Thistoire de la librairie du Louvre sous le règne de GharlesV et radminis^ tration de Gilles Malet (i). Un point des origines de la librairie du I^ii^re qui a été plus d'une fois touché, mais sur lequel il reste encore beau- coup à dire, c'est l'attention qu'eut le fondateur d'y faire placer la traduction de beaucoup de livres latins de Taoti- quitéaussj bien que du moyen âge. La plupart de ces tra- ductions ont été signalées (2) ; il en reste cependant plu- sieurs à Indiquer, et, pour va'en teqir k ^^ e](emple, je citerai l'ouvrage de Thomas de Cantimpré, Bonumuniver- snle de apibus^ qui fut mis en français pour Charles V, comme on le voit par l'exemplaire original, qui appartient aujourd'hui à la Bibliothèque royale de Belgique (3). Mais ce n'est pas de traductions inconnues des bibliographes que je me propose d'entretenir l'Académie. Je voudrais attirer son attention sur une des plus célèbres traduclions du xiv' siè- cle, sur le travail dont furent alors Tobjet les Éthiques, les Politiques et les Économiques d'Aristote. Nos écoles du moyen âge étudiaient ces ouvrages dans des traductions latines, dont l'origine et la valeur ont été bien déterminées dans le mémoire de feu Amable Jourdain, que l'Académie couronnait en 1817 (4), et dans une disser- tation que notre savant confrère M. Hauréau nous a lue en 1866 (5). Au roi Charles Y revient le mérite de les avoir fait passer dans notre langue par une traduction qui fut com- (i) Mémoires de T Académie des inscriptions^ll^ 747. (2) Yeyes Le Cabinet des manuscrits^ I, 38. (9) Voyez plus baul, p. 226. (4) Recherches critiques sur l'âge et Vorigine des tradnçtiçins Ui(ines ^ÀrisloU, Paris, 1810. ]n-8. ($) Comptes rendus des séances de VAcadémie des inscriptions, année 4866, pp. 14-17. Histoire littéraire de la France, t. XXV, pp. 58^. THADUITS POUR CHARLES V 959 mandée à Nicole Oresme. Charles V voulait se pénétrer, lui et se$ conseillers, des principes soutenus et développés par Aristote. Il n'épargna rien pour qu'une traduction annotée les mit à la portée de tous ceux à qui la langue latine n'était pas assez familière. L'intérêt que le roi prenait k cette entreprise, et notamment à la version française des Politiques et des Économiques, est attesté par des lettres, en partie autographes, que nous possédons à la Biblio* thëque nationale. « Nous faisons translater, dit le roi dans un mandement qu'il a signé et apostille de sa main, le 21 mai 1372, Nous faisons translater à nostre bien amé le doyen de Rouen, maistre NicoUe Oresme, deux livrez, lesquiex nous sont très nécessaires, et pour cause, c'est assavoir Politiques et Yco- nomiques ; et pour ce que nous savons que le dit maistre NicoUe a k ce faire grant peine et grant dilligence, et que il convient que pour ce il délaisse toutes ses autres oeuvrez et besoignes quelconques, voulons que, pour sa dicte peine, et aussi pour ce que il y entende et laisse tomes autres besongnes, quelles que elles soient, vousli bailliez et délivrez tanlost et sans nul delay la somme de deux cens franz d'or. Si gardez, sur toute l'amour que vous avez k nous, et le plaisir que vous desirez nous faire, et si cher que vous doubtez encourir nostre indignacion, que en ce ne faitez faute (1). » — Deux ans plus tard, le 31 aoât 1374, le roi certifiait avoir reçu d'un changeur du trésor une somme de deux cents francs d'or, « lezquieux, disait-il, nous avonz bailliez comptans k nostre bien amé maistre Nicole Oresme, doyen de Rouen, sur sa peinne ou salaire de nous translater deux livrez, lezquiez nous sont trez neccessaires, c'est assavoir Polithiquez et Ycono- miquez (2). » Une œuvre k laquelle Charles Y attachait un tel prix (1) Mandemenii et aeU$ divers de Charlee V, p. 458, n« 989. (3) /M.,p. 8S3,noloei. 260 oovRAGRS d'aristote devait se trouver à la librairie du Louvre. Elle devait y être représentée par des exemplaires de choix, dont la men- tion a bien été remarquée sur les inventaires du xiv* et du XV* siècle, mais dont Texistence n'a pas encore été révélée au monde savant. L'examen d'un volume qui avait été envoyé Tan dernier k TËxposition du Trocadéro me suggéra Tidée de recher- cher quel avait été le sort des copies que Charles Y s'était fait faire de la traduction des Éthiques, des Politiques et les Économiques d'Aristote. L'étude de l'inventaire que Gilles Malet dressa des livres du Louvre me fit proropte- mcnt reconnaître que Charles V avait possédé, en quatre volumes, deux exemplaires des Éthiques, des Politiques et des Économiques. C'était ces quatre volumes qu'il s'agis- sait de retrouver. Sur le premier des inventaires de la librairie du Louvre figurent les deux volumes suivants : Item Eihiques, en un Tolume, couvert de soie à queue et fer- moers d'or, très bien ystorié. Un livre nommé Polithiques et Yconomiques, couvert de soie à queue, à deux fermoers d'argent haschiez des armes de France. Ces deux volumes sont notés dans un récolement posté- rieur comme ayant été remis le 7 octobre 1380 à Louis, duc d'Anjou (1). Notre savant confrère M. Paulin Paris (2) a supposé que le duc d'Anjou, à qui cette copie fut livrée, l'emporta en Italie, qu'elle passa depuis dans la bibliothèque des ducs de Milan, que Louis XII la rapporta en France et qu'il faut la reconnaître dans le ms. de la Bibliothèque (1) Une édition des inventaires de la librairie du Louvre sera com- prise dans le tome III du Cabinet des manuscrits, (2) Les manuscrits français, II, 195 et 196. TRADUITS POUR CHARLES V 261 nationale aujourd'hui n"* 204 du fonds français, jadis n^ 6860. Mais il n'y a rien dans Tapparence du ms. 204 qui justifie cette hypothèse. D'ailleurs, la copie des Éthiques, des Politiques et des Économiques qui se trouve dans le DIS. 204 n'a jamais formé qu'un volume, tandis qu'il y en avait deux à Texemplaire dont j'essaye de suivre la trace. Le volume que M. le comte Louis de Wasiers avait envoyé au Trocadéro, et qui renferme les Politiques et les Economiques en français, me parut, au premier coup d'œil, remplir les conditions que devait présenter un livre fait pour Charles Y : les armes de France y sont répétées jusqu'à sept fois, et parmi les peintures dont il est orné, huit sont encadrées de ces bordures tricolores qu'on re- marque sur un assez grand nombre des manuscrits de Charles V. Ces indices caractérisent suffisamment un vo- lume de la librairie du Louvre. Pour achever d'établir que telle était l'origine du volume en question, je voulus savoir quelles en avaient été les vicissitudes. Avec son exemplaire des Politiques et des Économiques, M. le comte de Wasiers avait exposé deux beaux mss. fla- mands du XV* siècle, remplis de grisailles et présentant tous les caractères auxquels on reconnaît les livres des ducs de Bourgogne et de leurs plus riches vassaux : le Traité des quatre dernières choses, tradiyt par Jehan Mielot,et la Passion de saint Adrien, traduite par le même écrivain en 1458. L'origine de ce dernier volume ne repose pas sur de vagues conjectures ; les e minuscules affrontés et enlacés que l'enlumineur a peints sur les marges sont des indices irrécusables, et d'ailleurs le volume est enregistré de la façon la plus expresse sur l'inventaire dressé à Bruges après la mort de Philippe le Bon (i). Dès lors il était na- (1) « Ung autre livre en parchemin, couvert d*ai8 blans, intiiulé an dehors : la Passion saint Adrian, comauçant au second feuiUet à Uun dieux, el au dernier glorieux marlir. » Barrois, Bibliothèque Tfroiypographique, p. 136, article 814. I Mf0l iê fld Aêtuafidèr si le niËfliiserit des PdlMltaêi et «es Ëeooômiqdes n'a? ait pas été égalettefit ooâMrfé dâss là mène bibliothèque. Pour m'en âssoref , )e ptfeetifQâ les inventaifee manoscrits ou imprimés qui peavent être coa- inltés à Pftris, et je remarquai Tarticle eonsâcré à un exemplaire deft Politiques daos FinveAtaire dreesé k Dijon le 91 juillet 1420 et dans rinventaire dressé à Bruges rers Tannée 1467. Le premier porte : Item ung autre livre nommé Politiques, escripi en parchemid, de lettre ronde, grosse et menue, i quatre colonnes, his- torié et enluminé, commençant ou ii" fueillet mais se ce estoity et ou derrenier bien mes, couvert de satin vermeil, à deux fermouers d'or (1). On lit dans le second : Ung autre livre en parchemin, couvert d*ais, de satin figuré de vert, bien cloué de cloutz dorés, intitulé au dehors c'Kst le uvRC Ds f OLrriQVBS, comançant au second feuillet mais se ce estoity et an dernier bien mais que elle (2). Ces deux articles s'appliquent de tout point au manuscrit de M. le comte de Wasîers et ne peuvent convenir qii*à loi seul. Il n'est pas jusqu'à la mention de « satin figoré de vert » qui ne s'applique à merveille au voluise dont j'en- tretiens l'Académie : de minces débris d'une élofTe en soit verte sont encore fixés au feuillet de parchemin qui est collé à la Abi eontrele plat de la couverture^ Un autre document confirme la justesse du rapprcNnb»- ment que J'ai établi entre les articles précités des inven- taires des ducs de Bourgogne et de l'inventaire de Gilles (1) Article XXIV de cet luvenuire, a la fin do it»« fS7 dé la eofiee" lien des cinq cenu de Colberi, a la BiM, oat. (3) BaiTois, Bibliothèque protypograpMquê^ p, U7, fl« 911. TRADUITS POUR CHARLES V 263 Mâlet. Sui' rétat des livres 4bi {iiteut t^tivës, éh 1404, dans la succession de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, CD remarque un exemplaire des Politiques dont les fer- moirs dénotaient une origine royale : Item le livre appelle PoUitiques, fermant i fermaulx d'or, armoiez aux armes du roi (1). A n*en pas douter, la copie des Politiques et des Éco- nomiques qui appartient aujourd'hui à M. le comte de Wasiers et qui était conservée au xv* siècle dans la biblio- thèque des ducs de Bourgogne, est bien le volume que le comte d* Anjou avait pris au Louvre le 7 octobre 1380 et qui avait été exécuté pour Charles Y. Ce volume était le second tome d'un exemplaire dont le tome premier renfermait les Éthiques. Comme le duc d'Anjou s'était fait livrer en même temps les deux volumes, il y avait lieu d*espérer qtiMls étaient passés Tun et l'autre chez les ducs de Bourgogne. En effet, sur Tinventaire dressé à Dijon en 1420, immédiatement après Tarlicle relatif aux Politiques que j'ai cité tout k Theure, nous Usons : Item ung autre livre nommé Éthiques, escript, historié et enluminé semblablement, commençant ou ii* fueillet très qui trééy et ou derrenier la puissance^ couvert d'un drap de sôye ouvré, & deux fermouers d'argent dorez, esmailliez aux armes de mon dit seigneur (i). Le livre ainsi décrit se retrouve sur l'inventaire dressé à Bruges ve^ Tannée 1 467 : Ung autre livre en parchemin, couvert d'ais et de satin figuré violet, intitulé au dehors c'est le livre nomé Etiques et (i) Peignot, Catalogue dCune partie du livres composant la biblio* théque des ducs de Bourgogne au XV siècle, secoude édition, p. 81. (2) Article 2S de l'inventaire de la librairie du duc de Bourgogne, dressé à Dijon en 1490, à la fin da ms. If7 de la ooUectioQ des cinq cents de CoUiert. 264 OUTRAGES' d'aRISTOTE Politiques, comançant ou second femllet quitrei sowent, et au dernier la puissance (1). li est mentionné avec des détails encore pins précis sar un inventaire de Tannée 1485: Item ung livre en parchemin, de moult bonne et riche lettre, illuminé d'or et d*azur, couvert de satin figuré violet, garni à chascun costé de cincq doux de cuivre doré, les cloans aussf de cuivre doré aux fusilz, et de tissu noir de moir, et est le dit livre intitulé : Cy quemence la translaqon des livres de EnCQUES ET POLITICQUES, TRANSLATEZ PAR MAISTRE Nicolas Oresme, quemenchant ou second feuillet cens qui très souvent sont es livres^ et finissant ou dernier feuillet de Nostre Dame de Rouen, Van de grâce MCCCLXXII (2). J*ai eu le plaisir de le reconnaître dans le ms. 9505 de la Bibliothèque royale de Bruxelles, qui non seulement répond avec la dernière exactitude aux indications du ca- talogue de Gilles Malet et k celles des inventaires de la librairie des docs de Bourgogne, mais encore offre la res- semblance la plus frappante avec le volume du comte de Wasiers : mêmes dimensions, même disposition du texte et des commentaires, même caractère d'écriture, même genre de peintures, mêmes encadrements tricolores (3). En réunissant le ms.9505 de Bruxelles au manuscrit du comte de Wasiers, nous avons donc au complet Tu n des exemplaires que Charles V s'était fait copier de la traduc- tion des Éthiques, des Politiques et des Économiques d*Aristote. Cet exemplaire, composé de deux volumes in-folio, assez épais, était un livre de bibliothèque, qu'on devait lire et consulter sur place. Le roi voulut en posséder un autre exemplaire plus maniable, pour remporter dans (1) Rarrois, Bibliothèque protypographique^ p. 147, n« 912. (i) Ibid,, p. ^6, n» 1613. (3) On trouvera k lasuile de celle noiice la description du ms.9S06 de Rnixelles et du maDuscrit de M. le comte de Wasiers. TRADUITS POUR CHARLES Y 26K ses voyages et Favoir sous la main toutes les fois qu'il aarait le loisir ou le besoin d'y recourir. Ce second exem- plaire, en deux volumes comme le premier, est ainsi enre- gistré sur Finventaire de Gilles Malet : Un livre nommé Ethiques, couvert de soie blanche et vert à queue, très bel, bien ystorié et escript, à fermoers d'or esmaillez de France. Un très beau livre de Polithiques et Yconomiques, très bien escript et ystorié, couvert de soie ynde à queue et fermoers d'or. Il n*y aurait pas là d'éléments suffisants pour identifier Texemplaire visé par Gilles Malet. Heureusement un inven- taire dressé en 141 1 par les soins de Jean Le Bègue est beaucoup plus explicite. Nous y lisons : Item un livre nommé Ethiques, couvert de soye blanche et vert â queue, très bel, bien historié et escript, à deux longs fermouers d*or esmaillez de France, de menue lettre de forme, en françois, et à deux coulombes, commençant ou deuxième fueillet E brief car en grec, et ou derrenier le livre de Polithiques, et est signé Charles. Item un très beau livre de Polithiques et Iconomiques, très bien escript, en françois, et historié, couvert de soye inde à queue et fermouers d'or (1) armoiez de France, de lettre de forme, à deux coulombes, commençant ou second fueillet quant ung homme^ et ou derrenier homme est naturelment. Les mêmes indications se retrouvent dans les inventaires de la librairie du Louvre rédigés en 14i3 et en 1424. Le dernier de ces inventaires nous apprend qu'après la mort de Charles VI les deux volumes des Éthiques et des Poli- tiques furent prisés chacun 16 livres (environ 128 francs (1) L'inventaire de Tannée 1424 (ait remarquer que ces fermoirs n'étaient que dorés : « Fermouers que I*on dit estre d*or, et toutefois ils ne sont que d'argent. » Inventaire de la bibliothèque du roi Charles VI, éd. Douet d'Arcq (Paris, 1867, ia-8}, p. 44, art. 147. 269 ÔUVftAéÉS D'AklSTÔtl dé tùite ffiofittaie, Vàlettf ItttriAM&qde), et qu'ils dttféâl ètrt ôOmpriâ dans un magnifique lot dé livrés dôdt lé due de Bédford àé ât mettre eu pdsâéàsloft lé 22 jtfin 4429 et pour lesquels il paya une somme de 1,200 francs (entifon 9|600 francs de notre monnaie), affectée à Texécution des monaments funéraires de Charles VI %i dlsab€aii de Bavière. Aé^té k savoir quelle route oitt «ùifie depuis 141S les deux vûlùtties du second exemplaire des livres d*Aristote traduits et copiés pour Charles V. D'après les inventaires des années 1411, 1413 et 1424, nous savons que^ dans cet exemplaire, le second feuillet du volame des Éthiques commençait par les mots £ briefcar en grec^ et le deuxième feuillet du volame des Politiques par les mots quant^n homme. Eu liftâilt léâ auéiefls iiitenUiréd de la libirairie de§ dff($ dé Bôur^fO^fie, j'y notai Mè copié des Éthiques dfint le deuxième feuillet commençait par É brief 6ar en gtéâ^ et une copie des Politiques dont le deuxième feuillet éotd- mençait par quant un homme. Inventaire dressé ven Inventaire dressé Tannée 1467 en 1487 1. Vnt sêtrs livré en parebe* i. Urig autre Uvre eonverl de aùïi couvert d'ais blans^ drap damas hlane^ à dstx intitulé au dehors : Cest lb eloans d'argent, historié et LIVRE d'Ettgques LEQUEL FIT intitulé : Les ErmcES d'Aris- FERE TRÈS HAULT ET TRÈS TOTE, COmOUÇant OH SOCOnd ExCEUiEMT PRINCE Charles feuUIet E brief car en grec, LE Quint y comançant au et finissant ou derrenier second feuillet E brief car Raoulet â!Orlienë , Van éfi gtec, et au dernier lé MCCC soixante seize (2). lii)ré de politicques (1). 2. Ung autre livre en parche- 2. Ung autre livre couvert de minv couvert de sandal ver- drap damas rouge, i deut (1) Barrois, Èibliolh. protypographiqué, p. 117, n* 91^. (S) tbid., p. ft4^ n« 2068. aieil, ilHhilé M delloft : doans Aê I0IO1I, biêli fkbe- Ctir U um 01 Pou« ment hisloriéi et Intitulé : ncQuis, comânçaDt au le-* Les PourtQUBe p'AïusTofft tiônd feuillet après la table kn Fiuifçoigy tomeûchaitt quant ung hamôf et au ou second feuillet coman dernier hotm est nàtwréir- ung home^ et finissant on ment{i], derrenier contenant huit livres (2). Les volumes «iosi désignés étaient, k o*en pas douter, eêux que je cherchais comme ayant primitivement appaN tenu k Charles V. Il était donc évident que ces volumed se trouvaient encore en 1487 dans4a librairie des ducs de Bourgogne. En visitant récemment les grandes bibliothèques de la Belgique et de la Hollande, j*avais bien Tespoir d'en retrouver les traces dans les dépôts qui ont recueilli les principaux débris des collections de Charles le Téméraire et de ses prédécesseurs. Mon attente n'a pas été trompée. A Bruxelles, M. Rueleos m'a mis entre les mains le ms. llfOl de la Bibliothèque royale, petit volume renfermant les Politiques et les Économiques, dsns lequel je lus les mots quant ung homme au haut du second feuillet, et les mots homme est naturelment au haut du dernier. C'était incontestablement le second tome de l'exemplaire portatif d'Aristote à l'usage de Charles Y. Un eitamen plus appro- fondi m'y fit retrouver tous les détails énoncés dans les inventaires précédemment cités. Si cette preuve n'était pas par elle-même absolument décisive, le volume nous aurait donné le moyen d'y suppléer. En effet, il porte, pour ainsi dire à chaque page, l'empreinte de sa royale origine, no- tamment aux feuillets 36 et 77, qui sont ornés de peintures à encadrements tricolores, et il a été exécuté par Raoulet d'Orléans, le copiste attitré de Charles V et des princes du sang. (I) Barrois, Biblioth. protyfM>graphique, p. 147, n« 913. (1) IHd., n* M7. 468 OUVRAGES d'aRISTOTB Quant au premier tome de ce petit Aristote, que pous avons laissé en 1487 dans la saccession de Charles le Téméraire, il est arrivé, après bien des vicissitudes, dans le cabinet du baron de Westreenen, à La Haye. C'est là que, grâce à Tobligeance de M. Campbell, j*ai pu Téta- dier et constater, d'uoe part, quMI répond à toutes les éoonciations des anciens inventaires ; d'autre part, qu'il est, en réalité, le complément du ms. 11201 de Bruxelles. Je dis qu'il répond aux énonciations des anciens inven- taires : car il est. « très beau, bien historié, écrit de menue lettre de forme, à deux colonnes ; le second feuillet commence par les mots E briefcar en grec^ et le dernier par les mots le livre des Politiques; enfin, sur la dernière page, les traces de la signature de Charles Y sont encore parfaitement visibles, malgré le grattage auquel elle a été soumise. J'ajoute qu'il est bien le frère du manuscrit conservé Bruxelles, sous le n^ 11201. Comme lui, il est haut de 220 millimètres et large de 155 (1) ; comme lui, il est orné dMnsignes royaux, d'un écu fleurdelisé, porté par deux séraphins, à moitié effacé, au bas du fol. 5 ; comme lui, il a été copié par Baoulet d'Orléans, en 1376. A elle seule, cette dernière circonstance suffirait pour nous faire préjuger que nous avons sous les yeux un volume exécuté pour Charles Y. De pièces de comptabilité, dont il nous reste de trop courts extraits, il résulte, en eiïet, que le roi Charles Y s'adressa à Baoulet d'Orléans pour avoir une copie de la traduction d'Aristote, et que cette copie était en cours d'exécution en 1376 (2). (i) Le maDuscrit de BruxeUes a 230 millimètres de hauteur et ISO de largeur. La dilTéreace entre ces mesures ef celtes du manus- crit de La Haye tient à ce que les marges ont 6lô plus ou moins alleinles par le couteau des relieurs à Tépoque moderne. (2) Le Cabinet des manuscrits, T, 36. L^extraitde compte qui nous est parvenu porte MCCGLXXI; mais il faulccrUinement lire HGCCLXXVl. La traduction de Nicole Oresmc était à peine commencée en 1371. TRADUITS POUR CHARLES V 269 Voilà doDC auihentiquement retrouvés à Paris dans le cabinet de M. le comte de Wasiers, à Bruxelles dans la Bibliothèque royale, et à La Haye dans le musée Westreenen, les quatre volumes des deux exemplaires que Charles V a possédés des Éthiques, des Politiques et des Économiques d'Aristote en français. De son cAté, la ville d'Avranches a recueilli, dans les dépouilles de Tabbaye de Mont-Saint- Michel, la copie des Politiques et des Économiques qui a appartenu à Henri Oresme et sur laquelle ont été succes- sivement consignées, à plusieurs reprises, les difTérentes couches il*additions et de corrections qui correspondent aux divers états de Tavancement du travail de revision et qui ont permis de distribuer en trois familles les nombreux manuscrits de cet ouvrage (1). C'est à ces sources que devront désormais puiser les phi- lologues, les historiens et les philosophes, quand ils vou- dront goûter dans sa pureté naïve le travail de Nicole Oresme. L'importance de ces textes justifiera, je Tespère, la longueur du voyage que je vous ai fait faire, Mes- sieurs, pour en découvrir les exemplaires vraiment originaux. Puisse un tel résultat montrer combien il est utile de rechercher les volumes de Tancienne librairie du Louvre, que les caprices du hasard ont dispersés loin du dépfri qui en est le représentant légitime et direct. C^est pour nous une occasion de rendre encore une fois hommage (1) Voyez à ce sujet un mémoire inséré dans la Bibliothèque de PÉcole des chartes, année 1860, 6« série, l. V, p. 601. et reproduil la fin du lome II de mon Inventaire des manuscrits français, — Aux exemplaires de la Bibliothèque nationale que j*ai passés en revue el à ceux qui font Tobjct de celte notice, il convienl d'ajouter le volume qui forme les n<» 9039 el 9090 de la Bibliothèque royale de Belgique et qui renrerme à la fois les Éthiques el les Politiques. Dans ce manuscrit le texte des Politiques paraît appartenir à la deuxième famille. J'y ai noté comme premiers mots du second feuiUet au premier chappUre, ou bien plus dure et en^ si on ne tient pas compte de la table. S70 ouvEA^Bs d'aiistotb à Tamour de Charles V pour les lettres, et de reconnaître le service qu'il a rendu k $e8 contemporains eU la pûM<^ rite eq aoiassaQt up trésor bibliographique, dont lai moindrea- fragments sont à garder comme de pr^ieuses reliquei^t Notre gratitude doit encore s'éiaodre aux auteun qui ont entendu Tappel d'nn roi curieui: d'avoir eo fran- çais les meilleurs livres latias« et aux gardes, tels que Gilles Malet et Jean le Bègue, dont les inventaires sont pour nous des fils conducteurs, à Taide desquels nous pouvons* apr^s uue révolution de cinq siècles, rétablir Tordre aociea et reconstituer Fétat civil des volumes les plus dépaysés et les plus mutilés, si bien qu'en donnant par on eflbrt dlmagination à notre jurisprudence moderne un effet ré- troactif et un caractère international, nous serions fondés! réclamer aux possesseurs actuels les deux manuscrits dont le duc d'Anjou donna un récépissé à Gilles Malet, le 7 oc^ tobrel380. N'est-il pas juste aussi de payer un tribut d^admîratioa aux copistes, dont la patience et Thabileté, tant de fois vantées, ne sauraient être assez exaltées, puisqu'au prix de labeurs opiniâtres, ils nous ont transmis Théritage lilté^ taire et scientifique de l'antiquité et du moyen Age. Qu'il me soit donc permis, à propos des manuscrits dont je vous ai entretenus, de recommander à votre attentiot, Messieurs, le nom d'un copiste qui peut être associé à celui de Nicole Oresme, puisque nous lui devons le plus élégant exemplaire de la traduction et des commentaires des Éthiques, des Politiques et des Économiques d'Aris- tote. 11 s'agit de Raoulet d^Orléans, qui partagea avec Henri du Trevou Thonneur de copier les plus beaux livres de Charles V. Un heureux concours de circonstances nous a conservé une partie considérable de l'œuvre de ce copiste, qui fut une des gloires de l'école calligraphique de Paris dans la seconde moitié du xiv* siècle. I I Les livres sur lesquels j'ai relevé le nom de Rapulet d'Or- léans (1) sont au nombre dâ Q^uf, Le plus ancien était une Ikralilé dai Bobln hommes et des gens du peuple sur le jeu des éehees, lermiiiée par ces mots : « Et fu escript de Raoulet d^Ofléans, Taa de grâce mil III c LX et VU. » L'existence en est attestée par une copie du XV* siècle, ms. français! 169 de la BibK nat., dans laquelle a été servilement reproduite la souscription de l'exemplaire exécuté en 1367 (2). En i371, Gervais Chrétien, premier physicien de Charles V, confiait à Raoulet d'Orléans le soin de copier une relation des voyages de Jean de Mandeville, qui prit place dans la librairie du roi et qui fait aujourd'hui partit des collections du comte d'Ashburnham. On Ut k la fin : « Escript par Raoulet d'Orlicns, Tan de grâce mil GGCLXXI, le XYIII jour de septembre (S). Un autre serviteur de Charles V, Jean de Vaudetar^ s'adressa pareillement à Raoulet d'Orléans, pour copier radmirable bible qu'il offrit à Charles V, le 28 mars 1379, et que le baron de Westreenen a eu la bonne fortune de re- cueillir (4). Le copiste, en terminant ce volume, qui n'a pas moins de 1160 pages, à deux colonnes, a tenu à nous avertir qu'il avait précédemment eopié trojs autres bibles, plus une demi-bible : ,.. Raoulet d'Orliens qui Tescristi Qui rent ^açes à Jbesu Crist Et dit, puisqu'il issi d'enfance, (t) Je ne saurais dire si Raoulel d'Orléans sa raUaelialt à la feiniil# des peintres Jean et Girard d'Orléans dpqt s'eîit occupé H. TabM Yaleiitin Dufour, dans le volume iniitulô Une familU de peintres Vâr'uiens aux XIV et XV siècles. Paris, 1877. In-8. (i) Voyez mon Itwetiêaire âes mnnu^mtâ frangeais 4§ k$ JNM* Hit-» t. H, p. 343. (3) md., pp. 349 et 343. (4) Voyez plus haut, p. 224. 272 OUVRAGES d'aristote Que c'est la quarte pour certain Qull a escripte de sa main, Et la moitié d'une pour voir. Que Ten doit bien ramente?oir, . Qui fu faite pour excellans Princes Charles, le roy des Frans, Que Diçux vueille si bien conduyre Qu'ennemy ne li puisse nuyre. En 1376, Raoulet d'Orléans travaillait pour Charles Va l'exemplaire portatif des Éthiques, des Politiques et des Économiques en français, dont les deux volumes, comme je Tai dit tout à Theure, sont aujourd'hui partagés entre la Bibliothèque royale de Bruxelles et le musée Meer- manno-Westreenien de La Haye. Beaucoup plus tard, en i 396, il achevait, pour Louis, duc d*Orléans, un volume du Miroir historial (ms. français 312 de notre Bibliothèque nationale), à la fin duquel il mettait son nom et deux méchants vers : a Escript par Raoulet d'Orliens, Tan mil trois cens quatre vins et seize. » Parfait, à Dieu grâces rendy, De juing le premier vendredy. Enfin, à des dates incertaines, il signait une copie da Pèlerinage de Tâme (ms. français 12465 de la Bibliothèque nationale), il ajoutait une oraison en versa un livre d'heures que possède le Musée britannique (add. ms. 15420), et il transcrivait pour Jean de Langres, émailleur, une tra- duction en vers de la Consolation de Boêce que la Biblio- thèque nationale a acquise en 1872 (1). Ainsi, nous possédons, ou du moins nous connaissons, treize volumes, dont plusieurs forts gros, qui ont tous été (1) Voyez mon Inventaire des manuscrits français de lu Bibl. nat, t. II. pp. 341-343 et 344. TRADUITS POUR CHARLES V 373 copiés par le même calligrapbe, et par un calligraphe du plus grand talent. Ce n'est là vraisemblablement qu'une faible partie de la tâche accomplie par cet infatigable écrivain. Les souscriptions rimées qu'il a ajoutées à quel- ques-uns de ces volumes nous laissent entrevoir avec quelle étonnante rapidité il exécutait toutes ces copies, merveil- leuses de régularité, d'élégance et de finesse . II y a donc une véritable exagération à supposer, comme on le répète souvent, que la copie d'un grand manuscrit de de nos bibliothèques représente toute une vie de travail. Nous n^en devons pas moins admirer les œuvres accomplies par les copistes, et recueillir pieusement les noms des scribes, religieux ou laïques, qui ont également bien mérité de la science, soit qu'ils aient, pendant les pre- miers siècles du OQoyen âge, vécu obscurément au fond des cloîtres, soit qu'ils aient, à partir du xiii® siècle, peuplé ces ateliers, cléricaux ou bourgeois, où venaient affluer, les commandes des prélats, des professeurs, des princes ou des rois. Les uns et les autres ont également droit à notre respect : ils ont été les précurseurs des grands typographes du xv« et du xvf siècle; ils ont, comme ceux-ci, beaucoup hh pour le maintien, le progrès et la propagation des connaissances humaines. Comme pièce justificative, je publie la description des quatre manuscrits qui ont donné lieu à la notice qu'on vient de lire. Les Éthiques en français. Ms. 9505 de la Bibliothèque royale à Bruxelles. Volume sur parchemin, de 224 feuillets, hauts de 327 milli- mètres et larges de 225. — Le texte est copié en assez gros caractères sur deux colonnes fort étroites, puisque chacune d'elles n'a guère plus de 25 millimètres de largeur. Les com- 18 274 OUVRAGES d'aristotb mentaires, en caractères plus menus, disposés au haut, en bas et sur les deux c^tés des pages, forment des encadre* ments analogues à ceux des livres de droit civil et canon qui servaient dans les écoles du mojen âge. Fol. 1. Fol. 373. Livre I des Économiques, Fol. 384. Livre IL TRADUITS POUH CHARLB8 V 277 Le texte de ce manuscrit doit être rattaché, sans aucune hési- tation, à la première famille des copies des Politiques et des Economiques, celle qui nous offre Tétat primitif du travail de Nicole Oresme et dont le seul représentant jusqu'ici signalé était le manuscrit français 9106 de la Bibliothèque nationale, exécuté pour le duc de Berry. Les seules diffé- rences qu'il importe de signaler, c^esl que le manuscrit de M. le comte de Wasiers ne renferme point les tables et les glossaires spéciaux qu'on trouve dans le ms. 9106 à la fin des livres III, lY et V ; mais il contient, à la suite du livre VIII, une table des notables choses et un glossaire par-» ticulier, qui manquent dans tous les exemplaires de la Biblio- thèque nationale, et que j'ai eu l'occasion de remarquer au fol. 311 du ms. d'Avranches Les peintures, qui ne forment pas la partie la moins intéres- sante du volume de H. le comte de Wasiers, sont au nombre de dix-sept. Je vais les indiquer en peu de mots. Fol. 1. Petite miniature à encadrement tricolore : Nicole Oresme écrivant sur un rouleau ; fond rougeàtre, lozangé, avec une fleur de lis dans chaque lozange. — Au bas de la page, écu d*azur à fleurs de lis sans nombre. Fol. 3 Y*, Grande peinture, divisée en trois bandes, dans cha- cune desquelles est représentée Fune des trois policies cor- rompues : Tyrannie, oligarchie, démocratie. Fol. 4. Grande peinture, en trois bandes, où sont représen- tées les trois saines policies : Royaume, aristocratie, tymo- cratie. Fol. i v^. Petite miniature à encadrement tricolore : l'auteur offrant son livre au roi Charles Y. Fol 32 v^. Deux miniatures, à encadrements tricolores, à fonds fleurdelisés, Tun bleuâtre, Tautre rougeàtre. — La pre- mière représente « Socrates » et a Plato ; » le seconde, « Felleas. » — Au bas de la page, deux écus d*azur à trois fleurs de lis d'or. Fol. 33. Miniature à encadrement tricolore, contenant l'image de c Ypodamus. » — Au bas de la page, écu d'azur à trois fleurs de lis d*or. Fol. 75. Tableau divisé en quatre compartiments encadrés de 978 ÔOVftACBS D*AAIST0TK bftiides tricolores. Je ne puis définir les quatre scènes re- présentées sur ce tableau ; l'équivalent s'en retrouve, avec quelques variantes, dans Texemplaire de la Politique qui vient de la bibliothëqae du duc de Berry, ms. français 9106 de la Bibliothèque nationale, fol. 68. — Au bas de la page, deux écus d'azur à trois fleurs de lis d'or. Fol. 128. Grand tableau divisé en six compartiments, dans lesquels se voient la bonne et la mauvaise policie des pauvres, des moyens et des riches. Fol. 173. Grande peinture, représentant, d'une part, une « sedicion ou conspiracion occulte, » pendant une fête de de la cour, et, d'autre part, une c sedicion apporte, i pen- dant que le prince est enfermé dans son château. Fol. 232. Grande peinture, représentant les travaux des champs. Fol. 256. Grand tableau divisé en six compartiments : dans les trois du haut sont les états qui font partie de la cité : « Genz d'armes, genz de conseil, gent sacerdotal ; » dans les trois du bas, les états qui ne font pas partie de la cité : 0 CuKiveus de terre, genz de mestier, marcheans. > Fol. 329. Trois petits tableaux à encadrements tricolores : « Trop dure discipline^ — Bonne discipline pour les armes, -^ Bonne discipline pour bonne meurs. » — Au bas de la page, écu d'azur à trois fleurs de lis d'or. Fol. 373. Tableau représentant, d'une part, un laboureur à sa charrue, d'autre part, une paysanne dans sa chaumière filant sa quenouille et allaitant un enfant. Fol. 384* Petite miniature à encadrement tricolore, repré- sentant une bénédiction nuptiale. Les Éthiques en français. Manuscrit du Muséum Heermanuo-Weslreaiiianum à La Haye. Petit volume sur parchemin, dont les feuillets non chiffrés sont hauts de 2^ millimètres et larges de 155. TR4D17IT$ POUE CBARlfBS V S79 FoK !• Exposition do quelques mots obseurs'. « Pour ceste science plus clerement entendre.,. 0 — Le fol. 2 commence par les mots « E brief, car en grec ilz sont escriz en diverses manières... » Fol. 5. < Ci commence le livre de Ethiques, et premièrement le prologue du translateur. En la conflance de l'ayde de Nostre Seigneur... » Sur la deroiëre page, qui commence par les mots : c le livre de Politiques, qui ensuit cestui et joint à luy..., » 00 lit cette souscription finale : < Ci fine le livre d*Ethiques, lequel fit faire très noble, très excellent et vray catholique prince Charles le quint par la grâce et loenge de Dieu roy de France, et Tescripst Raoulet d*Orliens, Tan MCCCLXXYI. Deo gracias. 9 Suivait une note tracée et signée de la main de Charles Y, laquelle a été effacée. On y a substitué le nom do PHILIPPE DE CLÈVES. Voici l'indication des peintures, qui toutes sont remar- quables : Sur le fol. 5, au commencement du texte, peinture à deux compartiments. — Dans le compartiment supérieur, Nicole Oresme offre son ouvrage à Charles Y, dont le portrait est reconnaissable. Ces paroles sortent de la bouche du roi : « Dedi cor meum ut scirem disciplinam atque doctrinam . » Paroles mises dans la bouche de Nicole Oresme : a Accîpite disciplinam magis quam pecuniam, et docirinam magis quam thesaurumeligile. 9 — Dans le compartiment inférieur, la Félicité humaine, avec cette devise : a Stans omnium bonorum agregacione perfectus. » — Au bas de la page était Técu royal, supporté par deux séraphins. En tète du livre II, la « Vertu 9 entre « Bonne volonté » et « Cognoissance. » — « Le Vice excès, » et « le Vice def- faute 9. En tète du livre m, peinture à deux compartiments. — Dans le compartiment supérieur, trois cavaliers < trop hardi, preux, couart, » symbolisent « oultrecuidance, fortitude, couardie. » — Dans le compartiment inférieur, c désattrem- pancCi attrempance, insensibilité. > 280 OUVRAGES d'aristote En iéte du livre IV : « Prodigalité, foie largesce, libéralité, avarice, convoitise, » dont les caractères sont aiosi définis : 1 € Donner sanz raison, despendre oullre mise ; » 2 c Donner par raison, prendre selon raison; » 3 c Prendre onltre raison, retenir contre raison ; 9 4 c Prendre oultre raison, donner et despendre sanz raison et à mauvaise fin. » En tête du livre Y, peinture à deux compartiments. — Dans le compartiment supérieur, c Justice légal, » ayant sous son manteau les sept vertus. — Dans le compartiment infé- rieur, à gauche la « Justice distributive, t et à gauche la n Justice commutative, o qui doivent la première « départir à chascun selon ses mérites, » la seconde « rendre à chascon le sien. » Sous la Justice commutative sont deux scènes dont les personnages sont les « advocas et tesmoins, » et qui sont intitulées « Discussion > et a Execucion. » En tête du livre Yl, a Science, Art, Prudence, Entendement, Sapience. o La Sapience a pour attributions : « Mémoire des choses passées, Ordenance des présentes, Provision pour celles à venir. » En tète du livre YII, dans le haut a le Continent » et « Tlu- continent, » entre a Raison i et « Concupiscence. » Dans le bas « le Yertueus d et « le Yicieus, » également entre c Raison » et a Concupiscence. » En tète du livre YIII : « Amislé pour proffît, Amisté pour delectacion, Amisté selon vertu, Amisté entre prince et subjez, Amisté entre parens, Amisté entre mariez. » En tète du livre IX, peintures à trois compartiments, dont le sujet est expliqué par ces légendes inscrites, en haut : a Merci filz, Merci père; » au milieu, a Merci filz, Merci je te délivre ; » et en bas : « Merci je te delivray. Merci père. • En tèle du livre X, très beau tableau représentant la a Félicité contemplative. » J'ai cité plus haut quelques articles d*anciens inventaires d*où il résulte que ce volume a été fait pour la librairie du Louvre, qu'il y resta jusqu'en 1425, qu'il fut 'alors estimé 16 livres et adjugé au duc de Bedford, enfin qu'il était dans la librairie des ducs de Bourgogne en 1467 et en 1487. } TRADUITS POUR CHARLES V S81 Leg PcUiiques et les Économiques en français. Ms. 11201 de la Bibliothèque royale à Bruxelles. Petit Tolume sur parchemin, de 399 feuillets, hauts de 230 millimètres et larges de 150. Fol. 1. n Ci commence le livre de Politiques ouquel Aristote traicte et détermine des manières de ordener et de gou- Terner les dlez et les grans communitez, et contient Vin livres particuliers. » — Au haut du second feuillet du texte : « quant un homme a la souveraine... 0 Fol. 359 v^. « Ci comence le livre de Yconomique. » Fol. 383. a Cy fenist Yconomique, et ne convient ja faire table des notables. . . » Fol. 384. « Par les intitulacions des livres et des chapitres... » Fol. 384 V*. « La table des notables. » Cette table comprend les articles Action — Vivre delictablement. — Fol. 399 v«. • Ci fenist la table générale de tout le procès du livre de Politiques, contenant VIII livres. 0 Les premiers mots du dernier feuillet (fol. 399) sont : c homme est naturelment enclin... 9 Ce volume a dû être copié à peu près en même temps que le précédent (Exemplaire des Éthiques conservé à Là Haye au Muséum Meermanno-Westreanianum), qui est daté de 1376; comme lui, il a été exécuté par Raoulet d'Orléans, qui a mis cette note au bas du premier feuillet : c Je Raoulet d*Orliens, qui Tescri, ay mis le texte premier, ainsi signé T; et après la glose s'ensuit, ainsi signée 0, qui fait Oresme. » — Le ms. 11201 appartient à la première famille des ma- nuscrits des Politiques et des Économi(|ues de Nicole Oresme. Suit la table des peintures : Fol. 1 v<>. Grande peinture, à trois bandes, représentant : «Tyrannie, Olygarchie, Democracie.v Fol. 2. Grande peinture, à trois bandes, représentant : € Royaume, Aristocracie, Tymocracie. » Sil OUVRAGES D^lUMTl TRàDUm fOUl CHARLBS ▼ Fol. 36. En tète du livre II, trois petites peintares à encadre- ments tricolores : « Plato, Tpodamas, Felleas. » Fol. 77. En tète du livre III, quatre petites peintures à enca- drements tricolores : sujets que je n'ai point déterminés, comme il a été dit à propos de Texemplaire des Écono- miques appartenant à M. le comte de Wasiers. Fol. 137. En tète du livre lY, peinture à six compartiments : la bonne et la mauvaise poUeie des pauvres, des moyens et des riches. Fol. 171. En tète du livre Y, peinture à deux compartiments : CIoDspiration occulte et sédition apporte. Fol. 239. En tèle du livre YI, les travaux des champs. Fol. 260. En tète du livre YII, a six manières de genz dont les trois sont partie de cité ou citoiens, et les autres trois ne sont pas citoiens ne partie de cité ; et pour cognoistre ceuls qui ne sont pas ciloiens ne partie de cité, je les ay escripz de vermeillon (1). » Fol. 337. En tète du livre YIII, peinture à quatre comparti- ments : c Exercitalions corporeles, — à getter U dart, — en musiqoe. » Fol. 359 v^. En tète desÉconomiques, un laboureur et sa femme qui file en allaitant son enfant. Fol. 371. En tète du livre II des Économiques, scène de mariage. JjOS anciens inventaires que j'ai cités prouvent que ce volume, f^it pour la librairie du Louvre, y est resté jusqu'en U!5, qu'il fut alors estimé 16 livres et adjugé au duc de Bedford, et qu'il se trouvait en 1467 et en 1487 dans la librairie des ducs do Bourgogne. (1) Celle peinture a éié gravée en tèle du tome II du Catalogue det manuserits de la Bibliolhèque royale des ducs de Bourgogne. XI LE LIVRE D'HEURES DU DUC DE BERRÏ CONSERYÉ DANS LA FAMILLE D'AILLT (1) La bibliothèque de Jean, duc de Berry, frère de Char- les V, tient une telle place dans Thistoire des livres au moyen âge, qu'il faut soigneusement recueillir tous les dé- tails qui s*y rapportent. J'ai pensé que TAcadémie s'inté- resserait à Tun des plus beaux volumes de cette collection qu'un heureux hasard m'a, ces jours derniers, fourni l'oc- casion de feuilleter et d'admirer. Un inventaire conservé à la bibliothèque Sainte-Gene- viève décrit, avec plus ou moins de détails, 458 ouvrages qui s'étaient trouvés dans la succession du duc de Berry et que les exécuteurs testamentaires firent estimer par quatre experts au mois d'août 14i6. Les deux manuscrits dont la prisée atteignit le chifTre le plus élevé étaient les très riches heures y estimées 4,000 livres tournois (environ 39,000 fr. de notre monnaie, valeur intrinsèque), et de belles heures très bien et richement historiées^ que les experts appré- cièrent 875 livres tournois (un peu plus de 8,000 francs de notre monnaie) . Les très riches heures^ auxquelles le (1) NoUce lue à TAcadémie des inscripUons et beUes-lettres, le S3 mai 1879. 184 LivRB d'heures temps a infligé de craelles matilations, ont été recoonoes depuis quelques années à la Bibliothèque nationale, où elles sontclasséessouslen^9i 9 du fonds latin; maison ignorait le sort des belles heures très bien et richement historiées. L'inventaire de Tannée 14i6 les désignait en termes trop précis pour que Tidentité n'en fût pas facile à constater si elles étaient parvenues jusqu'à nous. Je copie textuellement Tarticle de Tinventaire : Unes belles heures très bien et richement historiées, et au commencement est le kalendrier bien richement escript et historié ; et après est l'histoire de la vie et passion de sainte Katherine, et ensuite sont escriptes les quatre Euvangilles et deux oroisons de Nostre Dame ; et après commencent les heures de Nostre Dame, et s'ensuivent plusieurs autres heures et oroisons. Et au commencement du second fueillet des dites heures de Nostre Dame a escript Audieritis. Couvertes de veluyau vermeil, à deux fermoers d'or, esquels sont les armes de Monseigneur de haulte taille. Et par des- sus les dites heures a une chemise de veluyau vermeil dou- blé de satin rouge . Lesquelles heures Monseigneur a fait faire par ses ouvriers. Et ont esté prisées, avec une pippe garnie d'un fin balai au milieu pesant vingt karats, et quatre perles fines rondes entour, pesant chacune quatre karats, VIIPLXXV livres. Suivant une note additionnelle (1), la reine de Sicile Yolande d'Aragon envoya chercher ce livre d'heures, que les exécuteurs testamentaires lui proposèrent d'acheter au prix (t) « Lesquelles heures la royne de Secille a envoyé quérir el de- mander... à messeigneurs les exécuteurs, et lesquelles mes dis sei- gneurs lui ont envolées pour iceltes veoir et retenir s*il lui plaisoit, en payant la dicte somme de vii^l. p. (=875 1. 1.), ou telle auu^ somme d*argent, à la dicte execucion, comme bon lui sembleroit, af fia qu elle eust envers son mari, principal exécuteur du testament, et autrement, le fait de la dicte execucion pour recommandé, laquelle dicte royne, après ce qu'elle ot longuement veues et advisécs icelles heures, a retenu ycelles par devers elle et paie à la dicte execucion seulement la somme de ccc 1. t. » DU DUC pE BERRY 285 de l'estimatioD, oumémeà un prix inférieur, pourvu qu'elle employât son crédit auprès de son mari dans rîDtérèt de la liquidation de la succession . Yolande^ après avoir longuement vu et examiné les heures, finit par les garder et crut les payer en versant 300 1. 1. entre les mains des exécuteurs. Ces détails me revinrent à l'esprit quand je vis tout ré- cemment un livres d'heures, orné d*une belle reliure du temps de Henri IV, conservé par une famille dont le nom est glorieusement inscrit dans les annales de la Biblio- thèque nationale depuis que le feu baron d'Ailly a donné au Département des médailles son incomparable collection de monnaies de la république romaine. Un examen de quelques minutes sufSt pour me convaincre que c'était les belles heures très bien et richement historiées. J'espère pouvoir faire partager ma conviction à tous les bibliogra- phes qui sont familiers avec ce genre de problèmes. L'inventaire déposé à la bibliothèque Sainte-Geneviève annonce des heures que monseigneur le duc de Berry a fait faire par ses ouvriers. Le premier feuillet du volume de la famille d'Ailly est couvert par une grande inscription ainsi conçue : 4 Ces heures fist faire très excellent et puissant prince Jehan fik de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne. J. FLA- HEL. L'inventaire nous indique six particularités sur la com- position des Belles heures, très bien et richement historiées, du duc de Berry. On y trouvait dans l'ordre suivant : 1® Un calendrier bien richement écrit et historié ; 3* rhistoire de la vie et passion de sainte Catherine ; 3^ les quatre Évangiles, c'est-à-dire un morceau de chacun des quatre Évangiles ; 4^ deux oraisons de Notre-Dame ; 286 uvRE d'heures 5** les heures de Notre Dame ; 6^ plusieurs autres heures et oraisoDs, Telle est exactement la compositioa du livre de la ia* mille d'Ailly, dans lequel ont été copiés : i"* un calendrier bien richement écrit et historié ; S"* Tbistoire de la ?ie et passion de sainte Catherine ; S*" un morceau de cbacun des ËvaoKiles ; 4^ deux oraisons de Notre-Dame ; B"* les heures de Notre-Dame ; 6"" plusieurs autres heures et oraisons. Un pareil accord suffirait pour m'autoriser à affirmer que le volunte de la famille d*Ailly est bien celui qui figure, comme on Ta vu plus haut, sur Tinventaire de 1416. Mais j'ai en- core à invoquer un argument plus décisif. Dans les Belles heures très bien et richement historiées, le second feuillet de Toffice de Notre-Dame commençait par le mot audieritis. Ouvrons le livre de la famille d'Ailly au feuillet 31, qui est le second de TofSce de Notre-Dame ; nous y lisons à la première ligne : audieritis.... L'identité ne saurait s'établir sur des preuves plus ri- goureuses. Les heures que possède la famille d^AiUy sont donc assurément celles qui, au dire de l'inventaire de 1416, avaient été faites par les ouvriers du duc de Berry, celbs qui furent alors prisées 875 1. t. (= 8,000 francs d'au^ jourd'hui), celles enfin que la reine de Sicile, Yolande d'Aragon, la mère du bon roi René, se fit livrer an prix réduit de 300 1. t. (»» 2,700 francs d'aujourd'hui), en laissant espérer qu'elle emploierait son influence an profit de l'exécution du testament de Jean, duc de Berry, l'oncle de son mari. Ce point établi, il reste h décrire un livre qui serait infiniment précieux, lors même que l'origine et Thistoire n'en seraient pas attestées par des documents authentiques. On ne peut, en effet, hésiter à le ranger au nombre des chefs-d*œuvre de la calligraphie et de la peinture fran- çaise de la fin du xiv* ou du commencement du xV' siècle* Le nombre et la perfection des peintures dont il est orné 00 DOC DE BERRT 287 lui donnent le droit de figurer parmi les plus beaux manuscrits d'une époque qui a produit tant de mer- veilles. Le volume se compose de i2S feuillets de fin parchemin, hauts de i38 millimètres et larges de 170. Les marges de toutes les pages sont couvertes de vignettes, sans mélange d'emblèmes/ d'oiseaux, de papillons et de figures grotes- ques, comme on en voit sur d'autres heures du duc de Berry, notamment sur les très riches heures (n"* 919 du fonds latin), et sur les petites heures, qui nous sont arri'» vées après avoir appartenu à Gaignières et au duc de La Vallière (n<^ 18014 du fonds latin). Les emblèmes quica-* ractérisent les œuvres spécialement faites pouf le duc de Berry ne pouvaient pas cependant être complètement absentes d'un livre exécuté par ses artistes attitrés : sur les fol. 9) 18, 80 et 181 nous trouvons les armes du prince supportées par des cignes (fol. 2, 13 et SIS) et par des ours (fol. 18}. La divise le temps van[dra] se lit aussi sur une banderole dans la marge du fol. 13. Suit riodication des morceaux contenus dans le livre. Fol . 1 . Inscription de Jean Flamel, rapportée plus haut. FoL 2. Calendrier en français, avec 24 petites miniatures, représentant au haut des pages les occupations de chaque mois, et au bas les signes du lodiaque. Fol. 15. Légende abrégée de sainte Catherine, en latin, avec 11 grandes peintures. Fol. 22. Extrait des quatre Évangiles, tel quMl se trouve dans la plupart des livres d'heures du xv* siècle. Le commence- ment était sur un feuillet qui a disparu et qu'on a remplacé par un feuillet blanc coté 21. — 3 petites miniatures. Fol. 24 v<» et 26 V*. Oraisons à Notre-Dame : Obsecro te, et 0 iniemerala.^ — 2 petites miniatures. Fol. 30. Heures de Notre-Dame. — 8 grandes miniatures et une petite. Fol. 66. Lee sept psaumes de la pénitence. — 7 petites minia- tures* 288 LIVRE o'heurbs Fol. 73. Légende de rinstitulion des litanies par saint Gré- goire, avec 4 grandes peintures. Fol. 75. Litanies des saints. Fol. 80. Petites heures de la Passion. — Une grande peinture. Fol. 84. Petites heures du Saint-Esprit. — Uno grande pein- ture. Fol. 88. Les quinze joies de Notre-Dame, en français. — 3 petites peintures. Fol. 91 V®. Sept oraisons en français, commençant par les mots Biau sire Dieu. — 2 petites peintures. Fol. 93. Courte oraison française à la sainte croix, avec une petite miniature. Fol. 94. Légende de saint Bruno, et de la fondatipa de la Chartreuse. — 8 grandes miniatures. Fol. 99. OilBce des morts. — Une grande peinture. Fol. 123. Heures de la Passion. — 17 grandes peintures. Fol. 155. Recueil intitulé (fol. 154 v«) : c Secuntur suffragia diversorum sanctorum, » et comprenant des antiennes, des répons et des oraisons en l'honneur de divers saints on pour des intentions déterminées. Ce recueil, qui est orné de 14 grandes peintures et de 27 petites, nous offre les rubriques suivantes : le Saint-Esprit (fol. 155), la Trinité (fol. 155), sainte Croix (fol. 156), Notre-Dame (fol. 157 V"), saint Michel (fol. 158), saint Jean-Baptiste (fol. 158 v^), saint Jean l'évangéliste (fol. 159), saint Pierre et saint Paul (fol. 159 Vo) , saint André (fol. 160], saint Jacques (fol. 160 v«), saint Barthélemi (fol. 161), saint Philippe et saint Jacques (fol. 161 v^), saint Etienne (fol. 162), saint Laurent (fol. 162 v'), saint Vincent (fol. 163), saint Clé- ment (fol. 163 v^), saint Maur (fol. 164), saint Eustache (fol. 164 v^"), saint Christophe (fol. 165), saint Sébastien (fol. 165 V), saint Denis (fol. 166 v»), saint Georges (fol. 167), les Innocents (fol. 167 v«), saint Nicolas (fol. 168), saint Rémi (fol. 168 V), saint Martin (fol. 169), saint Julien (fol. 169 v^), saint Antoine de Padoue (fol. 170), saint Léonard (fol. 170 v^), saint François (fol. 171), saint Jérôme (fol. 171 V^) , saint Grégoire (fol. 172), saint Ambroise (fol. 172), saint Augustin (fol. 172 v®), saint Louis DU DUC DE BEBRY 289 (fol. 173), saint Marcel (fol. 173 v^), saint Gharlemagne (fol. 474), saint Ifaur (fol. 174 v«), saint Benoit (foK 175), saint Bernard (fol. 175 v"), les saints Confesseurs (fol. 176)\ sainte Marie Madeleine (fol. 176 v^), sainte Catherine (fol. 177), sainte Marguerite (fol. 177), sainte Apollonie (fol. 177 V*), sainte Agnès (fol. 178), les onze mille vierges (fol. 178 V"), sainte Agathe (fol. 179), sainte Lucie (fol. 179 V*), sainte Cécile (fol. 180)^ sainte Anne (fol. 180 v^)^ sainte Geneviève (fol. 181), toutes les vierges (fol. 181], les saintes reliques (fol. 181 v^), tous les saints (fol. 182], pour la paix (fol. 182). Fol. 183. Légende abrégée de saint Jérôme, avec 12 grandes peintures. Fol. 191. Légende de saint Paul et de saint Antoine, ermites, avec 8 grandes peintures. Fol. 195. Messes des principales fêtes de Tannée, avec 8 grandes miniatures et 8 petites. -— II y a dans ce recueil les messes de Noël (fol. 195), de Pâques (fol. 198), de l'As- cension (fol. 199 v«], de la Pentecôte (fol. 202), de la Tri- nité (fol. 204), du saint Sacrement (fol. 205 v^), de sainte Croix (fol. 207 v»), de Notre-Dame (fol. 209), de saint Jean- Baptiste (fol. 212 v^] , de saint Pierre et saint Paul (fol. 215), de tous les saints (fol. 218) et des morts (fol. 221). Fol. 223 V*. Prière à dire au moment de se mettre en route. — Grande peinture représentant une cavalcade à la porte d*an château. Il 7 a en tout 172 peintures, 94 grandes et 78 petites, généralement exécutées avec beaucoup de finesse. La plupart se distinguent par une véritable originalité de composition et par une heureuse harmonie de couleur. Sur les fol. 91 et 91 verso, on parait avoir voulu représenter le duc et la duchesse de Berry, à genoux et en prières, mais sans avoir la moindre prétention de saisir la ressemblance de ces deux personnages. Les suites de peintures les plus remarquables sont con- 10 200 LIVRE D^HnmBS sacrées aux légendes de sainte Catherine (fol. 15), de IIds- titution des litanies Jol, 73;, de saint Bruno (fol. 94), de rinvention de la sainte Groii (fol. 456), de saint Jérôme (fol. 183), de saint Paul et saint Antoine (fol. 191) et de saint Jean-Baptiste (fol. 21 1\ patron du duc de Berry. Chacune de ces suites consiste en un certain nombre de tableaux, au pied desquels est une courte explication tracée en quatre lignes alternativement bleues et rouges. La réu- nion de ces explications, qui ne cadrent pas toujours exac- tement avec les peintures, constitue des légendes abrégées, dont on pourra se faire une idée en lisant celles qui se rapportent à la vie de sainte Catherine et à Torigine des litanies. SANGTA KATHERINA. I. Katherina, Costi régis filia, omniumque liberalium artiom studiis erudila, et incredibili pulcritudiue omnium oculis admirabilis, in Alexandria, civitate Egypti, tempore Maxen- tii (1) imperatoris claruit. II. Katherina, virgo anoorum XVIII, percepto quod Maxencias imperator Ghristianos ad ydolorum sacrificia (2) metu mor- tis cogeret, munita signo crucis, ante portam nûrabili scien- cie profunditate ac eloquencie confondit. m. Katerina virgo, L inter philosophos et retores, de remotis ab imperatore vocatos, argumentorum vi confundit, etab ydolorum erroribus revocans, ad Christum convertit, quos imperator igné succendens martirio coronavit. IV. Tune imperator : « 0 virgo generosa, tibi consule, et secunda post reginam revocaberis, et a cunctis (3) velut dea adoraberis. » — Gui virgo : « Desine talia que scelus est cogitare; me Ghristo sponsam tradidi; hicamor etdilectio mea. » Y. Tuuc rex, furore repletus, eam cedi scorpionibus jubet, (1) NaxentiiAsLUA le manuscrit. (2) Le manuscrit porte sacri/iciet, avec exponciion du dernier t. (3) Punclis dans le manuscrit. DU DUC DE BEBRT 291 et obscoram in carcerem mitti, ibique XII diebus famé cru- ciari. Ad quam visitaiidam regina, nimio ejus amore sus- censa, cum principe militum accedit. Que cum intrasset, visa inextimabili claritate, angelosque plagas yirginis inungentes, protractoque secum sermone iisque ad médium noctis, de premiis eterne vite ad Christi fidem conversa est. Vn. Celavitque se christianam, donec vidit angelos rotas cum tanloimpetu divellere quod IIII*' milia gentilium mor- tua cecidenmt; unde statim se manifestât, qui eam statim decolarijubet. YŒ. Tune prefectus furenti régi suadet rotas seris ferreis preparari utvirgo desecaretur. Tune virgo Dominum depre- catur ut ad conversionem populi circumstantis machinam dissiparet, et statim angeli de celo ruperunt. DL Rex autem, furore ebrius, Porfirium conversum et sues cummilites precipit omnes decolari, et corpora canibus dimitti, et virginem alloquitur dicens : « Aut Diis sacrifica- bis bene consulta, aut te faciam decoUari. » X. Cui Katerina : c Fac que concepisti. » Tune decolari eam jubet . Que cum ad locum ducta fuisset, erectis in celum oculis, oravit dicens : « 0 spes et salus credencium, o decus et gloria virginum, Jhesu, rex bone, miserere mei. » XL Angeli autem corpus ejus accipientes ab illo loco usque ad montem Synay, itinere plus quam dierum viginti, deduxerunt et ibidem sepeliverunt. Ex cujus ossibus inde- sinenter oleum manat infirmitates sauans. LETANIA. 1. Tempore magni Gregorii pape institnte fuerunt letanie, quia, cum Romani in XL* contiuenter vixissent, et postea luxurie frena laxarent, provocatus Dominus in eos pestem inguinariam misit. Unde letanias Gregorius instituit. n. Tam seva autem illa pestis fuisse fertur quod homines in via, in mensa, in ludis, subito stemutando morereutur. Unde cum aliquis stemutantem audiebat, vix in ejus auxi- 99S LIVRE D*HEf)RES lium dicebat : « Adjuvet te Deus ! > Et spiritum exalabat. m. Tandem post stragem hominum maximam, luctus, jejunia et penitencias graves, pape processionaliter eunti per Romain, cum aniversa plebe et clero, apparet angélus san- guinolentum eusem in vagiua reponens supra paladum magicum (1). lY. Senraturque bec consuetudo usque in hodiemum diem quod homines vadunt nudi in aliquibus locis, verberantes se et macerando carnem in jejunio et oratione et planctu, processionaliter omnium sanctoram patrocinia implorantes. Le tableau auquel se rapporte cette dernière explication est Tun des plus curieux du volume : il représente un groupe de pénitents blancs, ou de flagellants, se donnant la discipline. Je n'ai pas entendu, par une aride description, donner une idée de la richesse et du bon goût d'un livre qui fut au XV* siècle Tun des morceaux d'élite rassemblés dans les tré- sors du duc de Berry et de la mère du bon roi René. Le seul but que je me suis proposé, c'est de constater la con- servation d'un manuscrit qu'on pouvait supposer perdu et qui se trouve heureusement dans une maison digne de le posséder. A cette occasion, je dois résumer, en deux mots, Tétat de nos connaissances sur le sort des manuscrits du duc de Berry. D'après les inventaires originaux qui nous sont parvenus, on peut évaluer à environ 300 le nombre des livres que le duc de Berry a fait faire ou a possédés. En 1868, j'ai publié la liste de ceux dont j'avais alors reconnu l'existence : cette liste comprenait 77 articles, dont 86 conservés à la Bibliothèque nationale et 21 dans di- verses collections publiques ou privées de la France et de l'étranger. De la liste imprimée en 1 868 il convient de retrancher (1) Le manuscrit porte magi*. DU DUC DE BERRT 293 deux articles : le Joseph et le Sidrac, que, sur la foi de Yau Praet et de Marchai, j'avais indiqués à la Bibliothèque royale de Belgique, ce qui est inexact.— Par compensation il faut y ajouter les six articles suivants (1) : 1"* Débris d'une den)i-bible, portant une inscription de Jean Flamel et la signature du duc de Berry. Acheté Tan dernier par la Bibliothèque nationale. — (Nouv. acq. fr. 343i). 2^ L'Arbre des batailles, reconnu par M. Thompson au Musée britannique, dans le fonds du roi, sous le n^SOC.VIII. 3^ Le Miroir des dames, signalé par M. Paul Meyer dans le même dépôt, n"" 29986 du fonds additionnel. 4^ Le Débat sur le roman de la Rose, vu à Cheltenham par M. le baron Kervyn de Lettenhove, mais qui, à ma connaissance, n'a pas encore été décrit de façon à pouvoir en déterininer rigoureusement Torigine. 5^ La Mutation de fortune de Christine de Pisan, n^ 701 de la bibliothèque de La Haye, décrit plus haut, p. 231. 6"" Enfin le Livre d'heures de la famille d'Ailly, que je m'applaudis d^avoir la bonne fortune de faire connaître à l'Académie, ce qui m'amène, en finissant, à rappeler encore une fois le don précieux de médailles qui assure à la mé- moire du baron d'Ailly l'impérissable reconnaissance de la Bibliothèque nationale et du monde savant. (1) Peut-être faut-il aUribuer, en outre, à Jean, duc de Berry, un exemplaire des Grandes Chroniques, dont un morceau, fort endom- magé, est au Musée brilannique dans le fonds collonien et dont 274 feuil- lets sont la propriété du marquis de Rute. Voyez Third report of the Royal commission on historicai manuscripls (London, 1872, in-folio), p. 202. XII LE LIVRE D'HEURES DU DUC DE BERRY CONSERVÉ A BRUXELLES L*on des plus remarquables manuscrits de la Biblio- thèque royale de Bruxelles est un livre d'heures, qu^ou a longtemps attribué à Venceslas, duc de Brabant (1), mais qui est maintenant restitué par tous les connaisseurs à Jean, duc deBerry. Après ravoir sommairement décrit, j'essayerai de déter- miner quels artistes en opt exécuté les peintures. Le ms. 11060 de Bruxelles est un volume sur parchemin, de 124 feuillets, hauts de 275 millimètres et larges de 196. Les pages de ces 124 feuillets et des feuillets préliminaires qu'on y a joints ont reçu les cotes 1-266 ; mais Fauteur de la pagination a par erreur sauté de la cote 170 à la (1) Cette fausse atCribalion se trouve consignée dans les obser- vations paléographiques qu'une main moderne a tracées sur les feuillets préliminaires; elle est de là passée dans le Catalogue de la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne, 1. 1, p. lxxxix et 222. Ce qui a fait imaginer cette attribution, c*est le chiffre VE qui se trouve sur un grand nombre de feuillets ; on y a vu les deux ini- tiales du nom Venceslas ; mais il est surabondamment démontré que ces deux lettres constituent un chiCTre, encore inexpliqué, du duc deBerry. 396 UVRB D HEURES cote 1 81 , sans qu'il y ait lacune entre les pages qui portent ces deux numéros. Le texte se réduit aux morceaux suivants : Page 19. Les heures de Notre-Dame. Page 131. Les sept psaumes. Page 148. Les Litanies des saints, dans lesquelles on remarque plusieurs invocations propres au Berrj et au Poitou : « Sancte Ursine, sancte GuiUerme, sancte Austregisille, sancte Sulpici... sancte Fortunate... sancle Reverenti, sancte Germeri, sancte Roberte, sancte Maxenti, sancte Viviane, sancte Jovine. . . » Page 165. Les heures de la €roix. Page 203. L'office des morts. Les insignes de Jean, duc de Berry, ont été semés à profusion sur les marges de ce beau livre : les armes de ce prince, le chiffre YE, les cignes et les ours se voient aux pages 10, H, 14, 18, 55, 72, 82, 90, 98, 106,118, 130, 165, etc. Les grandes peintures sont au nombre de vingt, sans y comprendre Timage de la sainte face, qui a été appliquée contre la page 8. Elles représentent : 1"" (p. 10]. Le duc Jean àgenoux entre saint André et saint Jean. 2* (p. 11). La Vierge et l'Enfant Jésus (1). 3<> (p. 14). Le duc Jean, accompagné de saint André et de saint Jean, en prières devant la Vierge. i^ (p. 18). L'Annonciation. 5® (p. 54). La Visitation. 6» (p. 72), La Nativité. 7"* (p. 82). L'apparition des Anges aux bergers. 8** (p. 90). L'adoration des Mages. 9** (p. 98). La présentation au Temple. 10^ (p. 106). La fuite en Egypte. (i) Ce tableau est gravé dans ile Catalogue des manuserUs de U Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne t. I, en regard de la p. LXZXIX. DD WC PB fOMt S97 il"* (p. 118). le «ooronneinent de la Yiei;ge. 12« (p. 190). Jésus-Christ au milieu des Séraphins, avec les symboles des quatre évangéllsles. 13* (p. 164). La Trahison de Judas. i4û (p. 168). Jésus devant Cafphe. 45* (p. 182). La flagellation. 16* (p. 186). Jésus portant la croix. 17* (p. 190). Jésus en croix. 18* (p. 194). La descente de croix. 19« (p. 198). La mise au tombeau. 20* (p. 202). Un enterrement. Ces vingt tableaux sont Tœuvre de deux peintres d*un grand talent, mais dont chacun se recommande par des qualités parliculières et se distingue aisément par la façon dont il enten4 le dessin et la couleur. A un premier artiste sont dues les peintures des pages 10 et 11, c*es(-à*dire les images du duc Jean et de la sainte Vierge. Ces deux images sont, à n'en pas douter, je le crois du moins, de la main qui a tracé les vingt-quatre tableaux du commencement d'un autre manuscrit du duc de Berry, le psautier lalin-français qui forme le n'^ 13091 du fonds français à la Bibliothèque nationale. Or, c'est à ce psautier n"* 13091 qu'il faut sans la moindre hésitation appliquer l'article suivant d'un inventaire dressé en 1401 : On psautier escript en latin et françob, très richement enlu- miné, où il a pluseurs histoires, au commencement, de la main maistre André Beannepveu (1). André Beauneveu, au compte duquel nons portons les vingt-quatre premières peintures de notre ms. françaisl3091 et les deux premières du ms. 11060 de Bruxelles, a en Tinsigne honneur d'être cité par Froissart comme le plus (1) Voyez Le Cabinet des manuscrUs de la BibUoth, nat., t. I, p. es. t98 uvRB d'heures habile des artistes qu'entreteDait le duc de Berry dans son chftteaa fle Mehun-sur-Yèvre, en 1390 : «Encores^dit le chroniqueur (1), se tenoit le duc h Meon- sur-Yevre, et s'y tint plus de irois sepmaines, et devisoit au maistre de ses oeuvres de taille et de peinture, maistre Andrieu Beauneveu, à faire nouvelles ymages et peintures : car en telles choses avoit il grandement sa fantasie de tousjours faire ouvrer de taille et de peinture; et il esioit bien adressié : car dessus ce maistre Andrieu, dont je pa- rolle, n'avoit pour lors meilleur ne le pareil en nulles terres, ne de qui tant de bons ouvraiges feust demeuré^ en France ou en Haynnau, dont il estoit de nacion, et ou royaame d'Angleterre. » André était aussi habile k manier le ciseau que le pin- ceau. Ce fut lui que Charles V chargea de diriger, en 1364, les ouvriers qui travaillaient aux tombes royales de Tab- baye de Saint-Denis, et nous avons encore à la Bibliothèque nationale plusieurs documents relatifs aux sommes qui lui furent payées pour Taccomplissement de cette mission (2). J'ai attribué à André Beauneveu les deux premières pein- tures du manuscrit de Bruxelles, en raison de la parfaite ana- logie qu'elles offrent avec les vingt-quatre premières pein- tures de notre ms. 13091, lesquelles sont authenliquement Tœuvre de cet artiste. Un argument d'un tout autre genre et dont la valeur peut être appréciée sans avoir le ma-* nuscrit lui-même sous les yeux, me servira à découvrir Fauteur des dix-huit autres tableaux du livre d'heures de Bruxelles. Cet argument je le demanderai à Thistoire des vicissitudes par lesquelles a passé le manuscrit. Le document le plus précieux à consulter pour les ori- gines de la librairie des ducs de Bourgogne est un inventaire (1) Livre IV, chap. xiv;ëd. du Panthéon^ t. III, p. 74. (2) U Cabinet des manuscrUs^ t. I,. p. 02. — MandemenU de Charles V, p. S5 et 72, n»* 109 et 144. DU DUC DE BERRT t99 dressé à Dijon, en 1420, qui n'a point encore été publié et dont le texte original est conservé à la Bibliothèque natio- nale (1). Nous y voyons portés les deux livres d'heures dont suit la désignation : Item unes heures de Nostre Dame, fermans à deux fermouers d'or, armoyées des armes de feu monseigneur de Berry en deux lieux, et sont les tissuz semez de triffeille d'or, et ou milieu de l'un des fermouers a un balay à jour, acompai- gné de deux grosses perles, et en Tautre fermouer un saphir à jour et une grosse perle et une perle perdue ; et y sert une pipe d'or armoyée des dictes armes esmaillées, et a ou milieu ung ruby acompaigné de deux perles rondes ; couvertes de satin azuré. Item unes autres heures de Nostre Dame, historiées, que madame de Berry donna à feu Monseigneur, et y sont les armes de ma dicte dame en plusieurs lieux, et les armes de maistre Gontier Col, à deux fermouers d*or tous plains, couvertes d'un baudequin à ouvraige de fueillages vers sur champ noir (2) . Une annotation marginale nous apprend que Marguerite de Bavière, veuve de Jeau sans Peur, s'était fait remettre ces deux livres par le garde des joyaux de son fils : Madame mère de Monseigneur a demandé à Bouloingne ces deux paires de heures de Nostre Dame, et les a par devers elle. En effet, l'un de ces livres se retrouva en janvier 1424 (N. St.) dans le mobilier de la duchesse Marguerite, et l'inventaire qui fut alors rédigé le mentionne en ces termes : Les belles heures de ma dicte dame, à deux fermaulx d'or (I) y« de Colberi, vol. 127. H. le marquis de Laborde, dans le tome II des Ducs d$ Bourgogne, a pablië des extraits de cet inveu- taire, mais en laissant de côté le chapitre relatif à la librairie. (3) Us, 137 des y« de Colbert, fol. 33 v«. IM tivRB d'heuibs armoyez aux armes «de monseigneur de Ben?, àtîxa de soye semé de fueilles de treffle ; Tun des diz fermaulz gar- ny de deux grosses perles rondes et ung balay plat ou milieu, et Tautre fermai! garny d'une perle et d'un saphir plat ; en ycelui fermail fault une perle. Es dites heures a ung tuyau d'or i tourner les fueillez, garny de deux perles et ung petit ruby ou milieu ; lesquelles heures sont couvertes d'une chemise de satin noir (1). Les deux volumes ainsi enregistrés sur les états de 1420 et de 1424 sont les seuls livres d'heures du duc de Berry que les inventaires du xv* siècle, si exacts et si complets, mentionnent comme possédés par les ducs de Bourgogne. Il est donc à peu près certain que le volume aujourd'hui conservé à Bruxelles' dans les débris de Tancienne biblio- thèque des ducs de Bourgogne est Tun ou Tautre des deux volumes ci-dessus inventoriés. Il ne peut être le second, puisqu'il ne renferme ni les armes de madame de Berry ni celles de maître Gontier Col. C'est donc le premier, celui dont les ornements extérieurs, aujourd'hui disparus, étaient si caractéristiques : 1<> Une couverture de satin azuré ; 2® Deux fermoirs d'or aux armes du duc de Berry, enrichis, le premier, d'un balai entre deux grosses perles ; le second, d'un saphir également entre deux perles ; S^ Une pipe ou tuyau d'or à tourner les feuillets (sorte de signet), garni de deux perles et d'un rubis. / Telle était, selon toute apparence, en 1420 et en 1424, Taspect extérieur du volume qui porte aujourd'hui le n<> 11060 à la bibliothèque royale de Bruxelles. A l'aide d'un signalement aussi précis, j'espérais bien retrouver quelques traces du volume dans les inventaires du prince auquel il a primitivement appartenu et pour lequel il a in- (I) BarroU, BibUoUiéque protypographique^ p. 115, art. 008. Voyez encore Peignot, Catalogue d'une partie de$ livres composant la Mblio- thèque des ducs de Bourgogne, p. 78. DU DUC DE BERRT . 301 contestablement été exécuté. En effet, Tarticle 1050 de rinventaire que Jean, duc deBerry, fit dresser eo 1401 de ses livres et joyaux, est relatif à de belles heures, sur les- quelles on remarquait : 1* Une couverture de satin bleu ; i9 Deux fermoirs d'or émaillés des armes du duc de Berry et garnis Tun d'un saphir et de deux grosses perles, l'autre d'un balai et de deux grosses perles. 3* Une pipe ornée de deux grosses perles et d'un rubis. L'identité est si parfaite entre.les deux signalements qu'il faudrait nécessairement les appliquer au même volume, quand même nous ne serions pas prévenus par une note de l'inventaire de 1401 que le duc de Berry avait fait ca- deau au duc de Bourgogne des heures dont il s^agit dans rarticlelOSO. Date domino duci Burgondie, ut constat per compotum dicti Robineti [de Stampis]. Tout se réunit donc pour établir que les heures décrites comme on l'a vu plus haut sur les inventaires des ducs de Bourgogne en 1420 et en 1424 sont bien les heures auxquelles est consax^ré l'article 1050 de l'inventaire du duc de Berry dressé en 1401. Ce rapprochement étant mis hors de toute contestation, je dois produire textuellement l'article 1050 : Item unes très belles heures très richement enluminées et ystoriées de la main Jaquemart de Odin, et par les quar- refors des fueillez en pluseurs lieux faictes des armes et devises de Monseigneur, couvertes d'un sathin bleu, dou- blé d'un tercelin vermeil, à deux fremouers d'or, esmaillez aus dictes armes, en l'un un saphir, deux grosses perles, et en l'autre un balay et deux grosses perles, et en la pipe deux grosses perles et un rubi (1). (1) Art. lOSO de Haveiitaire que Jean, duc de Berry, fit dresser en 1401. Dibl.nat., manuscrit français 11400, fol. 70. 302 Lins d'heurbs La conséquence à tirer de ce texte sMmpose d'elle- même : un livre d'heures est peiat pour le' duc de Berrf par Jaquemart de Odin ; ce livre d^heures est enregistré, en 1401, sous le n® lOSO de Tin ven taire des livres et joyaux du duc de Berry ; peu de temps après, il est donné au duc de Bourgogne ; il se trouve en 1420 à Dijon dans la succession de Jean sans Peur; il passe alors entre les mains de Marguerite de Bavière et est de nouveau inven- torié en 1424, après le décès de cette princesse. Depuis cette époque jusqu'au xix* siècle, il asubi les destinées delà meilleure partie de la librairie des ducs de Bourgogne. Aujourd'hui il fait Tornement de la bibliothèque royale de Belgique. Dans Tarticle 1050 de Tinventaire de Tannée 1401 il convient de relever une particularité qui vient à Tappui de toutes ces déductions. Le rédacteur de l'inventaire fait observer que, dans le livre par lui décrit, les armes et les devises du duc de Berry se voyaient (c aux quarrefors des fueillez, » c'est-à-dire dans les angles des pages ornées de peintures. C'est ce qu'on remarque à beaucoup d'endroits du ms. 1 1060 de Bruxelles, dans lequel il me semble impossible de ne pas reconnaître les très belles heures très richement enluminées et ystoriées de la main Jaquemart de Odin. Nous avons quelques renseignements sur cet artiste, dont le véritable nom était peut-être Jaquemart de Hesdin. En effet, nous lisons dans un fragment de compte du duc de Berry recueilli par Glairambault : A Jaquemart de Esdin, pintre de Monseigneur, pour don à lay fait par Monseigneur, tant pour soy vestir en l'iver, comme pour luy deffraier d'aucuns despens que . luy et sa femme firent en la ville de Bourges, avant qu'il preist aucuns gaiges ou salaire de Monseigneur yci, par mandement donné le xxvm* jour de novembre HCCG IIII^^IIII, et quittance donnée le. . . jour du dit mois, tout rendu à court, XXX 1. t. (1) • (1) Le Cabinet des manuscrite, t. I,p. 62. DU DUC DE BERRT 308 Jaquemart est encore cité dans un inventaire du duc de Berry comme ayant pris pari à Texécution d'un autre beau livre d heures : Unes très grans moult belles et riches heures, très notable- ment enluminées et historiées de grans histoires de la main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de Monseigneur... Ces « très grans moult belles et riches heures » sont celles que notre Bibliothèque nationale conserve sous le n^ 919 du fonds latin. Malheureusement le ms. 919 a subi de déplo- rables détériorations, et il n'est pas certain qu'il renferme encore les grandes histoires signalées dans Tinvenlaire original comme peintes de la main de Jaquemart de Hodin. Il y aurait lieu cependant de comparer avec beaucoup d'attention notre ms. 919 avec le ms. 11060 de Bruxelles. De cette comparaison pourrait jaillir quelque lumière sur un point curieux de Thistoire de la peinture française aa commencement du xv* siècle. XIII LA BIBLIOTHÈQUE D'AME DE POLIGNAC ET LES ORIGINES DE L'IMPRIMERIE A ANGOULËME (1) Le mois dernier, M. Labltle mettait en vente (2) une collection de 36 manuscrits, sur lesquels il suffisait de jeter les yeux pour y reconnaître les débris de la librairie d'Anne de Polignac, femme de François II, comte de La Rochefoucauld : le frontispice de plusieurs volumes était orné des armes de La Rochefoucauld et de Polignac ; deux avaient conservé des fermoirs émaillés aux mêmes armes, et Tun était expressément dédié à 18 avait été adjugea M. Bachelin, le n"" 11 à M. le marquis de Lambertye, le n^ 25 à M. le comte Armand, et les D"*" 13, 24,28 et 32 à M. le duc de La Rochefoucauld Bisaccia. Ces manuscrits me furent communiqués sans au- cun retard, et les couvertures de tous ceux qui pouvaient subir l'expérience sans courir la moindre chance de dété- rioration, furent traitées comme celles de la Bibliothèque nationale. On y découvrit des fragments absolument sem- l'hcprimerie a angouléme 309 blables à. ceux qui avaient déjà été mis de côté. Du premier coup je reconnus que nous avions mis la main sur un lot des rebuts ou des déchets d'un ancien imprimeur. En efTet, on y rencontrait juxtaposés quatre ou cinq exemplaires du même fragment ; déplus, sur les feuilles intactes, on constatait des traces de pliure, mais jamais aucune trace de piqûre. Il est toujours curieux d'analyser et d'étudier les éléments qui sont entrés dans la composition des reliures formées avec des déchets d'imprimerie. De même que lenumisma- tiste tient compte de la façon dont sont groupées les pièces d'un trésor, et qu'il en tire souvent d'ingénieuses déduc- tions pour déterminer des mpnnaies dont la date et l'origine sont incertaines, de même le bibliographe doit minutieuse- ment examiner la juxtaposition des déchets d'imprimerie qu*on a utilisés pour former les cartons d'un même train de reliure. Quand ces déchets remontent au xv^ siècle, et qu'ils viennent d'un atelier peu connu, on peut être sûr qu'ils fourniront des notions neuves et importantes pour rhistoire de l'imprimerie et de la librairie. La reliure des livres d'Anne de Polignac nous a donné l'occasion de véri- fier la justesse de cette observation. Je crois avoir réussi à en faire sortir l'histoire, jusqu'à présent ignorée, d'un de ces ateliers typographiques français du xv* siècle, qui, pour n'avoir |)as produit des livres de premier ordre, ne méri- tent pas l'oubli dans lequel ils sont tombés : le fait seul d*avoir fabriqué et mis en circulation, à des prix très ré- duits, beaucoup de livres liturgiques et pédagogiques, n'est-il pas un service rendu à la cause de la civilisation, auquel nous ne saurions rester indifférents ? Aussi, la Bi- bliothèque nationale recueille-t-elle depuis longtemps avec un soin jaloux des fragments qui, sous un aspect informe et sordide, témoignent éloquemment d'efforts souvent heu- reux pour introduire et acclimater sur tous les points de la France la merveilleuse invention de l'imprimerie. Elle met 3|0 ANRB DE P0U6NAG aa nombra de sas bianraiteura les amateurs, qui, comme M. U duc da La Rochefoucauld Bisaccia, comme M. le marquU de Lambertye et comme M. le comte Armand, veulent bien nous livrer des débris de reliure, qui» combioés entre eux et rapprochés d'autres monuments, prennent une réelle valeur et préparent la solution de petits problèmes bibliographiques. G*est ce qui vient de nous arriver avec les couvertures des livres d^Ânne de Polignac. Parmi les morceaux qui avaient servi à relier les Dits des philosophes (n^ 18 du catalogue de la vente), se trou- vaient deux exemplaires d'un feuillet portant une souscrip- tion datée d'Angoulême, le 16 avril 1492. Dès lors n'étions* nous pas autorisés à supposer que le relieur employé par la noble châtelaine de Verteuil en Ângoumois s'était servi, pour former ses cartons, des rebuts ou défets d'une impri- merie d'Angouléme? J'essayerai de justifier cette conjecture par une série de rapprochements^ dont TÂcadémie voudra bien excuser la longueur et la minutie. L'atelier typographique qui (ul établi à Ângoulëme au xV siècle n'est guère connu que par un petit volume dont un magnifique exemplaire est exposé à la Bibliothèque nationale dans la galerie Mazarine. 11 est intitulé : Anctores octo continen teslibros. videlicet. Cathonem. Facetum. Theodolum. De contemptu mundi. Floretum. Alanum de parabolis. Fabulas Esopi. Thobiam . La djet^ftière page se teroftine par une souscription ai^^^ coaçue : L^INPRINERIB A ANGOULÊME 311 Félix libellonim finis quos aiictores Yulgo appellant correctorum impres sorumque Engolisme die xyii mensis Haii. Anno Domini iM.GCCC.LXXXXI. Le Yolame comprend 18 cahiers (a-s), dont Jes 17 pre- miers ont chacun huit feuillets, le dernier n'en ayant que six. Le premier feuiiïet de chaque cahier est signé I, et le troisième II, particularité déjà remarquée par M. Desbar- reauX'Bernard, et qui tenait à Tusage d'encarter Tune dans lautre, pour en former un cahier, deux feuilles d'impres- sion renfermant chacune huit pages. — Le filigrane du papier est un B majuscule, d'assez petites proportions (1). Le recueil intitulé Aucîores octo avait une grande vogue dans les écoles du xv* siècle, comme le prouve le nombre des anciennes éditions qui en subsistent (2). L'édition publiée à Angoulôme en 1491 se fait remarquer par plu- sieurs préfaces en, vers, qui toutes ont pour auteur un certain Foucaud Monier. Pour faire apprécier le style de ce latiniste, Je reproduis ici les cinq distiques qu'on lit an verso du titre des Aucîores octo de 1491. Focaudi Monieri in Catho nis libellum epigramma. Qui cupis almiflue latices haurire sophie : Dogma Gathonis habet larga fiuenta tibi : Non varias canit hic musas Heliconave sacrum : Sed musam pandit : qua sine vita ruit. Comoda nature nunquam tibi déesse videbis : (Crede michi) si terexerit iste Catho. Si dives : si pauper eris : si dux : comes : aut rex : Si sapis : e corde non cadat ille tuo. Utilis est : brevis est : duo sunt gratissima cuique. Sit licet exiguus : est tamen al mus ager. (1) A un endroit, le B est accompagné d'un trèfle qui pari du milieu du côté droit de la lettre. (2) Voyez les notes complémentaires ajoutées à la fin de cette notice, p. 330. 319 ARRE DE P0LIG5AC Uq second livre imprimé à ÂDgouléme m'a été indiqaé par M. Claudio, à qui nos antiquités typographiques sont si familières. C'est le Grécisme d'Evrard de Béthané, avec le commentaire de Foucaud Monier. La bibliothèque Maza- rine (n* 10077. A) en possède un exemplaire, venu de Tabbaye de Saint-Germain-des-Près, à laquelle il avait été donné en 1651 par Jean Dartis. Il est intitulé : Grecismns cum commente magistri Focaudi. Il se compose de 18 cahiers (a-s), les 17 premiers formés de 8 feuillets, le dernier n'en ayant que quatre. Sur tous les cahiers, à l'exception du premier et du der- nier, les signatures sont disposées comme dans les Auc- tores octo de 1491. ^ Deux corps de caractères ont été employés pour Tiropression du Grécisme : le plus fort, réservé au texte, est identique à celui qui a servi pour l'impression des ilucfores o<;/o ; le commentaire est comr posé en lettres plus petites, avec un certain nombre de capitales de l'autre corps. Ces ressemblances sont déjà significatives ; mais ce qui met hors de doute l'attribution du Grécisme à l'atelier d'Angoulëme, c'est une prérace de Foucaud Monier, qui occupe le vei'so du titre et qui nous fait connaître les noms de Pierre Alain et d'André Cau- vin, imprimeurs associés à Angouléme. Focaudus Monîerus Petro Alano et Andrée Calvino librorum împressoribus Engolisme cooperantibus S. P. D. Non sufTicjo mirari cur in grammaticis Francorum ludis tam frequens sit Ebrardinum opus cui nomen est Grecismo , Pelre et Andréa amicissiroi. Quanquam enim multa scitu annûtatuque utilia continet, tam crebris tamen erroribus squallet ut pueris obesse magis quam prodesse peritissimi quique judiccnt. Neque enim parvi refert quibus in libris a leneris insuescant, nam qualera scclaberis (ail quidam) talis fias necesse est. Hoc aiitem (ut pleri:}t:c aslruoro nitunUir) accidit, quia auctori murte prevento non vacavit l'imprimerie a angoulême 313 congestum opus digerere, quod crëditu quidem dignum satb, vel hoc persuader! potest, quod constat Ebrardum et legisse multa et in pluribus fuisse eruditum, ut ex ipsa operis compilalione apparet, que non paucis probatissimo- rum auctonim exemplis intertexta est. Yerum imperiti quidam (quos glosatores vocant), errores erroribus accu- mulantes, horrida quedam agrestia ac penitus barbara adeo indigeste, scabrose confuseque superinculcant, ut si quis hec légère tentaverit, alterum sibi cahos offendisse videatur, scilicet partam sibi laudem ac gloriam non parvam putant si libellum nescio quibus inextricabilibus divisionibus disci- derint, si disseptationibus que argumenta vocant, si sine ratione ratiunculîs perstrepuerint, si demum ea que peni<- tus ignorant, vera sint an falsa, exulcerationibus, ne dicam expositionibus, pro arbitrio turpiter lacerarint. Suffîcit grande modo sit ac prolixum quod scribitur. Quamrem, scholasticis adeo perniciosam, egre ferens, paucis ante diebus (dum forte ociosus pêne vacarem) animum induxi ut com- mentariolos super Grecismum ederem, quibus (quantum michi pro facultacula liceret) breviter edocerem, quid in eo emulandum quidve cavendum fugiendumque sit. Hos ipse hodie tantum exegi. Modus autem interpretandi (ne quis forte lector fallatur) hic est. Nam litteram prius (utunaque- que sententiadeposcit)juxta.mentem auctoris interpretamur; postmodum quid sentiamus continue subjungimus, inter- posita syllaba Fo.; quod si quando inter exponendum forte (quod rare) quicquam e nostro interserimus, id bis figuris ( ), quibus parenthèses signari soient, concingimus. Ubi vero neutrum horum invenitur, nos auctoris sententiamprobamus, nisi forte in aliquo precedentium locorum contrariuifl pre- notaverimus, quod nonnunquam fecimus, ne idem nobis foret sepius repetendum. Yerum quia prolixiora queque tedio esse consuevere, et rudium magis intelligentias con- fundere quam instituere, iccirco exemplorum multiludine, quibus dicta noslra probasse fulcisseque potiiissemus, cun- sulto omissa, rem breviter tractavimus . Quod si nos errasse forte contigerit, doctum lectorem (quisquis ille ei it) humiles deprecamur ut bene dicta bene accipiat, et errata studio 814 ANNE DR POLIONAC eharitatis corrigat. Deom enim testamur qaod hoc opnsea- lum Don emulo sed offidoso animo confecimns, scilicet nt iDultîs foret aliquantum adjomento. Hanc vobis lucabratiun- culam meam vestris (si dignum duxeritis) operis imprimen- dam trado, Andréa et Petre, peritissimi litterarum impres- sores. Vos autem obsecro curate imprimis ne mendosa Tes- tris e manibus excédât. Yalete. Datum -Engolisme, pridie kalendas janaarias, anno salutis tercio et nonagesifflo sopra millesimam et quadringentesimum. Notons en passant que Foucaud Monier devait ensei- gner la grammaire à Angoulême ou dans une ville de rOuest de la France. Les imprimeurs d'AngouIéme n'étaient pas seuls à mettre sous son patronage les éditions qu'ils publiaient. M. Glaudin a bien voulu me communi- quer une petite édition de Stace (1) , à la marque des imprimeurs de Poitiers Guillaume Boucbet et JeanBouyer, en tête de laquelle se trouve : « Focaudi Monieri tclras- ticbon in Achilleiden Statii. » Ainsi, les Auctores octo de 1491 et le Grécisme de 1493 sont deux livres autbentiquement imprimés à Angoulême par Pierre Alain et André Cauvin, avec le concours de Foucaud Monier. Ils vont nous servir à vérifier Torigioe des fragments retirés des livres d'Anne de Polignac. Ces fragments appartenaient à sept ouvrages différents, que nous allons examiner successivement. Le premier fragment se réduit à un feuillet coupé en deux morceaux. L'identification n'en présente pas la moindre difficulté. C'est le 5' feuillet du cahier P des Auc- tores octo àQ 1491. En deuxième ligne, je mets un groupe de fragments fort considérable, puisqu'il ne s'élève pas à moins de 140. (1) Celte édition de Stace est décrite daus le Manuel de Bra- nel/V,517. l'impmvbrib a angodlêmb âiS Tous appartiennent à an livret dont j'ai pu constituer un exemplaire complet pour la Bibliothèque nationale. Ce livret est intitulé à la première page : Questiones super minorem Donatum. Il est de format petit in-quarto, et consiste en quatre cahiers (a-d), chacun de huit feuillets, avec les signa- tures I, II, III, IIII, au bas de la première page de chaque cahier. Même système d'encartage que celui des Aucteres octo de 1491. Papier à la marque B, comme celui des Amtores octo de 1491. Mélange des deux corps de carac- tères signalés dans le Grécisme de 1493. Il n'en faudrait pas davantage pour justifier Tatlribulion de nos Question nés super minorem Donatum aux imprimeurs d*Ângou- léme. S'il était d'ailleurs resté des doutes, ils auraient été levés par la souscription fiuale : Ëxpliciunt questiuncule grammaticales super Donatum mi- I norem Engolisme impresse bene vise et correcte anno salutis I christiane M GGCC XCII, XVI die mensis aprilis. Voilà donc un troisième type des impressions d'Angou- lôme, non moins authentique que les deux premiers. — Quant'kla nature des Questiones super minorem Donatum, il sufBt de faire observer que c'est un petit traité de gram- maire fort suivi dans nos écoles à la fin du xv* siècle. Hain en a décrit, sous les n'^' 13634-13637, quatre éditions, auxquelles il faut ajouter non seulement celle d'ÀngouIéme que je viens de signaler, mais encore deux autres que la Bibliothèque nationale possède d'ancien temps. L'une de ces éditions est intitulée « Questiuncule super Donatum minorem, » et se termine par la souscription : « Ëxpliciunt questiuncule grammaticales super Donatum minorem, | impresse Parisii per Petrum Levet, anno Do- mini millesimo qua | dringentesimo octuagesimo nono, 316 ARNE DE POUGNAC ttltima die mensis Januarii. [ » In-quarto. Cahiers a-e. Gothique. 35 lignes à la page. L'autre est intitulée sur le premier feuillet : «Questiones super Donatum, » et en tête du deuxième : « Incipiunt questiones peruliles super Donatum minorem. » — À la fin : « Expliciunt questiuncule gramma | ticales super Donatum minorem. » In quarto. Cahiers a-e. Gothique. 34 lignes à la page. Le troisième groupe de nos fragments consiste en deux demi cahiers mutilés, chacun de quatre feuillets. Le carac- tère du texte et celui des notes, la justification, Tencar- tage et la marque du papier sont absolument les mêmes que dans les Qtiestiones super minorem Donatum de 1491. Le livret auquel ont appartenu ces deux demi-cahiers est donc, lui aussi, une impression d'AngouIême. Le texte contenu dans ce livret.estTouvrage.de Jean Josse de Marville,que M. Thurot a fait counaitre d'après deux mss. de la Biblio- thèque nationale ^t dont il existe trois éditions : 1® Celle d'Angoulême, représentée par les fragments récemment découverts ; 2^ Une édition de Rouen, dont la Bibliothèque natio- nale possède on bel exemplaire, donné en 1852 par M. Montanus de Haan Hettema ; livret de 44 feuillets in- quarto, formant sept cahiers, les six premiers (A-F) de six feuillets, et le dernier (G) de huit feuillets. Titre : « Expositiones modorum | signifîcandi, in pre- clara Ro | thomagi civitate, impensa I Roberti Mace, aime univer | sitatis Cadomi bibiiopole, | vigilanter -im- presse, incipiunt | féliciter. » — Marque de Robert Macé. Souscription finale : Dernière harangue. « Gomment Titus Manlius Torquatus allégua que les prisonniers ne dévoient pas estre arran- çonnez de l'argent du commun. Seigneurs, ^ist-ii, ^ ees ÀNNB DB P0L16NAG 941 leguatz eussent seullement reqais pour ceuk qui sont au pouvoir des ennemys que on les urrantonnast...)» À la suite de cette harangue, sur les deux dernières pages du volume, on a copié la pièce inlitulée : « Double des lettres que le Turc a envoyées en Rodes par herault exprès le XIV* jour de jung MV« XXII, et le siège mis devant le dit Rodes le XXVP du dit moys, et ung chevalier nommé Villiers, depesché du dit Rodes le lendemain de l'arrivée du dit siège, qui fit si bonne diligence qui arriva à Lyon le premier jour d'aoust, et advertit le roy de l'arrivée du dit siège. 1» En tète du volume, grande miniature, représentant deux orateurs en présence d'un conseil. Volume sur parchemin, de 310 millimètres sur 218. Écriture du temps de François I^. Couverture en velours vert, avec fermoirs émaillés aux armes de La Rochefoucauld et de Polignac. Acquis par M. le comte Armand. 27. Recueil de poésies d'Octovien de Saint-Gelais. En tète, prologue commençant par les mots : «c Ainsi que j'estoye à mon acpustumé office embesoigné...» Volume petit in-folio, sur papier, de 182 feuillets. Écriture du commencement du xvi* siècle. Au bas de la première page, signature d*un « La Rochefoucauld.» Acquis par la Bibliothèque nationale. Aujourd'hui n^ll58 du fonds français des Nouvelles acquisitions. 28. Méditations en vers, sur la passion et la résurrection de Jésus-Christ. Sur le frontispice sont les armes d'Anne de Polignac. Au verso, se lisent ces vers, qui forment le titre du livret : 342 AlflfE BE POLIGRAG Le recipt douloureux Du combat langoureulx De Jhesus nostre père Par langaige piteulx Et désir amoureulx De sa très digne mère. Le recipt gracieulx Du filz très precieulx Ressuscité en gloire S'ensuit très fructueulx Monstrant le jour heureulx Pour rheure trop amère. En regard de ce titré, miniature représentant la sainte Vierge auprès de son fils ensanglanté et garrotté. A la fin de Touvrage est un rondeau, adressé, selon toute apparence, à Anne de Polignac. Rondeau excusatif de racteur. De vostre esprit suyvant Taflection, Je présume de faire addiction, A vostre oeuvre, combien que non semblable, Mais, s*il vous plaist, vous l'aurez aggreable En excusant son imperfection. De l'avoir faict c'est mon intention Que, si souffrez aulcune affliction, U vous remecte en la paix consolable De vostre esprit. Pour ce, Madame, avoir compassion Du doulx Jhesus et de sa passion, Une bonne heure en ce val mis<^i'able. Vous en aurez lassus jour pardurabie En tout plaisir et consolation De vostre esprit. Volume sur parchemin. 52 feuillets, 176 millimètres sur 128. Écriture du temps de François P'. Acquis par M. le duc de La Rochefoucauld Bisaccia. ANNE DE POLIGNAG 343 31. Chronique universelle, suivie d'un Arbre généalogique des rois de France et du livre de bonne vie de Jean du Pin. Gros volume in-folio, sur parchemin, écrit au xv* siècle. La Chronique qui ouvre le volume se compose de deux parties. La première va depuis la création jusqu'au sup- plice de Pierre Remy, en 1328. Elle se termine par ces vers : Geste cy est de Dieu la voye : Cil qui la tient point ne desvoie. Or le prions qu'il nous y tiengne, Et en s'amour tous nous maiutiengne. Par quoy puissons si bien fenir Qu*en sa gloire puissons venir. Amen. Une copie plus ancienne de la même chronique, ter* minée par les mêmes vers, remplit les fol. 1-92 du ma- nuscrit français 4948 de laBibl. nat. et les fol. 1-120 du manuscrit français 4940. Une liste des rois de France qui dans ces deux manuscrits fait suite à la chronique, prouve que la compilation est de Tannée *1373; nous y lisons, en effet, à propos de la dynastie capétienne : « Ceste ligniee aduré jusques cy. Tan mil CCC LXXIII (Ms. 4948, fol. 98, et ms. 4940, fol. 125 v<>). La date de 1373 est confirmée par ce qui est dit des trois dynasties dans le corps de la compilation, au chapitre coDcernant le règne de Philippe-Auguste : a Et lors fu translaté le royaume à Hue Capet, conte de Paris, la ligniee duquel a régné des lors jusques aujourd'uy qui est Tan mil CGC LXXIIU (1) » (Ms.4948,fol. 83,etms. 4940, fol.l09).Le copiste du ma- nuscrit d'Anne de Polignac a modifié ce passage, de façon k nous apprendre qu'il écrivait en 1421 et qu'il avait pour modèle un exemplaire daté de 1373 : «c. . . la lignée duquel (i) Faute de copie pour « MCGGLXXUl. » 344 ANNE DE POLIGNAC * fegaé jusques ï Tan de Nostre Seignear mil IlIP et XXI eourant, quant cestui présent livre fut escript, combien que ou livre dont cestui a esté extraict ne soit mis que jusques h Tan mil 11^ LXXIII, en quel temps cellui livre fut bit, et pour ce qM j'a; regardé, en escripvant cestui présent livre, que, depuis celiui temps de mil CGC soixante et treze dessus dit, juques au dit an mil GCCG et vingt et ung, n'a point eu ou dit royaume mutation de seigneurie, et pour ce ay ge cy mis devant et près de cestuy feillet le nombre courant et pour cause. » La seconde partie de la Chronique n'est qu'un extrait de la compilation sur Thistoire des rois de France que différents manuscrits nous ont conservée sous le nom de Guillaume de Nangis. L'exemplaire dont le volume d'Anne de Polignac nous offre un abrégé, appartenait à la famille que dans mon mémoire sur les ouvrages de Guillaume de Nangis j'ai désignée par la lettre F, et dont nous avons un bon type dans le manuscrit français 23138. L'exemplaire d'Anne de Polignac, comme les manuscrits les plus complets de la famille F, s'arrête aux funérailles de Louis, comte de Flandre, en février 1384, et se termine par les mots : « Et au retour d'icelle offrande s'agenoilla le dit doc de Bourgoigne une certaine espace de temps, emprès le corps du dit feu conte, etc. » L'Arbre généalogique est la traduction d'un des ou- vrages les plus connus de Bernard Gui. J'en ai rendu compte à la fin de mon travail sur les manuscrits de Ber- nard Gui. {Notices et extraits des manuscrits, t. XXVII, partie II, p. 4S2.) Du livre de Bonne vie j'extrais quelques passages qui peuvent servir à caractériser cet exemplaire. Voici les premiers mots ou les rubriques des pièces liminaires : Moyses prophétisa au peuple... — Ce sont les commandemens de la loj que Jhesu Crist bailla à Moyse en la moniaigne de Signay... — Les doze articles de la loy que les apouslres ARNB DE POUfiRAC 34$ firent... — C'est la significacion des quatre eiivangelistes poorquoy ilz sont transfigurez i soustenir la déîté et les quatre prophètes qui sont avecques eulx... — C'est le pro- logue de Bonne vie. Ave Maria. Ou nom de Dieu. Amen. Cy commence les merencolies Jekan du Pin sur les condi- cions de cest monde... Lors commança ce livre par manière d'illusion en l'an de Nostre Seigneur mil CGC et quarante, lequel livre est mespartiz en huit branches. . . — Cilz rom- mans est appeliez le livre de Bonne vie. Car.sans doubte qui- conques le vouldra lire... — C'est la mémoire dont saint Claude fut et des miracles qu*il fist... — Cy commance le premier livre de Bonne vie... » La pièce de vers qui termine Touvrage diffère assez de la leçon publiée par M. Paulin Paris (1), d'après le ma- nuscrit français 451, pour mériter d'être reproduite ici : Le Dieu d'amours nous vueille aider. Et conforter sans ennier, Qui bien a fait et fera. Et par tous temps sains et entier Soit gardez sans empirez, Qui cest proverbe entendra. Le noble prent tousjours noblesce. Et sa longueur et sa haultesse, Pour bien faire de mieuix en mieulx ; Ainsi fist cellui par grant liesse, Par sa grandeur, par sa proesse : Joye lui en doint dame Dieux ! Le noble homme très bien senez, Comme proudoms bien advisez, En Tan que cy pourrez oyr, Estienne par droit appeliez, De Monbeliart ayez clamez, A ce temps sans point démentir. Ce livre, que vous ycy veés, Que Mandevie est appeliez, (t) Les ManuscrUs françoU, IV, 180 et 181. 346 AlfNE DB POLIGIIAG A fait faire par son bon sens. Le miliare trouver pourriez, En deux lignes sans long procès. Contez le bien et justement. Le bailli a foys comptez, Et xYin après nommez, Si trouverez parfaictement Le nombre du livre que veés, Qui fut parfaiz et révélez, Le samedi après karesme entrant Du bailli dont j'ay parlé. B et C tottsjours estez Si n'aura point d'empeschement. Mil CGC premiez nommez Cinquante et six après posez : L'année aurez entièrement. Si priez Dieu dévotement Que l'ame emporte evidanment De cellui qui l'a fait faire, Et de tretous ceulx ensuivant Qui bien feront entièrement Le contenu en exemploire. Amen, Ce manuscrit a été acquis par la Bibliothèque nationale. Aujourd'hui n^ 1159 du fonds français des Nouvelles acqui- sitions. 32. Traité des poids, nombres et mesures des anciens. Premiers mots du traité : (c Pour avoir entière et soaf- fisante congnoissance des poix, nombres et mesures du temps passé selon la langue latine et romaine ancienne, et pareillement selon la grecque, il est besoing d^enieodre le fondement de la matière, qui est tel comme il s'ensuit. As estoit monnoye d'erin ou de cuyvre, comme Ton dit maintenant billon ou menu change, et valoit peu plus de quatre deniers tornois » En tête delà première page sont les armes d'Anne de Polignac. ARNB DE P0U6NAG 347 Volume sur parchemin. 88 feuillets, de 240 millimètres sur 188. Écriture du temps de François I*^ Reliure en velours rouge. Acquis par M. le duc de La Rochefoucauld Bisaccia. 36. Mémoires de Philippe de Gommynes. — Beau ma- nuscrit sur parchemin, du commencement du xvi* siècle. En tête de la première partie, frontispice où se voit Fauteur offrant son livre à Tarchevéque de Vienne. Voici le commencement et la fin de la première partie : Monseigneur Farcevesque de Tienne, Pour satisfaire à la requeste qu*il vous a pieu me faire de vous escripre et mectre par mémoire ce que j'ay sceu et congneu des faictz du roy Loys unzeiesme, à qui Dieu face pardon, nostre maistre et bienlacteur et prince digne de très excellante memoyre, je Fay faict le plus près de la vérité que j'ay peu ne sceu avoir souvenance. Du temps de sa jeunesse ne sçauroys je parler, sinon par ce que jeluy en ay ouy dire ; mais despuis le temps que je vins en son service, jusques à Fheure de son trespas, où je estoie présent, ay iaict plus continuelle residance avecques luy que nul aultre, de Fes- tat en quoy je le servoye, qui pour le moins a tousjours esté de chambellan, ou occupé en ses grans affaires. . . . . . Pourroit Fon veoir de plus beaux exemples pour con- gnoistre que c'est peu de chose que de Fhomroe, et que cesle vie est bien misérable et briefve, et que ce n'est rien des grans et des petitz*, dès ce qu'ih sont morts, que tout homme en a le corps en horreur et en vitupère^ et qu'il fault que Tame sur Fheure qu'elle se sépare d'eulx et aille recepvoir son jugement, et jà la sentence est donnée selon les oeuvres et mérites du corps. La page qui fait face au commencement de la seconde partie est tout entière occupée par une grande et belle miniature représentant une bataille dans laquelle est engagé 348 AHHK DB POUWAC le roi Charles VIII. — Suivent les premiers el les derniers mots de cette seconde partie : Pour continuer les mémoires encommancés, vous vueil dire comme advint que le ro; Charles YIIP de présent régnant entreprint son voyage dTtalie, auquel je fuz, et partit de la ville de Vienne, qui est ou Daulphiné, le xxui« jour d'aoust Tan H CCCG UII" XIII, et fut retourné en son pajs enijfron le moys d'octobre H CCCC UII" XV, où il y eut mainte dis- putatioB, sçavoir s'il yroit ou non ; car Temprise sembloit i tous gens saiges et expérimentez très déraisonnable; et d'j eut que luy seul qui la trouvast bonne, et ung appelle Eslienne de Vers, natif de Languedoc , homme de petite lignée, qui jamais n'avoit veu ne entendu nulle chose ; ung autre s'en estoit roeslé jusques là, â qui le cueur faillit, homme de finances, appelle le gênerai Brissonnet, qui despuis, à cause du dit voyage, a eu de grans biens enrégÛse... — ... Depuys Merovée jusques à Pépin y eut trois cens trente trois ans que avoit duré la dicte ligne de Merovée ; despuys Pépin jusques à Hue Cappet y a eu deux cens trente sept (1) ans que a duré la dicte vraye ligne de Pépin et Charlemaigne son fllz. Celle de Hue Cappet a duré en vraye ligne trois cens trente et neuf ans, et faillit au roy Phillippes de Valois. Celle du dit roy Phillippes de Valloys a duré en vraye ligne jusques au trespas du roy Charles huitiesme, qui fut Fan H CCCC IHI" XVIII, et ceslui lui a esté le der- nier de ceste ligne qui a duré cent soixante neuf ans, et y ont régné sept roys, c'est assavoir le dit roy Phillippes de Vallois, le roy Jehan, le roy Charles cinquiesme, lero? Charles sixiesme, le roy Charles septiesme, le roy Loys unzeiesme et le roy Charles huytiesme. Et fin. Anne de Polignac était la nièce de Philippe de Gommynes. L'exemplaire des Mémoires sur les règnes de Louis XI et de Charles VIII, qu'elle a possédé, mérite une attention spéciale. (1) Le mot sept a été récrit à la place d*un mot efflicë, qui était probablement huit. j ANflB DE POLIGNAC 349 La naissance de deux membres de la famille de La Ro- chefoucauld a été marquée sur le feuillet de garde du com- mencement. Ung lundj quinzyesme de juillet mil syx cens deux, demye heure après m;dj, nasquit à Paris ma fille Charlotte de Roje de La Rocheff[oucauU]. Le mardy neufVjesme de septambre mil six cens trois nasquit àVerteuil mon filsFransoisde Roye et de La Rocheff[oucauU], conte de Roucy, à neuf heures du matin trante six mynutes. 3C. DE BIRON. XIV U BIBLE DE CHARLES LE CHAUVE LACÉRÉE EN 1706 RESTAURÉE EN 1818 L'auteur du Mémoire historique sur la Bibliothèque du roy (1), au xviii* siècle, et M. Hauréau (2), de nos jours, ont raconté comment, en 1106, un aventurier nommé Jean Aymon trompa la confiance de Clément, garde de la Bibliothèque du roi, et s'enfuit en Hollande après avoir mutilé et dérobé plusieurs de Dos plus précieux manus- crits. Ils ont aussi fait connaître le résultat des démarches qui furent tentées à diverses reprises sous les règnes de Louis XIV et de Louis XY pour nous faire rentrer en pos- session des volumes ou des feuillets si misérablement enlevés dans nos collections. Les efforts de nos prédécesseurs n'étaient pas restés stériles. Clément et Tabbé Bignon avaient obtenu de très importantes restitutions ; mais il restait encore à réparer (1) P. XLVI. — Voyez aussi Le Cabinet des manuscrits, 1. 1, p. 319. (3) Singularités Mstariques et lUtéraires (Paris, 186t. In-13). p. 986-334. Les noies et documents origioaux relatirs au vol de Jean Aymon sont réunis en un yolume conservé au Déparlement des Manoserits. 352 BIBLE DE QBARLES LE CHAUVE plusieurs des dilapidations d'Aymon. L'une des plus lamentables portait sur des fragments de la Bible de Charles le Chauve et de trois autres manuscrits bibliques. L^administration du Musée britannique a bien voulu nous donner le moyen de combler une aussi regrettable lacune. Le mémoire suivant, que j*eus Thonneur d'adresser, le 15 novembre 1877, au Conseil des Trustées, indique de quelle façon nous avons pu payer la rançon des feuillets dont Tabsence désolait les gardes de la Bibliothèque depuis 172 ans. « Messeigneurs bt Messieurs, «L'esprit libéral qui préside à Tadministration du Musée britannique m'encourage à soumettre à votre examen une proposition qui me parait concilier à la fois les intérêts généraux de la science et les intérêts particuliers des deux grandes bibliothèques de la Grande-Bretagne et de la France. Il s'agirait d'un échange équitable, qui aurait pour effet de réparer un malheur dont la Bibliothèque natio- nale a été victime, et de rétablir dans leur état primitif des livres précieux dontla mutilation afDige tous les amis des lettres. Le résultat que j'ai en vue pourrait être obtenu en assurant un juste dédommagement à l'établissement dont la tutelle vous est confiée. « Je commence par un exposé succinct des faits. « En 1706 et 1707, la confiance des gardes delà Biblio- thèque du Roi fut indignement trompée par un aventurier, Jean Aymon, qui, entre autres méfaits, lacéra plusieurs de nos manuscrits et s'enfuit à l'étranger avec le fruit de ses rapines. « Mes prédécesseurs ont pu recouvrer quelques-uns des feuillets enlevés par Aymon, mais il reste dans plus d'un volume des plaies qui sont encore saignantes et qui désho- norent des monuments paléographiques de premier ordre. Ces plaies seraient fermées si les fragments dont se gosh RESTAURÉE EN i878 3B3 pose le second tome du manuscrit harléien 7851 rentraient à la Bibliothèque nationale. c En effet, les morceaux qui sont reliés dans ce tome sont des feuillets brutalement arrachés à quatre manus- crits de la Bibliothèque nationale. Je puis le démontrer par des arguments péremptoires, et j'ai assez de confiance dans la loyauté et 1 expérience de MM. les Conservateurs de votre département des manuscrits pour être certain quMls ne contrediront pas mes assertions. « Le premier fragment consiste en deux feuillets que le rédacteur du catalogue des manuscrits harléiens décrit dans les termes suivants : Folia duo membranacea, ex codice perantiquo, in quibus do- picla sunt imagines Pauli et Johannis apostolorum» cum inscriptionibus variis grœcis. Âreœ picturarum totœ auro linuntur. In fronte folii prions legitur haec inscriptio literis aureis uncialibus *0 (A7)Tpopa((jry)ç, etc. Snpra caput Pauli, in priore pictura, scriptum est IlauXoç 6 (iu9TV)c wv &ico^TÛ)v X^Yuyv. Pictura secunda très habet figuras; unam stantis, duas sedentium. Supra caput stantis scribitur 'Icoavw)?, ii $oÇa TTJc JxxXijoriac, Xorfi^ç ^peuvcuv touç dEm^^TQuc IlauXou. Supra sedentem, in dextra Olxoujiivtoc, supra alium 6eo8J>ptToç. Circa oras picturarum etiam inscrip- tiones pinguntur, de Nerone, Paulo, etc. Scilicet, circa prio- rem Vù/3 N^pwvoç, etc. Grca alteram 'ISoû XaXou^tv, etc. « A cette description je n'ai qu'un mot à ajouter, c*est que ces deux feuillets portent en tête les n^' 6 et 7. 11 en faut conclure qu'ils formaient les feuillets 6 et 7 du volume auquel on les a arrachés. Le sujet des peintures qui cou- vrent deux pages de ce fragment permet de supposer que nous avons sous les yeux le frontispice d'un volume con- sacré aux Ëpttres de saint Paul et à TApocalypse de saint Jean avec desGommentaires deTbéodoret et d'OEcuménius. « De courtes recherches ont suffi pour me faire recon- naître que ce volume était incontestablement le n** 224 du 3t(i BIBLE DK CHABLB8 L$ CHAUVE fonds grec de la Bibliothèque nationale. En ^et, notre ms. grec 224 contient les Ëpitres de saint Paul et FApo- calypse de saint Jean avec des Commentaires de Théo- doret et d'OEcuménius, et dans ce manuscrit nous avons à déplorer Tabsence des foU 6 et 7. Or une descriptioa, écrite à la fin du xva* siècle de la main de TheUénista Boivin, nous atteste que, sur le fol. 6 r^« on lisait des ïambes relatifs à la mort de Néron et au martyre de saint Paul, et que les fol. 6 v^ et 7 r° étaient occupés par les images de saint Paul et de saint Jean. Je copie textuelle- ment le passage de la notice de Boivin, qui se rapporte aux fol. 6 et 7 : lambi de Nerone ao de martyrio Pauli, ttnci4ibus litieris (Fol . 6). — Editi a Donato Yeronensi ; vide Œcumeniam editum Verona anno 1532. Imago Pauli et drqi eam iambi (Fol. 6 v"). Imago sancti Joannis in hemicyclo sedenlis, infra quam figurs dus sedentes in humilioribus cathedris, doxtra ŒcumemaSi sinistra Theodoretus^ Item circa eam tabellam iambi versus (Fol. 7). « L*accord qui règne entre les expressions dont s'est servi Boivin et celles du catalogue des manuscrits har- léiens est déjà à lui seul un indice très digne d'être pris en considération ; mais la présence des chiffres 6 et 7 sur les deux feuillets dont il s'agit emporte la certitude absolue, et je ne crains pas d'être contredit en affirmant que les deux feuillets ont incontestablement été enlevés de notre ms. 224. « Pour le second fragment la démonstration est faite depuis longtemps (1). Il est de notoriété publique qae les treize feuillets dont il se compose appartiennent à la Bible (t) G^est, je crois, air Frédéric Madden qui a le premier recoaoa qu'il y avait dans le ms. harlôien 7351 un fragment de la Bible de Chartes le Chauve. Voyez la notice qu*ila donnée eu 1836 daos Th9 Gentleman*s magêtine, et qu'il a fteit paraître à part sous ie titre de Alekum's BitH in UieBriMt M%s$m, p. St. RESTAURÉE EM 1878 38tl de Charles le Chauve qui vient du trésor de Saint-Denis et qui forme le n^ 2 du fonds latin à la Bibliothèque nationale. Ces treize feuillets sont cotés 408-420, et ils comblent la lacune qui existe dans notre manuscrit, où nous passons du fol. 407 au fol. 421. « Le troisième fragment consiste en deux feuillets d'une grande bible, cotés 221 et 222« Le relevé de ces deux cotes m'a suffi pour retrouver la place de ces feuillets dans notre ms. latin 93. Le feuillet 220 du ms. 93 se termine par le verset 15 du chap. ii de la seconde Ëpitre de saint Pierre. Votre fragment commence parle verset 16, et continue jusqu'au verset 5 de la seconde Ëpitre de saint Jean aux mots non tanquam mandatum^ dont la suite novum seribens libi se trouve dans notre manuscrit au haut du fol. 223. a Pour le quatrième fragment la preuve est tout aussi décisive. Il comprend sept feuillets d'une bible du xv' siè* cle, cotés 357-363. Le seul aspect de récriture m'y fit reconnaître un morceau de la bible copiée pour Louis XI, n"" 25 de notre fonds latin. En effet, dans la Bible de Louis XI manquent les feuillets 357-363, et la lacune se trouve exactement comblée par le contenu de votre frag- ment. Ainsi, notre feuillet 336 se termine par les mots awcilio autem adjutus Dei usque tn, et la première ligne de votre fragment commence par les mots hodiernum diem sto (Act. XXVI, 22). La fin de votre fragment in eocul- tatiane in adventu Domini nostri Jesu Chrisii (Ep. Jud», 24) ne se soude pas moins exactement avec le commen- cement de notre feuillet 364 : Soli Deo salvatori noséro perJhesumChristum{Ib., 25). a Les faits que je viens de vous exposer, Messeigneurs et Messieurs, n'ont pas besoin de commentaire, et je crois qu'aucun doute ne peut s'élever sur la place qu'occupaient primitivement les quatre fragments reliés dans le tome II d« manuscrit harléien 7551 . 356 BIBLE DB CHARLES LE CHAUVE « Le comte d^Oxford avait donc recaeîUi dans sa biblio- thèque des feuillets enlevés dans les quatre manoscritsde la bibliothèque du Roi, qui portent aujourd'hui le n" SS4 do fonds grec et les n^ 2, 93 et 25 du fonds latin. « Il avait, en outre, acheté trente feuillets du teite grec et latin des Ëpttres de saint Paul en lettres onciales, qui est inscrit sur le catalogue du fonds grec, au n^ 107. Mais, ayant appris que ces trente feuillets venaient d'un manus- crit de la Bibliothèque du Roi, il s*empressa de les ren- voyer dans le dépôt d'où ils n^auraient jamais dû sortir, sans même demander le remboursement de la somme qu'ils lui avaient coûtée. Il se contenta du remerciement qui lui fut solennellement adressé par le cardinal de Fleury au nom du roi. La lettre que lord Oxford écrivit à Tabbé Bignon le 18 février 4729, en lui renvoyant les feuillets des Ëpttres de saint Paul, et que nous conservons précieusement dans nos archives, renferme une phrase que je vous demande, Messeigneurs et Messieurs, la permis- sion de citer, tant elle fait d'honneur au caractère d'un de vos plus illustres bienfaiteurs : «Pour moy, dit-il^ je « regarde comme une félicité particulière l'occasion qoi « s'est offerte à moi de remettre à la Bibliothèque royale « ce qui lui a été volé par un scélérat. » Évidemment, l'homme qui a dicté cette phrase n*eût pas hésité à ren- voyer en France, avec les feuillets des Ëpttres de saint Paul, les fragments que j'ai eu Thonneur de signaler à votre attention, s'il eût soupçonné que ces fragments avaient la même origine et qu'ils venaient de la Biblio- thèque du Roi . « Vous vous inspireriez donc, Messeigneurs et Messieurs, des sentiments qui animaient le comte d*Oxford, et vous rempliriez ses secrètes intentions, si vous daigniez adop- ter la combinaison que j'ose soumettre aujourd'hui à votre bienveillant examen. a L'intérêt que la Bibliothèque nationale aurait h recoH* RESTAURÉE EN 4878 3S7 ▼rer les fragments do fonds harléien est hors de pro- portion avec le prix que le Musée britannique peut attacher à la conservation de ces arlicles. En effet, les fragments auraient pour nous Tincomparable avantage de compléter quatre manuscrits importants, tandis que^ restant à Tétat de morceaux isolés, mutilés au commencement et k la fin, ils perdent une grande partie de leur valeur et pourraient être remplacés par des reproductions photographiques. « Hais si le Musée n'a pas un intérêt majeur à conserver des morceaux qui ont tant de prix pour la Bibliothèque nationale, il n'en est pas moins strictement équitable de lui proposer un dédommagement proportionné à l'étendue du service qui nous serait rendu. « A ce titre, la Bibliothèque nationale offrirait au Musée une collection de 242 vol. in-fol., reliés uniformément en veau aux armes de Golbert. C'est la copie que Golbert s'était fait faire, avec quelques retranchements, du célèbre recueil de Mémoires et papiers d'État de Loménie de Brienne, recueil dont nous possédons l'original. La collec- tion de Brienne est assez connue pour qu'il soit inutile de vous en signaler le caractère et la valeur. Vous devez d'ailleurs, Messeigneurs et Messieurs, en posséder les tables, dont il a été fait de nombreuses copies au xvii* et au xviii* siècle. « Les 242 volumes in-folio, aux armes dé Golbert, dont nous ferions l'abandon, ne compenseraient-ils pas le sacri- fice que vous vous imposeriez en rendant à la France quelques feuillets arrachés à nos manuscrits T J'ose espé- rer, Messeigneurs et Messieurs, que tel sera votre avis, et que vous pourrez, sans nuire aux intérêts du Musée britannique, accueillir la proposition que j'ai l'honneur de vous soumettre, après en avoir obtenu Tautorisation de H. le Ministre de Tlnstroction publique. En adoptant cette mesure, vous vous conformerez aux nobles traditions du comte d'Oxford, et vous resserrerez les liens de solidarité 388 BIBLE DE CHARLBS LE CHAUVE RESTAURÉE EK 1878 qui unissent entre eux les établissements littéraires de li Grande-^Bretagne et de la France. » Cette proposition d'échange a été gracieusement accep- tée par le Conseil des Trustées, et, au mois d'avril 1878, les fragments qui, depuis plus d'un siècle, formaient la seconde partie du ms. harléien 7551 au Musée britaDoique ont repris leur place dans le ms. 224 du fonds grec et dans les mss. 2, 25 et 93 (1) du fonds latin à la Bibliothèque nationale. (1) Le ms. 03 réuni au ms. 45 forme une bible iioe les Béoèdie- tins ont employée pour leur édition de la BU)le de saint léfdme. XV MANUSCRITS DIVERS ACQUIS PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE EN 1876, 187/ ET 1978 Sur les pages qui vont suivre, le lecteur trouvera Tin- dioatioD des manuscrits qui, eu dehors des textes orientaux et grecs, ont M^ dans ces (rois dernières années, ajoutés aux différents fonds de la Bibliothèque nationale (1). Les notices se succéderont, suivant Tordre alphabétique des noms d'auteurs ou des mots qui semblent le mieux caracté- riser la nature de chaque manuscrit. Aix« -^ Catalogue alphabétique des manuscrits de U bibliothèque d*Aix. Manuscrit autographe de Rouard. — - Nouv. acq. fr. 1448. -^ Inscriptions qui existent k Aix, en 1831. Manuiorit d« M. Rouard. — Nouv. acq. fr. ilSO. -^ Notes de H. Rouard relatives aux inscriptions an* ciennes et modernes de la vUle d'Aix et des environs. Ce (1) Je n*8i pas eru devoir eomprcndre dans ce relevé ta nns. de Fabbaye de Silos «t ceux de M. Oidot, donl U a éié qaesUon plus baut, pp. 83 et 140. 360 MANUSCRITS RÉCEMMERT ACQUIS ▼olame, de format ia--12, au dos duquel M. Rouard a fidt meure le titre: « Compendium, » n'a pas figuré sur le catalogue de la bibliothèque de M. Rouard. Albericos de Roxiate. « Questiones statutorum. Christ! Domine premisso, ceteris prefatiouibus resecatis, tradere disposui ego Àlbericus de Roxiate, Pergameusis advocatusi questiones utiles et continuas statutorum, ellicitas ei anti- quorum et modernorum scripturis, ordinem talem ser- vando....»Àla fin de cet ouvrage, divisé en quatre parties, on lit : a Gompletum fuit opus hoc anno Domini 1387, die Martis 16 jullii. » — « Régule statutorum per Bar[tolum]. » — « Opéra statutorum Baldi. » — Copie du XV* s. sur papier. Nouv. acq. lat. 2184* Alchimie. Recettes et notes, écrites par une main ita- lienne au commencement du xv!"" siècle. — Nouv. acq. lat. 222. imbassadem. — Hémoires concernant la charge d'in- troducteur des ambassadeurs, de 1747 à 1755. Exemplaire offert à Louis XV par Tauteur H. de Verneuil. — Nouv. acq.fr. 1111-1115. indecies (Monastère d"), au diocèse de Chàlons . Lot de huit chartes originales du xn' au xv^ siècle. 1. Grande charte de Simon, sire de Broies, datée de Tan 1131. La date a été grattée; le texte primitif devait porter 1138 oo 1139. S. Confirmation des donations du même Simon par Geoflroi, évéque de Châlons. 1136. 3. Charte de Hugues, sire de Broyés. 1171. 4. Charte de B., évéque de Troyes. 1191. 5. Petite charte française de Tannée 1243 : € Messires Guillames Gomers, de Norm[ée], fait asavoir à touz ceus qui ces lettres vemint, ke il fait mariage de ses PAR U BlBLIOTHftQUE NATIONALE 361 hoîimes ki sunt de son ban et de sa justice as femmes les dames de Andeceiis, par taile et par enfaanz et par corn- muneté. Et por ce ki ce est dou fe monseinnor Huthace, loa fait il confermer en son seel. Ces lettres furent donées mil anz et CC XLIII après Faincarnation deDen. » 6. Charte de Thomas de Coucy, sire de Vervins. Octobre 1225. 7. Charte de Marie, abbesse de Notre-Dame d'Andecies. 21 septembre 1485. A cette charte est appendu un an- cien sceau portant pour légende : [SIGILLY]M EGCLESIE Vm FONTIS. 8. Acte du 26 février 1493 (y. st.), scellé du sceau de la chastellenle et baronnie de Baye. AngeiB. — Actes relatifs à la création et aux privilèges de la mairie d* Angers, xyii* siècle. — - Nouv. acq. fr. 1092. Anjou. •— Notice originale de Tannée 1093 constatant Taffranchissement d'un serf par un seigneur angevin qui dans Tacte est appelé Guido Segreius et dans une note tracée au dos du parchemin Guido Segrerius. — Nouv. acq. lat. 129S. Je donne ici le texte de ce document, également pré- cieux pour rhistoire du servage dans Touest de la France et pour Tétude des usages diplomatiques et des formes vul- gaires des noms d'hommes à la fin du xi* siècle. CARTA GUmONIS SEGREIUI (1). + + +(2) Cum ipsa, qusB Deus est, veritas dicat : « Estote miséricordes sicut et pater vester cœlestis misericors est, ut et ipsi mise- ricordiaroconsequamini; • et alibi Scriptura : « Diligeprozi- mum tuura sicut temetipsum ; » proximus autem noster, (i) Ce titre a éië écrit au dos de la pièce en caractères à peu près contemporains de la rédaction même de la charte. (3) Les \To\s croix tracées en tète de la charte, dans Pangle gauche, sont les signes de Tauteor de la charte» de sa femme et de m ftUe. 36t MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS Ut sanctos Augustinus ait et ipsa se res habet, omnis homo esi; cum enim unum patrem secundum essentia naturam veraciter habeamus, proximi, imino fratres, noa esse non possumus. Quam ergo raisericordes quamqae libérales erga omnes homines esse debemus, maxime nostra solutione opus habentes, et alio ia loco divinus sermo dicit : « Facite elemosinam, quia, sicut aqua extinguit ignem, ita elemo- sina extinguit peccatum. y» Multis saoe modis elemosinam, Deo donante atque docente, facere possumus. Non enim solum usualem substantiam ia necessitate pauperum expen* dere est elemosinam facere, venim etiam servitutis sard- nam seu debitum homini dimittere, maxima pars est mîseri- cordiad atque elemosinae. Qui ergo majora sibi a Deo dimitti desideraty minora conserve suo, sive confratri, pro quo Cbristus sanguinem fudit, dimittere non n^ligat. Qui au* tem auctoritatibus istis aurem obœdiendo non inclinât, de* bita peceaminum dimitti sibi frustra exorat. c Hensura ni- mirum, ait Evangelium, qua mensi fiteritia, remetietur vo- bis. » His et bi^us modi salubenimis exortationibus, ego Guido Segreius, confisus michi a Deo mea peccata remitti« pro remissione peccatorum meorum, et pro salvatione Gau- terii, filii mei, quem Deus bonad indolis adolescentem sus- tulit, et pro parentum meorum requie, Gauterium a send- tute solvo ac liberum in perpetuum facio et concède, et omnes si quos habet vel habiturus est filios aut fllias, sine uUo retinacttlOy eadem libertate dono, concedentibus boc atque laudantibus uxore mea Alburgi, et filiamea Amelina, et fratre meo Drogone et Richardo ejus fliio et Agnete sorore sua, et Amistba uxore ejusdem Drogonis. Ut autem Iubc carta sive libertas firmior semper maneat, propria manu signum crucis hic me fecisse, quicunque legerit vel vident eam, sciât. Similiter et pnedicti fauctores fecerunt. Si quis banc libertatem aliquando (quod absit I) calumniari voluerit, ejus voluntas ad nihilum redigatur, et nisi cite resipiscat, cum iniquitatemJDatan et Abiron operantibus puniatur, et testes qui interfuèrunt fortes contra se atque victoriosos experiatur. Testes de Guidone supradicto et uxore ejus, qui id eos fecisse PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 368 ^demnt et andierant sunt hii : Garinus de Fontanes, frater predicti Gaidonis, Aimericos de Soz, Habertus Chaluz, Ar* duiauâ de Istials, Âlduinus de Borenna, Guido Nisarz, Hugo de Boriaiacoy Bernardus capellanas de Tanais, et alii quam plures, quos propter lectoris tedium dimisimus. Testes fili» : Terricus Brunels, Yitalis filius ejus, Gerardus Cutedy Stephanus panetarius, Rainaldus Gormundus, Ste- phanus Corveisers, Arduinus Grassus, Heriers Paneters, Gerbaldus de Creuz, Josfredus Petitz, Garinus Boitels, Da- vid de Quoquentine, Mainardus Holners, Bodinas presbiter. Testes vero de Drogone et âlio ejus et filia et uiore : Simon de CethoDy Frotgerius fiiius Lono, Gaudinus filius ejus, Bugo filius Johannis Quattuor manibusi Ivo de Rona, Drogo bastardus, Richardus frater ejuS| Boso vassallus, Bernardus Billonus, Simon filius Odelerii, Alcherius filius Bemerii, Josbertus Pendens lupum, Drogo filius Mainardi, Eiinandus decanusy Josfridus presbiter, Ascelinus presbiter, Garinus monachus de Baselgeriis, Rainaldus Hora, Gamerius de Buscia, Hilo filius Herberti de Secusa, Josfridus Mactans fer- rum, tune prier Roziaci, Doda mulier de Baille, Frenburgis uxor Herberti de Secusa, Hersendis filia ejus. XYII kalendas Augusti, feria VII, hoc fecerunt Guido et sui, anno ab incamatione Domini HXCIII, indictione I, epacta XX, luna XYIII, concurrentibus V, ciclo YIII (1). Kalendis Augusti itidem fecerunt Drogo et sui, die festo sancti Pétri, anno ab incarnatione Domini que supra, indictione prima, et epacta XX, concurrentibus V, ciclo YIII, luna 1111% feria n*, Gaufrido, Andecavensi episcopo, Fulcone comité, Philippe rege (2). + + + + (3) Aj^oh. — « Les coustumes, usaiges, stilles et communes observances des pals d'Anjou et du Maine », contenant (1) Ces données chronologiques correspondent au samedi 16 JaiU let 1093. (S) Cette seconde date répond au lundi i« août 1003. (3) Ces quatre croix sont les signes de < Drogo, Rîcbardas, Agnes. Amistha. » 364 MANUSCRITS liÉCEIflfE?IT ACQUIS XX parties. Il n'y en a qae 17 énomérées dans le réper- toire placé en tête du volume. Le texte s'arrête à la seizième partie: «En quel cas communité de biens a lieu. » Les trois premiers feuillets sont occupés par des règlements pour les notaires du tabellionage d'Angers et du ressort. — Écriture de la seconde moitîë du xv* siècle. La signa- ture G. Bouchet, qui se lit sur le fol. 5, parait être celle do copiste. *— Nouv. acq. fr. 4i72. Antoine de Bstrio. — « Prima pars lecturi {sic) domini AnthoniideBo., sollempnissimi utriusque jurisprofessoris, super primo libro Decretalium. » — xv* siècle, papier. — Sur le feuillet de garde du commencement, nom d'un des premiers possesseurs : « Lectura domini Antonii de Bac super prima parte decretalium, mei Pauli Andrée Delbene doctoris de Verona. x> — Nouv. acq. lat. 2186. — oc Antoniusde Butosuper secunda parte primi libri. > — XV* siècle. Papier. — Au bas du premier feuillet, écusson d'azur à une F d'or, accompagnée de deux roses de gueules. — Nouv. acq. lat. 2187. AntOiiB (Saint). — « Tractatus de institutione confes- sorum reverendissimi patris et domini domini Antonini, archiepiscopi Florentini, ordinis Predicatorum. » Joli manuscrit italien, à la fin duquel estla date du 28 juin 1466. Il a appartenu à Monteil. — Nouv. acq. lat. 218. Apt. — Statuts de la cathédrale d'Apt, publiés le 3 juin 1372 par « Johannes Sabaterii, decretorum doctor, nuncius apostolicus ac reformator in capite et in membris tocius Aplensis ecclesie. » — Petit volume sur parchemin, de 33 feuillets. 11 y a une lacune portant sur les articles 77-80 de ces statuts. —Nouv acq. lat. 285. (N^" 3316 du CaU- logue de la bibliothèque de Rouard.) PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 365 Alistote. — Fragments d'an grand et bel exemplaire des Problèmes d*Aristote, traduits parEvrartde Gonti, da com? mencemeot du xv* siècle. 11 y a six doubles feuillets, sur lesquels se trouvent les grisailles se rapportant au com- mencement des parties X, XIV, XV, XX, XXIV et XXV de Touvrage. — Nouv. acq. fr. 3371. Arles. — Statuts accordés à la ville d'Arles par Raimond, archevêque d'Arles. Cette copie, du xii^ siècle, est assuré- ment celle que les bénédictins appellent a membrana Sancti Gaesarii, » et dont ils se sont servis pour publier ces statuts ddiûs le Gallia ChrisHana, I, instrum., 98. ^Parche- min haut de 840 millim. et large de 178, ayant passé par les bibliothèques de Guillaume de Nicolal, d'Arles, de J. V. Martin, fils, de Marseille, et de Rouard. — Nouv. acq. lat. 284. Aries. — Registre de la confrérie de monseigneur sainct Grégoire, nouvellement fondée et instituée dans le cou- vent des frères de Sainct Dominicque de la cité d'Arles, depuis 1836 jusqu'en 1761. Manuscrit original sur papier, de diverses mains, du xvi* au milieu du xviii' siècle. — N* 3326 du Catalogue Rouard. —Nouv. acq. fr. 1186. irmorial. — Feuillet d'un armoriai du xv« siècle, con- tenant les armes de 96 seigneurs normands. Premiers mots: c Mons. Jehan de Gambray de Preaulx, semblable, à ang label de gueulles. » — Nouv. acq. fr. 1108. irmorial de France, peint et copié au commencement du xvr siècle. — En tête, traité de blason dédié par Glément Prinsault à Jacques fils du duc de Nemours, comte de la Marche. — Autre traité d'armoiries (fol. 11). — « Advis de Thoison d'or, roy d'armes de Tordre du Thoison, sur le 366 MAJSUSCR1T8 RÉCEMMENT ACÛCIS fait d*annoyrie » (fol. 21); il est dat6 de Bruges, le 4 jan- vier 1463 (1). — « Traictie contenant comment le roy d*armes des Franchois fut premiers créé et puis nommé Monjoye, et la fachon de son noble coaronnement, les sv- mens que il fait, aussi ses droix, et ce que il est teoo de faire » (fol. 25). — Au fol. 23, table des provinces com- prises dans cet armoriai. — Nouv. acq. fr. 1075. Artillerie. ~ Inventaire général des pièces de canon et principales munitions d'artillerie qui estoient dansle royaume le 1^' janvier 1717. Volume grand in-folio, relié en maro- quin rouge, provenu de la bibliothèque du Palais royal. — Nouv. acq. fr. 3518. — Inventaire semblable, à la date du 1^^ janvier 1718. — Nouv. acq. fr. 3519. Artois. - Remarques sur plusieurs articles delà coutume d'Artois, commencées en 1695 par Adrien-Christ. Hébert, sous la direction de son père Guillaume^François Hébert — Nouv. acq. fr. 3355. Aubin (Vie de saint), en tableaux. — Grandes peintures de la fin du xi* siècle, cédées à la Bibliolhèque par M. Me- nard, de Nantes, qui les avait achetées à la vente du char- cutier Transon. L'acquisition a été faite aux frais de H. le duc de La Trémoille. L'importance de ces peintures a été mise en relief par H. Alfred Ramé, dans un mémoire que publiera prochainement la Revue des Sociétés savantes. — Nouv. acq. lat. 1390. - Augustin (Saint). — Œuvres diverses de saint Augustin. Volume sur parchemin, de 146 feuillets, 250 millim. sur 180. Écriture à deux colonnes, duxii* siècle. Gemanos- (1) U y a une copie du même traitô à Florence dans le ms. Mediceo- Palatino 117. t>AB LA BIBLIOTHÈQUB NATIONALE d67 crit parait venir d'une abbaye cistercienne, dont le nom a été gratté au fol. 118 v^ — Nouv. acq. lat. 259. Fol . i • ff De immortalitate animae liber primus. » Fol . 8 V*. a Incipit prefatio de anima et ejus origine. » — Fol. 9. a Incipit liber sancti Âugustini episcopiad Vincentium Vciorem de natura et origine anime. 9 — Fol. 17. « Inci- pit secunaus ejusdem sancti Augustin! ad supra memora- tum Vincentium Victorem de eadem re. » Fol. 31 V®. € Incipit liber sancti Augustini episcopi de quanti-* tate animœ. » Fol. 58 v^. c In hoc corpore continetur Spéculum sancti Au* gustini. De uno Deo. Audi Israbel. Dominus Deus tuus Deusunus est, etdiliges Dominum... » Fol. 119 v^. «Carmen ad bonum malum quod diciturHali- gnum... — Ad tineam capitis benedictio unguinis id estun- guenti. 1^ Ces deux formules de charme ou de prière ont été ajoutées après coup, en caractères du xii^^ siècle. Fol. 120. « Liber Aurelii Augustini de videndo Deo ad Pau*- linam. » Fol. 133 v<». a Aurelius Augustinus ad Italicam. Non solum litteris... 3 Fol. 135. t Augustinus ad Fortnnatianum . Sicut presens rogavi et nunc... -» Fol. 139.fl Hylarius ad Augustinum episcopum. Sanctitatis tas gratia que... » Fol. 139 v^. « Augustinus episcopns ad Hylarum. Ex litteris tuis didici.. • » La fin de cette lettre manque. Ce manuscrit est d'une grande importance pour la cri- tique d'un ouvrage dont Tattribution à saint Augustin a été fort contestée. J'ai signalé (i) dans les Bibles deThéodulfe deux textes différents du Miroir de saint Augustin : l'un, dont les citations sont conformes à l'ancienne version de la Bible, nous a été conservé par le manuscrit de la cathé- (i) Bibliothèque de VÉcole des Chartes^ anoée 1870. t. XL, p. 4a-4e. 368 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS drele da Puy ; Tautre, dont les citations ont été ramenées à la version de saint Jérôme, se trouve dans le manascrit latin 9380 de la Bibliothèque nationale et a été pu- blié en 4654 par Jérôme Vignier. 'Un troisième texte du Miroir, différent des deux qui viennent d'être indiqués^et dont les citations se rapportent à l'ancienne version de la Bible, existe à Rome dans un volume de la bibliothèque de Sainte-Croix de Jérusalem, copié en lettres onciales du VI* ou du vu* siècle; il a été employé par les cardinaux Wiseman (4) et Mai (2). Le nouveau texte du Miroir dont la Bibliothèque nationale vient de s'enrichir est assez sem- blable à deux copies du xi* et du xii* siècle que M. Miller(3) a signalées dans nos deux manuscrits latins 2917Aet 43082, Tun venu de Saint-Martial, et Tauire de Saint-Victor. U paraît offrir la plus grande analogie avec le manuscrit de Rome. Pour permettre d'en juger, je reproduis le dernier chapitre tel qu*il se trouve au fol. 448 du nouveau ma- nuscrit : QUOD DOMOfUS FONS VITE IfUNCUPETUR. In Jeremia, Domine omnes qui te derelinquunt confondantur; diacedentes a terra (4) evertantur, qui dereliquerunt venam aquarum (5) fontem vit» Deum (6). Item in Jheremia. Exhorruit cœlum super hoc vehementer, dicit Dominus, quia (7) hec duo mala fecit popolus meus : me dereliquerunt fontem aqua vive, et foderuntsibilocos(8) detritos qui non potuerunt (9) aquam continere. (1) Migiie, DémonslraUons évangéliques, t. XVI, pp. 3S8-S80. (S) Spicilegium Rotnantànij IX, ii, 1-88. (3) Journal des Savants^ année 1853, p. 575. (4) A te revertanlur. Hs. de Saint Vicior. (5) Les mois venam aquarum manquent dans les mss. de Rome, du Puy, de SaiutrMarlial et de Sainl-Viclor. (6) Dominwn. Ms. de Rome. ^ DonUnù Mss. du Puy et de Sainl- HarUal. (7) Qiumiam. Ms. de Rome. (8) Laeus. Mss. de Rome, de Saint-Martial et de Saint-Victor. Loeof est une mauvaise leçon. (0) Poterunt, Ms. de Rome. PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 369 Item in Y$aia. Ecce rex justus regnavit, et ego suscitavi re- gem cum justicia et principem cum judicio. Imperavit (1) et erit homo abscondens sermones suos, et abscondet (2) sîcut ab aquaB ictu et apparebit in Syon, sicut fluvius prsB- clanis in terra silienti. Item in Ysaia. Quia erupit in deserto aqua, et rivi in terra sitienti, et quae sine aqua est erit in paludes, et in silienti terra (3) erit fons aqus vivse (4). Item in Joël. Et fons de domo exiet, adaquavit (5) agmen. Item secundumJohannem. In novissimo autem illo magno diei festi (6), slabat Jhesus et clamabat dicens : Qui sitit veniat ad me et bibat.Qui crédit in me, sicut dixitscriptura, flumina de ventre eju3 fluent aqu» vivse. Hoc autem dicebat de spiritu quem accepturi erant credentes in eum. Item in psalmo XXX (7). Inebriabuntur ab ubertate (8) do- mus tus, et torrente voluptatis tua potabis eos, quoniam apud te est fons vit» et in lumine tuo videbimus lameu. Aimis. — Fragments d'un petit registre d'enquêtes faites enAunis, vers Tannée 4260, par ordre d'Àlpbonse, comte de Poitou.12 feuillets, de 250 millimètres sur i80. Le texte en aété publié par M. Briquet, dans le tome VII iesArchiveshis- toriques du Poitou^ p. 149-189. C'est la pièce qui a figuré (I) Imperabit, Ms. de Rome. — La forme imperavit prouve que nos copies dérivent d'un exemplaire dans lequel on coufondait les consonDes b et v. (3) Abicondet se. Hss. de Saint-Martial et de Saint-Victor. (3) Et sitienti Urrœ, Us. de Saint-Martial. (4) Telle est aussi la leçon des mss. de Rome, de Saint-Martial et de Saint-Victor. Le ms. du Puy porte : c Quia fluxeruni in deserto aquse et torrenies in solitudine. » Le texte cité dans ces cinq mss. est le verset 6 du chap. xxxv d*lsaîe. — Le passage correspondant du ms. 9380 de Paris est tiré du chap. xliv dlsaïc, versets 3 et 4. (5) Pour adaquabit. Nouvel exemple de la confusion du b et du V. (6) In novissimo auum die Hlo magno diei festi, Mss. de Saint Martial et de Saint-Victor. (7) Ce sont les versets 9 et 10 du psanme XXXV. (8) Ab uberibus, Mss. de Saint-Martial et de Saint-Victor. S4 370 MA!«nscRiTs RicnniBifT acquis à la vente des arcbives de Joarsanvanlt, sous le n^ 2844; le rédacteur da catalogue Ta intitulée : « Cartulaire des ftcfs du Poitou au xiii* siècle, » — Nouv.acq. lai. 252. Auvergne (Commentaire sur la coutume d'), par Ânt. Ghabru, 1647. —Nouv. acq. fr. 41S8. Aveu rendus au roi. ^* Table de sept registres, cotés TI- XII, contenant : 1^ Aveux rendus es mains de Pierre Boyer, docteur en décret, régent de la sénéchaussée .de Garcassoune pour le roi ; — 2° Aveux de la sénéchaussée de Saintonge, de 1363 à 1 369 ; *— 3<^ Aveux de la sénéchaussée de Saiotonge, ville et gouvernement de La Rochelle, de 1461 à 1484 ; — 4"" Aveux tant de la tour de Mahugeon, chastel de Poicliers, que des chastellenies de Montmorillon, Melle, Ghizé, Civray, Luzignen, Fontenay-le-Gonte, Nyort et Saint-Muixant ; —5° Aveux delà conté dePoictou en 1419; — 6*^ Aveux des sénéchaussées de Rouergue, Cahours, Agenoys, Albigoys, Coniminge, Thoulouse, Aux etÂviaioD; —5° Aveux des sénéchaussées de Bcaucaire, de GarcassoDoe, de Thoulouse, de Quercin et de plusieurs autres séné- chaussées du pays de Languedoc. Gette table, dont le commencement et la fin n^existent plus, a été copiée sur parchemin au commencement du XVI® siècle. —Acquis en 1878.— Nouv. acq. fr. 1116. Barthélemi de Pise.*— — Nouv. acq. lat. 268. PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 374 Binpte, en basse Nonnandie. — Registre de Marin Le Lou et de E. Picquot, tabellions jurés pour le roi en la vicomte de Carentan pour le siège de Baupte, en tant que sont les contrats d'héritage, pour deux années commen- çant au jour Saint-Michel 1567. — Don de Madame BouUé. — Nouv. acq. fr. 1121. Béam. — Documents relatifs aux protestants et aux nouveaux convertis dans le Béam, pendant Tintendance de P. Cardin Lebret, de 1701 à 1704. — Nouv. acq. fr. 3817. Béarnais (Dialecte). •— Récits d'histoire sainte, en béar- nais. — Manuscrit sur papier, du xv^ siècle, donné par M. Lespy, de Pau; c'est l'exemplaire d'après lequel MM. Lespy et Raymond ont publié leur édition, en deux volumes in-4°, — Nouv. acq. fr. 4131. Belgique (Bibliographie), ou Catalogue alphabétique raisonné des livres qui ont paru sur Thistoire des dix-sept provinces des Pays bas, de la principauté de Liège et con- trées voisines, par G. L D. S. — xvin® siècle. — Nouv. acq. fr. 3364. Bernard de Basse. — « Spéculum discipline compositum a fratre Bernardo de Bessa, ordinis sancti Francisco » — Petit manuscrit sur parchemin, du xiv* siècle, de 50 feuil- lets. — Nouv. acq. lat. 246. — Sur Bernard de Besse, voyez un article très incomplet de YHisioire littéraire^ XIX, 437. Bemlle (Essai sur la vie du cardinal de). — xviii* siède. — Nouv. acq. fr. 4191. Besenval. — Registre de la correspondance de Besenval, envoyé par Louis XIV le 30 janvier 1707 près de Charles XII, roi de Suède. —Nouv. acq. fr. 1168. 37S XAIIUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS Ublo. *— Dernier feuillet du premier volume d^une bible française copiée au xiv* siècle. Ce feuillet porte une inscrip- tion de Jean Flamel et la signature du duc de Berry. — Nouv. acq. fr. 3431. Bibliographie. — Tableaux indiquant les différentes di- visions d'un classement bibliographique analogue à celui qui était suivi au xviu* siècle à la Bibliothèque du roi. — Nouv. acq.fr. 3321. Sibliographie. — Notes d'un bibliothécaire sur la façon dont les matières sont distribuées dans quelques ouvrages et sur la chronologie de Thistoire de France. — xvm*siède. — Nouv. acq. fr. 4188. Bofice. — Parafraze du dialogue de Severin Boëce, intitulé de la Consolation de laphilosofie, par H. de Jant, abbé de Saint-Mahé, mon en 1632. L'auteur, qui est ap- pelé « Ludovicus a Johanne j> dans le Gallia christiana^ avait trois frères: le chevalier de Jant, dont M. Jules Tessier a fait connaître les Négociations au Portugal (1); le conseiller de Jant, trésorier général de France en Bour- gogne et Bresse ; Claude de Jant, commandeur de Fouveos, de Tordre du Saint-Esprit. Celui-ci offrit en 1663 à son frère atné, le conseiller de Jant, l'exemplaire de l'ouvrage de Tabbé Louis de Jant, que la Bibliothèque vient d'ac- quérir. BoBmond, comte de Tripoli. — Charte originale du 6 mai 1199, dont la provenance est incertaine et sur l'au- thenticité de laquelle il est permis d'élever des soupçons. f In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti« Amen. Notam sit omnibus presentibus et fuiuris quod ego Boemundus (1) Le chivaiier de Jant. Relati4>m de la France avec le Porttègal au temps de Ma%arin. Paris, 1877. Iq-8. PAR LA HIBUOTHÉQUB NATIONALE 373 fllius Boemundi principis Antiochie, JDei gratia Tripolis cornes, bono anime, sincera fide, dono et concedo tibi Willelmo de Merle et heredibus tuis de tua desponsata dtXX bi[sancios] sarracenos in assisiam annuatim in fun-^ dico Tripolis capiendos singulis mensibus per ralionem; et si ibi deruerit, de meis aliis reddilibus in civitate Tripoli defectum vobis complebo; et insuper dono vobis centum jarras annuatim de musto allatas Tripolim ad mensuram jarre Archarum. Pro qua assisia tu effectus meus homo ligius debes micbi et meis successoribus servicium tui cor- poris solum in galea prêter incursum, et debes in Tripoli facere mansionem, et tenere michi et meis unam galeam semper paratam et armatam in omnibus suis necessariis exceptis hominibus. Sane postquam galea mittetur in mare meo mandate, erit ipsa in meam restauracionem, nisi forte culpa tui galea dampnum aliquod pateretur. Hères yero tuus de tua desponsata prescriptam assisiam possessurus idem servicium michi et meis successoribus exibebit. Ut igitur quod superius dictum est ratum et firmum semper existât, presentem cartam meo feci sigillé plumbeo roborari. Hiijus rei sunt testes : Guide Biblii, Plebanus Beto- roni, Raimundus de Biblie, Bertrandus frater ejus, W. For- celetus, Petrus Saramanni, W. de Cavomente, Saissius, Jehannes de Moneta, Peregrinus Carbenacius. Anne Domini M^'CXC^' Yini% pridie nonas Haii. — Histoire des miracles de Nostre-Dame de Bolduc (Bois-le-Duc). Ms. de 343 p. in-4% d'une écriture assez serrée, du xvu* siècle. — Nouv. acq. fr. 4203. BoUetille. — Cartulaire du prieuré de Bolleville, au diocèse de Goutances, renfermant les chartes de cette maison, depuis le milieu du xii^ siècle, jusqu'au xv*. Copie figurée d'un cartulaire conservé au Musée britannique (fonds additionnel, n"" 47307), dont la partie la plus con- sidérable fut collationnée et certifiée conforme aux origi- naux, en 1436, par Jean Amechin, tabellion de Lessay. 874 MANUSCRITS RÉGBMMERT ACaUIS •— N0UV4 «cq. ft. 416â. — Cette copie a été faite aux frais de M. Peigoé-Delacourt, qui a donné à la Biblio- thèque la valeur de la médaille par lui obtenue en 1877 au concours des Antiquités nationales de FAcadémie des inscriptions. Bordeaux et lontanban (Généralités de). — Registre relatif à Tadministration de Thomas Morant, seigneur d'Esterville et du Mesnil-Garnier, conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, départi dans les généralités de Bordeaux et de Montauban par lettres du roi du 30 janvier 1650. — Le volume ne contient que des pièces de l'année 1650. — Démêlés avec le parlement de Toulouse. — Evénements de Lectoure.— Affaire de La Paisse, prisonnier d*Ëlat. — Mise en liberté des prisonniers de Saintes à Toccasion de la première entrée du roi dans cette ville. — Lettres originales signées des personnages dont les noms suivent : de Mavidan, pre- mier avocat général au parlement de Toulouse ; Cardalhac La Cappelle; de Mercier; du Laurens; les consuls de Baigneres ; Toulonjon ; Urtubie ; Bordier ; Brugiere ; de Villeneufve ; de Harlay ; le duc d'Espernon ; Marin ; Tabbé de Verteuil. — Au dos du volume, sont dorés des cor- morans, oiseaux qui figuraient sur Técu de la famille Morant. — Nouv. acq. fr. 1081. Bordeaux. — Copie d*un registre du couvent des Domi- nicains de Bordeaux, écrit par diverses mains de la seconde moitié du xiii^ siècle et des premières années du xiv^. 11 contient un grand nombre de lettres des papes Grégoire IX, Innocent IV, Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV, relatives aux privilèges de Tordre des Domi* nicains, quelques chartes du couvent de Bordeaux, des lettres de Simon, cardinal de Sainte-Cécile^ et de Hugues, cardinal de Sainte-Sabine^ dea statuts, et les actes des PAR U BIBUOTBiÛCB rahorale 375 chapitres généraux dd Tordre et des chapitres de la pr. Abrégé de l'histoire d'Angleterre, composée par Guillaume de Malmesbury. c Incipit libeHus de gestis Ai- glorum . Anno ab incarnalione Domini CCCC' XL4X* venere (1) Voyez la notice consacrée à ce ms. par les RR. PP. de Hadcer et de Smedt, dans la Bibliothèque de CÉcole des Chartes, année 1879, t XL, p. 4S7. 878 NANUSGRITS RÉGEifMRNT ACQUIS Angli et Saxones... — (Fol. 63.)*-« flammeas mînaaet fumea volumina peplo suo submovens. Explicit libellas de gestis Anglorum. ^ — Il y a une lacune de deux pages entre les feuillets cotés 31 et 32 ; on a coupé le damier feuillet du cahier signé D. Fol. 63. Extraits des ouvrages des Pères relatifs à la péni- tence. « De confessione in ùltimis positonim. Celestinus papa. Yera ad Deum confessio. . . » Fol. 63 v\ Note sur les propriétés attribuées à certains jours de Tannée, a Sanctus Beda dixit quod très dies in mense Februario sunt, id est idus Febniarii, YI kalendas Hartii, II kalendas Martii, in quibus si quis masculus natus fueritt caro ejus incorrupta permanet usque in diem judicii... » Fol. 64. Histoire de Charleœagne, dont le teste a été publié en 1874 par Kaentzeler. « Incipitprologus sequentis operis. Et si passixn et varie odoris pigmenlarii... » — Fol. 63. tf Incipit liber primus de sanctitate meritorum et gloria mi- raculorum beati Karoli Magni àd honorem Dei. I. Genea- logisB séries beati Karoli Magni. Sanctus igitur Amulphus cum esset in juventute dux... » — Fol. 103 v^. «.... le- cunda revelatione apparerB non desinit, cui decus, honor et imperium per infinita secula l^eculorum. Amen.De sanctitate meritorum et gloria miraculorum beati Karoli Magni ad honorem et laudem nominis Dei et ejus beatissinuB geni^ tricis liber tercius explicit féliciter. » Fol. 104. Vie de Charlemagne par Éginhard. a Vitam et con- versationem et ex parte non modica... » — Fol. 115. a.... Comités Yualach, Megenheri, Otholfus. » — Les fol. 104-115 forment un cahier intercalaire, qui est dépourvu de signature et qui a été inséré après coup entre les cahiers signés N et 0. Fol. 115. Généalogie de branches flamandes de la dynastie carlovingienne. ce Karolus Magnus genuit Ludovicum piissi* mum augusturo... y> — Fol. 115 v®. «... Eustachius et ûra- tres ejus, Mathildis, Maria abbatissa. » Fol. 116. (( Incipit de secundo Gerardo^Cameracensi episcopo. Sub tempore quo secundus Henricus Romanum tenebat imperium... » C'est, avec quelques variantes, le texte^publié PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 879 par Bethmann, dans les Mon. Germ. hist., Script.» YII, 497-500. Fol. 118. a Incipit proiogus in vita Galceri Cameracensis epis- copi. Gommoneor a pluribus Ut ego scribam omniboSt Futuris et presentibus De gestb mirabilibua... » Fol. 118 v^ a Incipit vita vel actus Galcheri, Cameracensis episcopi. Quando secundus Gerardus Antistes fuit mortuus, Eisdem sub temporibuSy Clericisdiscordantibus... » Fol. 132 v^. (n Incipit de domno Odone episcopo. Defuncto Suessionensi episcopo, Pascalis tune apostolicus Manassem episcopum Cameracensi secclcsise dispositum... » Fol. 134. 380 MAICUSGRITS RiCEMMENT ACQUIS Fol. 157 V". Notice complémentaire sur la mort de Nicolu, évèqoe de Cambrai, et sur les quatre premiers successeurs de ce prélat. Cette notice, œuyre d'un moine de HautmoDt, a été ajoutée après coup dans le manuscrit en caractères peu différents de ceux du corps du volume. His scriptis nostra subdimus Et stilo nos apponimus, Nec tamen cuncta dicimus Sed carplim quedam stringimus.... » Fol. 159 y*. € De quodam phylosopho per bos versus converse. Dictnm est de quodam quia per antiquum transiens cimite- terinmi lamminam vidit marmoream cujusdam mortui cine* ribus superpositam ; sed in ea versus scripti... : Tu propequi transis, nec dicis aveto, résiste; Auribus in cordis bec mea verba tene.... > Fol. 160. La légende du bon larron, c De latrone qui cum Domino crucifixus est. Lalro qui a dextris Domini suspen- sus paradysum introiit, de terra promissionis liberiori gé- nère ortus... » Fol. 162. « Miraculum cuidam religioso ostensum de anima- bus defunctorum. Religiosus quidam vir oriundus de page Rotenensi revertebatur ab Jerusolimis... d Fol. 162 v«. a De puteo ex quo beata Maria aquam hausisse fertur. Est in Betbleem puteus magnus de quo Maria. .. » Fol. 163. Recueil de sermons, a Feria quinta in Cena Do- mini. Sermo de triplici unctione. Per diem operiebat nubes... » — Fol; 166. c De Ascensione sermo. Psallite Deo qui ascendit... » — Fol. 168. c Sermo in die Pente- costes. Hodie spiritus sanctus in igné discipulis. . . » — Fol. 170 v. « De eodem die. In Pentecosten celebranda est soUempnitas.... » Fol. 171 vo. Satire en vers rythmiques sur les différents états. « De diversis ordinibùs hominum . Fréquenter cogitans de factis hominum In isto secnlo maie viventium.... » C'est la pièce que M. Ed. du Méril a publiée d'après un ma- nuscrit de Douai dans ses Poésies inédites du moyen âge par" LA BIBLIOTHÈQUE IIATIOIIALB 381 (Paris, 1854; in-8), p. 313, d'après un manuscrit de Douai. Le texte de notre manuscrit s'arrête au vers : « Et loca ré- pétant nec grata besliis, » lequel correspond au vers 23 de la p. 321 de l'édition précitée. Fol. 173 V*. Légende d'un prêtre flamand, qui célébrait la messe sans être en élat de grâce : « Nuper in Flandrensi provintia fuit quidam presbiter etate provectus..» a Fol. 174 y*. Autre légende relative à l'Eucbaristie. « Quidam presbiter fuit religiosus valde, Plegilis nomine, fréquenter missarum soUempnia celebrans.... » Sur la première page est une petite pièce de vers qui fait connaître le nom de trois copistes qui ont travaillé à Texécution du volume: Hiiic lecto libre très insudasse videbis, Et cujusque manum scrutando notare valebis. EJjus principium sulcavit cura Johannis, Brocrensis monachus qui primis crevit abannis; Sorsque sequens cessit tibi Cellensis Rainere, Nec permissus es hic dum perficeres remanere; His succedente Jacobo scriptore récente, Est liber expletns ; sil scriptor in ethere letus. Un essai de plume qui est sur la dernière page porte : « C. Dei gratia abbas Âlti Montis, dilecto ac fideli suc presbitero Halbodiensi, salutem in Domino. Mandamus vobis qualinus Rob... ; t> cette mention s'ajoute à plusieurs autres particularités pour nous autoriser à voir dans le présent manuscrit un débris de la bibliothèque de Tabbaye de Hautmont. Canada. — Voyage au Canada, fait depuis 1751 jus- qu'en 1761, par J. G. B. — xix* siècle. — Nouv. acq. fr. 4156. Cantique des Cantiques (Commentaire sur le), suivi d'un sermon de saint Anselme, en très beaox caractères du zii* siècle. — Nouv. acq. lat. 1360. 382 MANUSCRITS RiCKMMBNT AGOUtS Ed tète du manascrit ont été coupés deax feuillets, qai devaient contenir le titre de l'ouvrage et un prologue ou épltre préliminaire. Le morceau par lequel commence aujourd'hui le volume, débute aiusi : « Dicendum est in primis quod auctor hujus operis, Spiritu sancto repletus, très libres ad très ordines vivendi instituendos composuit, et quod unicuique ordini convenire novit, per eosdem libres instituit... »  la suite de ce morceau, qui occupe onze pages et demie , le commentaire sur le Cantique commence ainsi : « Oscutelur me oscuto oris sui. Hoc itaque tam dulce desiderium fidelis synagogae in sanctis apostolis completum esse creditur... » — Derniers mois du commentaire : « Semperque confessionis et predica- tionis mee vocem te audire placide faciam et amicis nostris auscullantibus dulcedincm verbi tui largiter effundam. Expliciunt Gantica canticoriim. » Le sermon de saint Anselme qui est à la fin du volume est incomplet par suite de Tenlèvement de trois feuillets. En voici le titre et les premiers mots : « Sermo venera- bilis Anselmi, archiepiscopi Cantuariensis, de duabus bea- titudinibus et miseriis. Notandum est duasesse beatitudioes et duas miserias : una enim est béatitude quam Adam habuit in paradyso et perdidit, altéra est incœloquam habent sancti angeli quos Dominus assumpsit ; una autem miseria est in terra quam singulis boris patimur, altéra in ergastulo infernorum quam perditi post mortem patiuntur... » Catalope de livres d'histoire, xviii* siècle. -* Noor. acq. fr. 1151. Gatalogae d'une bibliothèque. Le possesseur a mis en tète un inventaire de ses instruments mathématiques. *— XVII* siècle. — Nouv. acq. fr. 4188. PAR LA BIBUOTHÈQUE NATIONALE 383 Catalague d'une bibliothèque, xviii* siècle. «—Nouv« acq. fr. 1185. Catalogne d'une bibliothèque, xviii'' siècle. — Nouv. acq. fr. 3523. Catalogne de la bibliothèque d'Ânisson du Perron. — Fin du xviii* siècle. — Nouv. acq. fr. 1190. Catalogne des livres du couvent des Augustins déchaussés de Paris, de 1668 à 1715. En partie, de la main du Père Léonard de Sainte-Catherine. *-- Nouv. acq. lat. 1291. Catalogne des livres de M. de Boze. —- xviir siècle. — Nouv. acq. lat. 253. Catalogne des livres du cabinet du roi à Gompiègne. — » xviii' siècle. -^Nouv. acq. fr. 4181. Catalogne de la bibliothèque de M. le président de Nassigny. — xviii" siècle. — Nouv. acq. fr. 1171. Catalogne des manuscrits de Notre-Dame de Paris, acquis par la Bibliothèque du roi le 3 avril 4756. •— Nouv. acq. fr. 3522. Catalogne des livres de Saint-Nicaise deMeulan en 1705. — Nouv. acq. lat. 247. Catalogne des livres de madame de Senozan en 1779 et 1781. — Nouv. acq. fr. 4178 et 4179. Catalogne des livres de la petite bibliothèque de la Sor- bonne. — xviii" siècle. — Nouv. acq. fr. 4177. Catalogne des manuscrits d'Isaac Vossius, rédigé par Paul Golomiès et dédié à Guillaume, archevêque de Gan- torbéry. — • xvii'' siècle. -«^ Nouv« aeq. lat. 1292. 884 MANUSCRITS RiCEMMElfT ACQUIS GhiBbre des comptes (Plumitif de la), da 4 janvier i594 au 31 décembre 1598. — Nouv. acq. fr. 1091. Oumpion. — Suite de la vie de D.^. de Palafox, com- posée par le P. Champion, et supprimée par les supé- rieurs. — Nouv. acq. fr. 4130. Chanceliers. — Histoire cbronolo^qne des cbanceliers jusqu'à Jean de Morvillier. — xvii* siècle. — Nouv. acq. fr. 8358. — Lettres, mémoires, etc. sur les cbanceliers. — XVII* siècle. — Nouv. acq. fr. 3359. Ghancellerie. — Formulaire de lettres et d*actes divers, k Tusage d'un secrétaire du roi, de la fin du xvi* siècle. — Nouv. acq. fr. 1107. QuuivalloB et Bréval. — Supplément à leur correspon- dance, de 1610 à 1622. -- Nouv. acq. fr. 3146 bis. Chapelle du roi (Livres de cbant, à Tusage de la). — « OfScium quod in sacello regio festis solemnibus cantatur, jussu Ludovici Magni editum, cura Andreae Phi- lidor, librorum régi» musices custodis, labore Philippi Guilberti Le Roy, regiorum musicorum. lo Cinq grands volumes, ornés de belles reliures en maroquin rouge. — Dans le premier, offices de la Circoncision, de rAnnoocia- tion et de la Purification. — Dans le second, offices de Pâques^ de TAsceusion, de la Pentecôte et du Saint Sacre- ment. — Dans le troisième, offices de TAssomptioo, de la Nativité, de la Conception, de la Toussaint et des Morts. «— Dans le quatrième, offices des Rameaux, du jeudi saint et du vendredi saint. — Dans le cinquième, Toffice de Noël. — Le premier volume est daté de 1701, les trois suivants de 1702 et le dernier de 1703. — Ces volumes et PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 388 les saivanls ont été exécutés au moyeu de caractères décou- pés à jour. — « Liber Tenebrarum ad usum capellse regiae ex mandate Ludovic! XV editus sub auspiciis Garoli Ântonii de La Roche Aimon, Narbonensis archiepiscopi et magni Francise eleemosinarii. 1761. — Fait à Versailles par Ch. Saudemont. » — Belle reliure de Padeloup, en maro- quin rouge. — Volume dont le titre a été enlevé et qui contient les Ténèbres et les Vêpres du jeudi, du vendredi et du samedi saint. — Belle reliure de Padeloup, en maroquin rouge. — Volume dont le titre a été enlevé et qui contient les compiles du samedi saint et les matines de Pâques. -— Belle reliure de Padeloup, en mar. rouge. — Volume dont le titre a été enlevé et qui contient Toffice de FAssomption. — «Liber officiorum quae cantantur in sacello regio, ex mandate Ludovici XV, editus sub auspiciis... Ludovici Guidonis de Vauréal, olim episcopi Redonensis et régi» capells praepositi. » 1789. Fait à Versailles parle sieur Saudemont. — Ce volume, couvert d'une belle reliure de Padeloup, en mar. rouge, contient les offices de la Nativité, de la Toussaint et de la Conception. — « Officium omnium sanctorum atque defunctorum ad usum sacelli regii Fontis Bellaquei. Versaliis, ex laboribus J. Bapt. Hetoyen, regios inter symphoniacos tibicinis. 1764. » - Couverture en veau, aux armes du roi, avec cette mention : Relié chez la veuve Padeloup. Qitppélet (Le) de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus- Christ ; dressé Fan 1678, transcrit et proposé en 1677. — Nouv. acq. fr. 4129. GklllM IZ et ses successeurs. — Copie de pièces histo- riques des règnes de Charles IX, Henri 111 et Henri IV, V 380 IIANUflCll|T3 RiCBHMBIlT ACaHU doot l68 deux premières sont : Mémoires touchantles céré- monies, et les Dernières lettres escriptes par fea le chan* cellier de L'Hospital, peu auparavant son decedz, au roy Q«nry 111 et à la royne sa mère, ^ lA table qoi est à h fin du volume est datée de 1614. — Nouv. acq. fr. 1076. -^ Ce volume est à rapprocher du manuserit français 4743. Ghartet élfUiei. -- GoUeotion de six obartâs, dent la date est comprise entre les années 1096 et 1397. Nouv. acq. lat« il 98. ^ Suit le détail de ces chartes: 1. fragment d*ane charte datée de Tannée 1096, m bas de laquelle est le « signum Odonis comitls, » et qui a été iMigée par le « capellamif de Sanoto Wenailo. a 9. Cbarie de Richard Cœur de Lion portant donation à Tab- baye de Turpenai en Touraine d*une rei^te de 10 Uvrei i prendre sur les levenua de la porte de ia Flèche. L'acte est daté de Tquts, le 27 février 119Q, ^ dçfi^ certifiée Rsr l'official d'Angers, en juillet 1265, 3. Vanta failç par « Rogerus Callua, » à Roger d'Oirtre-Seiaa, d'un lerr^n sis à Rouen, « in parrochia ^anctî Macuti, ia vîco Hoapitalarie, » Acte fait eu présence de R.» prieur de la Madeleine ; il est dépourvu de date^ mais doit être rap* porté aux environs de Tannée 1210. 4. Nomination d'un procureur par « Jebeime Raoen, dame du Mplay et douairière de Bri^uebec. » 28 juip 1369. 5. Acte passé a Jersey le 9 juin 1384 et qui fournit un exemple authentique de la langue usitée dans Tile i la fin du xiv* siècle. A ce titre, j'ai cm devoir le reproduire textuellement, en distinguant par des italiques les lettres qui sur l'originsl sont représentées par des signes abréviatifs. « A touz ceux qui cfi presenieg lélires verront ou orroBt, Tbo- mas Bras de Fer, ballif nostre sire le roy d'ËnglaleiTe ea risle de Jersey, salutz. Sachent touz que, Tan de grâce mA IIl^ UUy^ et IIU, le jour de meeredi pr^c)^ avant la (este sMnt Rarnabey appofU'ei furent presena eu ju([einçaU PAR LA BIBLIOTHÉOUE NATIONALE 38l Saint Helier par devant nous, c^est assavoir Johan de Saint Martin, d'une partie, et Rauline d'Anneville, deguerpie de Jaquet Hascoul, d'autre, lesquelles avantz ditez parties, de loort pures volontés, sans contrainte, confessèrent avoir odntrandey ensemble en la màn^re qui ensuyet : c'est assa- voir la dite (i) Rauline balla, céda et delessa à fin de héri- tage de soy et de sez h^rs au dit Johan y essoens touz lez héritages (}ui luy sont eschaez et povent appartenir A luye de la SQsseeton (2) de Robert d'Anneville, seygnonr du Briel, son père, et de Robine du Tôt, sa mère, en la duché de Normandie, tant terres comme fourmens, deniers, poul- layllez, boez, patronnagea de églises et de capellez et toutes autres franchisez, o tout le droyt que la di^e Rauline puet ou pouiToyt chalengier A cause de son dit père et mère en la dite duché, par quelle voye que ce soyt ; et pour ce le dit Johan luy obligea wyet quartiers de Tourment luy rendre chescun an en Tisle de Jersey, le t^me de la vie de la di7e Rauline durant; et après la mort de ta dile Rauline, le dit Johan ou ces hors seront quites des diz wyet quartiers de foorm^nf , sans jamés rien en paier à nul qui ayt cause de la dtte Rauline; et s'obligea la dite Rauline A aller entriner et ratefler lez centraux desus diz en la dite duché, où lez héritages suyent, an dit Johan, en la manere comme devant est dit, devant tabellions, juges ou officiers par devant les queylx teilx centraux povent et devent estre acordés segon lez loys et les coustumes du pays, toutes foys et quantes foys que il plera au dit Johan ou A qui aura cause de luy, dtote lettre o soy portant, en temps que eux ils pnyssent aller sans péril de guerre ; et se eynsi estoyt que la dite Rauline n'y peust aller en propre personne, elle flst et ordegna par devant nous son procurateur et attourney gêne- rai et especial de Johan de Bonne nnyet, pour acomplir les (I) Ici et ailleurs, ce mot est figuré par les lettres dcê surniont6os d*un trait; mais, partout où il est écrit «anaaliréviationa,nous lisons diU. (3) Ici et dans plusieurs autres mois analogues, la finale cian est représentée par les letu^ con surmontées du trait abréviatif ayant la ferflM d*un a. 388 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS contranx desus ditz, donnant lay playn pover d'en faire autant comme luye se présente estoyt, sans ce que il pujsse jamés est;'e rapeley par luye ne par autre. Esquellez chosses fournir et acomplir s'obligèrent les dites parties l'un envers l'autre, en la man^^re comme devant est dit, sus l'obligactoD de touz leurs biens meubles et héritages, presens et advenir. Et jura la dite Rauline par son serement que jamés encontre les chosses desus dites n*yra ne ne fera aller par luye ne par autre, en pêne d'estre tenue à parjure, et renoncea i tontes excepctons, privilèges , defences, tant de droyt comme de fayt, qui les centraux desus diz pourroyent impeschier. Et se eyhsi estoyt que ledit Johan fust descreu ou damagie par les centraux desus diz non mie acomplis deuement de la dite Rauline, la dite Rauline Fen desdamageroyt tout entièrement, ou qui aroyt cause de luye, et en seroyt créa par son symple serement le porteur de cestes sans antre preuve faire ; sommetant soy la dtle Rauline en nostte jnri- dicton. Et ne paiera rien le dit Johan des diz wyetqnartifrâ de fourment de sy A tant que il soyt paez entre les Rojs, tant avant que le dit Johan ou qui aura cause de luy pnysse avoir possecion des diz héritages possiblement. Et noas avant dit ballif les dites parties fournir et acomplir les chosses desus dites, en la manere comme desus est dit, l'un envers l'autre, jouste leurs confessions et obligactons, con- dempnames et condempnuns. En tesmoyng de ce, nous avouns seelley ces lettres du seal de nostre ballie, presens à ce Guillaume de Carteret, PtetTes Bras de Fer et Johan Poyngdestre, jurey du roy. Donn^ comme dessus. P. EREHBERT. » 6. Certificat constatant le non paiement d'un, terme des rentes dues à la recette de Valognes par a Jehan de SifiGrevast, escuier d'escuerie du roy, » pour le moulin de c Ber- navast, 9 le moulin de « Siffrevast, » le vivier c des Maires jouxte la haie de Yalongnes, 9 le métier de 1240. 6. Reconnaissance par Etienne, abbé de Clairvaux, des con* ditions auxquelles son couvent doit tenir des religieuses de Montmartre une maison sise à Paris, rue de Saint-Martin- des-Champs, vendue par Jean de Beaumont, chambrier de France, et par Isabelle la Bouteillère, sa femme. No- vembre 1244. 7. Amortissement de 15 soudées de revenu consenti par Roger le Caucheis, chevalier, au profit de Tabbaye du Vœu, au diocèse de Rouen. Mars 1254 (v. st.). 8. Charte en français de « Rampnou de Fradorvila, valez, » pour c Arnauz Guillem borzez de Bbz » (Barbezieux?). Février 1258 (v. st.). 9. Acte de Tofficial de Sens, relatif à un cens de 16 deniers et obole parisis acquis par Tabbaye de Saint-Jean de Sens. 390 MiuiuflCRiTs RfcniBirr agqois Pièce mutilée et dont la date est incomplète : «... fiMtum sancti Marchi eavangelistOt anno Domini millesimo duceo- tesimo sexagesimo... » 10. Aveu rendu par c Rigaldus de Aurella, domicellus, » à € Harquesius dominus Caniliaci, domicelIuSy » pour des biens situés en partie ce in parrochia Béate Marie de Cro- zetis. M 24 septembre 1271. Copie authentique faite au XIV* siècle, 11. Acte de réchevinage de Tournai, relatif A des héritages sur lesquels une rente était due à dame Hèle de Lille. Octobre 1277. 12. Obligation de Richard Morin pour uue rente due à l*ab- baye de Notre-Dame du Vœu, à raison de terres situées « apud Houquetot. b — Avril 1278. 13. Acte de Toflicial d'Ëvreux relatif à une rente de 5 sous, acquise par l'abbaye de la Noë dans la paroisse d*Aunay. 8 février 1281 (n. st.). 14. Acte de Féchevinage de Tournai, relatif à une msdson que Emouls del Arc avait vendue à Renier de Valenchienes. — 1285, a el mois de ghieskerecb. > 15. Vente de biens situés à Vignolies, dans la seigneurie de Barbezîeux. — 6 juin 1286. 16. Confirmation par Philippe le Bel et par la reine Jeanne de la grande charte de coutumes qui avait été accordée en mars 1287 (n. st.), aux habitants de Châteauvilain par Jean, sire de Ch&teauvilain, par Jeanne, sa femme, par Simon, leur fils atné, et par Marie, fille du comte de Flandre, femme dudit Simon. La confirmation est datée de Béthisy, le 28 mai 1287. 17. Acensement de biens situés à Saint-Bonnet en Auvergne. — Novembre 1288. 18. Acte de réchevhiage de Tournai, relatif à la saisie d*ane maison par Jean de le Verghe. -- 1289. 19. Abandon d*une terre consenti à l'abbaye do Notre-Dame a du Valasce », par « Richart Boevin, jadis de la parroisse de Saint-Aubyn de Houquetot. » — 10 juillet 1301. 20. Obligation de Jean de la Hague, au profit de la Maison- Dieu de Montivilliers. •— 15 août 1302. PAR LA BfBLlOTflÊÛUË NATIONALE 901 21. Concession d'one maison sise à Toninai, « en le rue Froienolse. » — Décembre 1302. 22. Obligation de Guillatime le Yeautre, au profit de Pabbaye de Notre-Dame du Vœu, pour une terre située « in parro- chia de Esteinhurs, )) et sur laquelle 2 sous de rente étaient dus aux héritiers de feu Guillaume Martel, chevalier. — Août 1303. 25. Constitution d'une rente de 4 I. par le conseil de la cité de Tournai. — Mars 1810 (n. st.). 26. Charte de c Jehans sires de WauUaincourt de Cysoing et bers de Flandres^ » datée du « dioes devant le Jour des Brandons, ou mois de février Tan de grâce 1324. » 34. Renonciation par le chapitre de Saint-Merri de Paris aux droits qu'il avait prétendu avoir sur les offrandes ftiites à rhépital (le Saint4ulien«aux-Jongleurs, récemment fondé à Paris dans la rue Saint-Martin. — 14 septembre 1343. 35. Dernière partie du testament original de Gautier VI, duc d'Athènes, en date du 18 juillet 1347. Ce fragment fait suite à celui qu'un libraire de Troyes acquit à Brienne vers 1855 et que M. d'Arbois de Jubaînville a publié à la suite de son Voyage paléographique dans le département de FAube, p. 341. Il correspond aux §§ 136-145 de l'édition donnée en 1877 par H. le comte de Marsy (1), d'après une mauvaise copie du xvi* siècle de la Magliabechiana de Flo^ rence. Chartei diYeneié — Recueil d'actes du milieu du xiv' siècle au commencement du xix*, que Taupier avait rassemblés comme modèles d*écriture. On y peut noter les pièces suivantes : Mandement de François I'', daté de Louviers, le 15 sep- tembre 1540| relatif ani dépenses oecaBionnées par la fonte (1) Le Testament de Gauthier VI de Brienne, duc d^ Athènes. Paris» 1877, in-8; extrait de la Revue de Champagne et de Brie, sep- tembre 1877. ^ Une aulrc édition en avait élô publiée, d*après le même ms., par M. Paoll, dans VArchivio storico italiano, 3* série, t. XVI, année 1872. Ce dernier auteur, dans le même recueil (année 1878, t* II, Tascicule 4), a examiné le travail de M. de Marsy. 392 MANUSCRITS RÉCBIIIIBRT ACQUIS d'artillerie de fer qu'il faisait exécuter à Breteuil, et parti- culièrement « pour le charroy et conduicte de quatre coul- levrynes bastardes, quatre moyennes et quatre faulcons de fer, de la dicte fonte, que naguères avons faict mener du dit Brethueil en l'abbaye de Bomport près le Pont de l'Arche, afin de les &ire essayer et tirer en nostre pré- sence. > Lettres patentes de Henri II, datées de Reims, le 11 mars 1551 (v. st.), pour la levée d'un subside dans le diocèse de ' Maillezais. Lettre des magistrats des villes d'Augsbourg, Nurembeig et Dlin à Jean de Morvillers, le 30 juin 1569. Lettres de Charles IX, datées du château de Vincennes, le 20 mai 1574. Arrêt du Conseil d'Etat, du 4 avril 1626, relatif à TélectioD da maire et capitaine de la ville de Poitiers. -- Du cabinet de Taupier (1) nous sont encore venues: Une liasse d'actes de la chancellerie des papes, dont les plus anciens sont du xvi' siècle ; Une liasse d'actes d'Italie, depuis le xv^ siècle; Une liasse d'actes d'Angleterre, depuis le xvi* siècle ; Une liasse d'actes relatifs à Bordeaux et à la Guieone, parmi lesquels sont des lettres patentes de François I'^ datées de Jumièges le 8 août 1848 ; Une liasse d'actes relatifs à Paris, du xv^ au xvii* siècle, parmi lesquels on remarque la charte originale des privi- lèges que Charles VI accorda aux « marchans merciers, estaliers et comporteurs » de la ville et banlieue de Paris, en janvier 1412 (v.st.). Chartes diyenes. — Collection de 86 chartes ou pièces sur parcheo^in, la plupart du xm® et du xiv^ siècle. Od y remarque une suit^ de 17 mandements ou quittances se (1) Catalogue de la collection calligraphique, .. de feu M. A. G, Tau- iner, dont la vente aura lieu le 24 avril 4878. Paris, Gabriel Chara- vay, 1878. In-8. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 393 rapportant aux dépenses des ducs de Bourgogne dans la seeonde moitié du xiv* siècle. Je citerai les documents suivants : Lettre adressée à Alfonse, comte de Poitiers et de Toulouse, par son sénéchal de Toulouse Pierre de Landreville, au sujet des cautions fournies par « dominus Giraldus de Arminhiaco . » Cette lettre, dont l'année reste à déterminer, est ainsi datée : c Datum apud Portum Sancte Marie, iniidus Januarii. » 1280. Accord entre Henri, comte de Rouergue et vicomte de Cariât, et les seigneurs du château c de Taorsaco. » 1286. Acte relatif à la dot de c nobilis domina Mabilia, filia nobilis vîri domini Adesmari de Hontilio domini Grasinani quondaro, ac uxor nobilis viri domini Bertrand! Raybaudi de Sumiana, domini Apte. » 1288. Vente d'une maison au chapitre de Saint-Martîn de Tours. 1288. Don fait à Tabbaye de Fontevraud par Guillaume de Saint-Martin, écuyer, fils de feu Guillaume de Saint-Martin, chevalier. L'acte est passé au nom de Dreu Pèlerin, garde de la prévôté d'Orléans. Vers 1292. Fragment d'un registre d'adjudication de coupes de bois dans la forêt d'Orléans. 1295. Bail de deux moulins de l'abbaye de Beaumont près Tours. Fin du xin* siècle. Don fait au comte de Forez par c Johannes et Petrus de Yeteri Prato, fratres, de parrochia Sancti Habondi Yeteris. »(Saint-Haon-le -Vieux, Loire.) 1319. Aveu rendu par Adam delà Posterne, orfèvre et bour- geois de Paris, à madame Jehanne de Champs, veuve de Guillaume de Champs, chevalier, pour des biens sis à Vil- leparisis. 18 janvier 1327 (v. st.). Contrat de mariage passé à Saint-Jean- d'Angely entre « Hugo de Loubeu (?) junior valetus et Maria relicta Pétri de Lupisaltu. » 1329. Mandement adressé au châtelain de Montbart par Jeanne de France, duchesse de Bourgogne. 9 juillet 1338, à Paris. Mandement d'Eudes, duc de Bour- S94 MANUSCRITS fttCBÏMBNT ACQtilS gogne, touchant Tabandon felt à son beau-frère, le comte de Flandre, de terres sises au comté de Bourgogrte et dépen* dant de la succession de leur belle-mère la reine Jeaûoe. — Copie de Tannée 1342. 1345. Aveu rendu à madame de Champs par Andry Giffart, le jeune, bourgeois de Paris. 1363. Aveu rendu à Guillaume, archevêque d'Arles. 1364. Acte relatif au droit que les habitants de Brusque (en Rouergue?) prétendaient avoir de pouvoir se réfugier dan le château dudit lieu. 3 novembre 1373. Mandement de Philippe, duc de Bour- gogne, daté de a Aiguepasse. » 1 décembre 1374. Mandement de la duchesse de Bourgogne, mentionnant le don d*une somme de 3 francs i certains valets qui lui avaient a amené et présenté un chariot bran- lant del par la femme Mons. Symon de Saint Aubin. » 2 juin 1375. Quittance de Philippe de Jaucourt, chevalier, sire de Yillearnouf, « ordonné de mons. le duc de Bour- gogne à pourter sa bannière, à deux cens florins de gaiges pour an. y^ Mars 1383 (v. st.). Mandement relatif à Tachât d'une copie des Grandes chroniques de France par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Je crois devoir donner le texte de cette pièce : « Philippe, filz de roy de France, duc de Bourgogne, à nostre amé et féal conseillier et gouverneur de noi finances Nycolas de Pontenay, salut et dileccion. Nous voulons et vous man- dons que par Amiot Amaut, receveur gênerai de noz dictes finances, vous faciez paier, baillier et délivrer à fiennet Garnier, breton , la somme de soixante douze frans dW, que nous lui devons pour un livre appelle les GroniquéS des roys de France, lequel nous avons eu et fait acheter de lui. Et par rapportant quittance du dit Hennet avecques ces présentes, nous voulons la dicte somme de soixante douze frahs estre alloée es comptes du dit Amiot et rabatue de sa recépte, senz contredit, par noz amés et feaulx gens de noz comptes à Dijon, non obstant quelconques ordon- nances, mandemens ou deffences ad ce contraires. Doné I PAK U BIBUOtnÉOtB ItATTONALK 398 Paris le jour de mars Tan de grâce mil GCC quatre vins et trois. Par Monseigneur le duc : P. DÀNGEUL (?) » 15 février 1388 (v.sl.), à Paris. Lettres de Louis, duc deTou- raine, portant nomination do Pierre Trousseau, chevalier, seigneur de Cbasteaux, à la charge de capitaine de la ville de Tours. — Copie du 3 mai 1390. 22 juin 1392. Mandement de Marguerite, duchesse de Bour- gogne, daté de Rouvre. 6 novembre 1392, à Paris. Mandement de Philippe, duc de Bouif ogne, touchant une somme de 1000 firancs d*or don- née aux habitants de Dijon par la duchesse de Bourgogne pour la fortification de leur ville. * Chartes diîOies, recueillies par feu Boullé, archiviste- paléographe, et données à la Bibliothèque par sa veuve, Madame BouUé, née Delalain. — Collection de 19 pièces sur parchemin, du xiv* au XVII* siècle. On y remarque les suivantes : Charte latine pour Tabbaye cistercienne des Pierres en Berry, 1311. — Mandement de Jean, duc de Berry, 4 octobre 1397. — Acte relatif au fief de Limbeuf, en la vicomte de Pont de TÂrche, 1408. — Acte relatif aux travaux de Cherbourg, 1424. — Mandement de Charles Vil, daté de Lyon le 30 mai 1439. — Enquête sur les droits de Tabbé de Josaphat dans la paroisse de Saint-Amoul-des-Bois, en 1476. •— Procès entre Phi- lippe de Montauban, chancelier de Bretagne, et Gilles de Champaigne, en 1511. — Diplôme mutilé de la Faculté de médecine de Montpellier, xvn* siècle. ^ Deux pièces sur parchemin relatives à Paris, des an* nées 1543 et 1549. — Acte de 1422 relatif k Lusarches» — Charte latine de 1282 pour la trésorerie de l'abbaye de Saint-Pierre de Ferrières. — Acte de 1598 relatif à la Cha- pelle-la-Reine. « — Quatre pièces relatives à la Brie et la Champagne, de 1350 au xvir siècle ; la dernière pièce se compose de huit feuil- lets d'un registre dans lequel sont transcrites des chartes 396 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS de Philippe le Bel (i304) et de Louis, roi de Na?arre et comte de Champagne (1312), pour l'abbaye de Saint-Faron de Meaux. — Trois actes sur parchemin, relatifs au Bordelais, des années 1301, 1318 et 1459. — Quatre pièces sur parchemin, relatives au Querd, des années 1332, 1396, 1483 et 1507. — Cinq pièces sur parchemin, relatives au Rouergue, depuis 1370 jusqu'en 1599. — Sept pièces sur parchemin, relatives à TAuvergne, depuis 1315 jusqu'en 1619. — Deux pièces sur parchemin, des années 1354 et 1362, relar tives à Pezenas en Languedoc. — Collection de 12 actes sur parchemin relatifs à la Flandre, depuis 1256 jusqu'en 1614; la plupart sont des actes de l'échevinage de Tournai. — Quatre pièces sur parchemin relative^ aux dépenses des ducs de Bourgogne, depuis 141 9 jusqu'en 1436. — Collection de neuf pièces sur parchemin, relatives à la Fran- che-Comté, depuis 1515 jusqu'en 1637. — Collection de 43 pièces sur parchemin, relatives à la ville d'Amboise, principalement aux ponts et aux fortifications, depuis l'année 1362 jusqu'à Tannée 1501. — Collection de 23 actes relatifs à des biens situés à Orléans, depuis l'année 1380 jusqu'à l'année 1472. — Collection de 87 chartes sur parchemin, relatives à diverses localités de la Savoie et du pays d'Aoste. La plupart sont du xiY* ou du xv* siècle. En latin. Qiaites di?eil68. — Collection de 244 pièces sur par- chemin, savoir 25 montres de Tannée 1375 à Tannée 1697, et 219 mandements ou quittances du xiv« siècle. On y remarque des pièces émanées de Charles IV, de Charles V et de Charles VI ; de Blanche, reine de France, en 1377 ; du comfe de Blois, en 1344 ; de Louis, duc de Touraine ; de Louis, duc d^Orléans ; deValentine de Milan. — Sous le n^' 203, quittance avec signature autographe de Robin le PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 397 Seneschal, escuier, eschançon de monseigneur le duc d*Orléans, en i393. — Quittance avec signature auto- graphe de Guillaume de Fayel, connu dans l'histoire sous le nom de Le Bègue de Faiel, en i395. — Plusieurs des quittances comprises dans ce recueil ont conservé lenrs sceaux. — Nouv. acq. fr. 1460. Chartes divmes. — Collection de 281 pièces sur par- chemin, cotées 245-828, qui pour la plupart sont des man- dements et des quittances des dernières années du xiv^ siècle et de la première moitié du xv^ — Pièces émanées de Charles VI, de Louis, duc d'Orléans, de Charles, duc d'Orléans, et de Louis, cardinal de Bar. — Nouv. acq. fr. 1461. Chartes diyenes. — Collection d'environ 120 pièces originales, cotées 106-228, la plupart du xv* siècle, sur parchemin. — Nouv. acq. fr. 1462. — On y remarque les documents suivants : 131. Endenture entre le duc de Bedfort et Thomas, sei- gneur de Scales, pour la garde de Pontorson. 18 sep- tembre 1428. 139. Règlement des sommes dues à Jean de Montgommery pour la garde du château d'Arqués. 19 avril 1445. 151. Lettre de René, roi de Sicile, adressée de Bar, le 6 sep- tembre, an chapitre de Metz, pour faire donner à Claude de Yalhey Tofiico de châtelain de la Garde. 170. Lettre de Jean, duc de Calabre et de Lorraine, datée de Nancy, le 20 janvier 1465. 198. Lettre de Louis XII, datée de Lyon, le 26 mai, adres- sée à la reine de Navarre ; il y est question du registre appelé Sensual, renfermant les chartes du pays de Mauléon de SoUe, qui avait été emporté par feu le comte de Foix, quand il tenait ce pays, et qui était passé en Béam. 208. Lettre de Loys d'Oriéaos au roi [François I*'], datée de Dgon le 7 juillet. 998 MANOSGRITS RtelMMINT ACaOIS 209. Lettre du maître de Rhodes, de Villers l'Yle-Âdam, adressée de Malte» le 1 décembre, à Tévéque d'Aaxerre, ambassadeur i Rome. CkartM difWM». — Collection de 205 pièces sur par- chemin, qui, pourla plupart, sont des quittances du ir au xTii'' siècle, avec signatures autographes, rangées suivant Tordre alphabétique des noms des signataires. En tète sont reliés quelques maudemeuls de Charles VI, de Louis XI, de Charles VIII, de Louis XII et de René, roi de Jérusalem et de Sicile. — Saus les n"> i 89 et 190, quittances de Gkar- lette Catherifie de La TrémoîUe, du 8 mars tdOl, et de Charles, duc de La Trémoîlle, du 25 février 4624. — Nouv. acq. fr. 1463. GhArtiM (Chapitre de Notre-Dame de). - Collection de titres retetifi» aux biens que le ohapiire de Chartres possé- dait en Normandie. — Cette collection, qui s est trouvée à Montauban en 1878, et dont la Bibliothèque a pu faire Tacquisitiou par les bons soins de M. Forestié, comprend 17 chartes originales du xii% du xiii^ et du xiv* siècle, qui toutes présentent un réel intérêt et dont voici Fanalyse on la copie : 1. Charte de Oeoffroi, doyen, et du chapitre de Chartres, rela- tant les conditions de l'accord conclu à Montfbrt, dans h Cour de Henri II, roi d'Angleterre, entre Arnauri, chantre de Chartres, et Ansoud, prévôt de Vrai ville (Eure), au sujet du champart et de la dime des guèdes de Vraiville {Ebràr- divilla). — 1171. — (Publiée diaprés une copie dans le Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, 1, 186, n" 85.) 2. Charte de Henri II, roi d'Angleterre, touchant les biens possédés en Normandie par la cathédrale de Chartres (1176-1188). -- Les éditeurs du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres (1, 191, n« 90), qui n'avaient à leur diqtositioo que des copies de cet acte, en ont donné uo texte très flwtif. PAM U BIBLlOTflSQUB NATIOIULE 399 Il n'est donc pas inutile de le publier ici d'après l'ori- ginal : < H. Dei gralia rex Angl[orum] et dux Norai[annoruni] et Âquil[ânorum] et cornes Andeg4ikv[ensisl9 arcbîepiscopo Rothomagensi, episcopis, abbatibus, comitibus, baronibus, justioiis, Ttceeomitibus, ministris et omnibus fldelibus suis Normannie, salutem. Sciatis me, pro sainte mea et anteces- romm et soceessoMm meoram,eoncessisse et presenti carta confirmasse aecclesias Sançta Mariai Camotensis, in Uberam et perpetuam elemosinam, in Ebroicens! comitatu Ebrardi Tillam totam cum scclesia, et decimam venationis de silva que dicitur Bortis, et in eadera patria œcclesiam solam de Hauvllla, et in Lisvino œcclesiam solam de Bona villa, et in eodem territorio Angliscam villam totam cum aecclesia, et Runciam villam totani cum sDcdesia» et œccleaiam de Sancto Juliano cum duobus menbris appendentibua, aicut bec omnia a Ricardo marcbione Norm[annorumJ ei donata et concessa sunt et carta ejus conSrmata. Quare volo et Arjnt- ter precipio qugd eaden\ aecclesia omnia supradicta babeat et teneat bene et in pace, libère et quiète^ intègre et ple- narie et honorifice, in œcclesiis et terris et decimis, in bosco et piano, in pratis et pascuis, in aquis et molendinis, in viis et semitia et in omnibus aUis loois et aliis rébus ad ea per- linantibus, oum omnibus libertatibus et liberii consuetudi- nihus suis. Teatibnt : Wiilelmo IleMMsl, Bartholomeo Turoneiiai archieplscopis, Hugone comité Cestrie, comité Simone» comité de Clara, Waltero fiUo Robert!, Rannulfo de Glanvilla, Stéphane de Turonis senescallo And[egavie], Fulcone Paganello^ Gervasio Paienello, Aldefonso fratre comitis Sancti Egidii, Jocelino fratre reginae, Gaufrido Hosato, Wiilelmo de Ostillelo. Data per manum magistri Walteri de ConstantUs. Apud Turon[iin]. 9 3. Lettre du pape Lucius III, adressée à P., évéque, à G., doyeOt et au chapitre de Chartres, pour ceofirmer les biens que la cathédrale de Chartres possédait dans rarohevéché 4e Rouen : t ËhrardiviUam».., eccleaiaiu de UauviUa..., ecdesiam de Bonavilla..., Angliscam villam.. .« Runliam villam.. . , ecclesiam de Sancto Juliano, ecoMam Sancti Pétri 400 MANUSCRITS RÉGEMNBNT ACQUIS de Altaribus et capellam Sancti Nîcholai in eadenr villa. > Cette lettre, qui commence par les mots : « Corn simus ad curam..., » est ainsi datée : a Dat. Velletri, XVI kal. Februarii. » (17 janvier 1183.) 4. Transaction entre N., prévôt de Chartres, et le procureur de Dreu de Trubleville, chanoine de Rouen, au sijyet de réglise de SaintnJulien-sur^Galonne. Vers 1210. 5. Charte de Guillaume des Authieux, chevalier, pour aban- donner à la cathédrale de Chartres ses prétentions sur les églises désignées comme il suit : c Sancti Juliani super Karlduam, Sancti Pétri de Altaribus, Sancti Nicbolai de Altaribus. > 6. Fondation de deux vicairies perpétuelles dans la cathé- drale de Chartres par a Andréas de Lavania, prepositns ecclesie Camotensis in Normania, domini pape capellaous. » 15 avril 1266. — L'anniversaire dudit André est manpé au 4 mars dans Fobituaire de la cathédrale de Chartres. (Voyez l'édition du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, III, 56.) 7. Lettre du bailli de Rouen, attestant qu*à l'assise du Pont- TËvéque, le 27 septembre 1279, le prévôt de Normandie s'est fait reconnaître patron de c l'iglise de Saint-Julian-sns Calonne, » que lui contestaient c lions. Guillanme de Gerponville, prestre, et mons. Robert du Mesnil, che~ valier. > 8. Mandement de Gui, évoque de Lisieux, au doyen de Touque, pour notifier aux paroissiens de Saint-Julien le jugement qui avait été rendu en faveur de Gilles, prévôt de Normandie. 1 octobre 1279. 9. Charte de Gilles, prévôt de Normandie : il donne pouvoir à « Guillelmus de Mengniaco, presbiter, rector ecclesie de Saumeriaco, Carnotensis dyocesis, » de recevoir pour lui la promesse d'obéissance de Hugues, curé de Saint- Julien . ~ 24 octobre 1279. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 401 10. Lettre de Robert, doyen de Touque, certifiant qu'il a mis à eiécution le mandement précité de Févéque de Lisieux. — 5 novembre 1279. 11. Charte de Hugues Tronel, curé de Saint-Julien : il s'en- gage à obéir au prévôt de Normandie comme au véritable patron de son église. — 5 novembre 1279. 12. Sentence de Téchiquier de la Saint-Michel 1280 sur les droits du prévôt de Normandie dans la forêt de Bort : « A touz ceuls qui ces lettres verront, le baillif de Roam, saluz. Gomme homme honorable le prevost de Normendie eu l'iglise de Chartres, seignor de Evrarville, requeist à avoir usage as branches sans livrée en la forest du Bort à son maneir de Evrarville, et usage ensement à branches de la devant dite forest à son prestre et à son prevost de Evrarville, les queles branches le verdier de la devant dite forest et les sergans connoissoientbien que il ceuls qui demandent doivent ' avoir le devant dit usage, mes ce doit estre par livrée, etque issi a il esté longuement usé, si comme le verdier et les sergans devant diz disoient, enqueste faite sus cen diligiaument et veue, et oi et entendu par le commun du pais que la costume est tele gênerai que quiconques a usage à branches en forest il les a sanz livrée, et ovecques cen les raisons oies d'une partie et d*autre, il fu acordé et prononcie par hommes nobles et honestes les mabtres de Teschiquier que le devant dit seignor, son prestre et son prevost devant diz auroient les branches, si comme est desus dit, en la devant dite forest du Bort, et sanz livrée. En tesmoing de cen, nous avons mis en ces letres le seel de la baillie de Roam, sauf le droit autri. Ce fu fait en Teschiquier de la Saint Hichiel qui fu à Roam, l'an de grâce M CC et quatre vins. » 13. Sentence de l'échiquier de Pâques 1290, au siyet du patronage de l'église de Saint-Nicolas-des-Authieux. a A touz cens qui ces letres verront, le baillif de Roen, saluz. Comme le deein et le chapitre de l'iglise Nostre Dame de Chartres eussent pris un brief de patronage de l'iglise de Saint Nicholas des Autelx envers Richart de Tomay et sa famé, et pour l'empeechement que le dit Richart et sa famé 401 MANUSCRITS RBCCMMBNT ACQUIS metoient eu patronage desus dit, et sosceu les dix Richartetsa famé eussent eu jour contre les dix deein et le chapitre, les diz Richart et sa famé se defallirent par tant de fois que une veae s'assist dou patronage desus dit par jugement ; et emprès la ?eue fête par jugement, les diz Richart et sa lame furent trouvez en (1) une exoine en trois defautes es roUes de l'escheqpier toutes continuéez, auquel eschequier le dit Richart et sa famé avoient esté ajornez par le commandement des mestres deu Parlement, pour aler avant envers le deein et la chapitre en point et en Testât que la querele estoit •Dtr'els à l'assise deu Pont TEvesque, laquele chouse, nous (2) le baillif de Rouen, par moy et par Pierres Menuet, seijant adonc deu Pont TEvesque, fut recordée devant les mestres tenanz l'eschaquier; sachiez que, en Teschequier de Pasquei qui fut à Roen Tan de grâce mil deux cenz quatre winz et dis, les defautes furent jugies, et furent mis Richart et sa fkme en amende par jugement, et fut mis ai conseuh la requeste dou deen et dou chapitre, pour savoir que eus aroient ataint. Et eu dit eschequier rendu fut par arrest que le débat que le dit Richart et sa famé metoient eu patronage desus dit seroit deu tout hors, sauf le droit mons. Guillame de Gerponvile prestre, qui se oppose au patronage de la dite yglise. En tesmoing de laquel chouse, nous, dou commandement des mestres tenans ledit eschequier, avon mis à ces letres le seel de la baillie de Roen. Données en Pan et en l'eschequier desus dis. » 14« Charte par laquelle « Gaufridus de Gerponvilb, armiger, dominus de ARaribus super Calumpnam, • renonce i ses prétentions sur le patronage des églises de Saint44erre et de Saint-Nicolas-des-Authieux. — 22 novembre 1308. (1) Los mots m w»e «xoiné onl été Routés en imeriigne. La bande de parcheoiia sur laquelle le sceau avait été api^aé nous offre les mots exoinne en une exoinnien à Tendroil qui avait été recouvert de cire. Sur ce mode d*approuvcr les interlignes, voyez la Bibliothèque de CÉoole ies Charles^ année IS79, t. XL, p. 9is. ff) Le mol AONf a été rèetU à la plaee d*ni MMl grallé. PAR LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE 40^ 15. Mandement de Thomas le Convers, vicomte d'Auge, aux sergents do la vicomte, pour faire publier que « Gyeffroy de Gerponville » s'est désisté de ses prétentions ou patro- nage des églises dont la perte est regrettable, puisque ce document aurait constitué un excellent pouillé du diocèse. a CeduUa decanatus de Touqua per me Gabrielem le Barbier, presbiterum, decanum loci, in sancta synode yemati tradita anno Domini MCCCCLXXXIIII, die Hartis post festum sancti Hichaelis in monte Gargano Lexoviis celebrata. « Venerabiiis vir magister Henricus Maunoury, fanonieus Lexoviensis, curatos de Bonavilla supra Touquam, non residet. Hujusmodi ecclesie cancellus presbiteraleque mane- rium satis competenter se habent; ad cancelli tamen repara- dooem solum in tercia parte idem quratus tenetur, et pre- positus Normannie in ecclesiaCarnotensi ad alias partes tene- tur, grossorum fructuuro ipsius loci occasione perceptionis. Dictw curatus est débite supra locum utensilatus. Capel- lanus loci est dominus Dionysius Le Tellier, dé prima januarii M[CCCC]LXXXIII ; per litteram commissionis appro- batur. Dîctus prepositus est ejusdem ecclesie verns pa« tronus. Curatus comparuit. » QuitliinMS« — Atténagemeni des forêts de la maîtrise 404 MANUSCRITS RÉCEMIIENT ACQUIS lie Ghateauroux, par A, Jacquemain, 178S. — Nouv. acq. fr. 3327. Gherboarg. — Carte des environs de Cherbourg, signée par Vauban et datée du IS juillet 1686. — Nouv. aq. fr. 1488. Ghrigtianisme. — Examen de la religion de Jésus-Cbrist. — xvni» siècle. — Nouv. acq. fr. 4128. Chronique universelle, suivie d'un Arbre généalogique des rois de France et du Livre de bonne vie de Jean du Pin. — Manuscrit sur parchemin , provenu de la bibliothèque d'Anne de Polignac. — Nouv. acq. fr. H89. — Voyez plus haut, p. 343. CiceroB. ~ La rhétorique de Gicéron ou les deax livres- de l'invention, en français. — xviii* siècle, — Nouv. acq. fr. 4194. Cicéron. — « Varias M. T. Ciceronis leciiones aboperis quas conduxit Jos. Olivetus excerptas. » Deux vol. xviii» siècle. — Nouv. acq. lat. 1382, 1383. Quii (Chartes et rouleaux de Tabbaye de). — La destruction du chartrier de Gluni, commencée au moment de la Révolution et qui bientôt sera consommée (1), a été un des plus grands malheurs qu'aient eu à déplorer au XIX* siècle les amis de notre histoire nationale. Depuis Tannée 1829^ les conservateurs du Département des ma- nuscrits n'ont négligé aucune occasion de sauver quelques (1) M. Bruel, dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes, année 18T7, t. XXXVIII, p. 114, note 8, a cîlé un récent exemple des dilapidations auxqueUes sont exposés les débris de collections restés à Gluni. PAR U BIBUOTHftQUE NATIONALE 405 épaves de ce grand naufrage. En 1877, je signalais une petite collection de documents originaux, la plupart du X* siècle, dont Tacquisition nous avait été ménagée par les bons soins de M. Paillard, ancien préfet et correspondant du Comité des travaux historiques (1). Plus récemment, le même corespondant nous a fait profiter de la découverte des principaux actes relatifs aux rapports de l'abbaye de Cluni avecSaint-Martial de Limoges. De ce chef, notre fonds des chartes de Cluni s'est enrichi de neuf pièces, dont la date est comprise entre les années 1062 et 1376 et qui forment le n^ 2183 du fonds latin des Nouv. acq. Voici le sujet des trois plus anciennes : Charte d'Adémar, vicomte de Limoges, portant donation de Tabbaye de Saint-Martial à Hugues, abbé de Cluni, en 1062. Privilège du pape Pascal II pour Tabbaye de Saint-Martial de Limoges. 29 mai 1102. Charte de Pierre, prêtre cardinal du titre de Saint-Marcel. 1246. A ces neuf chartes s'est trouvée jointe une sentence mu- tilée, de Tannée 1364, relative à la pension que le prieuré d'Abbeville devait à Tabbaye de Cluni. Une vente qui s'est faite à Lyon au commencement de décembre 1879, par les soins de M. Brun, libraire, nous a fourni Toccasion d'acquérir un rouleau de parchemin, long déplus de 7 mètres," sur lequel sont copiés les statuts de Tordre de Cluni, tels qu'ils furent arrêtés au chapitre général de Tannée 1399. A défaut des originaux, nous recueillons avec un égal em- pressement les copies et les extraits qui peuvent en tenir lieu. On sait de quel secours les copies faites au xvui* siècle à Cluni par Lambert de Barive ont été et sont encore (I) Nouv. acq. lat. 2163. 406 MANUSCRITS RÉCBMIieiVT ACQUIS pour la collection qu'avait préparée Auguste Bernard et que M. Bruel publie dans les Documents inédite de rhistoire de France. On sait aussi que, sans ces copies, Huillard-Bréholles n'aurait jamais pu rétablir en entier le texte des rouleaux de Gluni. Le seul de ces rouleaux oi subsiste en original, et qui porte chez nous le n* 8989 du fonds latin, donne une idée bien complète des instruments solennels que le pape Innocent IV fit dresser an concile de Lyon, en 124K, pour assurer la conservation des privilèges que les empereurs et différents princes avaient accordés au Saint-Siège ; ce rouleau présente cependant une lacune, puisqu'une main barbare en a arraché les sceaux qui ga- rantissaient la fidélité des transcriptions; j'ai donc éprouvé une agréable surprise le jour oii, ayant rencontré, dans une liasse de papiers soumis àmon examen par un bouquiniste, une longue bande sur laquelle étaient dessinés quarante sceaux du xiii® siècle, avec la bulle d'Innocent IV au milieu, je reconnus que les patriarches, les archevêques, lesévéqoes et les chefs d'ordre dont les noms étaient inscrits autour de ces sceaux, n'étaient autres que les membres du concile de Lyon chargés par Innocent IV d'authentiquer la copie des privilèges de l'église de Rome. En effet, ces person- nages sont ainsi désignés dans le texte du rouleau original qui nous est parvenu: Nicholaus, patriarcha Constantinopolitanus ; Albertus, patriar^ cha Antiochenus ; Bertoldus, patriarcha Aquilegensis. Philippus Bituricensis, Bonifacius Gantuariensis, Albertus ArmachanuSi Joellus Remensis, Americus Lugdunensis, Girardus Burdegalensis, Gilo Senonensis, Oddo Rotho- magensis, Gaufridus Turonensis, Willelmus Bisuntinus, Johannes Arelatensis, Johannes Compostellanus, Petnis Terracoiiensis, Johannes Bracharensis^ Léo Mediolanensis, Vitalis PIsanus, Marinus Barensis, et Yspanus Auxitanus archiepiscopi. Robertus Leodiensis, Nicolaus Pragensis, Johannes Picta- vensis, Robertus Belvacensis, Henricus Camotensis, Hugo PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 401 lingonensis, Guertius Lucanus, Albertus Hatinensis, Arias Ulixboneusis, PetrusBarchinonensis, Walterus Wigoroiansis, Robertus Lincoiniensis, David Sancti Andrée, et Ulricus Triestinus episcopi. Willelmus etiam Cluniacensis, Bonifacius Cisterciensis, et Ste- phanas Claravallensis abbates. Frater Jobannes insuper magister ordinis Fratrum' Predicato- rum, et frater Bonaventura, vicarius ministri generalis ordinis Fratrum Minorjun . Cette nomenclature s'applique rigoureusement aux sceaux dont la Bibliothèque nationale possède maintenant les des- sins (Nouv. acq. lat. 2128) et dont je crois devoir donner ici la liste. Soeaax à droite de la bulle da Pape. i. Nicolas^ patriarche de Constantinople. ^- Sceau rond. Evéque assis, bénissant de la main droite, pojrtaot la crosse de la main gauche. S. NICOLAI PATRIARCHE CONSTAN- TINOPOLITANI. 2. Bertoldy patriarche éCAquilée, — Sceau rond. Evéque assis, une crosse à la main droite, un livre à la gauche. BER- TOLDVS DEI GRA. SANG. AQVILEGIEN. SEDIS PATRU. 3. Philippe, archevêque de Bourges. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. PHILIPI BITYRICENSIS ARGHIEPIS.— Contre-sceau. Saint Etienne à genoux.YIDEO CELOS APERTOS. — (Conf. Douet d'Arcq, n» 6305.) 4. Boni face, archevêque de Cantorbéry, — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse ; aux deux côtés sont enchâssées deux pierres antiques. BONEFACIVS DEI GRA- CIA CANTVARIENSIS ARCHIEPIS. 5. Albert, archevêque d'Armagh. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et s'appuyant sur une croix, ALBERT. DI. GRA. ARMACA. ARCHIEPISCOPI. — Contre-sceau. Un clerc à genoux au-dessous d'une annonciation. S. AL- BERTI SCOLASTICI BREM. 0. Juhel, archevêque de Reims. * Sceau pointu. Evéque de- bout, crosse et bénissant. S. lYHELLI DEI GRA. ARCHI- 408 MANUSCRITS RÉGEMMENT ACQUIS EPI. REMENSIS. — Contre-sceau. Evéqae à genoux, sons une image de... FAG lŒGYH... BONVM. 7. Aimeri^ archevêque de Lyon. — Évéque debout, bénissant et crosse. S. AMER. ARCmEPISGOPI LVGDVNEN. — Gontre-sceau. Une lapidation, sans légende. 8. Géraud, archevêque de Bordeaux. — Sceau poiutu. Évéque assis, bénissant et crosse. GERALDVS DEI 6RATIA BVR- DEGALENSIS ÂRGHIEPISGOPI («ic). — Gontre-sceau. Une tête, qui est peut-être l'empreinte d'une pierre antique. 9. Gilles, archevêque de Sens. — N^" 6391 de Douet d'Arcq, avec la légende complète : GILO DEI GRACIA ARCHIEPIS- COPVSSENONENGIS. 10. Eudes, archevêque de Rouen. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. SI6IL. ODONIS. DEI GRACIA ROTHOHAGEN. ARCHIEPI. — Gontre-sceau. Une annon- dation. SIGILL. ODONIS. . 11. Geo froif archevêque de Tours. — Sceau rond. Evéque assis, bénissant et crosse. S. GAYFRIDI DEI GRA. ARCHI- EPI. TVRON, 12. Guillaume, archevêque de Besançon. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. WILL. DEI GRA. ARCHIEPI. BISONTINI. — Contre-sceau. Evéque debout, bénissant et crosse. S. WILL. DEI GRATIS ARCHIEPI. BISONTINI. 13. Jean, archevêque d'Arles. — N^6287 de Douet d'Arcq. 14. Jean^ archevêque de Compostelle. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. SIGILLY. I. COMPOSTELLAN. ARCHIË. 15. Pierre, archevêque de Terragone. — Sceau pointu. Evé- que debout, bénissant et crosse. S. P. DEI GRACIA TER- RACHONEN. ARGHIE. 16. Jean, archevêque de Bracara. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. lOHIS. ARCHIPRESYLIS BRAGAREN. 17. Léon, archevêque de Milan. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. SANCTVS AMBROSIYS. 18. Vitulj archevêque de Pise. — - Sceau pointu. Evéque PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 409 debout, bénissant et crosse. S. VITALIS DEI GRA. PISANI ARGHIEPI. 19. Marifif archevêque de Bari. — • Sceau pointu. La sainte Vierge assise, tenant FEnfant Jésus. MARIN. DEI GRACIA BARENSIS. ARGHIEPIS. 20. Ispan, archevêque d'AttcA.— Sceau pointu. Evèque debout, bénissant et crosse. S. YSPANI AVXTTANI ARGHIEPIS. Sceaux à gauche de la bulle du Pape. 21. Albert, patriarche iAntioche, — Sceau rond. Evëque assis, bénissant et portant une croix. S. ALBERT! PA- TRIARCHE ANTIOGHENI. 22. Robert, évêque de Liège. — Sceau pointu. Evëque assis, bénissant et crosse. S. ROBERTIDEI GRACIA LEODIENSIS EPISGOPL— Contre-sceau. Evéque à genoux. lOSERERE MEI DEUS. 23. Nicolas^ évêque de Prague. — Sceau pointu. Evèque debout, bénissant et crosse. S. NICHOLAI PRAGESIS. EPISCOPI. 24. Jean, évêque de Poitiers. — N^ 6817 de Douet. d'Arcq. 25. Robert^ évêque de Beauvais. — • N"" 6514 de Dduet d'Arcq. 26. Henrij évêque de Chartres. — N° 6570 de Douet d'Arcq. 27. Hugues^ évêque de Langres, — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. HVGONIS EPI. LIGONEN- SIS. — Gontre-lceau. Evéque à genoux. SECRETV. EPI. UGONEN. i&.Guercio, évêque de Lucques. — Sceau pointu. Evéque assis, bénissant et crosse, S. GUERTII EPI. LYGANI. 29. Albert, évêque de Modène. — Sceau pointu. Evéque de- bout, bénissant et crosse. S. ALBERTI EPI. MYTI- NENSIS. 30. AyreSj évêque de Lisbonne. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. A. YLIXBO... 31. Pierre, évêque de Barcelone. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. S. FRIS. P. DI. GRA. BAR- GHIN. EPI. 32. Gautier^ évêque de Worcesler. — Sceau pointu. Evéque debout, bénissant et crosse. SIGILL. WALTERI DEI GRA- 410 MAlfUSCaiTS WiCBMHKlIT àGQU» TIA BIGORNIENSIS EPISœPI. — Contre^scean. Eréqae i genoux au-dessous de deux figures.... TRONYS PA- TROiNVS. 33. Robert j évêque de Lincoln. — Sceau pointu. Evé<{ae debout, bénissant et crosse. ROBERTUS DEI GRATIALIN- GOLNIENSIS EPISCOPVS. — Contre-sceau. Evêque à ge- noux au-dessous de la sainte Vierge. AVE HARLA GRACIA PLENA DOMINVS TECVM. 34. David, évêque de Saint-André. — Sceau pointu. Evéqae debout, bénissant et crosse. SIGILLVM DAVID DEI GRA. SCOTORVM EPISCOPL 35. Wodalric, évêque de Trieste.-^ Sceau rond. Evêque assis, ' bénissant et crosse. WODALRICVS DEI GRA. EPG. TER- GESTINVS. 36. Guillaume^ abbé de Cluni. — Sceau pointu. Abbé mitre, bénissant et crosse. S. GVILL. MISERATOE. DIVINA ABBIS. GLVNIACENSIS. — Contre-sceau. Type analogue. S. GVILL. DEI MIS. ABBATIS GLVNIACENSIS. 37. LabbédeCîteaux. — N" 8636 de Douet d'Arcq. 38. Uabbé de Clairvaux. — Probablement n"* 8646 de Douet d'Arcq. 39. Jean, sous-ptieur de tordre des Frères Prêcheurs.^Sceiin pointu. Religieux à genouic au pied du crucifix. S. FRIS. lOHIS. SVPORIS. ORDINIS. FR. PREDIGATOR. 40. BonaventurOy vicaire de Vordre des Frères Mineurs, — Sceau pointu. Une annonciation. AVE GRA. PLENA DNS. TEC. S. F. BONAVENTVRE D. YSE. Huillard-Bréholles, qui a si savamment décrit et analysé les rouleaux de Cluni, se serait vivement intéressé h la découverte de ces croquis. Mieux que personne, il les eût fait valoir, avec la patience et la sagacité qui caractérisent tous ses travaux, et dont Tempreinte se reconnaît jusque dans les copies et les notes destinées à la continuation de THistoire diplomatique de Frédéric II, précieux matériaux que sa veuve a déposés entre nos mains et dont la commu- nication a déjà été utile à M. Julius Ficker pour la publi- cation des Regesta imperii. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 411 Gonir (Jacques). - Décret de la terre de Menetou- SaloD (Cher), confisquée sur Jacques Cœur et adjugée par les gens du trésor à Ânthoinette de Maignelais, veuve d'André de Villequier. 9 janvier 4455 (v. st.). Rouleau scellé, long de 13 m. 40 et large de 0,56 ; cédé par M. le comte d'Imécourt, à des conditions qui pour la Bibliothèque équivalaient à une véritable donation, — Nouv. acq. fr. 1459. Cologne. — Notes et documents pour servir à Thistoire de l'université de Cologne, de Tannée 1388 à Tannée 1751 . Quelques pièces originales. — Divers actes du concile de Constance; copies du temps. — Articles condamnés dans un traité de Jean Huss. — Plaintes de a Jacobus Simonis de Fuichis. » — Nouv. acq. lat. 2165. Gompiègne (Ville de). Collection de 14 chartes ori- ginales du xiif au XV* siècle. — Nouv, acq. lat. 1248. 2. — Juin 1212. — Acensement fait par les Templiers à la commune de Gompiègne. « Frater Andréas de Coleors, domus Templi in Francia pre- ceptor, omnibus ad quos littere présentes pervenerint, salu- tem in Domino. Noverint univers! quod nos, de consensu fratrum nostrorum , tradidimus ad perpetuum censum raajori et communie de Compendio quoddam pratum nos- tnim siium ante pontem Compendii, quod de elemosina domine Agathes de Petra Fonte ad nos dinoscitur perve- nisse, pro viginti libris Parisiensis monete, in crastino festi sancti Remigii nobis in domo nostra apud Compendium annuatim persolvendis. Et tota justitia iliius prati erit majo* ris et communie de Compendio, ita tamen quod, si in eodem prato aliquando fièrent herbergagia, venditas et omnes alias consuetudines quas dominus census habere débet in censivasua, preterquamjustitiam, ibidem habebi- mus. Quod si dictam peccuniam ad prescriptum terminum et locum predictum major et communia annuatim non red- AU MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS derenty quinque solidos Parisiensium pro singulis diebus qaibas earo post sepedictum terminum detinuerint nobis pro einenda solvere tenerentur. Qaod ut ratum et firmum in perpelaam pennaneat, presentem cartam sîgîllo nostro fecimus sigillari. Actum anno Domini VtCQ* duodecimo, mense Junio. > A la charte pend un petit sceau en cire verte, attaché à une double queue de parchemin. Sur la face, grossière image du Temple : + MIL. TEMPLI. SAL. Sur le revers, person- nage debout, avec une chaussure à pointe relevée. + SE- CRETYM. TEMPU.— Sur les sceaux de Tordre du Temple, on peut lire, dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes^ 2« série, lY, 385, une dissertation de M. de Mas Latrie, qui a montré que la légende ci-dessus transcrite doit s'interpré- ter par HILITIA. TEMPLI. SALOMONIS. 1. -~ 1212. — Confirmation de l'acensement précédent par Philippe-Auguste. — Sceau et contre-sceau du roi, en cire verte, sur lacs de soie rouge. — Indiqué, sous le n"^ 1381, dans le Catalogue des actes de Philippe-Augusten 3. — > 10 mars 1297, n. s. — Lettres patentes de Philippe le Bel. a Ph. par la grâce de Dieu rois de France, à touz ceus qui ces présentes lettres verront, salut. Nous faispns assavoir que, comme noz amez li maires et li jurez de Gompingne aient outroié de grâce especial à nostre amé et feel Raoul de Clermont, seigneur de Neelle, conestable de France, que il puisse faire avaler et passer par Tiaue dès Gompingne jus- ques au Pont l'Evesque, près de Noion, deus cenz tonniaui de vin pour garnir sa terre au comun profit de nous et de lui, nous volons et outroions que ce ne lor puisse tomer à domage ni à préjudice, et que li diz sires de Neelle ou autres pour lui ne puisse demander ou reclamer usage ou costume en ceste chose ou tans présent ou à venir. En tesmoing de laquel chose, nous avons mis nostre seel en ces présentes ' lettres. Données à Viciennes, le segonc diemanche de Qaa- resme, Tan de grâce H CG quatre vmz et seize, t PAR LA BlBLrOTHÉQUB NATfONALE 413 4. — 22 décembre 1309. — Acte de non préjudice, dans lequel il convient de remarquer le mot betey employé avec le sens de glaçant ce qui n'offre rien d'étonnant puisque dans certains patois le mot débéter signifie dégeler. < A tous ceus qui ces présentes lettres verront et orront, Robers de Saint Orner, garde de par le roi dou seel des prevostés de Compingne et de Choysi, et Jehans Roussel, notaires jurés es dites prevostés, salut. Sachent que par devant nous vinrent Jehans li Loi^nes, bourgois de Com- pingne, et Vincens de Passi, et recognurent que, comme il eussent pluseurs pioches de vins en le rivière d'Oyse,eu lieu que on dit au Port as Tripiers, lesquieus vins il ne pooient faire monter parmy l'arche dou pont dusques en Tille de Compingne, pour le gelée et pour le bete qui couroit par le rivière d'Oyse, si que il ne pooient ouvrer en Tiaue, et en nulle manière il ne poussent faire port ailleurs que en le dite ylle, sans Tassentement de religions hommes et ho- nestes mons. Tabbé et couvent de Feglyse Saint Cornille de Compingne, recongnurent li dessus dit Jehans et Vincens que, à leur supplication et à leur prière, li dessus dis abbes et couvent leur avoient otroyé de grâce especial que il pous- sent descarchier leurs vins dessus dis au lieu dessus dit que on dit le Port as Tripiers, pour une foys ; le quele grâce et lequel otroy li dessus dit Jehans et Vincens recongnurent avoir prins et receu en eulz, à descarchier les vins dessus dis pour ceste foys, parmy toutes coustumes payans as dis reli- gions, aussint comme il feissent en Tille ; et vourrent que il ne puist porter préjudice as dis religions à ce que dès ore mais il puissent avoir droit de descarchier vins ailleurs que en Tille, ne faire port ailleurs que en Tille, se ce n'est par Tassentement des dis religions. En tesmoing de ce, nous Robers de Saint Omer dessus dis avons scellé ces lettres dou seel des prevostés dessus dites. Et nous Jehans Roussel dessus dis y avons mis nostre seel, avecques le seel des dites prevostés, sauf touz drois. Donné Tan de grâce mil trois cenz et nuef, le lundi devant Noël. » 5. — 30 octobre 1350. — « En Tassise de Compiengne, tenue par Thiebaut de Caroeli» lieu tenant de honorable homme et 414 MANUSCRITS RteBMlIBlIT ACOU» sage Dimenche deChastellon, baillifde Senlis, i» ratification d'un accord conclu entre les habitants de Conipiègne, d'une part, et, d'autre part, le gendre et ht Teuve de Raoul le Garon, a pour cause don minage de Compiengne, dou tooneUîen des denrées tendues en la maison en laquelle demeura ja pieça Jehan Pommel, seani derant Saint CiimenI, et pour raison des roages des vins issus des maisons dou flef dou dit feu Raoul seans à Gompieogne. » 6. — Août 1351. — Reconnaissance du sceau de Jean Prou- vencel, lieutenant du bailli de Senlis. 7. -^ l«r juin 1373. — Mandement de Charles V au bailli de Senlis. — Procès intenté par Tabbaye de Saint-Corneille et par les habitants de la Tille de Compiègne à un citoyen de Beautais, Thomas de Corbie, qui avait fait débarquer du vin de Bourgogne à Précy-sur-Oîse. — « Cum dicta villa Compendii mercaturis vinorum inter cetera ab antique citra fuerit bue usque quam plurimum frequentata et in parte gubernata, sicque in ipsa villa in et super ripperiam Ysare certus portns vinorum notabilis et antiqus, ad quem mercatores quicunque vina Burgundie venalîa per dictam ripperiam docentes seu vehi et duci facientes, potissime a villa Ponttzare eundo versus villam Compendii, eadem vina Boi^ndie venaKa et que dicti mercatores vendere inten- dunt deschargiare, descendere et illuc vendere debetti et tenentor, absque eo qnod alibi in ripperia predicta, preser- tim Inter dictas villas Pontizare et Compendii hujus modi vina venalia vendere aut deschargiare portum faciendo pos- sint vel debeant quoquo modo, nec ipsa vina ducere ultra portum Compendii predictom, exquibus eadem villa tempo- ribos anteactis toCasque popahrs ejosdem extitemnt habun- danems et fertilius gubemati et sustenti, dictiqne reltgios in et super dicto portu et vinis illuc venditis cerlum jus ad causam sue ecclesie eciam se asserunt percipere debere et percipiunt ab antiquo. . ., n *-^ L*acte est ainsi daté et signé : « Datum Piarisins, die prima Junii, anno Domini M* GCf>LXXm% elra«oi Dostfi deeimo. In rt^amti^ ho», picii :P.BBIBT»> — Sur laqueMjiIaqiidlo élaH Muhé le PAR LA BIBLIOTHÈOOE NATIONALE 4i(l sceau : A. BOISTEL. •-> Au dos de la pièce : « Complainte en cas de novelleté. Lespeisse. *- Cerf. Compiegne. > g. _ 47 juillet 1385. — Mandement de Charles YI, au pre- mier huissier du parlement. -» Procès intenté par Tabbaye de Saint-Corneille et par les habitants de Compiegne à i Jehan de Neele, chevalier, seigneur d'Aufemont, lequel avoit fait charger et mettre en la rivière d'Oise, entre Pon- toise et Compiegne, environ XXX queues de vin, et ycelles amener jusques au port de Compiegne, a fait les diz vins mener et passer par nuit tout oultre le dit port, et mener par la dite rivière amont Feaue, troiz lieues loing ou envi- ron, jusques au port du Plessie Brjon, auquel il les a fait descbarger, ou autrement en a ordené à sa voienté, sens ce qu'il les ait fait descendre ne deschai^er au dit port de Compiegne, si comme faire le devoit. .. » — Acte ainsi signé : « Par le conseil : HENRY. » — Sur la queue à laquelle était attaché le sceau : B'REAU. — Au dos de la pièce : ce La complainte en cas de novelleté. Bois« — Les- poisse. — Cerf. * 9.-2 avril 1400, n. s. — Mandement de Charles VI pour la tenue de la foire de la Mi-Garéme à Compiegne. (Copie du 3 avril 1400.) 10. — 17 novembre 1413. — Déclaration de la provenance de vins destinés à l'abbaye d*Ourscamp. il. .^i«r mars 1460, n. s. — Déclaration de Jean Raton, abbé d'Ourscamp, au sqel de vins qnll faisait passer par Com- piegne. — « Et à ce faire furent presens noble et puissant seigneur mons. Gilles de Saint Simon, chevalier, bailli et cappitaine de Senlis, révérend père en Dieu mons. Gilles de Longueval^ abbé de Teglise SainM^orailIe de Com- piengne • • . H. — 11 février 1471, n. s. — Lettres patentes de Louis XI. « LttdovicQs, Dei gratta Francomm rex. Notum facimus uni- venis, preaentibus et iiituris, quod non est intentionis nostre quod, propter vinonun transitnm, que pro aeie et garnisio- nibus nostris ultra portum Compendii per ripMam Ysaie 416 MANUSCRITS RéCBMMBIfT ACaUiS pro guerra nostra contra ducem Burgundie duconlar^ vel que vehi et conduci et per portum continget transsire pre- dictum, privillegiis, usibus et consuetudiuibus babitatoribus dicte ville Compendii per predecessores nostros concessis, quibus hactenus et ab antique tempère usi sunt paciflce, in diquo derogetur, nec propter boc jus novum, contra eorum privillegia et consuetudines, nobis, nostris successoribus aut quibuscunque aliis acquiratur, aut inde babitatoribus * ipsis aliquod prejudicium futuris temporibus generari. Quod ut Ormum et stabile permaneat in futurum, présentes litte- ras sigilli nostri fecimus impressione muniri. Datum apud Compendium, anno Domini M' CCGC^ septuagésimo, mense Februariiy undecima die, sub sigillé nostro ordinato in absencia magni. Per consilium : POUCHIER. » 13. — 7 février 1485, n. s. -^ Marguerite, abbesse de Mont- martre, réduit de moitié, pour une période de huit ans, la rente de 10 livres parisis due à l'abbaye de Montmartre par les habitants de Compiègne. 14. — 15 novembre 1492. — Mandement de Charles Yin au premier huissier du parlement. — Procès intenté par l'ab- baye de Saint-Corneille et la ville de Compiègne au seigneur de risle-Adam et au capitaine de Pont-Sainte-Maxence, à l'occasion de vins que ces derniers avaient fait débarquer à risle-Adam et à Pont-Sainte-Maxence. I. — Recueil de la mission des Capucins à Constantinople, depuis leur établissement en 1624, en quatre volumes. Nous n'avons que le tome I, depuis 1624 jusqu'en 1661. — Nouv.acq. fr. 4134. Contarellns (M. Ant.). —Histoire particulière d'au- cunes plantes et aultres simples plus communs, ou sont insérées plusieurs aultres matières physicales et recerches curieuses. 1625. — A la suite, tables anatomiques de Jan Guillemeau. ~ Volume donné par G. Duplessis, conser- vateur adjoint du Département des estampes. — Noov. acq. fr. 4120. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 417 Conieille. — Catalogue de pièces composées pouf et contre le Cid. — xvin'* siècle. — Nouv. acq. fr. 4183. Cotentin. — Rouleau contenant le détail des biens qui, par ordre du roi Philippe de Valois, furent assignés, en 1329, à Jeanne d*Evreux, veuve de Charles le Bel, dans le bailliage de Cotentin. — Donné par M. le duc de La Tré- moille. — Nouv. acq. fr. 1456. Goittnces. — Copie du Ldvre blanc du diocèse de Coutances, contenant un pouillé du xiv^ siècle. C'est une transcription faite par M. de Bouis de la copie exécutée pour M. Le Prévost par M. Dubosc sur le manuscrit du XIV* siècle, conservé aux archives de Tévéché de Coulances. — Nouv. acq. lat. 1364. — Ce manuscrit, avec quatre autres volumes de copies, a été donné à la Bibliothèque par M. Evode Chevalier, maire d'Anceau- meville (Seine-Inférieure), au nom de feu M. le docteur de Bouis, son parent. Dante. — « La tierce partie de la Comédie de Dan tes, appellée Paradis. » Traduction en vers, avec commentaire en prose. Dédicace à « Anthoine de Prato, chancellier de France» (1515-1535). Exemplaire original» sur parchemin, avec peintures. — C'est sans doute la traduction de François Bergaignc, dont un exemplaire dédié à Tamiral de Bonnivet se trouvait dans la bibliothèque du duc de La Vallière (1" partie, II, 492, n« 3571) ; il doit être aujour- d'hui en Angleterre. ~ Nouv. acq. fr. 4119. Dnpkiné. — Table des édits, ordonnances et déclara- tions enregistrés au greffe du parlement de Dauphiné, depuis Tannée 1340 jusqu'en 1699. — Nouv. acq. fr. 3366. Deiys (saint). — Recueil des traités k lui attribués. — 418 MANUSCRITS RÉGBUMBRT ACQUIS « Dionysii areopagite de celesU hierarchia liber. — Ejos- dem de ecclesiastica hierarchia liber (fol. 21). — Ejus- dem de divinis nomiDibus (fol. 48). — Ejusdemde mystica theologia (fol. 86). -- Decem epistole sancti Dionysii » (foL 88 V"). A la fin du traité delà théologie mystiqae (fol. 88). on lit cette souscription tracée en capitales rouges : « Absolvi Ambrosius peccator Dionssii {sic) opuscula in monasterio Fontis Boni, XV* kal. Aprilis, anno Dominice incaroationis MGCGC XXXYI, indi- Uone XV. Emendavi et cum greco contult in heremo III idus Aprilis (1). » Très belle copie italienne de l'exem- plaire original d'Ambroise le Gamaldule, dont le nom se trouvé encore au commencement du volume, sur un feuillet de garde : « Gommentum Ambrosii generalis Gamaldo- lensis super Dionisium de ecclesiastica hierarchia. 9 — A la fin, on a ajouté après coup, mais cependant en carac* tères du xv* siècle, une lettre de François Pétrarque : « Quid agis, bone vir ? Quid agis, pater optime? Quid agis, oro te?... » — Nouv. acq. lat. 1286. Deslandes. - Histoire de Philandre et de Sophronie; roman politique, philosophique et religieux, par Tavocat Deslandes de Lancelot. — xviu* siècle. — Nouv. acq. fr. 4167. IMaloctique (Traité de), commençant par les mots : « Dialetica dicitur ars artium, sciencia scienciarum, ad omnium metodorum... » A la fin est la date de 1332. — Nouv. acq. lat. 210. Dictionnaire latin, copié au xv* siècle par une main ita- (1) La inômc souscripliou se trouve dans un ms. de la bibliothèque du cardinal Nicolas de Gusai Voyez Die HandschifienSammUmg des Cardinalis Nicolaus von Cusa, von D' Franz Xaver Kraus (Leipzig, 1864, in-8, p. 12), extrait du Serapeum, XXV, 362, année 1864. L'édition allemande porte « picior, » au lieu de c peoeacor. » PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 410 tienne. La transcription n*a pas été achevée ; elle s^arrête à Tarlicle : « Testatur, id est testiraorium dat, palam fert, jurât, narrât. Papias. » — Volume sur parchemin/ de 259 feuillets, à deux colonnes. 460 millimètres sur 116. — Nouv. acq. lat. 366. Dictioimaire (Petit] latin, écrit au xv* siècle par un italien. A la fin (fol. 60) est un vocabulaire, dans lequel chaque mot latin est suivi de Téquivalent italien. — Volume sur parchemin, de 63 feuillets^ à deux colonnes, 167 millimètres sur 118. — Au commencement, note d'un des premiers possesseurs : « Ad usum fratris Thimothey de Aquila, ordimis Hinorum. » — Nouv. acq. lat. 267. Diderot. — Documents originaux relatifs à la publica- tion du Père de famille de Diderot. Papiers provenus du cabinet de Lamoignon de Malesherbes. — Nouv. acq. ÎT. 1182. Disoovs (Recueil de). — Remontrances du 8 avril 1641 et du 5 avril 1644 (fol. 42).^ — Harangue dç M. Talon, avocat général, au lit de justice du 15 janvier 1648 (fol. 82). — Discours du premier président à la mercu- riale du 26 novembre 1706 (fol. 86). — Compliment du premier président du parlement de Bretagne (fol. 87). — Harangue de M. de Lescale à rentrée de la reine Anne d'Autriche dans la ville de La Rochelle, en 1630 (fol. 89). - Compliment de Fléchier au duc de Bourgogne (fol. 92). — Discours de H.* du Vair quand il remit les Sceaux (fol. 93). — Discours à une ouverture des audiences (fol, 100). — xvu« et xviii® siècle, — Nouv. acq. fr. 4197. Doeimeitt divers, sur papier, de 1396 à 1749 : manie- ments, comptes, fragments de censiers, pièces de procé- dure. — Plusieurs lettres de Madame de Moogascon, du 420 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS temps de Charles VI. -- Actes de Robert, duc de Bar, seigneur de Gassel. — Compte de la sépulture de la com- tesse de Boulogne, en 1416 (fol. i5), - Prix du blé à la Ferté-Milon, de 189S à 1614 (fol. 1 OS). - Tarif des droits dus pour la sortie des marchandises en la séné- chaussée de Garcassonne (fol. 163). — Nouvelles acq. fr. 1088. Domaines. — Documents d« xvii^ siècle sur le domaine et les droits du ror. — Mémoire pour les propriétaires des sergenteries nobles et héréditaires de Normandie. — Marchés et traités faits au Conseil du roi en 1636. — Etat de domaines appartenant au roi. — Domaines engagés. — Finances des menus offices du ressort du parlement Je Provence. — Etat des princes et autres jouissans du droit de provisions et nominations aux offices dépendant des revenus casuels. — Offices extraordinaires du duché d'Alençon et des vicomtes d'Alcnçon et Saint-Lo. 1665. — Consultation sur la succession du chevalier de LongueviUe. — Nouv. acq. fr. 1106. DaFonr (Antoine). — « Les sept pseaulmes penitcn- cialx de David , translatez par révérend père en Dieu Anthoyne du Four, evesque de Marseilles, docteur en théologie de Tordre des Frères Prescheurs. a Petit volume sur parchemin, du \\\^ siècle. — Nouv. acq. fr. 4169. Dii larsais. — Lettre d'une jeune demoiselle k Fauteur des vrais principes de la langue française. — xvii* siècle. — Nouv. acq. fr. 1170. Bnmonriex. — Correspondance originale de Dùmouriez pendant les années 1789-1792. Ce recueil vient de Ch. Deslys ; la seconde partie du volume se compose de lettres tout à fait modernes, écrites par des littérateurs, des PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 4Si directeurs de théâtre et diverses personnes contenopo- raines. — Nouv. acq. fr. 3534. Dnpleisis. — - Correspondance bibliographique de P. A. G. Duplessis, mort le 21 mai 1853. Lettres auto- graphes des savants dont les noms suivent : Boissonade, Breghot du Lut, Brunet, Dugas-Montbel, Du Méril, de Gerville, Le Glay, de Monmerqué, Peignot, Révoil, Vie. Salva et de Soleinne. — Don de M. Duplessis, conserva- teur adjoint du Département des estampes. — Nouv. acq. fr. 1176. Echecs (Traité des), par Le Calabrois et Stamat, com- plété par Mouy-Desons. Ouvrage dédié au prince de Conty. — Nouv. acq. fr. 3370. Economie politique (Catéchisme d'). — xix* siècle. — Nouv. acq. fr. 4163. Ecriture sainte (Recueil de traités sur Y) et de sermons. Volume sur parchemin, de 148 feuillets, écrit vers le com- mencement du xiii' siècle. Donné par M. le vicomte de Grouchy. — Nouv. acq. lat. 223. Premiers mots de quelques-uns des morceaux relatifs à TEcriture sainte : Fol. 1. « Quid fuit priusquam mundus fieret? SolusDeus. Quamdiu prius fuit ? Ab eterno. Ubi fuit cum nichil esset prêter ipsum? Ubi modo est, ibi fuit et tune... » — Fol. 10 v«. h Postquam primus parons generis humani propter inobedientie culpam a paradiso exulans in hune mundum venit, diabolus jus tiranni cum illo exercens. . . » — Fol. 17. « Arduum profecto et laboriosum opus, crebra vestra precatione flexus, aggredior universam divinarum scripturarum sériera, non solum reslringendo ad compen- dium redigere ...» — Fol. 25, • De^idejius proprium Domen est. Hinc Desiderii mei, subauditur amici, deside- 4tl lUllUSCIITB RteBnBHT ACQUIS ntas aceepi epslotas. . . » — Fol. 33. In fninctpiô crêa^ vit^ etc. Principium, Christiu. Cetam et terra, eccleaia in Christo fandata ; celum in justis, terra in peGcaloribus ; ceium in prelatis, terra in subjectis ; celum in contempla- tivis, quoram conversacio in celis est, terra in activis qui* bus imbre doctrine celestis irrorata fructum iacit oportu- num... » L'opuscule anonyme qui remplit les fol. 89-76 est le livre de Richard de Saint-Victor Intitulé : « De extermi- liatione mali et promotione boni, » dont le texte est cobi- pris dans les œuvres de cet écrivain. (Patrologie de Migne, vol. 196, col. 1073-m6.) Premiers mots de plusieurs des sermons copiés dans la dernière partie du volume : Fol. 77. < Ego sum pastor bonus, etc. In hujus lectione evan- gelii ostendit nobis Dominus. • » — Fol. 79. c Legimus apostolo dicente quod Dominus superbis resislit et humili- bus dat gratiam. Ad hoc spectat quod humiies invitan- tur. . . » — Fol. 81 v^. a Egredimini et videte Olie Syon regem Salomonem, etc. Fratres, vox sancte ecclesie invitât animas nostras ad intueodum qnam mirabilis et quam spe- ciosussit sponsus suus. . . » — Fol. 85. c Ferrum de terra tollitur et lapis calore solutus in es verlitur. Ferrum istud intelligitur cor hominis durum et fngidum in malicia, durum in pertinacia. . . » — Fol. 86. c Omni custodia serva cor tuum. Fideli homini dicitur ut servet cor suum... » — Fol. 88 v<>. a Postquam completi sunt dies purgationis Marie, etc. Ecce in tam sublimi virgine miranda humilitas secundum legem Moysi purificari voluit. . . » Education (Traités sur 1')^ copiés au xv* siècle, par une main italienne. — Nouv. acq. lat. 245. (( MagniBasilii.CesareeCapadocie sanciissimi archiepis- copi, ad aduicscentes quam ex gentilium libris facilitatem caperc debeant opusculum. )> — En léte, préface du tra- ducteur Leonardus Aretinus. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 428 « Plutarchus de liberis educandis, per Guarinum Vero- nensem de greco in latinum conversas. » — Lacune à la fin. Elberling. — Notes numismaiiques. — xix« siècle. -^ Noav. acq. lat. 240. Elxe?in. — Table chronologique d'éditions données par les Elzévirs. — Fin du xviii^ siècle. — Nouv. acq. fr. 4175. Epinay (Madame d*). — Lettres originales qui lui sont adressées ou qui concernent sa maison. Pusieurs sont de Gaudon, chanoine, au Châleau-Gensoy-sur-Yonne. — Mi- lieu du XYiii" siècle. — Nouv. acq. fr. H 84. Eschenbach (W. d'). - Fragments d*un manuscrit alle- mand du xiv^ siècle, renfermant environ 280 vers du poème de Wolfram d'Eschenbach sur Guillaume d'Urangë. Donné par M. André Thury, libraire à Genève. • Ésope à la cour. Comédie héroïque. -— xviii* siècle. ~ Nouv. acq. fr. 4189. £Ut8 généFau (Journal des), du 4 mai 1789 au 17 avril 1790. — Nouv. acq. fr. 4121. Erangiles. — Les quatre évangiles, avec gloses margi- nales et interlinéaires. Belle copie de la première moitié du XIII* siècle, ayant appartenu au grand couvent des Carmes de Toulouse. — Nouv. acq. lat. 1288. Exemples (Recueil d') à T usage des prédicateurs. Le prologue commence par les mots : a Quoniam plus mènent exempla quam verba secundum Gregorium, et facilius ad intellectum capiuntur et arcius memorie infiguntur... » A la fin du prologue est annoncée la division de Touvrage : 424 MANUSCRITS RÉCBIflfElfT ACQUIS « Tractatus dividitur in septem parles secundum dona spi- ritus septiformis, qui invocandus est ad opus utiliter con- sumuQandum. » Le uaanuscrit ne contient que les deux premières parties du traité ; la première, divisée en dix chapitres : « Prima pars continet capitnla decem, qae est de timoré ; » la deuxième, en sept : « Incipit secunda pars que pertinet ad donum pietatis : Dicto de hiis que pertinent ad donum timoris que habent a peccato retrahere, sequitur de hiis que habent ad donum pietatis, que per spem ad Deum habent attrahere; sunt autem septem (ituli hujns partis. » — Nouv. acq. lat. 228. Eztiilts Ultoriqaes : Supputations du temps, couron- nement des princes, armoiries, électeurs de Tempire, pairs de France, duels, épreuves d'innocence, etc. — Traité des légats. — XVII* siècle. — Nouv, acq. fr. 1078. Faachér (Denis). — « Dionisii Faucherii, monachi Leri- nensis et civisÂrelatensis, Annales Provincial. » A la suite sont des observations en français et une traduction du livre I par M. Terrin, ancien conseiller an siège d'Arles. Manuscrit du xviii® siècle, qui a successivement appar- tenu à M. deNicolal, d* Arles, à M. J. V. Martin, fils, de Marseille, et à M. Rouard. Il est cité dans la Bibliothèque historique de Ut France^ éd. Fontette, t. III, p. 547, n^" 38046, A ce volume est jointe une ordonnance du 26 février 1366 pour la levée d'une imposition (rêva) pour la fortification de la ville d'Aix. Copie du temps, sur papier. N<^ 3147 de la Bibliothèque de Rouard. — Nouv. acq. lat. 1370. Flandre. — Documents, mémoires et consultations sur différentes affaires litigieuses de la Flandre. La première pièce est une enquête commencée à Gandle 17 août 1476. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE * 428 II y a plusieurs factums du xvii* siècle imprimés. Une par- tie des documents est en flamand. — Néerlandais 103. Roraice de Rome (Roman de), en vers; rédaction diffé- rente de celle que M. Paulin Paris a analysée dans THis- toire littéraire de la France, t. XXVI,/ p. 338, d'après un manuscrit unique du xv* siècle, relié aux armes de Riche- lieu et formant chez nous le n^ 24384 du fonds français. Le manuscrit nouveau consiste en 91 feuillets de par- chemin (220 millimètres sur 143). Écriture de la fin du XIII* siècle. Il doit manquer à la fin du volume deux feuil- lets, renfermant la partie du roman qui est développée dans les 73 derniers vers du manuscrit provenu de la bibliothèque de Richelieu . Premiers vers du roman d'après le nouvel exemplaire : Signer, oi avez en livre et en romanz Que de totes citez fut Troie la plus granz. Et quant el fut fondue et ardoir mist YII anz, Une genz en isirent qui moult furent sachanz, Hardiz comme leons, et fiers et combatanz. Par terre s*espandirent icelles fieres genz. Chacuns dreça citez et torz et mandemenz. Anthioche fondi Antiocus li frans, Et Jherusalem fist uns rois Cornumaranz, Et reis Babiloine que moult refu poisanz. Et la cité d'Aufrique, uns fors rois Aufriquanz, Et Romulus fist Rome qui moult fu aparanz. Seignors, ja fut uns tens, tesmoig des clers lisanz, Que toz li mondes fii a Rome apendanz. Donné à la Bibliothèque par M. Templier, libraire, le 26 juin 1879. — Nouv. acq. fr. 4192. foncamioat. — Gartulaire de l'abbaye cistercienne de Foucarmont, au diocèse de Rouen. Copie faite par M. de Bouisd'aprèslemanuscrit original de la bibliothèque de Rouen. — Nouv. acq. lat. 248. 416 MANUSCIim RtCKmiBMT ACQUIS UtigDMBti de itwn munieriti. trouvés pour la pin- part dans des reliures. — Nonv. acq. lai. S199. Fol. 1. Feuillet d'un manuscrit en semi^onciale du vi^ siècle, contenant un commentaire sur l'épltre de saint Paul aux Romains (yii,13). — Un autre feuillet du même manuscrit forme la garde ûnale du ms. latin 13368 (jadis 1310 de Saint -Germain). Fol. 2. Feuillet d'un ms. du viu' ou du ix* siècle, contenant un fragment de règle monastique et le commencement d*un sermon sur la résurrection. — Trouvé dans la reliure d*un Uvre imprimé, qui a appartenu à Tabbaye de Saint-Maximîn de Trêves. Fol. 3. Feuillet paraissant écrit au ix* siècle et contenant : 1® des supputations de nombres écrits en chiffires grecs; 2' un fragment d'une table de compnt. — Trouvé dans la reliure d'un livre de la même bibliothèque. Fol. 4 et 5. Deux feuillets d'un évangéliaire du ix* siècle, écrit en lettres d'or, analogue à l'évangéliaire d'Ebbon conservé à Epernay. Ils renferment deux fragments de saint Matthieu (xxi, 2444 et xxv, 16-38). — Provenu du cabi- net de Taupier. Fol. 6. FeuiUet d'une grande bible du ix« siècle. (Ps. LXXVm, 10 — LXXXV, 14.) Fol. 7 et 8. Deux feuillets d'une bible du ix® siècle. (Daniel, u, 14 — m, i, et IV, 4-v, 1). Fol. 9 et 10. Deux feuillets d'un traité de comput du x' siècle, ayant servi de gardes à un livre imprimé de Saint-Haximin de Trêves. Fol. 11. Fragment d'un manuscrit du xi' siècle, contenant un morceau d'homélie relative à l'Ascension. Fol. 12 et 13. Deux feuillets d'un petit missel du xi* siècle (oraisons et préfaces), ayant servi de gardes à un livre imprimé de Saint-Haximin de Trêves. Fol. 14-16. Ffjagments de gradue) iivisigothique, du xi' siècle. — Trouvés dans la reliure d'un ms. de Silos. Voyez plus haut, p. 49. Fol. 17. Feuillet d'un exemplaire de la Chronique du Mont- PAR LA BrBLIOTRÉOCB NATIONALE 427 Cassin par « Léo Marsicanus, if> copié vers le commence- ment du XII* siècle, en caractères lombards. Ce feuillet contient une partie des chapitres xxxn, xxxiii et xxxiv du livre II de la Chronique, depuis les mots filius Gueltonù (éd. Wattenbach, dans les Scriptures de Perlz, t. VII, p. 649, ligne 6), jusqu'aux mots et inhabitabile (ibid., p. 650, ligne 9). Fol. 17 bis et 17 ter. Double feuillet d'un lectionnaire de l'église du Puy, du xii* siècle, contenant les actes de saint Privât, à partir des mots c su» consilium nec populum in loco tutissimo. o (BoUand., août, IV, 440 B, éd. Palmé.) — Don de M. Chassaing. Fol. 19 et 20. Fragments d'une table de comput (années 1041-1184), dont la dernière colonne contient des annales paraissant avoir été écrites au commencement du xiu* siècle dans l'abbaye cistercienne de Bonnevaux en Dauphiué. Fol. 22 ot 23. Double feuillet d'un manuscrit copié vers la fin du xir siècle, probablement dans le Daaphiné ou dans un pays voisin, contenant une relation de miracles opérés en Fhonneur de la sainte Vierge. On y remarque les rubriques suivantes : LXXI. De quodam monacbo devotissimo béate Marie. LXXII. De ycona Domine nostre que miraculose locuta ftiit. LXXXV. De duobus monachis ordinis Cisterciensis et qualiter antiphona silicet Salve regina inventa est. Ce fragment a été donné par M. Roman. Fol. 24-27. Fragment des livres III et IV des Métamorphoses d'Ovide, xiii* siècle. Fol. 34. Fragment d'un recueil de modèles de lettres à Tusage des écoles de Bologne, xiii' siècle. Fol. 35. Fragment d'un traité « de astronomie judiciis. » Fin du xiii' siècle. Foi. 36. Fragment d'un calendrier du xiv* siècle, contenant, selon toute apparence, l'obituaire d'un couvent de Domini- cains de la province de Cologne. Ce flragment répond aux mois de septembre et d'octobre. Fol. 39. Fragment d'un traité sur l'art militaire. — Il y a une partie d'un chapitre ainsi intitulé : fils du copiste, au mo- nastère de « Sancta Maria Garilatis de Veneciis. » — Nouv. acq. lat. 1384. la Fayette. — Écrit du P. Gaussin, delà compagnie de Jésus sur la vocation de la Rév. Mère Louise-Angélique de La Fayette, religieuse de la Visitation de Sainte-Marie du monastère de Ghaillot-Iez-Paris. 1637. — Nouv. acq. fr. 4201. Lais Bretoni (Recueil de) du xiii<> siècle. — Nouv. aq. fr. 1104. — M. Gaston Paris (1) a déjà signalé Tiroportance de ce volume, qui a été acquis avec le produit de la fonda- tion du duc d'Otrante. Voici les rubriques et les premiers vers des 23 laisquMl contient et dont plusieurs sont inédits. Chi commancent les lays de Bretaigne. Fol. 1 . Cist est de Guimar. Des contes que je sai verais Dont li Breton firent les lais. Fol. 6. C*est le lay de Lanval. L'aventure d'un autre lai ^ Comment avint vous conterai. Fol. 10 V*. C'est le lay du Desirré. M'entente j'ai mise et ma cure En raconter une aventure. Fol. 15 V*. C'est le lay de Tyoulet. Jadis au tens qu'Arlor régna Qu*il Bretaingne govema. Fol. 20. C'est le lay de Dyonet. Puis que des lais ai commencie Ja n ert por mon travail lessie. (l) nomania, VIII, 29-72. PAR LA BIBLIOT0ÈQUE NATIONALE 4S9 Fol. 23. C'est le lay de Guingamor. D*uii lay vos dirai l'aventure Nel tenez pas à troveure. Fol. 27 V. C'est le lay de l'Esplne. Qui que lays tiengne à mençonge, Sachiez je ne tieng pas à songe. Fol. 30 v^ C'est le lay de l'Espervier. Une aventure molt petite Qui n*a mie esté sovent dite. Fol. 32. C'est le lay du Chievrefiieil. Assez me plet et molt le veil Du lay c*on nomme Chievreftieil Fol. 33. C'est le lay de Doon. Doon cest lai sevent plusor N'i a gueres bon harpeor. Fol. 34 vo. C'est le lay des deus amanz. Jadis avint en Normendie Une parole molt oie. Fol. 36 v^ C'est le lay de Uilon. Qui divers contes velt tretier Diversement doit commencier. Fol. 39 V. G est le lay du Fresne. Du lay du Fresne vos dirai Selonc le conte que je sai. Fol. 43. C'est le lay dou Lecheor. Jadis a saint Pan|elion Ce nos racontent li Breton. Fol. 43 v^. C'est le lay d'Aquitan. Molt ont esté noble baron Cil de Bretaingne li Breton. Fol. 45 v\ C'est le lay de Tydorel. L'aventure d'un lai novel Que Ten apele Tydorel. Fol. 48 V». C'est le lay du Cort mantel. Une aventure qui avint En la cort au bon roi qui tint. 440 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS Fol. 54 V*. Ce est telay de TOmbre. Ne me veil pas desaiiser De bien dire ainz veil user. Fol. 61 v«. C'est le lay du Conseill. Cil qui velt a biaus dis entendre De romanz mult i puet aprendre. Fol. 66. C'est le lay d*Amours. Qui d'amors veil le voir portrere  son cuer li covient portrere. Fol. 69 v«. C*est le lay d*Aristote. De conter biaus moz et retrere Ne se doit l'en mie retrere. Fol. 72. Cest le lay de Graalant. L'aventure de Graalent Vos dirai si corn je Tentent. Fol. 77. C'est le lay de rOiselet. Il avint jadis à un tans . Bien a passé plus de C ans. Le recueil de lais se termine au fol. 79 v^ par les mots : « Explicit les lays de Breteigne.' > A la fin du volume sont ajoutés quelques fragments de deux manuscrits, savoir: 1<> (fol. 80-83 et 86-89) huit feuillets d'un commentaire latin sur Job, du xii'' siècle; S^(fol. 84 et 85) deux feuillets d'un manuscrit français de médecine du xiii® siècle ; on y remarque, au fol. 85 v% la rubrique : « La seconde partie de soi garder chascun maobre, et i ai VUI chapitres » Ce sont des morceaux du traité d'Alebrand de Florence. Lamoignon do laleshorbes (Papiers de). — Nouvelles des premiers mois de Tannée 1766. — État des ouvrages périodiques existant au mois de mai 1765. — Nouv. acq. fr. 1180. Lancelot. — Mémoire sur la vie et Ibs ouvrages de Claude PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 441 Lancelot. — Lettre de Lancelot sur TéducatioD de M. de Gonti et de M. de La Roche-sur-Yoo (fol. 8). — Jugemens de M. Duverger de Hauranne sur plusieurs Pèresde l'Église (fol. 13 V**). — Fragments du P. Adry sur Port-Royal (fol. 15). — xviH« et XIX* siècles. — Nouv. acq. fr. 4123. Laagnedoc. — Mémoire sur la province du Languedoc, par Tintendant Lamoigoon de Baville. — Exemplaire au- quel donnent un prix particulier les échantillons qu^on y a insérés des draps fabriqués en Languedoc. Laon. — Deux feuillets du petit cartulaire de Saint- Vincent de Laon, copié vers la fin du xii® siècle, décou- verts par M. Fabbé Desilve, curé de Basuel, qui a bien voulu nous les céder. — • Nouv. acq. lat. 231. Ces deux feuillets, hauts de 185 centimètres et larges de 148, sont peut-être tout ce qui reste d*un intéressant car-r tulaire rédigé vers la fin du xn* siècle et jadis désigné sous ce litre : « Petit cartQlaire in-quarto, couvert de cuir roux » (1). — Sur le feuillet qui était coté III, nous avons • presque en entier une charte de Didon, évèque de Laon, en 886 (2), et une charte de Roricon, évëque de Laon, en 961 (3). Sur le feuillet coté VI se trouve la fin d'une charte de Roricon, du 3 juin 969 (4), et le texte à peu près com- plet d'une autre -charte de Roricon portant donation à 1 abbaye de biens situés a inter ipsius montis clivum et fluviolum nomineArdon. » (1) Une sorte de table de ce cartulaire, dressée par Anselme Le Michel, se trouve dans la collection de dom Grenier, vol. LXIII» fol. 302. (2) Le texte complet de cette cbarte a été publié par lfabillon,Df r^ dipU>m,tSS3. (3) Publié dans GaUia ChrUtiana, X, instr. 187. (4) Copié d*après le Petit Cartulaire, dans là collection Moreau, vol. X» fol. 168. 442 MANUSCRITS Ri^XEMMERT ACQUIS Layal. — Statuts des tailleurs d*habits de la ville de Laval. — XVIII* siècle. — Nouv. acq. fr. 4184. Le Bmn (Le P. Dom.)* ^ Recueil de la vie et delà conduite chrétienne de feu madame Jeanne Ghalous d'An- ihecourt, femme de M. d'Anthecourt, marchand de soie à Paris, décédée en 1678, par le Père Dominique Le Brun. — Nouv. acq. fr. 4128. Le Bmn des larettes (Collection de 21 lettres originales de), adressées à Baluze. —Donné en 1877 par M. Et. Gha- ravay. -^ Nouv. acq. fr. 4126. Le Cerf. - Recueil des sièges, batailles... les plus remarquables en Flandre, de 1708 à 4712, et en Alle- magne, en 1713, par L. Le Cerf.— xviii* siècle. — Nouv. acq. fr. 8828 et 3326. -- Le tome II, dédié au maréchal de Nangis, contient 37 plans. Lectionnaire et AntiphonairOi contenant le propre du temps pour la partie d'été. Il commence par cette rubrique : « In vigilia Pasche postquam sacerdos communicaverit ad missam^ incipiat cantor in choro : Ad vesperas anli- phona. » Volume sur parchemin, de 314 pages. 840 millimètres sur 400. Ecriture sur deux colonnes, du xiv« siècle. Notation musicale. Grandes lettres peintes. Petites minia- tures dans les initiales des pages 38, 67, 100, 119, 437, 181, 201, 213, 220, 226, 233, 283, 278, 284. Le sujet de plusieurs de ces miniatures est indiqué par une petite légende tracée en marge pour servir d'instruc- tion au peintre : « Johannes apostolus scribens et nubes super eum (p. 38); Imago beali Pétri claves tenentis et predicanlis populo presenti (p. 67) ; Pater filium tenons PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 443 in cruce, spiritos saoctus in specie columbe (p. 119); I rei que se eten I libre en sa ma » (p. 390). Cette dernière légende atteste Torigine méridionale da volume, comme aussi la note inscrite au haut de la p. 19 : a L*an mil IIII cens et LXIIII fol portât de Tholosa a Cadonh (Gadouin), la sanct Susarii. » — Le vendeur du manuscrit a déclaré qu'il venait du diocèse d*Albi. •t Aatiphouire de Téglise Saint-Jean de Besançon, écrit et noté en neumes au xii* siècle. Il com- prend : 1° (Fol. i). Calendrier, avec des règles de comput ; 11 y manque les feuillets relatifs aux mois de mars-juin. 2« (Fol. 10 V*). Partie d'été du propre du temps, com- mençant par la rubrique : « Sabbalo saocto Paschœ ad vesperas antiphona. » 3" (Fol. 78). Partie d'été du propre des sainU : « In nataliciis sanctorum a Pascha... » 4"* (Fol. 230). Commun des saints. 5^ (Fol. 244 \^). « Incipiunl orationes de sollempnita- tibus sanctorum. » 6« (Fol. 246). Recueil d'hymnes. 7^ Parties additionnelles dont il sera question plus loin. Suit la liste des Pères de TËglise dont les ouvrages ont fourni le texte des leçons : Âmbroise: fol. 332, 384 y^. Augustin : fol. 30 v«, 41, 42, 43, 46, 55, 68 v*, 14 v*, 80, 81, 121,143, 174 v% 200. Bêde : fol. 14. 17, 25, 26 V, 29, 29 v«, 35, 36 v% 37 r, 44, 44 v% 45 v% 53 v», 55 V, 57 v% 59, 59 V, 60 v% 61 v", 63, 64, 66. 67, 76 v, 77, 82, 83, 84, 99 v*, 102 v% 106, 130, 136, 148, 160, 163, 178 v^, 179, 195, 333 v%389. Fulbert : fol. 170 v». Grégoire : fol. 10 v«, 15, 16, 18, 19, 23 v», 31 v*, 39, 50 v*, 444 MANUSCRITS RÉCEMMERT ACOUIS 51 V», 52 vo, 67 V», 68, 71 V, 72, 73 v% 190, 198 v,201 f, 224^, 232, 233, 235, 237, 239 v% 241 V. Jean Chrysostome : fol. 376. JérAme : fol. 57, 159 V». Léon: fol. 36. Maxime : fol. 101, 186. Origëne : fol. 56. SeduUas : fol. 124. Parmi les morceaux hagiographiques qui entrent dans les oflic^ du propre des saints, je citerai les suivants : Fol. 81 v^. « Iq dedicatione ecclesie sancli Johannis evange- liste. » Fol. 91. c In translatione sanctorum martirum Ferreoli etFer- rucii. » • Fol. 93 v«. « In natali sanctorum Ferreoli et Fermcii. » Fol. 97 v^, « In natali saucti Antidii, archiepiscopi et mar- tyris. » Fol. 105. « In natali sanctorum martynim Hyrenei ac socio- rumejus. » Fol. 108. a Incipit passio sancti Pétri apostoli, édita a Lino papa. » Fol. 114 V®. a Incipit passio sancti Padi apostoli. » Fol. 122. « Incipit descriptio qualiter prothomartyris Stephani brachium ad civitatem Bisunticam sit delatum, tempore Theodosii minoris imperatoris. » Fol. 125. « Qualiter brachium sancti Stephani, furatum e Dubio flumine projectum, mirabiliter sit iuventum. » Fol. 131. c In natale sancti Desiderati, Bisunlini archiepis- copi. » Fol. 132 v^. a In natale sanctorum raartyrum Nazarii, CeIsi et Pantaleonis. > Fol. 133 V®. « In natale sancti Germani, Autisiodorensis epis- copi. » Fol. 137. « Incipit revelatio corporis beatissimi Stephani pro- thomartyris. Lucianus misericordia Dei indigens... » Fol. 140 y. a Sancti Donati, Bisuntini archiepiscopi. 9 Fol. 142 v^ a Passio Romani, mililis. » PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIOflALE 445 Fol. 167. c In inventione sanctonim martyrum Ferreoli el Femitii. » Fol. 176 ¥*. a Sancti Lamberti, martyris et episcopi. » Fol. 182 V*. d In traoslatione sancti Vincentii martyris. d Fol. 208. c Passio sancti Benigni martyris. > Fol. 226. c De sancto Columbano. » Divers offices ont éié ajoutés après coup par différentes mains, du xii' siècle au xvi*. Fol. 6. c Bemardi abbatis. » Addition du xy« siècle. Fol. 249. a Sanctorum Epyphanii et Ysidori. » Addition de la fin du xaf siècle . Fol. 257. c In festo sancti Demetrii. » Addition de la fin du xin* siècle. Fol. 259. « De translatione sancte corone. » Addition du xiv^ siècle. Office très long et très important, renfermant, en neuf leçons, le récit de la translation de la sainte Cou- ronne, tel qu'il a été publié sous le nom de Gautier Cornu dans le Recueil des historiens, t. XXII, p. 27, jusqu'aux mots nihil in via cantrarium ccntristavît (p. 30 H de l'édition). Le texte de cet office a dû être envoyé à Besan- çon vers Tannée 1320 par Hugues de Besançon, chantre de Paris, qui fonda dans la cathédrale de Besançon la célébra- tion solennelle de; « Item et illius prcclari spinei dyade • matis Jhesu Christi insîgnîs sollempnitas. » Cela résulte de la lettre de Hugues de Besançon* qui est copiée sur le fol. 272, à la suite de cet office. Fol. 273. XV* siècle. Fol. 371 v^. c In festo decem milium martinun sequitur le- genda. > XV* siècle. Fol. 373. « Passio inditi martiris Cristofori. » xv« siècle. Fol. 374. € Legenda in presentatione Marie virginis ex diver- sis (ractatibus doctorum. > xv« siècle. Fol. 377. (X Sequitur legenda beati rominici confessoris. » XV* siècle. Fol. 383. a Legenda septem gaudiorum virginis Marie. » XVI* siècle. Fol. 387. « De sancta Tecla, beati Pauli apostoli disdpula. > xvP siècle. Au xiu* et au xiv* siècle, sur des feuillets blancs (fol. 8 v^ 10, 248 v% 272, 287 v' et 299-304) on a trans- PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 447 crit quelques chartes et documents relatifs au chapitre de Besançon, notamment : Fol. 5 \^. € Hee sunt obediencie que debent devenire ad maoum curati Sancti Johannis Baptiste de parochia Biaun- tina. » Fol 272. Lettre de Hugues de Besançon, chantre de Paris, adressée en juin 1320 au chapitre de Besançon et dont le texte a été publié par M. Castan, dans Mémoires lus à la Sorbonne en 1865, Histoire, p. 893. Fol. 299. Statuts du chapitre, arrêtés en 1281 . Fol. 301. SUtuts de Tannée'lSOQ. Fol. 302 V*. SUtuts de l'année 1331. Gros volume sur parchemin, de 390 feuillets. 440 milli- mètres sur 320. Écriture du xn'' siècle, sauf les parties additionnelles, dont la date a été indiquée au cours de la notice précédente. Ce manuscrit, qui vient de la bibliothèque du conseiller Droz, de Besançon, est aujourd'hui relié en deux volumes, qui portent les n"*' 2188 et 2189 dans le fonds latin des nouv. acq. Le second volume commence au foL 196. ' le Grand d'Anaq^. — De la nourriture des Françaisi par Le Grand d'Aussy. - xv!!!** siècle. — Nouv. acq. fr. 3328. le Grant (Jacques). — Le livre de bonnes meurs, suivi du livre des sages et de l'aventure du sieur et de la dame du Ghastel en Bretagne. Manuscrit sur papier de Tannée 1472, venu de la bibliothèque d'Anne de Polignac. Nouv, acq. fr. 1157. — Voyez plus haut, p. 334. le Peletier de la Hoosiaie. — Papiers de cette famille, depuis 1598 jusqu'en 1791. *- Nouv. acq. fr. 3513-8B16. Lescnid, dans le Rouergue. — Copie d'actes du \\^ siècle, relatifs aux biens dépendant du seigneur de 448 MANUSCRITS RÉCBMIIENT ACQUIS Lescure en Rouergue. — xv« siècle. Papier. . - Nouv. acq. fr. 1073. Lèie-miyesté. -— Procédures et arrêts donnés contre des princes, seigneurs et autres diverses personnes, accusés de crime de lèse-majesté jusqu'en 1610. Recueil formé par Pierre Dupuy et Théodore Godefroy. -- Nouv. acq. fr. 3360. lettres. — Copie d'une collection d'environ cent lettres originales, du xv« au xvii'' siècle, provenues des archives de la famille de La TrémoïUe. Cette copie a été offerte par M. le duc de La TrémoïUe, à qui la Bibliothèque avait fourni l'occasion de rentrer en possession de ces docu- ments. — Nouv. acq. fr. 1109. lettres originales du xvi* siècle et du xvii*, dont la plu- part doivent venir des archives de la famille de Bournazel dans le Rouergue. Plusieurs sont signées par François 1*', Catherine de Médicis, Charles IX, Henri III, le maréchal de Matignon, le maréchal Henri de Montmorency, Henri lY, Marguerite de Valois, Louis XIII et Louis XIV. Les prin- cipaux destinataires sont M. de Bournazel, sénéchal et gouverneur du Rouergue, à la fin du xvi* siècle, M. de La Voulte, capitaine et gouverneur d*Usson sous le règne de LouisXIII, etM. de Bpurnazel, sénéchal et gouverneur du Rouergue du temps de Louis XIV. -* Nouv. acq. fr. 3532. lettres originales du xvi* au xix* siècle. — Noms des auteurs de quelques lettres : l'abbé Bignon, le président Bouhier, Charoillard, Gaston, duc d'Orléans, Louis de Bourbon, Marguerite de Savoie, en 1587, Marie de Médicis , le cardinal Mazarin , Mile de Montpensier, Papirius Masson, Roberval, Schepflin, de Spanheim, de PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 449 Thou, Charles Vialart, évèque d'Avranches, en 1643. — . Nouv. acq. fr. 1086. Lettres originales de' Léopold et de Juan d'Autriche, de 1658 à 1664, adressées au comte de HeuDlD, commandant il Valenciennes. -- Nouv. acq. fr. 1088. Lettres originales dont les principales viennent du bureau des finances de Gaen. On y remarque des lettres émanées des personnages suivants : Henry de Bourbon, 26 décembre 1608 et 12 juillet 1606; d'Effiat, 18 janvier, 23 février et 11 avril 1627; LouisXlII, 31 mai 1610 et 20 août 1612; Marie de Médicis, 31 mai 1610; le duc de Sully, 14 février 1606, 28 avril, 30 mai et septembre 1610; copie d'une lettre de Lesdiguièresà Louis XIII, 11 décembre 1616.— Nouv. acq. fr. 1098. — Don de M. le duc de La Trémoîlle. Lettres diverses, peu importantes, du milieu du xviu^ siècle, trouvées au moins en partie dans Ifs papiers de Lamoignon de Malesherbes. - Nouv. acq. fr. 1178. Lettres originales, recueillies par Gh. Deslys. On re- marque dans ce recueil les pièces émanées de : Chateau- briand, Lacépède, de Laharpe, de Lamartine, Marmontel, Méhul, Michaud, Michelet, Necker, Piron, Racine (lettre fausse, du 18 juillet 1693), J.-B. Rousseau, J.-J. Rousseau, saint Vincent de Paul, Amédée Thierry, Vicq d'Azyr et Voltaire. — Au fol. 381, lettre curieuse sur Tétat desmœurs à Paris en 1798. — Nouv. acq. fr. 3833. Libnirie. — Papiers provenus du cabinet de Lamoignon de Malesherbes et relatifs à Tadministration de la librairie. Correspondance et rapports classés par ordre alphabétique. — Nouv. acq. fr. 3344-3348. 480 MAi^usqRiTs aAckmmrnt acquis Limraiia. — « Stephani Guybertiio patrios Lemovicam mores commeotaria. » — xvii« siècle. — Nouv. acq. lai 1288. Utténtim (Mélanges de), du milieu du xviu^' siècle. --^ Il y a surtout de petites pièces de vers. -^ Nouv, aoq* fr. 1177. Uimine. -^ Pièces historiques et littéraires. --- Poésies de Philippe de Vigneules, écrites de la. maio de rautcuri pendant qu'il était en prison. -^ Vers en l'honneur du ministre Paul Ferry. — Vers latins de Paul Ferry, auto* graphe adressé à David Friard, — Etrennes en vers pour Elisabeth et Susanne Joly; billets imprimés en 1587. *-* Pièoea relatives k la famille de Lenoncourt, ^ Charte ori« ginale du mois d'avril 1298, en français, relative au ma^ riage de « Wauterins de Voy, fili Boquin escuier ja dtt»a et de Jehannette, fille de « Jehan bourjois de Liney (Ligny- en-Barrois), fllHeyoele!. » ^ Nouv. aeq, fr. 3374, Uaii XIT. — Documents du règne de Louis XIV, prin- cipalement relatifs aux finances : Rentes sur le clergé, em- prunta, état dei affaires de Bourgogne «n 1673, étapes, taxes de la chambre de justice en 1667, oflQçe de courrier d*Ângleterre. -- Une pièce est annotée par Golhert. ~ Nouv. açq, fr, 1093. , \ -*T Lettres originales adressées par Louis XIV k M, d'Agueaseau, intendant en Languedoc, de 1673 k 1684. — Lettres originales adressées par Louis XIV et par Louis XV à M. d'Aguesseau, procureur général au Parle- ment, de 1710 à 1716. — Nouv, ac^. fr. 3373, IiOllia ZT, ^ Table alphabétique des matières contenues dans une collection d'édits, déclarationa» arrêts et mémoires t»AR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 4Kl des premières années du règne de Louis XV. — Nouv. acq fr. 1099. krais X?. '- Table alphabétique des ordonnances, arrêts et édits du règne de Louis XV. Cette table est dressée par ordre alphabétique de noms de matières. — Nouv. acq« fr. 3349-3382. Konvois. -^ Inventaire des successions de la marquise et de l'abbé deLouvois. — 1721. — Nouv. acq. fr. 3337. Mn. — - Documents manuscrits et imprimés relatifis à la famille des comtes de Ludre. xviii* et xix* siècle. Don de M. Bordier. *- Nouv. acq. fr. 1123. luembonrg (Pierre de). — Le livre saint Pierre de Luxembourcq, lequel il envoia à mademoiselle de Luxem- bourcq. — La vie et légende de saint Bernard, dédiée à Philippe des Essars, chevalier ; ouvrage en cinq livres, dont la translation fut accomplie en 1396. — Copie sur papier, faite en 1480, pour mademoiselle de Sobiaux. — Nouv. acq. fr. 1079. ■allaval (F.). — Abrégé de Thistoire de Marseille, depuis sa fondation jusques en 1733, par F. Mallaval. —Nouv. acq. fr. 1103. larckinds étraigen. — Privilèges concédés par les rois de France aux marchands de diverses nations trafSquansen leur royaume. (Copie des vol. 322 et 323 de la Collection de Brienne.) — Nouv. acq. fr. 3383 et 3384. larine. — Description méthodique, historique et chro- nologique des papiers contenus dans le dépôt de la marine et des campagnes sur mer depuis 1610 jusqu'en 1780. Par Horque d'Hamécourt. — Beliure aux armes de Ghoi- aeul-Stainville. — Nouv. acq. fr. 3830. 4S!2 MANUSCRITS RÉCEMMEIfT ACaClS ■aroilles (Abbaye de), aa diocèse de Cambrai. — ce An- tiqaarîum Maricolense, in qao variaram historiarum qos partim inibi partim alibi contigere recensentar fragmenta, omnia secundum aatographum fideliter et accurale collecta. Anno M DG XG. 9 — Ce recueil de documents et de notes concernant Thistoire de Tabbaye de Maroilles est at- tribué à dom Grégoire de Berg. — Volume sur papier, in-folio, de 247 pages, donné par M^ le duc de La Tré- moïlle. — Nouv. acq. lat. 1388. — Deux chartes originales, trouvées parmi les docu- ments sur Thistoiredu tiers état que le Comité des travaux historiques a fait déposer à la Bibliothèque, savoir: 1<^ Lettre d'Innocent IV, du 4 février 1245, au sujet du subside que Fabbé de Maroilles avait droit d'exiger de ses hommes. 2® Charte de Gui, évéque de Cambrai, portant éta- blissement de coutumes pour les habitants de Maroilles. Décembre 124S. laneiUe. — Registre du notaire de a dôminus Bartolo- meus Arbaudi, judex curie palacii Massiliensis, » en 1323. Volume sur papier, n® 3217 du catalogue de la Biblio- thèque de M. Rouard. — Nouv. acq. lat. 1373. laneille. - « Cartalarîum aclorum mei Raymundi Au* deberti, notarii curie palacii Massiliensis, de tempore do- mini Othonis de Terzago, judicis curie palacii antedicte, anno Domini millesimo CGC LXX et LXX primo. » — Registre sur papier, n^ 3377 de la bibliothèque de M. Rouard. — Nouv. acq. lat. 1372. larseille (Collection de documents sur Thistoire de), recueillis et copiés par feu M. Mortreuil, correspondant de l'Académie des inscriptions. Cette collection, dont la valeur est suffisamment attestée PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 453 par la réputation de Tauteor, forme 32 volumes, daos les- quels, à côté de quelques pièces originales, on trouve des milliers de copies et d'extraits d'actes relatifs à Tancienne topographie, aux établissements religieux et civils, au droit municipal, au commerce et à Tindustrie. C'est le fruit de plus de vingt ans d'un travail assidu et intelligent dans les différents dépôts d^irchives de Marseille, et notam- ment dans les éludes de notaires, dont les minutes re- montent au XIII* siècle. L'un des plus curieux volumes de la collection est le tome XXI, qui se compose d'actes rela- tifs aux esclaves et aux captifs. Il y a là, prêts à être mis en œuvre, plus de 150 documents, d'où il sera facile de tirer un chapitre curieux de l'histoire de l'esclavage au moyen âge, chapitre dont M. Mortreuil lui-même a tracé l'esquisse dans un trop court article publié en 1858 par la Revue de Marseille. Les documents qu'il a copiés abondent en renseignements sur le commerce dont les esclaves étaient l'objet à Marseille, sur Torigine de ces esclaves et sur le régime auquel ils étaient assujettis. Comme exemple de la variété et de l'intérêt de ces textes, je relèverai ici quelques-unes des expressions employées pour désigner les esclaves dans les actes marseillais du xiii" et du XIV* siècle : Sclavam albam de progenie Burgariorum (fol. ti), — de progenie Bulgarorum (fol. 136). — sclavam Gregam (fol. 53) ; — sclavam Grecam (fol. 54). — sclavam Grecam bniiiam (fol . 63). — de génère Jachariorum (fol. 82). — Maurum de partibus Mauritanie (fol. 139). — sclavam de Mamneta baptisalam (fol. 13). — de partibus Pontanarîe (fol. 124). — sclavam de Romania (fol. 62) ; — de partibus Remanie (fol. 67). — Saracenum brunum (fol. 65). — Tartarain baplisatam (fol. 71). — sclavam Tartaresam (fol. 78). 454 MARusaiiTs RtaninDrr agoois *- de parlibus et progenie Thartaronun de Rossia (fol. 115, 118, 120). — sclavum album de Thataysia (fol. 143). — de partibus Turge (fol. 135). Voici le cadre du classement auquel ont été ramenés les papiers de M. Mortreuil dans les volumes 1304-1334 da fonds latin des nouvelles acquisitions. 1304. I. Abbaye de Saint-Victor. 1305-1310. II-VII. Ville inférieure. 1311-1312. VIII-IX. Évéché. 1313-1314. X-XI. Chapitre. 1315. XII. Corps religieux. 1316. XIII. Inventaire des chartes communales. 1317. XIV. Inventaire des registres. 1318. XV. Cens. Topographie. 1319. XVI. Statuts. 1320. XVII. Hôpitaux. 1321-1322. XVIII-XIX. Notaires. 1323. XX. Consulats. 1324. XXI. Esclaves; captifs. 1325. XXII. Documents inédits. 1326. XXIII. Minutes de notaires. 1327. XXIV. Actes des registres notariés de la mairie. 1328. XXV. Hôpitaux. 1329-1330. XXVI-XXVII. Evéché. 1331 . XXVIII. Hôpitaux. Rues. Édifices. 1332. XXIX. Monuments. Marine. 1333. XXX. Statuts. 1334. XXXI. Glossaire et notes. En dehors des recueils donnés par madame Mortreuil, nous avons pu acquérir une remarquable collection de do- cuments originaux compris dansle cabinet de M. Mortreuil, qui a été vendu à Paris au commencement de Tannée 1878: Dix-sepl registres de notaires marseillais, dont le plus PAR LA BIBUOTAÈQUE NATtOffALE 4S6 ancien est de 1378 et le plus récent de 1476 (nouv. acq. lat. 1841-1357); Un formulaire d'actes relatifs à la Provence; manuscrit sur papier du xv* siècle, de 21S feuillets (nouv. acq. lat. 1358). Environ 550 chartes et pièces originales, la plupart sur papier, depuis 1217. Entre autres documents rares, on doitysignaler un testament marseillais de rannéel816(l), et à la date du 22 avril 1400, une obligation d*un juif écrite en caractères hébraïques. On y trouve plusieurs actes re- latifs aux droits et aux privilèges de la communauté de Tourves. Ces chartes sont ainsi distribuées dans les vo- lumes 1335-1340 du fonds latin des nouv. acq. (XXXII- XXXVII de la Collection Mortreuil) : ^ 1335. Diverses pièces originales. 1336. Id, de 1218 à 1314. 1337. /d. de 1325 h 1355. 1338. Rouleau de Tannée 1354. 1339. Pièces originales, de 1355 à 1394. 1340. Id. de 1395 à 1711, plus une série depièces pro- vençales allant de 1221 à 1476. laageroD. — Procédures entre Marguerite Boyer, veuve d'Antoine de Maugeron» chevalier, seigneur deBeauvays, et Guy de Maugeron, chevalier de Tordre du roi. — Registre original sur parchemin, de Tannée 1548. -* Nouv. acq. lat. 1071. Héddoine (Mélanges de), de comput, etc. — Seconde partie d'un manuscrit qui contenait 364 pages, et dont les 233 premières n*existent plus, ou du moins n'ont pas été vendues à la Bibliothèque. Les 132 pages qui subsistent con- (1) Il a éid publié clins la llomania (VIII, 103, Janvier 1879), par M. Gaston Raynaud, à qui csl dû le rangement de la collection ; l'ori- ginal esl dans le ms. lalin 13i0des nouv. acq. 456 MANUSCRITS KÉCEmiBlIT ACQUIS tiennent divers morceaux de médecine, de comput, d'as- tronomie et de mathématiques, dont le détail va être donné. Ce manuscrit paraît avoir été exécuté en Allemagne, au XII* siècle; il a fait partie de. la bibliothèque de Charles Le Goux de La Berchère, archevêque de Narbonne, mort en 1708 (1). — Nouv. acq. lat. 229. P. 233. Traité d*hygiène ou de médecioe, avec diverses re- cettes, a Rationem observatipnis vestr» pietati secundum precepta doctorum medicinalium ut potui vobis exponere profutura geaeraliter provocavi. . . » — Parmi les recettes « il y eu a une (p. 251), commençant ainsi : c Ad equum errsBhet. Man gieng after wege. zohsin ros inhandon. do begagenda imo min trohtin. . . » P. 252. ^ Notger Erkenhardo discipulo de quatuo rquesUoni- * bus compoti. Principalis compoti questio ad «]uam csBter» spectanty illa est ubi Pascha Rat. . . » L'opuscule de Notker se termine i la p. 260, et la fin en est indiquée par la rubri- que : d Usque hue Notger Erkenhardo discipulo. d P. 260. Règles sur quelques poinls de comput et observations sur les noms des mois. P. 265. Opuscule sur le mois lunaire, c Dilectissimo in vin- culo caritatis amico Herrando omnigenis liberalis scienti» disciplinis insigniter erudito, H. pauperum Chrisli aborti- vura vile, debitum fraterna dilectioni memoriale. Quamvis localitate corporali. . . » P. 269. a Item Herimannus de Astro[la]bio. H. Chrisli pau- perum peripsima et philosophiaB tyronum asello immo limace tardior assecla, B. suo jugem in Domino salutem. Cum a pluribus sepe amicis rogarer. . . » (1) Celte bibliothèque, dont a fait partie le recueil relatif aux gages de bataille, etc., mentionné plus haut, paraît avoir élé léguée aux Jésuites. En effet, par une lettre datée de Toulouse, le 48 janvier 1790, le P. Jacques Vanière annonce à Titon du Tillet que « il suit un procès à Monlpellier, procès de liitërature que la reconnaissance le force de poursuivre. H 8*agit de la fameuse bibliothèque de M. de La Ber- chére, archevêque de Narbonne, précieux don fait aux Jésuites. * — Voyez Catalogue d'une collection de lettres autographes dont la vente, aura lieu à Paris le là juillet 1879. (Paris, Charavay. i879> in-8), p. 25, arUcIe 157. PAR U BIBLIOTHÈOUE NATIONALE 457 P. 282. € Item Heriroannus de quodam horologio. Componi- tur quoddam simplex et parvulum viatoribus horologicum ÎDStrumeatum quoddam in modum teretis et aequalis gros- situdinis. .. » P. 287. € Ad inveniendam cum quadrato astrolabii altitudi- nem per umbram ipsius altitudinis in piano stantis. » — ^ P. 290. a Quicumque astrolabica peritiam disciplinas et cœlestium sperarum georaetricaliumque mensuraram altiorem scîentiam... > — P. 298. « De lîoris. Si quis cer- tissime horas artificiales seu naturales diei et noctis scire desideras ...» — P. 300. € De allitudine solis diei . » — P. 301. t De altitudine stellarum et horis noctis. u — P. 302. c De dislinctione horarnm per quatuor plagas. > — P. 302. « De horis «quinoctialibus et inaequalibus. » — P. 303. c De partibus inaequaliumhorârum diei... » — P. 305. € De aurora. » — P. 306. « De ortu et occasu signorum et stellarum.... • — P. 307. « De vocabulis latinis et ara- bicis stellarum et formationibus earuudem. » — P. 308. a De discretione clymatum. » P. 312. ce Incipit prefatio abaci, quem junior Bernolinus edi- dit Parisius. Domino Amelio, Bernolinus suus, asternsB feli- citatis munus. Hirari, pater sancte, non desino. . . ]» P. 359. c De quodam loco prognosticorum Herimanni. » P. 362. Vers sur les lettres de Valphabet. n A monet alta peti. B tolli sive teneri. » Cette pièce de 9 vers a été ajou- tée au XIII* siècle. P. 363. c De cymbalis musicis. Quicumque vult facere cym- bala ad cantandum recte sonantia . . . » ' lédeciae (Traités de). Commentaire de Géraud «de Solo » sur le livre IX d'Almansor. « Rubrica generalis istius libri noni, et est talis : Incipit pars nona de egri- tudinibus, que evenire possuot a capite usqoe ad pedes... — ... Et bec sufliciant de lectura noni Almasoris, de fine cujus sit Domini nomen benedictum et nomen virginis Marie matris ejus, et tota curia celestis sit benedicta de hoc opère nunc completo, quod compilavit magister G. ed 458 MANUSCRITS RÉCBllllElfT ACQUIS Solo de provencia (sic) Alvernie in preclaro studio Montis Pessallani ad utililatem de novo practilancium. Explicit exposicio noni Almansoris, composita a magistro Geraido de Solo, anno Domini millesimo trescentesimo septua- gesimo primo, die sexta mensis Mardi, per Petrum Char- tresii. » Traité du même auteur sur les fièvres, a Notandum quod virtus humani corporis ex tribus coufortatur ut dicit Avicenna... In Domine Dei Patris omnipotentis. Incipiunt recepte magistri Geraldi de Solo supra primam fen quarti canonis Avicenoe de febribus... » Des cinq feuillets que devait occuper ce traité il ne subsiste que les quatre premiers. D'après la table, mise en tête du volume, il manque un second traité du même auteur : « Alter tractatus de febribus secundum eundem, in quo exponuntur recepte. » La même table indique ensuite un opuscule, dont il ne subsiste plus guère que la dernière page : « Alter tractatus de Turre, continet très paginas, in quo ponuntur remédia multarum pationum {sic), d A la fin de ce recueil de recettes, on lit : « Explicit Jordanus de Ture. » Traité de Bernard Albert sur les fièvres. « Intro- ductorium in practica pro provectis in theorica, soper primam fen quarti canonis, compositum per Bernardum Alberti. » — a Explicit de febribus Alberti decani studii Montis Pessulani pro provectis. » « Preservacio a pestilencia secundum magistrum Jo. de Tornamira. » « Preservacio pestilencie secundum magistruof Jo. Jacobi. » Recettes diverses. Volume sur papier, à deux colonnes, copié en i37i, comme on Ta vu plus haut. — Nouv. acq. lat. 1391. Héditerranée (Cartes de la), dessinées par Roussin en PAR U BIBLIOTHMOE NATIONALE 4S9 i 672, d'après les dessins de MudifTort, de Nicolas Gonber- ford, de Jacques GoUomb et de Jacques Anthoine. — Nouv. acq. fr. 1465. leliui. — Lettres patentes de Philippe le Bel, datées de Paris, en août 1889, touchant la part qu'Adanii vicomte de Melun, et son frère Jean de Melun avaient prise à la reconstruction des ponts de Melun, emportés par les eaux en 1280 et reconstruits en pierre par les soins de « mestre Jefrei dou Temple, » clerc du roi. Cet acte est en français. — Première pièce du n^ 1110 du fonds français des noav. acq. lerci-Dien (La), abbaye cistercienne du diocèse de Poi- tiers. — Copie du Cartulaire, faite en 1877 par M. Saige, d*aprèsle manuscrit original, possédé et gracieusement communiqué par M. Delafouchardière. — Nouv. acq. lat. 242. — Le Cartulaire original, écrit par différentes mains dans le cours du xiu^ siècle, est un volume sur parchemin de IIS feuillets, hauts de 170 millimètres et larges de 133; il contient 304 chartes, dont la dernière est incomplète. lercier de Saint-léger. — Notes bibliographiques. — Nouv. acq. fr. 4199. lesse des morts. — « Missa pro defunctis ad usum car- melitarum excalceatorum Parisiensium. Excudebat novi- tiatus, favente R. P. Aniano a Sancto Paulo, magistro novitiorum, anno 1787. » — Exécuté avec des lettres à jour. letx (Atours de la ville de). Rouleau du xiii* siècle, composé de six peaux et long de 3'°4S, qui avait jadis été donné par M. de Saulcy à Augustin Thierry pour la collée* 460 MA?IUSGRITS RÂCBlflfENT ACQUIS lion des monumeots de Thistoire du tiers état, et qae la Direction des sciences et lettres a déposé à la Bibliothèque avec les autres matériaux de cette collection. Lie rouleau est intitulé au dos : « Se sont li atour retenut per trezes et per contes ; » il commence par les mots : a Quikonkes ferroit home de Mes devant lou grant mostier...; » vers la fin se trouve la date : « Ce fut fait viii jors après la saint Martin, l'an MGCetLXet XVIII ans. ^ — Nouv. acq. fr. 3368. - » liouet. — Correspondance numismatique, comprenant un peu plus de 200 lettres de la tin du xviu* siècle et de la première moitié du xix®,presque toutes adressées à Mion- net. — Nouv. acq. fr. 1160. liroin (Les] des biens et des maux, manuscrit sur par- chemin du commencement du xvi* siècle, venu de la biblio- thèque d'Anne de Polignac. — Nouv. acq. fr. 4187. ^ Voyez plus haut, p. 338. lolinet (Jean). — Extrait des cronicques de maistre Jehan Molinet, de 1474 à 1505, venant de la librairie de madame de Savoie, régente et gouvernante du Pays-Bas. — Copie ayant dû servir à une édition, vers 1610. — Nouv. acq. fr. 1077. ■onnaies (Graveurs de). — Quittance de Guillaume Dupré,du 31 mars 1630, et minute originale du testament de Jean Yarin, du 21 août 1672. Ces deux pièces ont été données par M. Benjamin Fillon; elles ont figuré en 1879 sous les n"** 1613 et 1642 de Y Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon, séries IX et X (Paris, 1879, in-8), pp. 20 et 29. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 461 loieav. — IndicatioD sommaire des cartons dans les- quels était renfermée la collection d'ordonnances formée ou du moins complétée par Moreau au Cabinet des chartes. De la main deVanPraet. — Nouv. acq. fr. 1152. lort des désirs (De la), dissertation sur ces paroles du prophète royal : Qu'y a-t-il à souhaiter sur la terre que Dieu seul ? Avec dédicace à madame Menant, datée du 1*' février 1673. — Don de H. Pauly, bibliothécaire au Déparlement des imprimés. — Nouv. acq. fr. 4124. léttet. — Études botaniques, médicales et littéraires du D' P. Mottet. — Nouv. acq. fr. 1125-1146. lijac. — « Libre del cornu del bailliage de Najac de Tan mial G CGC quatre vings et huech. » Papier. — Nouv. acq. fr. 1072. lavdi (Gabriel). — Quatorze lettres écrites par lui à G.-B. Doni, de 1641 à 1645, en iulien. Don de M. Ben- jamin Fillon. — Italien 1671. levchâtel (Seigneurie de), en Franche-Gomté. — Copie du Gartulaire faite en 1878 par M. Jules Gauthier, archi- viste du département du Doubs, qui a bien voul rédiger sur le manuscrit original une notice d'où j'extrais les détails qui suivent : Le Gartulaire de Neuchàtel appartient actuellement au comte de Durfort-Givrac; c'est un énorme volume in-folio, sur parchemin, haut de 364 millimètres et large de 248. Il est relié en basane et se compose de 15 feuillets de table et de 593 feuillets de texte, dont les 53 premiers sont occupés par un rentier. Ily.a 671 chartes, dont la plupart sont en français, et dont la date est comprise entre le mois de février 1232 et le 2 février 1428. 468 MANUSCRITS nteSlflfBNT ACQUIS La rédaction primitive du Cartulaire doit être rapportée aux années I4t8*1440. Ce Cartulaire est extrêmement .important : à lut seul il tient Heu du fonds des arehi?es de Neuchâtel^comté, qui a été totalement détruit. Il intéresse particulièrement un territoire qui répondra huit cantons du département du Doubs : Audincourt, Baume -les- Dames« Blamont, Isle-sur-le-Doubs, Marcbaux, Montbé- liard, Pont de Roide et SaintrHippoIyte, et à deux cantons du département de la Haute-SaÂne : Héricourt et Vesoul. 11 y a aussi des documents concernant Belmont-lez-Dole, Champagnole, Montbarrey et Rans, dans le Jura; les envi- rons de Belfort ; Bourogne et Grandvillars, dans Tancien département du Haut-Rhin ; le pays de Porrentruy et quelques dépendances de Tévéché de Bàle. La Bibliothèque ne possédait qu'une copie incomplète et fautive de ce Cartulaire, envoyée par le conseiller Droz au Cabinet des chartes, n® 898 de la Collection Moreau. — Les Archives nationales (K 1798-1804} eu conservent une copie faite au xvin* siècle pour le prince de Montbé- llard. — La copie exécutée par M. Gauthier forme le Q** 3535 du fonds français des Nouv. acquisitions. Ilveniais. — Le coustumier des pays de Nivernois et Donziois, fait en 1490. Copie du xviii* siècle offerte à la Bibliothèque du roi, en 1764, par L.-A.Bert deLaBussière, conservée jusqu'en 1878 au Département des imprimés, — Nouv. acq fr. 1090. Rormaiidlo. — Carte de la coste de la Haute-Norman- diC; depuis Eu jusqu'à Oistrehan. xviii* siècle. — Nouv. acq. fr. 1191. Héimaiidle. — Collection de 100 chartes ou pièces, la plupart sur parchemin, du xii* au xix* siècle, presque toutes relatives è diverses localités de la Haute-Normandie, PAH U BIBUOTHAQUB NATIONALE 468 el notamment aux abbayes de Foucarmont, de Saint- Saens« de Beaubec et de Saifil-Wandrille. — Suit Tindi- caliOD des pièees les plus intéressantes. I . Fragment d'une grande bulle, émanée probablement de Luclus ni. 5. Charte de « Reinaldus de Fesches. » 1198. a. — de f Willelmus de Vado, flUus Iladulfl de Holen- dino. 1 1207. 4. -»- de « Oaufridus de Boeles. » 1211. 6. — de c Reinaldus de Bosco, domlnus de Cailli. » 1222. 1. -^ de «t RadulAiB Magnus. » 1922. 9. — de c Thomas de Bono Vico. • 1225. 10, -^ de tf Robertus prepositus de Sancto Richario. > II. — de « Nicholaus de Petricuria. » 1226. 12. — de € Willermus de Canino monte. » ItSI. 13. --« de c Nicholaug de Heudelimont, 9 1t33« 14. — du doyen de Foucarmont. 1234. 15 et 16. Deux chartes de « Symon, miles et dominus de Petricuria, • 1239. 17. Charte de « Nicholaus Ya?assor de Yeteri Villa. » 1241 « 18. — de t Robertus Ras(el, miles et dominus de Favi« curiain parte. » 1244, 19. — de c Emelinade Ardena. » 1246. 20 et 21. Deux chartes de « Gaufridus de Peiricuria, > 1247 et 1249. tt. Charte de c Reginaldus de RoYilla. • 1249. i3. -^ de • Cristianus de Hodenc. > 1259. 24. — du chapitre de Rouen, concernant une renie des- tinée à Tanniversaire de € Hagister Robertus de Annieriis. » 1293. 25, Charte de • Laurencius dictus Gambellanos , miles , » pour rhôpilal du PortrSaiut^4)iMii. 1294. 26 et 27. Deux chartes françaises du vicomte de Neufchàtel. 1294 et 1297. 28, Vidimus de deux chartes d'Enguerran de Marigny pour Vabbaie de Peaubec. 1314, 464 MANOSCRITS RECEMMENT ACQUIS 29. Charte de Louis X pour la même abbaye, datée de Nangis en février 1315 (n. st.). 41 . Charte de Guichard, abbé de Bonport, pour Jean de Poissy . 20 octobre 1401. 47. Mandement relatif aux usages forestiers de l'abbaye de Claimiissel. 9 juin 1410. 48. Mandement de Charles YI pour Guillaume d'Estoutevilie, seigneur de Blain ville. 8 mars 1411. 71 . Statuts de la Confrérie ou Charité établie en Téglise de Rouelle, près de Neufchâtel. 1561. lonoud le (Forêts de). —Cartes des forêts d'Andely, Arques, Bort, Bretonne, La Loude, Lions, Maulévrier, Rouvrai, le Trait et Yernon, dressées en 1665 par Pierre de La Wgne. — Nouv. acq. fr. 1464. lomaiidie. — Instructions pour la régie des domaines du roi en Normandie. — xviii* siècle. — Nouv. acq. fr. 4149. Oies. — Khenologie ou mémoires jocosérieux pour servir à Thistoire naturelle des oyes. A Pirou, de Timpri- merie seigneuriale du château. Fin du xviu® siècle. — Nouv. acq. fr. 1124. Oraison dominicale (Exposition de 1'). Manuscrit sur parchemin du commencement du xvi* siècle, venu de la bibliothèque d'Anne de Polignac. Nouv. acq. fr. 4186. — Voyez plus haut, p. 332. Oraisons ftinèbres. — Catalogue d'une collection d'orai- sons funèbres et de pièces nécrologiques. Commencement du XIX® siècle. — Nouv. acq. fr. 1163. Ordonnances, jugements et instructions diverses, depuis le règne de saint Louis jusqu'à celui de Louis XII ; recueil formé pour une cour ou un magistrat de Toulouse, au PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 465 commencemeDt du xvi< siècle. En tête du volume, quelques morceaux historiques : Généalogie de la. Bible, Arbor suc- cessionis regum Francie, De civitatis Tholosane laudibus et origine. — Nouv. acq. fr. 1082. Ordonnances. — Table de plusieurs des premiers regis- tres des ordonnances du Parlement de Paris, xvii* siècle. — Nouv. acq. fr. 3336. Pdaif (Abbaye du), en Limousin. — Copie figurée du cartulaire, d'après le manuscrit original du Musée britan- nique. Cette copie a été exécutée page pour page et ligne pour ligne, en Tannée 1877, aux frais de M. Peigné-Dela- court. — Nouv. acq. lai. 225. Le manuscrit original, acquis par le Musée britannique en 1854 et classé sous le n^ 19887 du fonds additionnel, est un petit volume de 98 feuillets de parchemin, y com- pris douze feuillets préliminaires ajoutés au xviii^ siècle, hauts de 180 millimètres et larges de 125. Il comprend des chartes et des notices du xii^' siècle, qui ont été recueil- lies et copiées dans le dernier tiers de ce siècle ; on y a joint après coup plusieurs pièces un peu plus récentes, qui ont trouvé place sur les pages blanches réservées à la fin de chaque division. Voici le relevé des rubriques princi- pales, avec renvoi aux feuillets du cartulaire original. Incipit descriptio possessionum de Palatio Sancte Marie (foL H). De decimis abbatie et de Quinsac et de la Chesa et de Arcissas (fol. 19). De Arcissas (fol. 25). De Aureze (fol. 35). De Villa Francha (fol. 39). De Mairemon (fol. 43). De Ruspizac (fol. 56). De la Cheza (fol. 71). De Granvaleth (fol. 76). 30 466 MANUSCRITS RÉGBMM£l>iT ACQUIS De Belmon (fol. 80). De Tenella (fol. 87 r). De Langladura (fol. 93). Paris (Capucins de). — Journal tenu aux Capucins da Marais à Paris, de 1621 à 1721. - Nouv. acq. fir. 4135. Piris (Coutume de). — Commentaire sur les titres delà coutume de Paris, concernant les édifices, héritages, ser- vitudes et rapports des Jurés. — xviu* siècle. — Nouv. acq. fr. 4151 et 4152. Paris (Evéques de). — Suite chronologique des évéqoes de Paris. xvm« siècle. — Nouv. acq. fr. 1161-1163. Paris (Hôpital général de). — Registre des baux des maisons de Thospital général de Paris et du Saint-Esprit, tenu au xviii* siècle par Picault, commis à la recette de rhospital général de Paris et économe de Thospital du Saint-Esprit. — Nouv. acq. fr. 3369. Paris (Hôpital du Saint-Esprit à). — Comptes rendus aux gouverneurs des chapelles, hospital et confrairies du Saint-Esprit en Grève à Paris, pour les années 1613 et 1614. ^ Nouv. acq. fr. 8868. Paris (Hôpital de la Trinité à). — Compte rendu par Jehan de Bourdeaux, marchant bourgeoys de Paris, reeepveur général de la communaulté des pauvres de la ville et faux bourgs de Paris et de Thospital de fa Trinité, fondé en la dicte ville, grand rue Saint-Denis, pour les années 1578 et 1879. — Nouv. acq. fr. 3867. Paris (Métiers de). — Statuts de diverses corporations, copiés au xvin^ siècle et se rapportant : Aux marchands ligniers fiiassiers. Nouv. acq. fr. 4143. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 467 Aax maîtres faiseurs de toutes sortes de cordes à boyau. Id. 4144. Aux chainetiers. Id. 4145. Aux cloutiers. Id. 4146. Aux éguilletiers. Id. 4147. Aux découpeurs, égratigneurs et gauffreurs. Id. 4148. Aux nattiers. Id. 4153. — Recueil de pièces relatives au métier des maçons, tailleurs de pierres, etc., de Paris, xvii» siècle. — Nouv. acq. fr. 3357. Parti (Université de). - Acte de l'appel de TUniversité de Paris au futur concile, des lettres lancées par Boni- face VIII contre Philippe le Bel. 21 juin 1303. (N^» 353 de rindex chronologicus chartarum pertinentiumad historiam universitatis Parisiensis, de M. Jourdain.) — Copie du temps. Paris. — La Marguillerie de Saint-Paul. Pièce saiyrique copiée par Gaignières. — Nouv. acq. fr. 4161. — Arap* procher de la pièce imprimée en 1673, sous le titre de a Le pain bénit de M. Tabbé de Marigny. » Pavl do Sainte-Iarie, évéque de Burgos. — « Scrutinium scriptorarum veterum , editum a Rabi Paulo, episcopo Burgensi, neophito, adversus Judeos. » Copie sur papier et sur parchemin, faite au xv* siècle, d'un ouvrage dont Hain (n"^' 10762-10766) indique six anciennes éditions. ~ Nouv. acq. lat. 1379. Peirefo. — Table de la correspondance de Peiresc déposée à la bibliothèque d'Aix. Delà main de M. Rouard. — Nouv. acq. fr. 1147. PeUerin (Notes et papiers numismatiques de). —Nouv. acq. fr. 3323 et 3324. 468 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS — Lettres adressées h Pellerin par les correspondants dont les noms suivent : Gins. Bartoli, Tabbé Galiani, Nicolas Ignarra , Isnard (de Marseille) , Khellius, le P. Panel, jésuite, de Saint-Victor (de Rouen), de Schmidt de Rossan (à Francfort), Séguier (de Nimes). — Nouv. acq. fr. i074. Perpignan. — Texte des coutumes, extrait du Livre vert deThôtel de ville de Perpignan. ~ xviii* siècle. — Nouv. acq. lat. 224. Petit (Antoine), né en 4718, mort en 1794. Extraits de plusieurs livres^ de médecine, tant théorique que pratique. De 1769 à 177». — Nouv. acq. fr. 1102. — Ce volume et les deux suivants ont été donnés par M. le docteur Moreau. — Traité des maladies des femmes. 1777. — Nouv. acq. fr. 1100. — Leçons sur les accouchements. 1778. — Nouv. acq. fr. 1101. Philosophie et Astronomie. — Réunion de trois opuscules sur papier, qui appartenaient en 1577 à Jacques de Cor- neillan, évoque de Rodez. — Nouv. acq. lat 244. Fol. 1. Traité dont le titre parait devoir être ce De prin- cipiis, » ou peut-être « de positione artis. » Fin du XV® siècle. Fol. 42. Calendriers astronomiques pour les années 1475 et 1473. Fol. 56. « Brevis et utilis suppositionum tractatus. » — Fol. 60 v°. « Tractatus ampliacionura. » — Fol. 61. « Appellacionum tractatus. » — Fin du xiv^ siècle. Pierre de Roissy, chancelier de Téglise de Chartres. — Manuel des mystères de TÉglise. — xiii* siècle. — Nouv. acq. lat. 232. Inoipit Manuale magistri Pétri, cancellarii Camotensis, de PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 469 misteriis Ecclesie per airni circulum. Frumentum desiderat nubes, et nubes spargunt lumen suuniy que lustrant cuncta per circuitum, quocumque eas voluntas gubernantis duxerit ad omne opus quod precepit illis super faciem orbis terra- ruin. Per frumentum simplices qui sunt in ecclesia inteili- guntur, qui desiderant nubes, id est doctrinam majorum. Hee nubes spargunt lumen doctrine quocumque eas voluntas duxerit super orbem terrarum, id est super ecclesiam. Nos igitur harum nubium exemple, laudabili quorumdam desi- derio satisfacere cupientes, misteria eorum que in ecclesia Dei fiunt simplicibus, etsi non magnis, proponimus aperire, opus- culum presens in quinque distinguentes. Primo dicemus quid singula significent in corporali fabrica ecclesie, sive quantum ad continens, sive quantum ad contenta ; secundo, quid misticum sit in ministris ecclesie; tercio, de ofIScio ecclesiastico in generaii ; quarto, in speciali ; quinto, de septem sacramentis. Et quia hic omnia ad manum.reperies, Manuale illud potes appellare. Plusieurs exemplaires de cet ouvrage ont été signalés par Montfaucon (1) dans les bibliothèques de l'abbaye de Lire, de Tabbaye de Saint-AIlire de Clermont et du Vati- can. " Les auteurs de Y Histoire liitiraire {ï) n'en ont connu que le titre et se sont bornés à signaler l'existence de l'exemplaire du Vatican. Pierre de Saint-imonr (Ouvrages philosophiques de) et d'autres auteurs. Volume sur parchemin, de 110 feuillets; 310 millimètres sur 210. Écriture sur deux colonnes, du XIV' siècle. Parait avoir porté le n® 203 dans la bibliothè- que de Tabbaye de Vauluisant. — Nouv. acq. lat. 1374. c Incipit sententia supra librum Porphirii. Sicut dicit philoso- phus, secundo Methaphisice, inconveniens est simul querere (1) Bibliotheca biblioth., 1, 16 et 68 ; II. 1160 et li64. (2) XVIII, 5i4. — Dans un autre article du même ouvrage (VU, 3i2) , le Manuel des mystères de V Église est auribué à un auteur du xi« siè. de, Pierre, chancelier de Téglise de Chartres, qui prit la direction des écoles de celte ville après In mort de Fulbert. 470 MANUSCRITS RÉCBMlfBlfT ACQUIS scienciam .... » — Fol. 9 v^. a Incipit sententia sapra com- munitates Porphirii. Comane est quidem omnibus, etc. Superius determinavit Porphirius ...» Fol. 13. « Incipit sententia supra librum predicamentorum. Equîvoca dicuntur, etc. Sicut dicit Boecius in commente iste liber est de x vocibus. ... » — Fol. 34. « Explicit sen- tencia et etiam notabilia supra librum Predicamentorum a maçistro Petro de Sancto Amore. » FoU 34. c Incipit sententia supra librum peryarmenias. Cum ad perfectam rei cognitionem oporteat cognoscere. • . » — Fol. 41 v^. « [Supra secundum peryarmenias.] Quoniam autem est affirmatio, etc. Postquam determinavit philoso- phus de enunciacione simplice ... » « Fol. 49. « [Notabilia supra Porphirium.j Circa librum Por-* phirii sunt quedam notanda. . . » Fol. 53. t Incipiunt supra Predicamenta. Equivoca dicun- tur, etc. Circa istum librum sunt quedam notanda. ...» — Fol. 62. € Expliciunt notabilia supra predicamenta a magistro H. de Brox. n Fol. 63. « [Supra peryarmenias.] Primum oportet consti- tuerez etc. Secundum Armonium inter sapientes roultum nominatus est liber peryarmenias propter frequencîam theo- reumatum*.. » Fol. 71. a Sententia magistri Thome super peryarmenias. Dilecto sibi preposito Lovaniensi, frater Thomas de Âquino, salutem et vere sapiencie incrementa. Diligencie tue qua in juvenili etate non vanitali sed sapiencie intendis. . . » Fol. 87. « [Sophisma.] Omnis bomo est omnis homo. Hoc est sophisma propositum... » — Fol. 98. a Explicit sophisma determinatum a magistro Radulpho Britone. » Fol. 98. tt [Sophisma.] Consequenter queritur circa dictum sophisma, et queritur utrum hoc sit perse homo est... » — Fol. 106. « Explicit sophisma determinatum a magistro Radulpho Britone. » Fol. 106. c [Sophisma.] Sciencia est qualitas per se. Hoc est sophisma propositum circa quod duq proponebantur esse inquirenda... )> Au bas du fol. 109 v°, note ainsi conçue: « Iste liber PAR LÀ BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 47i est ecclesie Béate Marie Vallis Lucentis, emptus Parisius per fratrem J. de Ganisy pro precio vinginti quinque soli- doram parisieDsium anno Domini M*' GGC^ XXX° primo. » Poésies populaires de la France. Matériaux réunis, au milieu du xit* siècle, par le Comité des travaux historiques, conformément à un arrêté de M. Fortoul, ministre de llnstruction publique. Ces documents, attribués en i877à la Bibliothèque nationale, ont été classés comme il suit en six volumes : Poésies religieuses. Nouv. acq. fr. 3338. Poésies païennes, didactiques et morales, historiques. Id. 3339. Poésies romanesques. Chants de circonstance, Id. 3340. Chansons salyriques. Id. 3341. Recueil de chansons classées topographiquement. Age- nm-Caux. Id. 3342. . Suite de ce recueil. Champagne-Vendée. Id. 3343. Pontifical abrégé, à l'usage de messire Bernard d'Or- nesan, évesquè de Lombes (4528-1553). — Nouv. acq. lat. 221. Portvgal. — «Theatrum Lusitanise literarium sive Biblio- theca scriptorum omnium Lusitanorum, autore Joanne Suarez de Brito lusitano. » xvn^ siècle. —Volume envoyé de Dijon, le 26 septembre 1735, à la Bibliothèque du roi, ob il fut classé parmi les livres imprimés. ~ Nouv. acq. lat. 1290. ~ Voyez le travail de M. Morel-Fatio sur Vicente Noguera, dans Zeitschrifl fur Romanische Philo- logie, t. III, année 1879, p. 2 du tirage à part. Portas Iccios. — Notes et extraits sur cette localité, xvii* siècle, — Nouv. acq. lat. 1381. 472 MANUSCRITS RÉCEMMEIfT ACQUIS Potelet (Ant.). — Remarques historiques et plusieurs autres pièces curieuses. Recueilly par Antoine Potelet en Tannée 1696. — Don de Madame Boullé. — Nouy. acq. fr. 4167. Poimdes. — Recherches sur les antiquités de Poussol et ses environs. Dédié à M. Le Februe {sic) par Palomba. Donné en 1877 par M. Pouy. — Nouv. acq. fr. 4158. Poyet. — Procès du chancelier Poyet, en 1544. — XVII* siècle. — Nouv. acq. fr. 4150. Procédure (Diverses pièces de), sur papier, du jy^ au xviii* siècle. — Transaction entre le duc d*Albanye et H. de S. Vallier (fol. 10). — Copie d'une lettre de François F k M. de la Heilleraye, 19 mars 1542 (fol. 24) et d'une lettre de Jacques de Matignon, datée de Torignl, le !•' juillet 1543 (fol. 24 v""). — Extrait de la réFormation de la forêt d'Eu, en 1580 (fol. 46). — Nouv. acq. fr. 1087. PrOTence. — « Gartularinm Provincix. )> Recueil en trois volumes de copies de pièces relatives à l'histoire de la Provence, principalement du xi* au xvi® siècle. Il y a 596 pages dans le tome I, 558 pages dans le tome II et 598 pages dans le tome III. — Liste des établissements auxquels ont été empruntées les principales chartes de ce recueil : archevêché d'Arles, couvents des carmes et des trinitaires d'Arles, hôtel de ville d'Arles, notaires d'Arles, archevêché d'Avignon, cordeliers de Beaucaire, cabinet de l'abbé Bonnemant, collection de M. de Bournissac, évêché de Cavaillon, cartulaire des Dauphins ayant appartenu à Yyon d'Hérouv^I, cathédrale de Marseille, ville de Mar- tigues, Livre noir de Noire- Dame de la Mer, chambre des comptes de Provence, château de Saint-Andiol, monas- tère de Saint-André de Villeneuve, abbaye de Saint* PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 473 Césaire d'Arles, grand prieuré de Saint-Gilles, prieuré de Saint-Jean d'Aix, abbaye de Saint-Victor de Marseille, hôtel de ville de Salon, notaires de Tarascon, chapitre de Toulon, commanderie de Trinquetaille. Ces copies ont été faites vers Tannée 1765 ; elles for- maient le n** 3216 de la bibliothèque de M. Rouard. — Nouv. acq. lat. 1367-1369. Prorence. - Histoire du parlement de Provence, depuis son institution en 1501 jusqu'en 1671, avec des extraits des registres, par le conseiller Dominique de Guidi, qui mourut en 1680. — Copie du xviii^ siècle, ayant successi- svement appartenu à M. de Nicolai, d'Arles, à J.Y. Martin- fils, de Marseille, et à Rouard. — Nouv. acq. fr. 3529. PrOTence. — Documents relatifs à l'administration de P. Cardin Lebret, intendant en Provence de 1704 à 1734. — Nouv. acq. fr. 3478-3512. Ces 34 volumes, dont les éléments ont été cédés à la Bibliothèque par Toeuvre des Vieux papiers, en 4878, ont été constitués la même année par M. Raunié, archiviste- paléographe, que le Conseil de perfectionnement de TËcole des chartes avait chargé de ce travail. C'est le complément d'une collection plus considérable, conservée à la Biblio- thèque depuis l'année 1835 {vP* 8820-8952 du fonds fran- çais). Qniétisme. — Catalogue d'ouvrages relatifs au quié- tisme. xviii^ siècle. — Nouv. acq. fr, 4184. Redon (Abbaye de), en Bretagne. — Deux feuilles d'un cartulaire de l'abbaye de Redon, contenant treize chartes ou fragments de chartes, qui portaient les n<^' 527-529, 533-538 et 541-544. Ce cartulaire parait avoir été écrit un peu avant le milieu du xu^ siècle. La feuille qui renferme 474 MANCSCRITS RÉCimiBIfT ACQUIS les pièces 527 -829 et 841-844 noos a été donnée par M. de GoursoD ; Taulre^ renfermant les pièces 833-S38, faisait partie des modèles d*écritare que la Bibliothèque a achetés à la vente du cabinet de Taupier. — Suit Tindica- tion des pièces contenues dans ces fragments : \y^ XXYII]. Fin d'une notice relative i une donation de « Paganus Droaloi filios. » (Courson, p. 269, d'après Fan- cien cartulaire.) Y« XXYin. Notice d'une donation faite en 1100 par t Daniel Hethloni filius. » (Courson, p. 266, d'après l'ancien cartu- laire.) y« X[X]IX. Commencement d'une notice relative à une doua* tion de « Hurvodius clericus. » (Courson, p. 265, (raprès l'ancien cartulaire) . [y^XXXni]. Fin d'une charte, qui ne me parait pas com- prise dans l'édition de M. de Courson. En voici le texte : c . . . . degentium decrevi , suadentibus amicis et conjuge, Karadoco etiam priore id crebrius ingerente, quandam patri- monii mei portionem roonasterio Rothonensi in elemosinam tribueref terram scilicet in egressu burgi, juxta viam qu» tendit Chameracum, sed et ortum situm super claosum vinearum. Hujus vero dati et accepti ratio facia in basilica Beati Nicholai apud Migueronum oppidum, presentibus atque annuentibus illius terrae dominis, Bernardo videlicet atque Gaufrido Sionensi, neçnon Haimerico Brennensi. Interfuere etiam Rivailonus presbiter, Hugo, Rialen Cornel, Guillelmus Evrardi, Malescot cum Philippe ejus ûlio, Daniel Harchaandus, Johannes Britto, Guillelmus Pullus, Renaut 6. . ., Jusiinus. y XXXIIII. Notice d^une donation faite en 1061 par « Escho- mar de Laval. » (Courson, p. 378, probablement d'après une copie de ce même fragment.) V« XXXV. Notice d'une donation de « Tulual de Cordemes. » (Courson, p. 380, probablement d'après une copie de ce fragment.) PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 478 Vc XXXYL Notice d^une donation de « Evenus del Maf. » (Courson, p. 378, probablement d*après une copie de ce fragment.) \^ XXXVII. Charte de Brice, évéque de Nantes, en 1116. (Courson, p. 391, probablement d'après une copie de ce fragment.) [V« XXXVni.] Notice d'une donation faite par « Rodaldus de Peregrino, » en 1060. La fin manque. (Courson, p. 316, d'après l'ancien cartulaire.) [V^ XLI.] Fin d'une notice relative à une donation de a Judi- calis Cochardus, Jarnogonus Rufus, Normandellus. » (Cour- son, p. 387, d'après ce même fragment.) \^ XLn. Notice d*une donation faite par a Riocus. :» (Courson, p. 389, d'après ce même fragment.) \^ XLIII. Notice d'une donation faite par a Bemardus, Simo- nis filius, 3 en 1063. (Courson, p. 258, d'après l'ancien car- tulaire . ) V« XLUII. Commencement d'une notice relative à une donation de c Rivallon filius Bernardi. » (Courson, p. 259, d'après l'ancien cartulaire.) À ces fragments est joint un feuillet mutilé d*un ms. du x\^ siècle, qui contient des relations de miracles, peut-être de miracles accomplis dans Tabbaye de Redon. Ce feuillet a été donné par M. de Courson. Bèthel. — Fragments d'un compte des domaines du comté de Réthel, vers Tannée 1432. Ces fragments coq-* sistent en 18 feuillets de papier, cotés xxxix-xli, xlv, XLVI, LI, LU, LVI-LVIII, LX-LXIll, LXXIIII-LXXVU ; îls OUt été envoyés au Comité des travaux historiques, le K mars 1855, par M. Morand, de Boulogne. ^Nouv. acq. fr. 1169. Ré?oIation. — Catalogue méthodique d'une grande col- lection de pièces publiées en 1789 et en 1790. Ce cata- 476 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS logue parait avoir été dressé vers 1790. — Nonv. acq. fir. 3B25-3S28. — Catalogues de collections du même genre, dressés suivant Tordre alphabétique des titres des ouvrages. — Nouv. acq. fr. 3K20 et 3524. i. — Catalogue de publications relatives à la Révolution française, par Van Praet. — Nouv. acq. fr. 4176 et 4180. Richeliea (Cardinal de). — « Panegyricus eminentissimo cardinali serenissimo duci Armando Joanni Plessiaco Ri- chelii toparcbae, consecratusaTilemanno Stella Bipontino.» Paraît être copié sur une impression faite à Paris, chez S. Gramoisy en 1634. — Nouv. acq. lat. 262. Borne. — Documents sur le Mont-de-piété. xvii<^ siècle. — lulien 1665. Rome. — « Progetto per fortificare la cuppola di S. Pietro di Roroa con un rinforzo di muro. » Daté de 1743 et dédié à Benoit XIV par Carlo Francesco Dotti, archi- tecte de Bologne. - Italien 1666 et 1667. Roaen (Cathédrale de). — Copie du Cartulaire, faite par M. de Bouis, diaprés le manuscrit de la bibliothèque de Rouen. — Nouv. acq. lat. 1363. Roaen (Cathédi*alede). — a Index obituum qui per annum in ecclesia Rothomagensi celebrantur «t fundationum qaae in eadem ecclesia hodie observantur. 1678. d Copie faite par M. de Bonis d'un manuscrit qui était dans la biblio- thèque de la ville de Paris et qui a été brûlé par la Com- mune en 1871 . — Nouv. acq. lat. 250. Rousseau (Jean- Jacques). — Documents originaux re- latifs à plusieurs de ses ouv'rages et provenant des papiers PAR L4 BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 477 de Lamoignon de Malesherbes. — Lettres originales de Rousseau, de d'Alembert, du libraire Rey d* Amsterdam, etc. — Nouv. acq. fr, 1183. SaiAt-Gorneille de Compiègne. — Copie des fragments d'un Cartulaire de Saint-Corneille, conservés à la biblio- thèque de Compiègne. — Nouv. acq. la t. 2197. — La transcription des fragments originaux date du xui* siècle ; la table des chartes qu'ils renferment a été publiée par M. le comte de Marsy, dans la Revue des SocUiés savantes, 6* série, IV, 458-479. Saint-Denis (Abbaye de). — Livre à peintures, exécuté en 1280 dans Tabbaye de Saint-Denis, contenant la vie de saint Denis en prose française, des tableaux représentant la vie de saint Denis et les origines du monastère, enfin plusieurs morceaux liturgiques. — Nouv. acq. fr. 1098. — Don de M. le duc de La TrémoïUe. — Voyez plus haut, p. 239. Saint-EYioiii (Abbaye de), au diocèse de Lisieux. — Rôle écrit à la fin du xi* siècle, ou au commencement du xii®, contenant différentes chartes ou notices relatives à Tabbaye de Saint-Evroul. Ce précieux document fut trouvé en 1853, à Paris, chez un marchand de parchemin, par M. Boullé, alors élève de TEcole des chartes ; il fut aussi- tôt communiqué par lui aux éditeurs d'Orderic Vitale qui s'empressèrent d'en publier le texte dans Tappendice dé l'édition donnée pour la Société de Thistoire de France (t.V,p. 182-195). Madame veuve Boullé Ta offert à la Bibliothèque nationale, avec les autres parchemins que son mari avait soigneusement recueillis et dont nous lui devons la conservation. Voyez plus haut, pp. 395 et 396. SainMSeUis (Octavien de). — Recueil de poésies. Copie du commencement du xvi* siècle, provenue de la hiblio- 478 MANOSCIUTS RÉCEMHBIIT ACtttllS thèque d'Anne de Polignac. — Nouv. acq. fr. 1458. — Voyez plus haut, p. 341 . S&int-Lo, en Basse-Normandie. - Registre en parche- min, contenant le» actes relatifs k la FamUle Le Pcigny, de Saint'Lo, k la 6n du xiv» et au commencement du xV siècle, n est intitulé: « C'est le registre que a fait faire eatraere Thomas Le Peigny, bourgois de Saint-Lo, selon ce et en la manière que contenu est es lettres de roy, de l'obligacion de plusieurs gens, si comme cy après s'ensuit, commenché k faire le xvi» jour de février l'an IIU" et huit.» La date des actes copiés ou analysés dans ce registre est comprise entre le» années lîÔi et 1440. - Nouv. acq. fr. an. Samt*laiX0Bt (Abbaye de), au diocèse de Poitiers. — Amortissement par Alfonse, comte de Poitou, d'un domaine acquis par i'abbaye de Saint-Maixent k Périgny près La Rochelle. Acte daté de Saint-Maixent, le 1" septembrel«48 et scellé du sceau d'Alfoose. — Nouv. acq. lat. 1287. SalnMalOa -- Lettres patentes de Henri II, autorisant la levée d'un subside sur diverses marchandises vendues en la ville de Baint-Malo. A Paris, 10 Janvier 4567 (v. st.). Original donné par M. Aurélien de Gourson. Satnt^Ialo. ^ Carte des environs de Saint-Malo, datée de 1776. — Nouv. acq. fr, 1467. SalnMtrtbi-des-CkAmpt (Prieuré de), à Paris. -- Histoire de la fondation de ce monastère, en vers latins, avec le texte des principales chartes, savoir : Charte de Henri !•', datée de 1060 ; Charte de Philippe 1*', datée de Paris, en 1067 ; Charte du même, datée d'Orléans, en 1065 ; PAR LA BIBLIOTHAQUB NATIONALE 479 Charte du même, datée de Saint-Benott-de-Fletiry, en 1079 ; Charte de Louis le Jeune, datée de Paris en 1137. Bulle d'Innocent lY, touchant les privilèges de Tordre de Quni, datée de Lyon, le 23 mai 12^5. Le poëme, qui fait corps avec lea trois premières chart60| se compose de 93 vers, et commence ainsi : Rex plus Henrichus, Martini dulcis amicus, Templnm Martino fecit sub nomine trino. Cinq grandes peintures représentent les scènes prin- cipales de Thistoire primitive de Saint-Martin-des-Champs. Ce manuscrit, composé de huit feuillets de parchemin (31 cent, sur 23), doit avoir été exécuté vers le milieu du xiu^ siècle. Il fut employé en 1637 par dom Mariin Marrier, qui en fit graver les peintures par Jaspar Isaac pour les ajouter au texte des chartes et à celui de Thistoire métrique, en tête du volume intitulé: Monasterii regalis Sancii Martini a Campis historia (Paris, 1634, in-4'*). Onignore comment de Saint-Martin-desrChamps il passa dans la Bibliothèque royale de Copenhague (n^ 252 du fonds royal). Le savant conservateur de ce dépôt, M. Chr. Bruun en a donné en 1878 une description, doot la lecture me suggéra ridée d^essayer de faire revenir sur le sol natal un manuscrit si curieux pour Thistoire de Paris, et si étran-» ger au Danemark. Ce projet a promptement réussi, grâce au bon vouloir du gouvernement danois, grâce aussi k Fesprit libéral de la municipalité d'Angers, qui nous a fourni le moyen d'offrir à la Bibliothèque de Copenhague l'équivalent de l'histoire de Saint-Martln^es-Champs. M. Lemarchant, en 1863 (2), et M. Port, en 1877 (8), (1) De iUuminer&de Baandskrifter i det Store Kongelujé Bibliothek, p. 00 ; dans Aarsberetninger of Meddelelser fra det Store Kongeiige Bibliothekf Tredie Binds U*edie Uefte. Copenhague» iS78. In-octavo. (S) Catal. des nus. delà Bibtioth. d'Angers^ p. 90. (3) Comptes rendus des séances de VÀcadémie des inscriptsans, année 18T7, pp. 3ii et 3i9. 480 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS avaient signalé dans la couverture d'un manuscrit de la bibliothèque d'Angers plusieurs feuillets d*un ancien manus- crit de Saxo Grammaticus. La Bibliothèque nationale a pu acquérir par voie d'échange ces fragments, que la Biblio- thèque royale de Copenhague a acceptés comme compen - sation de l'abandon du manuscrit de Saint-Martin-des- Champs. Depuis qu'ils sont à Copenhague, les fragments d'Angers ont fourni à M. Chr. Bruun la matière de deux publications intéressantes (1): Tune contient une repro- duction photolithographique des fragments ; la seconde, une édition précédée d'observations philologiques. Le volume peint relatif à la fondation de Saint-Martin- des-Champs, que M. Chr. Bruun a le mérite d'avoir décrit avec beaucoup d'exactitude, et dont il a bien voulu nous ménager la cession, porte maintenant le n^ i339 dans le fonds latin des nouvelles acquisitions. Il existe au Musée britannique (n^ 11662 du fonds addi- tionnel) un petit manuscrit analogue, remontant peut-être à la fin du XI® siècle; on y trouve le poème latin, les trois premières chartes et une suite de dessins représentant les scènes de la fondation de Saint-Martin-des-Champs« Voyez Catalogue analytique des archives de M. le baron de Joursanvault^ 1, 180, et Bibliothèque de VÉcole des chartes, 1855,4® série, I, 122. — Le baron de Joursanvault avait fait de ce manuscrit une copie qui forme le n"" 698 du fonds Barrois chez lord Ashburnham. Saint-Iihiel (Abbaye de), au diocèse de Verdun. -- Charte originale de Tannée 1083, dans laquelle Sigefroi, abbé de Saint-Mihiel, énumère les biens qu'un seigneur « dominus Hugo de Lamdennivilla » avait donnés à son (1) Det i Angers fundne Brudstykke af et Haandskrift af Saxo Grammaticus. Copenhague. 1879. In-<]uarlo de 8 p., avec 8 planches. Angers-FragmenUt afei Haandskrift afSaxo Grammaticus. Copeau hague. 1879. In-quarlo de xxviii pages et 10 feuillets. PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 481 abbaye, dans le village de Rouvres-en-Woévre (1) : « apud villam qu£ Rouurs dicitur. t> Voici la liste des témoias de celte charte, laquelle est Tobjet d'une simple meution dans le Galtia christiana (XIII, 1276") : a De monachis : ego Sigifridus abbas, Girardus de Bolmont, Wadulfus prier; de nobilibus Âsperi Montis : Gobertus, Wiricus, Abilinus; de familia Sancti Michaelis : Trebaudus, Vatricus, Hinfridus. i> Saint-Saaveiir-le-Viconite (Abbayes de) et de Notre-Dame da Vœu, au diocèse de Coutances. Lot de quatre chartes, du xii® et du xiii* siècle, donné par M. de Pontaumont, membre de plusieurs sociétés sa- vantes à Cherbourg. 1 . — Vers 1140. — Confirmation par Algare, évéque de Cou- tances, d'une partie des biens de Fabbaye de Saint-Sauveur, etnotamment de cinq églises de File de Jersey. Acte impor- tant, dont le texte authentique était inconnu : les deux copies que nous en possédions aux Archives de la Manche, dans le Cartulaire de Tabbaye de Saint-Sauveur (pièces 367 et 405), sont interpolées en beaucoup d'endroits, comme on le verra par les variantes indiquées ci-dessous à côté du texte véritable. t [In nomine sancte et individueTri]nitatis. Ego AIgarus,Dei gratia Constanciensis episcopus, ecclesiam de Treauvilla abbatie de Sancto Salvatore et mo[nachis ibidem Deo servien- tibus con]cedo, cum terra elemosine et omnibus decimis (2) ad eandem ecclesiam pertinentibus. Ecclesiam quoque Sancti Germani de [Direth, cum terra et omnibus ad eam perti- nent]ibus ; capellam Sancti Michaelis, quœ est in ipsa parro- chia, cum omnibus qua ad eam pertinent. Dimidiam eccle- siam Sancte Ma[rie de Podiis, cura terra et decimis quae ad ean]dem medietatem pertinent. Et ecclesiam Sancti Martini de Gerolvilla, cum terra et omnibus (3) ad eam pertinen- (1) Meuse, arr. Verdun, canton Etain. (2) « Decimis veleribus et novalibus ad. » Texte interpolé. (3) « Cum terra et omnibus decimis grossorum fructuam et nova- lium et omnibus ad eam pertinentibus. » td. 31 483 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS tibus. Et ecclesiam Sancti [Michaelis de Bricquebosc, cum terra et omnibus] que ad eam pertinent. Et ecclesiam Sancti Martini de Hainevilla, cum terra (1) et omnibus ad eam per* tînentibus. Et ecclesiam Sancti Germani de Tomebusc (S), cum terra et omnibus ad eam pertinentibus. Et ecclesiam Sancti Ermelandi, cum terra et omnibus que ad eam perti- nent. Et ecclesiam Sancti Martini de Le^illa, cum terra et omnibus ad eam pertinentibus (3). Ecclesiam quoque Sancti Stephani de Alvers, cum terra et omnibus (4) que ad eam pertinent. Et ecclesiam Sancti Martini de Goio^ et capeliam Sancti Hedardi, cum terris (5) et omnibus que ad eas perli- nent (6). Ecclesias etiam Sancti Remigii et Sancti Christofori de LandiSy cum terris (7) et omnibus ad eas pertinentibus. Et ecclesiam Sancti Johanuis de Silva (8), cum terris et omnibus que ad eam pertinent. In insulis vero de Gersui, ecclesias Sancti Broelarii et Sancti Jobannis de Quercubus, et ecclesiam Sancti Pétri de Deserto^ et ecclesiam Sancti Elerii, et ecclesiam Sancti Clementis, cum terris et elemosinis et omnibus que ad eas pertinent. Et ecclesiam Sancte Marie de Golumba, cum terra et omnibus quas ad eam pertinent. Ecclesiam etiam Sancti Jobannis de Sancto Salvatore, cum (9) terris et omnibus quSB ad illam pertinent. Dimidiam (1) « Cura terra et dedmis veteribus el noyalibus et omnibus ad eam p. » Texte interpolé. (2) « Cum uno vavassore et decimis* veteribus, novatibus et omni- bus ad eam p. » Id. (3) « Ecclesiam quoque Sanctt Pétri de Foutaneto de supra Vada pro média parle, cum feudo, decimis veteribus et novalibus, seu nova- lium decimis et omuibus ad eandem mediam partem et feudum perli- nentibus. » Id, (4) « Omnibus decimis que. » Id. (5) « Cum terris, decimis et omnibus. » M. (6) « Ecclesiam quoque Sancti Samsonis de Ansnevîlla,cnm omnibus decimis veteribus, novalium quoque, et omnibus que ad eandem eccle- siam pertinent. » (7) c Cum terris, decimis et omnibus. » Id. (8) <( De silva de Tallipodio, cum depimis novalium et omnibus céleris que ad eam pertinent.» Id. (0) « Cum terra et decimis m^joribus veteribus el novalium et omnibus que ad illam p. » Id. PAR LA B1BLI0THÉÛUE NATIONALE 48S ecclesiam Sancti Audoeni de CaCevilla, cum omnibus (1) ad eam pertinentibus. Bsbc omnia prsefabe abbati» concedo et sigilli munimento corroboro. Si quis itaque cartam islam quoquo modo violare presumpserit, sancti Salvatoris om- niumque sanctorum indignationem sustineat. Hujus rei testes sunt : [Rogerius archidiaconus,] Osbernus cantor, Gis- lebertus archidiaconus, Radulfus archidiaconus, Phylippus archidiaconus, Ricardus archidiaconus de Insulis, Tesce- linus, Syraon fîlius Johannis, [Willelmus filius arc]hidiaconi, Thomade Haia, Willelmus filius decani,Johannesde Perers, Nicholaus canonicus. » 2. — Yen 1170. ^ Charte de Léticie, femme de Jourdain Taisson et dame de Saint-Sauveur, pcNrtant donation à Tab- baye de Saint-Sauveur d'un tenancier nommé Raoul du Parc. Le texte de cette charte était connu par une copie fidèle qui s'en trouve dans le Cartulaire de Saint - Sauveur (pièce 22], mais l'original tire un prix particulier du sceau de Léticie, qui y est attaché sur un cordonnet de soie blanche ; on ne connaît pas d'autre exemplaire du sceau de cette dame, qui était alliée aux plus illustres familles anglo- normandes du xn« siècle, et dont le mari mourut en 1178. Le champ en est occupé par un grand oiseau. 3. — 11 mai 1276. — Charte latine de Jean des Jardins, bourgeois de Périers, qui affecte à la fondation d'un anni* versaire dans Tabbaye de Saint-Sauveur une rente due par Richard F Abbé, de Prétot (Peretot). Le sceau appendu à la charte porte l'empreinte d'une pierre antique représentant UD triton et Amphitrite. 4. — 5 juillet 1293. — Obligation de Pierre Lescroel, prêtre, au profit de Tabbaye de Notre-Dame du Vœu près Cher- bourg, touchant un manoir sis à Sainte-Geneviève. Acte français, dressé au nom du vicomte de Valogoes. Sainte-Chapelle (Livre de chant de la). — « Officium exaltationis sanctae Cruels in Sancta Gapella celebrandum. » xvm* siècle. (i) < Cum omnibus m^oribus et veteribus et novalibos vel nova-* liam decimis et aliis omnibus ad eam p. » Texte interpolé. 484 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS Sainte-Hoilde (Abbaye de), au diocèse de Toul (1). — Cartulaire, formant un volume écrit sur parchemin, de B3 feuillets (258 millimètres sur 175), copié, sauf quelques pièces additionnelles, dans les premières années du xiY* siècle. Il contient une centaine de pièces, la plupart en français, dont la date est comprise entré les années 1229 et 1302. Presque toutes ces pièces concernent des localités sises dans le Barrois. On remarque, au fol. 44, la charte du mois d'avril 1239 par laquelle Mahaud, comtesse de Boulogne etdeClermont, donne à Tabbaye de Sainte*Hoilde une rente annuelle de 10,000 harengs sur la vicomte de Boulogne. — Nouv. acq. fr. 4168. Saachex (Climente). — a £1 libro de exenplos por A. B. C.,» par Climente Sanchez, archidiacre de Valderas. Manuscrit sur papier du xv' siècle. — Espagnol 432. — De cet ouvrage, on ne connaissait jusqu'à présent qu'un exemplaire incomplet, conservé à la Bibliothèque nationale de Madrid, et d'après lequel une édition en avait été donnée, en 1860, par D. Pascual de Gayangos. Notre manuscrit a permis à M. Morel-Fatio de publier les parties inédites et de déterminer le nom de Fauteur. Voyez Romania^ VII, 481-526. Sanxai en Poitou. — Généalogie de cette famille, corn- posée par Jean Le Feron. — Copie sur parchemin du xvn« siècle. — Nouv. acq . fr. 3430. Savigni (Abbaye de), au diocèse d'Avranches. — Histoire de la congrégation de Savigni, avec pièces justificatives, comprenant un grand nombre de chartes, le texte original de la vie du bienheureux Vital par Etienne de Fougères (fol. 497), le rouleau mortuaire de cet abbé (fol. 516 v^), (1) Sainte-Hoilde, Meuse, arr. de Bar-le-Duc, canton de Revigny, commune de Bussy-la-Côle. PAR LA BIBUOTHÉQUB NATIONALE 485 la vie de GeofTroi, abbé de Savigni (fol. 524 v®), celle de * Pierre d'Avranches (fol. 538 v^) et celle du moine Haimon (fol. 544 V'). — Copie faite au xix* siècle pour l'abbé Ba- diche, d'après uq manuscrit delà bibliothèque de Fougères. — Nouv. acq. fr. 4122. Savigni (Abbaye de), au diocèse d'Avranches. — Recueil de traités historiques et théologiques, copié par différentes mains, au xiii^ siècle, dans Tabbaye de Savigni. Il a con- servé sa reliure originale et vient de la bibliothèque de feu Tabbé Badiche. —Nouv. acq. lat. 217. « Liber de miraculis sanctorum Savigniacensium. o Publié, en grande partie, d'après ce manuscrit, dans le Becueil des historiens^ t. XXIII, p. 587-605. Page 79. « Purgatorium sancti Patricii. » Page 91. Prose sur T Annonciation. ocArce sidereaPhebe refulserat Et lucis aurea globos effuderat Gum nocte média temporisaderat Jam plénitude. . . » Page 93. Introduction aux livres du Nouveau Testament. « Introitus super Matheum. Fecit Deus duo magna lumi- naria in firmamento celi. . . » Page 109. Homélies ou sermons, extraits des Pères, sen. tences, proverbes et vers. Parmi les vers on doit remarquer (page 136) une pièce attribuée à Serlon et dont voici le texte : Versus magistri Serlonis. Custos mentis ego, fas dicto, nephasque relego. Me duce si graderis, post carnem non gradieris. Insta, ne cesses, aderunt post semina messes, Post lacrimas risus, post hune habitura paradisus. Fie si solari, jejuna si saturari, Da si ditari, servi si vis dominari. Yisne coronari, vis deliciis saturari? Ista tibi presto, dictura brève, raonachus este. Si mundo moreris, moriendo non morieris. rM6 VAHOfiClUTS iteBlIMBflT ACQUIS Uftmat mitndus : Ate, sed ave contertet in Ha ve. Cum miindus transit, nescu sine forsitan an sit* Ejus cerne vices : o flos modo, fex modo dices. Hec tria verba fidem libi non dent : post« modo, pridem : Post pendet, cecidit pridem, modo non sibi ûdit. Si mundum sequeris, post esse, fuisse quererls ; Hic status absque statu, locus hic locat in cruciatu. Lite tument, reiice ; scortantur, vive pudice. Fraudant, fraude care ; stant, curre ; vacant, operare. Hors omen durum, presens grave, triste futurum, Fine carens finis, et plena ruina niinis. Page 141, V Tractatus Âlvredu abbatis Rievallis, de evangelica lectione: Cum esset Jhesusannorumduodccio.v Page 154. Vie de sainte Barbe. Page 157. Recueil desentenccs sur divers sujets religieux: « De doctoribus sive rectoribus, de fide, de spe, de gra- tia Dci, de discordia, de juramento, de cogitatione, de roendacio, demooachis, de detractioDe, devoluntatibus...» Page 227. Sermons ou explications de textes bibliques. Le premier morceau commence par ces mots : « Non arabis cum primogenito bovis. Dominus ac redemptor noster, anno X1I° elatis sue in Templo sedens, . . » Savoie. — Fragments de deux grands terriers du corn lé de Savoie, rédigés, Tun en 1329, Taulre en .1352. Ces fragments, qui formeront deux volumes in-folio, sur par- chemin, ont été donnés par M. le comte Paul Riant. Scheyb. — Notes et documents sur les voies romaines; recueil formé parScheyb. — xviu* siècle. — Nouv. acq. fr. 1083eH084. Sénèqne. — Recueil des lettres de Sénëque, y compris la correspondance de saint Paul. En tête, sur un feuillet de garde : « Epitaphium Senece moralis. Cura labor meri- PAR LA BIBLIOTHfeQOE NATIONALI 487 tam... )» — XV* siècle. A ]a fin, sur le feuillet de garde : « Iste liber est mey d. Gavalery de Fornaris filius {sic) à. Sébastian! de Fornaris. » — Nouv. acq. lat. iSl. Sens. - « OfRcium festi fataorum ad usum seu polius âd abusuro insignis metropolitanae ac primatialis ecclesift Senonensis. » — Copie faite pour Tabbé Boiieau. ^- Nouv. acq. lat. 268. Sermons (Recueil de ) et de textes à l*usage des pridi^ cateurs. Fol. 3. Définition de différents termes, rangés par ordre alphabétique. « Abstinentia est animum ab illicitis mode- rari et etiam a licitis propter Deum... » Fol. i8. Traité sur la prédication, divisé en trois livres. « Veritas evangelica prcdicatoribus quasi quibusdam para* nimphis est commissa, ut ipsam custodiant, ipsam in mani- festum producant, ipsam denique humanointellectui indis- solubili matrimonio tanquam sponso conjungant... » — Fol. 27 v^. Fin du traité : «... De faciebus itaque dictum sit hue usque. Explicit liber de faciebus. Deo gratias. » Fol. 28. Sermons pour les dimanches et les fêtes de Tannée. « Hora est. Debemus nos preparare ad peniten- ciam... 0 II y a plusieurs séries de ces sermons. A la fin d*une série (fol. 6i), à côté d'un dessin grossier d*une figure d'homme sont tracés ces mots : « Leseaus en terre, lo cuer ou ciel, la paternostre en la boche, Taumone en la main. » Fol. 89. « Incipit compilatio sermonum festivalium pcr totum anuum. Sermones de beato Andréa apostolo. Liga- verunt Achior ad arborem manibus et pedibus... » Fol. 258. Indication de textes du Nouveau Testament se rapportant k divers points de dogme. Fol. 262. Observations sur la signification des noms des saints honorés chaque mois de Tannée. 488 MANUSCRITS RÉCEMIIBNT ACQUIS Fol. 264. « Seqnitar de orationibns, et DOtandum qood in fine oratiooum autdicitur... » Fol. 265 v"*. Observations sur la valeur de quelques mots synonymes. « Inter metum et timorem et pavorem hoc interest quod metus frustra prospice (stc), timor subita mentis consternatio est, pavor animi metus; unde etiam pavida jumenta dicimus... » Volume sur parchemin très fin. 271 feuillets. t63 mil- limètres sur 120. Écriture très serrée, sur deux colonnes, de la seconde moitié du xiii'' siècle. — Le volume a dû servir à des Italiens. — Nouv. acq. lat. 270. Semons. — Recueil de sermons, dont le premier, relatif à la fête de sainte Marie-Madeleine, commence par les mots : tt Feci judicium et justiciam, in ps. Secundum dociri- nam philosophi, primo Ethicorum, sermones sunt inqui- rcndi secundum materiam subjectam... 2> — xm* siècle? — Nouv. acq. lat. 227. Solignto (Abbaye de). — Bulle du pape Marin I«% en 883. De cet exemplaire, que M.le chanoine Arbellot a bien voulu céder à la Bibliothèque, paraissent dériver toutes les copies et les éditions que nous possédons de la bulle de Marin [{). Quoiqu'on en ait dit, je doute que cet exemplaire puisse éire accepté comme un original d'une authenticité incon- testable. L'écriture ne ressemble point à celle qui était usi- tée à la chancellerie pontificale du ix* siècle; elle a tout à fait la physionomie des chartes limousines delà fin du x' ou du commencement du xi® siècle. Ce doit être l'œuvre d'un copiste maladroit et ignorant, comme Tattestent beaucoup (1) Aux anciennes éditions indiquées par JafTé {Regesla porUificurn Romanorum^ p. 29i, n. 2615), ajoutez le texte très exact que H. Pubbé Aibeliot a donné dans le Bulùtin de la Société archéolog, ci histo- rique du Limousin, t. XXV, pp. 37 et suiv. PAR LA BIBLIOTHÈQUE MATIONALB 489 de grattages, qui ont eu pour but de rectifier des erreurs de transcription. Malgré ces traces de revision et de correction, il subsiste encore sur la pièce beaucoup d^erreurs. Sans parler de constructions que la grammaire ne saurait expli- quer, et que les anciens éditeurs ont cru devoir modifier, je signalerai : kla ligne 10^ gloriossimi^ fOur gloriosissimi ; à la ligne 22, exigerere, pour exigere; à la ligne 27, correpserit^ pour correxerit. — 11 faut encore y signaler, comme assez étrange, le renvoi à la bulle d*un pape con- temporain de Dagobert et de saint Eloi sans que le nom de ce pape soit énoncé : « Sicut faclum legimus ab ante- cessore nostro beato viro papa, postulante uobilissiroo Francorum rege Dagoberto, et constructore ipsius loci sanctissimo viro Elegio episcopo Noviomagensi. » — La formule « permanum Valenlini, aecclesiae Portuensis bu- millimiepiscopi, in sanctae aposlolice scdis, » est inexpli- cable, et le mot in, qui se voit très nettement écrit, doit être une mauvaise lecture du mol missi ou de quelque autre mot analogue. — Les signes qui sont au bas de la pièce sont vraisemblablement la reproduction inintelligente du monogramme ilmen, tracé en grandes lettres lombar- diques, tel qu'il s*observe sur les bulles originales de Benoit III et de Jean VIII conservées à la bibliothèque d'Amiens et à la Bibliothèque nationale. — La bulle de Marin T"^ pour Tabbaye de Solignac soulève donc d*assez graves questions, qui n'avaient pu être discutées, ni encore moins résolues, tant que le texte original ou prétendu ori- ginal n'était point dans un dépôt public. C'est pour faciliter l'examen de ces questions que M. Tabbé Ârbellot a bien voulu se décider à faire entrer une des pièces les plus curieuses de son cabinet dans un établissement qui possé- dait déjà d*importants débris du chartrier de Solignac. Somme théologiqie. — Ouvrage divisé en trois livres. Le premier, subdivisé en 19 chapitres, concerne Dieu, les 490 «AlfOSGRlTS RÉcsniniT AGftUn attributs dirins, layie de lésns-Christ, le jagement dernier etréternité. Le second traite des sacrements, en 40 cha- pitres. Le troisième comprend 29 chapitres et a pour sujet les vertus chrétiennes. Il y a beaucoup d'exemples tirés de Thistoire ancienne et des bestiaires. Premiers mots : « Incipit libellus de fide contra vanos et curiosos philosophes. De necessitate divini esse, primum cap. Oc- currit discutere utrum sit necesse ponere Deum esse. Nulli ergo hoc verti in dubium débet cum sit hoc originale fidei fundamentum... » — Écriture méridionale du commen- cement du XIV* siècle. — Nouv. acq. lat. 259. Staal (de). — Lettres de M. de Staal, colonel au ser- vice de S. M. impériale de toutes les Russies, adressées probablement à Madame de Staal, de 1768 à i777. — Nouv. acq. fr. 4160. Strasboirg. — Chronique en vers de la ville de Stras- bourg par Jean Charles Kleinlauel, teneur de livres. 1625. — Allemand 273. Saède. — Mélange de mémoires, lettres et autres pièces économico-politiques, curieuses et intéressantes, sur le royaume de Suède et son gouvernement, trouvées parmi les papiers de feu Son Exe. M. le marquis don Joseph Ximenès d'Ârragona, chambellan impérial et royal, etc., réunies en ce volume en 1784. — Autre volume de docu- ments de même nature et de même origine. — Ces deux volumes ont été donnés en 1879, par M. le comte Robert de Lasteyrie. — Nouv. acq. franc. 1172 et 1173. Tablettes de cire (Quatre petites), données à la Biblio- thèque nationale, par M. Viglas, de Beauvais, à la prière de M. Olleris (1). Nouv. acq. lat. 243. — Chacune de ces (1) Vuyez Comptes rendus des séances de t Académie des inscrip- tions, année 1877, p. 141. PAR U BIBLIOTHftOUB HATimiALB 491 lableitM mesure 75 miilim. sar 40. On y trouve riodica* tioD des personnes qui avaient assisté k différents offices et qui sans doute, poar ee motif, devaient prendre part à certaines distribHtions. Voici ce qu'on déchiffre sur deux tablettes. I. Die Hercurii in festo sancti Dionisii, fuerunt ad horas sci- licet dominus Philippus, Odo, Matheus, Ihs. (Joiiannes?) Die Jovis, Philippus, Odo, très sorores, Matheus. Die Venons, PbiKppus, très sorores. Die Sabati, Philippus, très sorores. Die Dominiea» Philippus,. . . Odo, très sorores. II. Die Mercurii in festo sancti Dionisii, fuerunt ad memo- riam scilicet dominus Philippus, Odo, Matheus, dominus Nicholaus, Ihs. Die Jovis, Philippus, Odo, Nicholaus, très sorores, Matheus, Pilepois. Die Sabati, Philippus, Nicolas, Odo, Matheus, très sorores, Pilepois. On peut rapporter au commencement du xiv* siècle récri- ture de ces petits monuments, trouvés avec six autres pa- reils, sur remplacement du cimetière de la chapelle de Notre-Dame-du-Chastel à Beauvais. À propos de cette découverte, il n'y a pas lieu de reve- nir sur ce qui a été dit de Tusage des tablettes de cire pendant le moyen flge. Je mentionnerai cependant un récent travail de M. Luigi Àdriano Milani (i) sur des ta- blettes découvertes à Florence en 1846; ce sont les comptes d'un marchand qui faisait le commerce des étoffes de France et des Pays-Bas ; on y reconnaît les noms des villes d'Arras, Ypres, Montreuil, Saint-Omer, Sens et Tou- louse. On peut encore rappeler Tédition d'une des tablettes (1) Sei lavoUUe cerate scaperU in una anlica torre di casa Maiorfi in vid Porta Rossa m Firenze. Fireoze. 1877. lD-8de 18 p. Ce travail fait partie des Pubblicazioni del R. Istituto di studi superiori: Se%ione di Filosofia e Filoîogia. 49s MANUSCRITS RÉGSMMBIIT ACQUIS des archives muoicipales de Senlis daDs le Musée des Archives dipariementales, p. 271, pièce 407^ planche xuv, et uDe notice sur les tablettes de rad)baye de Preuilly, dans le Bulletin de la SociiU des Antiquaires de France, année 1876, p. 118. Taitaoon. — Charte originale d'Alphonse, comte- mar- quis de Provence, pour les chevaliers et les bourgeois de Tarascon. — 30 décembre 1203. — Au bas delà charte, le signe et le sceau d'Alphonse ; le sceau appartient au type publié par M. Blancard, Iconographie des sceaux et bulles des archives des Bouches-du-Rhône^ pi. 4, n^ 1 . Teire-Ieuye. — Fragment d'un livre de prières catho- liques, tracé avec les hiéroglyphes des Indiens Micmac de Terre-Neuve. Donné par M. François Lenormant, qui le tenait de M. le docteur Roulin. Voyez, à ce sujet. Essai sur la pro- pagation de Falphabet phénicien^ par François Lenormant, t. I, p. 27. (Paris, 1872, in-8«.) Théâtre. — Catalogue alphabétique d'une coUection de pièces de théâtre. — xix* siècle. — Nouv. acq. fr. 1164. Tien état (Monuments de Thistoire du). — L'enthou- siasme avec lequel fut accueillie, en 1836, l'idée de ras- sembler et de publier ces monuments, est un des faits saillants de Tbistoire littéraire de notre époque. A l'appel et sous la direction d'Augustin Thierry, on vit, à Paris et dans les départements, des centaines de collaborateurs ri- valiser de zèle à rechercher, à analyser et même à trans- crire les innombrables pièces comprises dans un programme auquel on ne pouvait reprocher qu*une trop vaste étendue. La publication s'est bornée à quatre volumes, relatifs aux communes d'Amiens et de l'Amiénois, d'Abbeville et du PAR BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 493 PoDthieu; mais les travaux préparatoires, entrepris et poursuivis avec tant d'ardeur sur tous les points de la France, n'ont pas été perdus pour la science. Sur la pro- position du Comité des travaux historiques, tous les maté- riaux amassés pour Tbistoire du tiers état ont été déposés à la Bibliothèque nationale; ils y ont été mis en ordre et Inventoriés par les soins de M. Frédéric Lecaron, archi- viste-paléographe, que le Conseil de perfectionnement de TËcole des chartes s'est applaudi d'avoir chargé de cette longue et délicate mission. La collection comprend aujour- d'hui : 1° une série de 46 bottes^ dans lesquelles sont pla- cées et immobilisées 43,647 cartes, contenant des analyses de chartes (nouv. acq. fr. 3432-3477]; i^ une série de 85 volumes, formés de la copie textuelle de 4,i95 docu- ments (nouv. acq. fr. 3375-3429). Pour la constitution de cette double série, on a adopté Tordre alphabétique des noms de lieux subdivisé par l'ordre chronologique. Touchet, avocat au présidial d'Orléans. Rapport alpha- bétique des coustumes de Paris, Orléans, Montargis, Blois, Auxerre et Bourges. — Manuscrit autographe de l'auteur. — Nouv. acq. fr. 1089. Traits (Livre des) qui se chantent le vendredy saint, le samedy saint et le samedy de la Pentecôte. Année i770. Relié aux armes du chapitre de Notre-Dame de Paris. Trente (Observations sur le concile de). — « Manuscrit célèbre fait par MM. Bignon, de Bezons, de Caumartin et Tabbé Pelletier, conseillers d'État, imprimé dans les pays étrangers. » — xvui* siècle. — Nouv. acq. fr. 4202. Tréport (Abbaye du), au diocèse de Rouen. — Gartu- laire de l'abbaye de Saint-Michel du Tréport . Copie faite par M. de Bonis d'après le manu<:cr)t de la bibliothèque Sainte-Geneviève. — Nouv. acq. lat. 249. 494 MAKUaCMIft KÉCEMMBNT ACQUIS Val-Roi (Abbaye de la), au diocèse de Reims. — Cartulaire de cette abbaye. Copie faîte au xtu* siècle d'un recueil de 120 chartes, la plupart du xu* et du xiu* siècle. — Nouv. acq. lat. 1289. — Ce volume, dont M. Tabbé Desilve a pu- blié une analyse détaillée (1), est un utile complément d*un cartulaire de la même abbaye que la Bibliothèque possède sous le 0* 10945 du fonds latin. Le ms. 1094S est un cartulaire original, transcrit à la fin du xii* siècle, mais qui contient à peine trente des anciennes chartes de Tabbaye de la Val-Roi. Vandeb. ^ «Voyage du Caire à Chio et de Chio à Cens- tantinopleetaux environs, par le Père J.~H. Vansleb, do- miDicain du couvent delà Minerve à Rome, fait depuis 1673 jusqu'à 1675. • II y a dans ce volume des pièces relatives à la mission dont Vansleb fut chargé par Colbert. ^ Nouv. acq. fr. 4193. Vanyenirgiies. — Copie faite par Rouard des lettres de Vauvenargues à Fauris de Saint- Vincens. — Nouv. acq. fr. 1149. Vence. — Documents relatifs k Thistoire de Vence, donnés par H. Edmond Blan c, parm lesquels on remarque les suivants : Mandement de Pierre, évéqne de Vence, pour la prébende de François de Sisteron, daté d'Avignon, le 18 août 1325. Feuillet d'un grand registre dans lequel étaient consignées les condamnations prononcées en 1338 par Tofficial de Vence. Ce feuillet a servi de couverture à un registre intilulé : a Cartularium universitatis hominum civitatis Vencensis, factum per me Guillelmum Talatorem, notarium dicte uni- versitatis, sub anno nativitatis Domini millésime ccc nona- gessimo. » (1) Analyse (Tun cartulaire de Vabbaye de la Valray* Laon, iSTi. ln-8 de ii4 pages. PAR Là BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 495 Statut arrêté le 4 juin 1376 par Boniface du Pùy, évéque de Yence, et par le chapitre de cette église, sur le mode d'affermer les dîmes appartenant au chapitre de Yence. Traité conclu à Nice le 23 octobre 1426, entre le chapitre de Yence et Jean du Yal au sujet d'une pension que le chapitre defsdt recevoir des seigneurs de Yence, François de Yille- neuve, Paul et Raimond. Verdun. — Extraits faits parCh. Buvignier des comptes de la ville de Verdun, du xv* au xvu* siècle. --*- Nouv. acq. fr. 1097. Verdun. — Conclusions du Conseil de la cité de Verdun, de 1600 à 1788. Copies de M. Buvignier. — Nouv. acq. fr. 3361 et 3362. Vénitiens (Ambassadeurs) en France. — En 1863, le Ministre d'Ëlat avait chargé M. de Mas Latrie et M. Bas- chet de iaire copier les dépêches que les ambassadeurs vénitiens près la Cour de France ont envoyées à leur gouvernement depuis le milieu du xvi* siècle jusqu^à la fin du xviii*. Les copies, exécutées sous la direction de M. de Mas Latrie et de M. Baschet, furent déposées à la Biblio- thèque nationale en 1876 et en 1877. Un état de ce qui restait à transcrire pour avoir la collection au complet a été dressé, et des mesures ont été prises pour que nous possédions bientôt, au Département des manuscrits, une transcription fidèle de toutes les dépêches dont les origi- naux se conservent à Venise. Dans les deux dernières années, beaucoup de pièces ont été transcrites, et le travail se poursuivra sans interruption aux archives de Venise, sous la direction de M. le commandeur Bartolomeo Cec- chetti. On peut consulter à ce sujet les deux opuscules suivants : Mémoire adressé à M. le Minisire de rinsiruction publique sur le Recueil original des Dépêches des Ambas^ 496 MANUSCRITS RÉCEMMENT ACQUIS sadeurs vénitiens et sur la copie qui en a été entreprise...^ par M. Armand Bascbet (Extrait des Archives des Missions, 3* série, t. IV, 1877). — Inventaire sommaire des dépêches des Ambassadeurs vénitiens relatives à la France déposées au Département des manuscrits de la Bibl. nat.^ par GastOQ Raynaud (Extrait du Cabinet historique^ i. XXIY, 1878). Vernon (Maison-Dieu de) . — « Les constitacions le roi de France, lesquels Tan doit garder en la Meson Dieu de Vernon, et faites dou conseil de Tordre Saint-Augustin et de leur règle. » Manuscrit de 27 petits feuillets de parcheniin, de la fin du xiii'* siècle. — Nouv. acq. fr. 4171. — Donné par M. Evode Chevalier, maire d'Anceaumeville, au nom de M. le docteur de Bonis, qui avait recueilli ce précieux docu- ment et qui en avait publié le texte, sous ce titre : Les constitutions le roi de France^ lesquels Von doit garder en la Meson Dieu de Vernon^ publiées d'après le manuscrit original, par M. Ad. de Bonis. Evreux, s. d., in-octavo de 46 p. Extrait du Recueil de la Société libre de l'Eure^ 3« série, t. V. Vies de saints (Fragments d*un grand recueil de), qui jadis était probablement conservé à Brioude. x* siècle. — Nouv. acq. lat. 2164. — Ce manuscrit renferme les mor- ceaux suivants : 1° Fragment de la vie de saint Denis. 2"^ (( Incipit revelatio quas ostensa est sancto papsB Stephano, et memoria de consecratione altaris apostolorum Pétri et Pauli quod est situm anle sepulchrum sanctissimi Dionysii socio- rumque ejus, qua revelatio et consecratio acta est V kal. Augustas. » 3^ c Incipit passio sancti Calisti papsB^ mensis Octobris die XVm. » 4"* « Incipit vita sancti ac beatissimi Evurtii episcopi. » PAR U BIBLIOTHÈQUE NATIOI«Al.lt 407 5^ € Incipit passio sanclorum geminorum Speosippi, Eleo- $ippi et Meleosippi, 9 6^ « Incipit passio sanclorum martjrum Yitalis et Agricole, suh die pridie nonarum Novembrium » 7* c Incipit passio sanctorum martirum Crispini et Grispiniani, quae est YIII kal. Novembris. 9 8* « De virtutibus sancti Hilari episcopi. » 9^ c Incipit passio sancti Quintini martyris, qu» celebratur pridie kalendas Novembris. 9 10» c Incipit inventio beati Quintini martyris, qu» facta est Vin kalendas Julii. 9 11"* Fragment de la vie de saint Martin par Sulpice Sévère. 12 Fragment de la translation de saint Germain, évéque de PariSy sous le règne de Gharlemagne. Vigaan. — Factum pour Anne de Neufbourg, veove de François Poussard de Fors, marquis de Yigean, contre Bernard de La Broue et autres, au sujet de Tassassinat do marquis de Vigean en 1663. — Nouv. acq. fr. 1094. Villoy (Lettres de Jacques) sur H. Amauld et sur la Comédie. — xvin* siècle. — Nouv. acq. fr. 4137. (Jacques). — Mémoire en abbrégé des différents états par où la sœur Malin a passé, et singulièrement de ceux où elle s'est trouvée depuis le mois d'avril 1688, qu^elle fut pour la première fois arrestée et sa commu- nauté supprimée, jusques à la fin de novembre 1697 que le roi la renvoya libre et paisible à Ham dans sa maison de la D. Providence. Par Jacques Villery. ^ 1709. Hanos- crit original. — Nou?. acq. fr. 4136. TiUien-le-lel. — « C*est le livre terrier et marthologe ouest la desclaracion des obitz et messes de fondacion que Ton doit dire et célébrer par chacun an en Téglise de mous, sainct Didier à Villers-le-Bel, et les jours institués 22 498 KAiiusciaTs itcmiRT AOQins selon qu'ilz sont en ce présent kalandrier... Et anssy h desclâracion des terres, héritages, rentes et revenaes ap- partenans & la dicte église, la sitaacion, tenans et aboa- tans et les charges d'icelles, icelles terres mesurées ^ arpentées par Martin Le Page, mesureur juré du roy et de la baronnie de Montmorency... en Tan mil cinq cens et quatorze. » — Nouv. acq. fr. Fol. 6. € Incipit vita beatissimi confessons Christi Vincentii cognomento Mathelgarii. Ea igitur tempestate cum Chris- tian! majestas imperii toto orbe serena dominatione invaluit et Cbristus noticia suœ gloriam ubique gentium dilatavit, beatissimus Domini confessor Vincentius cognomento Ma- thelgarius ante sscula quidem a Deo prsedestinatus ...» — Fol. 35 y^. « ... A quo fidelibus cum flagrantia meritorum odor suavissimus émanât miraculorum, per Qiristum prin- cipem sanctorum, qui cum pâtre et spiritu sancto trinus et unus Deus permanet regnans in ssBCula saeculorum. Amen. Explicit vita beatissinri.confessoris Christi Vincentii cogno* mento Mathelgarii. » Fol. 35 v"". c Praefatiuncula in miraculis ejus. Assignatis igitur quffîde vita et mentis sancfi sui virtuscommendavitAltissimi, nunc ad eam miraculonim gloriam. .. » Fol. 36. [« Hiracula.] De oleo ad tumbam sancti csslitus ministrato.Accensaitaque a fidelibus ad tumulum sancti cum olei liquore. .. » La fin PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE . 499 manque ; le texte s'arrête (fol. 40 v«) à ces mots : « Sed mox divisa cum sancto hereditatis penitudiue sedactus, rursum- que Satans versaiiis inlectus, coheredi suo suœqne salutis auctori Yincentio divortium indixit et repentina calamitas in a. . . 9 (Edit. des Bollandistes, p. 650, col. 1, ligne 3.) Sur le fol. 2 on a ajouté après coup un passage supplé- mentaire, relatif aux saints qui fréquentaient le monastère de Hautmont : c Quemadmodum sane apes ad alvearia convolant et revolant assidue, ita nihilominus ad Montem vocabulo et religione Allum altematim confluebant chris- tianœ signiferi militiœ. . . — ... sancti quoqne patres totius GalliaB florentes sanctitate quam plurimnm illuc eodem tem- père certatim properabant colloquentes sibi de sainte ani- marum. 9 Ce passage, qui deyait s'intercaler à Tendroit marqué d*une -f- sur le fol. 29, se trouve dans l'édition des Bollandistes (p. 646, col. 2). Voltaire. — Documents originaux relatifs & des ouvrages de Voltaire et à des brochures dirigéees contre Voltaire. Papiers provenus du cabinet de Lamoignon de Malesherbes. -7N0UV. acq. fr. 1181. Ximenès. — Privilèges, patentes et diplômes de la noble maison Ximenès d'Aragon. En espagnol. Manuscrit du xvii* siècle, ayant fait partie de la bibliothèque de M. le comte Ferdinand de Lasteyrie, donné par son fils M. le comte Robert de Lasteyrie. -* Espagnol 446. ADDITIONS ET CORRECTIONS P. H-35. Le Psautier de Lyon en lettres onciales. — Son Éminence monseigneur le cardinal Pitra, qui publie en ce moment même à Rome un texte des formules de saint Eucher d*après un ms. du vi* siècle, a conjecturé qu'un feuillet d'un antique psautier servant de garde à ce ms. de saint Eucher, pourrait bien avoir appartenu an Psautier de Lyon dont j'ai entretenu TÀcadémie des inscriptions. Il expose ainsi cette conjecture, dans une note dont il a daigné me communiquer une épreuve : Hue nsque lento gressu pervenerat pnelum Romannm, quum inter TuscuU mei negotia, ubi otia sunt cœteris, incidi in Diarium quod dicunt offUiale Galliarum, sub die Aug. 12 hujus anni 1879, ubi p. 8415 refertur descriptio Psalterii Lugdunensis s»c. YI, ciyus folia numéro 103 in bibliotheoa Lugdnnensi servantur. Hisce jam nunc, vix ego fallor, adde folium 104, ultimum nempe codicis nostri, sive 113, sea partem ps. LXXIX. Quo luculento Parisiensium testimonio, sat inexspectato, confirmatur quidquid conjeceram de codi- cis nostri origine Lugdunensi. Nec satis : uti totus Eucherius noster, sic vetùs Psalterium cumulatur glossulis merovin- gicis saBC. VU aut VIII, quibus in evanidis aut erasis locis nonnulla supplentur. Codicem vero Psalterii detexit ac des- cripsit eruditus vir Leopoldus Delisle. Quo monente doce- mur, in codice Lugdunensi mirum in modum misceri tum primam Hieronjmi versionem psalmorum a. 383, tum pos- 809 ADDITIOVS ST GORRBCnOlfS teriorem infira a*. 387-391 exaratami qu» dici soient illa Psalterium Romanumj hœc Psalterium Callicanum. Utra- que autem nostra pagina continet versicnlos 19, dum reli- qau8 codex constanter habet versus 18. Pneterea Psalterii scriplura est pinguior simul et strictior, ac singuli versus constare soient 27 litteris, dum apud Eucherium circiter 22 occumint. Yix igilur non credam Eucherii paginas esse Psalterio paulo antiquiores. Deest fere semper major littera ab initie yersiculorum psalmi. Je n*ose pas espérer que Fillustre bibliothécaire du Vatican maintienne cette conjecture quand il aura sous les yeux une description complète du Psautier de Lyon. P. 38| ligne 3 en remontant : trihulantes. Lisez : tribo- lantes. P. 39, ligne K en remontant : Boe. Lisez : Hoc. P. 50 et 81. Dans une importante publication, dont le premier fascicule vient de paraître {Acta pontificum Ro- manorum inedita. l, Urkunden der Pdpste vom Jahre 748 bis zum Jahre 1198. Erster Band, I Àbtheilung; Tûbingen, 1880 ; grand in-8), H. L V. Pflugk-Harltung a publié les deux fragments de la bulle de Jean XY conservés à Dijon ; mais il n*a pas songé à en rappro- cher le fragment découvert par M. Paul Meyer à Àshburn- ham-Place ; il n'a pas non plus reconnu que la bulle était relative à Tabbaye de Saint-Pierre de Bèze. P. 78. Rétablissez ainsi le texte des lignes 4, 8 et 6 : « El abbat tiene Incipit timologia. G las unas estorias el abat, las hotras don P. de L... » Cette correction n'est pas la seule que je doive à Tamitié de H. Ulysse Ro- bert. P. 102, ligne 14 de l'article XXI: par. Lisez : per. PJ« -_••• I ADDITIONS BT GORRBCTIONS 808 P. 108, article I da catalogue. Il faut peut-être lire Bivlia au lieu de Builia. P. 118, ligue 8 de Tartide XLI : atU. Lisez : aut. P. 187, lignée : foleidier. Lisez : fœliciter. P. 228, antépénultième ligne de l'article XIII : n'osen. Lisez : n'osent. P. 242, ligne 11 en reniontant: evangelorium. Lisez : evangeliorum. P. 248, ligne 8 : Primas. Lisez : Prima. P. 284 et 288. — Aux manuscrits que j'ai signalés comme ofTerts à la Bibliothèque nationale par H. le duc de La Trémoille, il en faut ajouter un dixième, que j'ai acheté en son nom et à ses frais le 9 février 1880. Il a pris place sous le n° 1392 dans le fonds latin des nou- velles acquisitions. Voici la description de ce volume, qu'on peut citer parmi les beaux manuscrits à peintures du com- mencement du xiii* siècle : Psautier composé de 211 feaillets, hauts de 298 milli- mètres et larges de 200. Fol. 1-13. Suite de peintures à fond d'or, représentant la vie de Notre-Seigneur. Il y a sur chaque page deux sujets circulaires, reliés l'un à l'autre dans un cadre haut de 182 millimètres et large de 118. Un seul côté du par- chemin a été employé, et les feuillets ont été disposés de façon qu'à deux pages peintes succèdent deux pages blanches. Il doit manquer un feuillet en tète de la série, 804 ADDinOlVS ET coHRBcnons ti rencadrement des peintures du feuillet 1 i a été découpé . et enlevé. Fol. 14-19. Calendrier dont les lignes sont alternati- vement écrites en or, en bleu et en argent ; les grandes lettres des lignes d'or et d'argent sont bleues ; celles des lignes bleues sont en rouge. Il y a deux ou trois mentions pour chaque jour. Les noms inscrits dans le calendrier dé- notent une origine française, sans qu'il soit possible de dé- terminer exactement pour quelle province il a été fait ; c'est cependant, selon toute apparence, TIle-de-France. Fol. 20. Psautier. La première page est couverte par un grand B orné de peintures. Il y a de plus des peintures dans les grandes initiales des psaumes XXYI, XXXVII, LU, LXVIII, LXXX, XCVII et CIX, aux fol. 47, 64,79 v«, 05, 113 v«, 131 v« et 152. Fol. 190 V*. Cantiques. Fol. 205. Symbole des apôtres. Fol. 207 v^ Litanies. Reliure en bois recouvert de cuir, de la seconde moitié du XV* siècle. P. 258. — Traductions faites pour Charles V. — M. Thomas, membre de TËcole française de Rome, vient de découvrir au Vatican plusieurs traductions faites par Tordre de Charles V, qui n'avaient pas encore été signalées. Le ms. 697. du fonds de la Reine contient différents ou- vrages de Bernard Gui, mis en français par Jean Golein, savoir : la chronique abrégée des papes, celle des em- pereurs, TArbre généalogique des rois de France, la chronique des rois de France, la chronique des comtes de Toulouse, le traité des conciles, le traité de la messe, le traité des soixante-douze disciples, le catalogue des évéques de Limoges, le traité sur les saints du Limousin, le catalogue des évoques de Toulouse, la chronique des prieurs de Grandmont et celle des prieurs d*Ârtige. Le ADDITIONS ET CORRECTIONS 505 ms. 697 est ud exemplaire original, qui a fait partie de la librairie du Louvre. (Extrait d'une lettre de M. Thomas, en date du 18 janvier 1880.) P. 272, dernière ligne : forts. Usez ; fort. p. 278, ligne 4 en remontant et p. 281, ligne 13 en remontant : Westreanianum. Lisez : Westreenianum. P. 358, dernière ligne du titre : en 4876, 4877 et 4878. Usez: 4877, 4878 et 4879. P. 367, ligne 6 : Vdorem. Usez : Victorem. P. 423, ligne 10 : Pusieurs. Usez : Plusieurs. P. 455-457. Sur le ms. latin 229 des nouv. acq. voyez une note de M. Morel-Fatio, dans Zeitschrift furDeutsches AUerthum, Band XI, 4^ Heft. P. 495 et 496. L*état de notre collection de copies des dépêches des ambassadeurs vénitiens à la date du 31 dé- cembre 1879 a été donné par M. Gaston Raynaud, dans le Cabinet historique, année 1879, partie II, p. 216 et 217. FIN. I. Le Pentateuqne de Lyon en lettres onciales 1 II. Le Psautier de Lyon en lettres onciales 11 IIL Les Balles sur papyrus de l'abbaye de 8aint-B6nigne« conservées à Ashbumham-Place et à DUon, . ; 37 IV. Manuscrits de l'abbaye de Bilos acquis par la JBIbllo- thdque nationale 53 V. Les manuscrits de l'Apocalypse de Beatus conservés à la ' Bibliothèque nationale et dans le cabinet de M. Didot. . i 17 VI. Manuscrits du cabinet de M. Dldot acquis pour la Biblio- thèque nationale 149 VIL Le Psautier de saint Louis et les deux manuscrits de Guillaume de Jumièges conservés à l'Université de Leyde 167 VIU. Notes sur différents manuscrits de Belgique et de Hol- lande 195 IX. Un livre à peintures exécuté en 1250 dans l'abbaye de Saint-Denis 239 X. Les Éthiques, lesPolitiques et les Économiques d'Aristote traduites et copiées pour Charles V 257 XI. Le livre d'heureè du duc de Berry» conservé dans la i^ mille d'Ailly • 283 XII. Le livre d'heures du duc de Beny, conservé à Bruxelles.. 295 XIIL La bibliothèque d'Anne de Polignac ei les origines de l'imprimerieè Angouléme 905 XIV. La Bible de Charles le Chauve lacérée en 1706, restaurée en 1878 351 XV. Manuscrits divers acquis par la Bibliothèque nationale en 1877, I878et 1879 i 359 Additions et corrections 501 us IIAMS •— TTP. ED. MOXNOTBR npNSERVED HARVARD CDLLËOE UBRARY